Elisha, qui cligna des yeux, surprise, les ferma et l'accueillit.
Des lèvres chaudes et humides entrelacèrent doucement mais avec insistance leurs souffles. Son souffle était si doux qu'il lui tourna la tête. Tous ses sens lui donnaient l'impression de fondre.
Richard la tint serrée et l'allongea sur le lit, leurs lèvres toujours jointes. Puis il enfouit les siennes dans la nuque de son cou.
À la sensation vertigineuse de son contact, Elisha frissonna et retint son souffle. Son désir le poussa à bouger jusqu'à ce que son ventre touche Richard.
À cet instant, quelque chose qu'il avait oublié lui revint en tête. Un enfant précieux qui grandissait dans son ventre.
Se rappelant le contenu du livre — selon lequel certaines personnes étaient extrêmement réticentes à avoir le moindre contact léger avec leur mari pendant la grossesse —, Richard décrocha ses lèvres des siennes.
« … Richard ? »
Elisha inspira profondément et leva les yeux vers lui, l'air perplexe. Voir ses yeux embués et sa personne en désordre lui donna aussitôt envie de la mettre en pièces. Pourtant, il ne pouvait pas la prendre simplement parce que le désir le tirait. Une fois suffisait.
Richard parvint à réprimer son désir et dit :
« Si tu ne le veux pas… j'arrêterai. »
Elisha ne fit que cligner des yeux, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire. Il disait cela, mais ses doigts qui la caressaient étaient d'une séduction réelle. C'était une contradiction.
Il était le seul à pouvoir apaiser la chaleur qui montait en elle. Son cœur battait la chamade. Elisha s'accrocha désespérément à lui, sans savoir de quoi il parlait.
« Je veux le faire. »
Les yeux de Richard vacillèrent à la voix désespérée d'Elisha. Ce n'est qu'en voyant sa réaction qu'elle réalisa ce qu'elle venait de dire et rougit, mais elle ne put revenir sur ses mots.
Quoi qu'il en soit, la honte fut de courte durée. Songeant qu'elle l'avait déjà dit, elle trouva les mots qu'elle n'avait pas pu prononcer la veille.
« Ces jours-ci… Tout comme le contenu du livre que tu as lu hier, je fais sans cesse d'étranges rêves et ça me fait mal. »
Elisha, gênée par ses mots honnêtes, ajouta la raison la plus persuasive.
« Et on dit que c'est bon pour le bébé donc… »
À ses mots, le sourcil de Richard tressaillit. Cependant, Elisha, qui évitait son regard par honte, ne remarqua pas le changement subtil.
« Ah, c'est ça ? Alors un jour ne suffira pas. »
Tout en déboutonnant sa chemise avec brusquerie, ses yeux étaient emplis de chaleur, mais sa voix était étrangement calme lorsqu'il marmonna, et juste avant qu'Elisha ne puisse l'interroger, les lèvres de Richard avalèrent ses mots et envahirent sa bouche.
Il ne fallut pas longtemps pour que son haut tombe du lit et qu'une chaleur et un plaisir insupportables enveloppent le corps d'Elisha.
Comme une bête qui avalerait sa proie toute entière, Richard ne lui accorda pas un instant de répit.
Richard se réveilla en sentant Elisha se tourner et se retourner. Le soleil du matin brillait déjà dans la pièce, mais Elisha semblait encore plongée dans un sommeil profond.
Richard regarda Elisha, qui dormait paisiblement, d'un air sombre.
« Ces jours-ci… Tout comme le contenu du livre que tu as lu hier, je fais sans cesse d'étranges rêves et ça me fait mal. »
« … »
« Et on dit que c'est bon pour le bébé donc… »
C'était toujours la même chose. Bébé, bébé. La raison pour laquelle elle avait essayé de lui échapper était le bébé, et même quand elle souffrait de nausées matinales, elle riait en disant que ça allait parce que le bébé était en bonne santé. Parfois, même quand le mal de tête était violent, elle ne souffrait qu'en silence, disant que prendre le médicament serait mauvais pour le bébé.
Et hier aussi. C'était à cause de ses hormones qu'elle le voulait.
Son corps, qui la tenait, était fidèle à ses instincts les plus profonds, mais son cœur était plutôt vide. Parce qu'il savait qu'elle voulait son corps, pas lui-même.
« Quand me verras-tu comme un homme que tu aimes, et non comme le père du bébé ? »
Il ressentit soudain de la jalousie envers l'enfant qui était apparu dans leur vie. Puis il se sentit idiot d'être jaloux d'un bébé à peine présent dans leur existence.
« Si je dois blâmer quelqu'un… c'est ma faute… »
Alors, Elisha se tourna et se blottit contre ses bras. Alors que sa douce chaleur le touchait, ses instincts frémirent. Richard avala un soupir douloureux.
Entre-temps, il avait réprimé ses désirs parce qu'il ne pouvait pas les imposer à Elisha, mais avant tout, c'était pour elle et pour le bébé dans son ventre.
Parce qu'il savait. Une fois commencé, il ne pourrait pas contrôler son désir explosif. Il avait peur de blesser l'enfant et elle à cause de sa cupidité.
Hier, il n'avait pas pu résister à la tentation, mais il avait réussi à s'arrêter après une fois. Loin d'être satisfait, il se sentait angoissé de n'avoir pas pu combler ne serait-ce que la moitié de sa cupidité.
Chaque fois qu'il la touchait, chaque fois qu'elle effleurait sa peau du plus infime contact, il devait invoquer une patience monstrueuse.
Il souffla face au visage détendu qui dormait paisiblement sans connaître sa peine.
Soudain,
« Mmm… »
Les yeux d'Elisha tremblèrent légèrement, ses longs cils frémirent comme de petits papillons, et elle les ouvrit lentement.
Son image se refléta dans les yeux brillants qui luisaient au soleil du matin.
Elisha le regarda, clignant des yeux comme pour chasser la somnolence qui ne la quittait pas encore, et se cacha sous la couverture, rougissant de gêne. Pourtant, elle en sortit la tête et le regarda.
Quand Richard vit Elisha agir ainsi, il abaissa consciemment les commissures de ses lèvres qui montaient lentement.
« Toi, qui as volé mes lèvres la première hier soir avec empressement, tu es timide à présent ? »
Mais ce qu'il y avait de plus drôle chez elle…
« As-tu bien dormi, Richard ? »
Avec ses yeux pliés en demi-lune et un sourire radieux aux lèvres, on aurait dit qu'elle se sentait aussi fraîche que jamais.
Son cœur gelé par le tumulte fondit comme neige au soleil. Une fois de plus, ses sentiments pour elle surgirent en pleine force.
« Comment puis-je te battre ? »
« Peu importe le nombre de fois où tu me blesseras, je n'aurai d'autre choix que de t'aimer à nouveau. »
« Oui, et toi ? »
Richard demanda, rangeant les cheveux en désordre d'Elisha.
« Moi aussi, j'ai bien dormi. »
« Comment va ton corps ? Ton ventre te gêne-t-il ? »
Elisha, qui admirait son beau visage comme toujours, finit par porter attention à son corps. Tout lui faisait mal aux muscles, mais elle ne ressentait aucune gêne au ventre.
« Mm. Je vais bien. »
Au même moment où elle répondit, son ventre gargouilla distinctement.
Après un bref silence gêné, Elisha ajouta timidement.
« … Si ce n'est que j'ai faim. »
À cela, Richard éclata de rire. Puis, il tira deux fois sur la sonnette. Cela signifiait que les domestiques devaient leur apporter le repas.
Gênée par son rire, Elisha fit la moue, l'air boudeur.
« Notre bébé a faim. »
« Oui. Ce n'est pas toi, c'est ce gars-là qui a faim. »
Richard répondit sur un ton joueur et posa une main sur son ventre. Elisha, qui jouait avec sa large main posée sur son ventre, se tourna vers lui comme si elle se souvenait soudain de quelque chose.
« Richard. Et si on donnait un nom de grossesse à notre bébé ? »
« Nom de grossesse ? »
« Je veux dire le surnom qu'on donne au fœus tant qu'il est encore dans le ventre, en espérant qu'il grandisse en bonne santé. »
« Comment veux-tu l'appeler ? »
« Euh… »
Elisha fronça les sourcils, l'air sérieux, comme si elle était fort embarrassée. Puis elle jeta un coup d'œil à Richard et à sa main sur son ventre. Sa large main couvrant son ventre comme pour le protéger lui parut chaude et fiable. Elle était rude, mais c'était une main forte qui protégerait l'enfant et elle quoi qu'il arrive. Chaque fois qu'il la serrait dans ses bras, elle se sentait comme dans l'endroit le plus sûr du monde.
Cependant, Richard du roman original haïssait l'enfant dans son ventre et espérait qu'il meure. Il avait même essayé de le tuer de cette même main.
Même en sachant que le Richard actuel était différent de l'original, la seule pensée lui serrait le cœur.
Elisha serra sa main fort et dit :
« J'aimerais l'appeler Love. »
« Contrairement à l'original, je veux que tu reçoives beaucoup d'amour de maman et papa et que tu grandisses en bonne santé et heureux. »
« Love ? »
« Ça veut dire qu'il sera aimé autant que son nom l'indique et qu'il naîtra en bonne santé. Qu'en penses-tu ? »
« Je trouve ça bien. Faisons comme ça. »
Richard répondit joyeusement. Juste à ce moment, on frappa.
« Monseigneur, Madame, j'ai apporté votre repas. »
Anne et les servantes entrèrent dans la pièce, posèrent rapidement la nourriture qu'elles avaient apportée sur la table, et sortirent. La table était couverte de divers mets. D'ordinaire, il prenait un petit-déjeuner léger, mais dès que les symptômes de nausées matinales d'Elisha s'étaient calmés, Richard avait ordonné à tous de préparer un copieux petit-déjeuner chaque matin.
« Ça a l'air délicieux… »
Richard ricana en voyant les yeux d'Elisha briller tandis qu'elle regardait la nourriture.
« Je vais t'aider. »
Il mit de la nourriture dans une assiette et la déposa devant Elisha.
Peut-être avait-elle très faim, car dès qu'il posa l'assiette, Elisha saisit une fourchette et se mit à manger avec avidité.
Richard la regarda, et il ne faisait que déposer de la nourriture devant sa femme.
« Tellement mignonne. »
C'était adorable de la voir mâcher avec application de sa petite bouche et avaler la nourriture.
Toux !!
Entendant une toux sortir de sa bouche, le cœur de Richard se serra.
« Elisha, ça va ? »
Il se hâta de lui taper dans le dos et lui donna du jus. Même après le jus, Elisha continua de tousser un moment.
« Merci. »
« Mange lentement ou tu auras une indigestion. »
Richard, qui tapotait et frottait le dos d'Elisha, ne fut soulagé que lorsqu'il la vit recommencer à manger. À cet instant, les yeux d'Elisha virent l'assiette de Richard. La fourchette était toujours en place et la nourriture n'avait pas été touchée.
« Richard, pourquoi tu ne manges pas ? »
« Je n'ai pas faim, je mangerai plus tard. Ne t'en fais pas et mange beaucoup. »
« Tu peux manger maintenant et remanger plus tard. Il faut que tu manges beaucoup pour augmenter ton endurance. »
« Endurance ? »
Richard inclina la tête. Chaque fois qu'ils mangeaient ensemble, Richard ne pouvait pas manger parce qu'il était concentré à la regarder manger, mais pas au point de l'inquiéter. De plus, selon les paroles des chevaliers de Rubelin, dont Thompson, sa force physique est comme celle d'un monstre.
« Alors pourquoi s'inquiète-t-elle de mon endurance ? »
« Donc hier soir… hum ! »
Elisha, qui parlait d'un air sérieux jusqu'à tout à l'heure, se couvrit la bouche des deux mains comme si elle réalisait quelque chose.
« Je, je n'ai rien voulu dire de mal. Je m'inquiète juste parce qu'on dirait que tu ne manges pas correctement… »
Les yeux de Richard s'élargirent en regardant Elisha, qui parlait vaguement, l'air embarrassé. Il comprit immédiatement ce qu'elle avait omis dans ses derniers mots.
Il semblait qu'Elisha pensait qu'il manquait d'endurance et que c'était la raison pour laquelle il l'avait endormie après un seul round. Le visage de Richard, qui avait mal compris son sens, se crispa.
« Tu n'as aucune idée de comme j'ai dû endurer… »
Même à cet instant.
Richard regarda Elisha manger et dès qu'elleposa sa fourchette, il la souleva. Ses yeux s'agrandirent, et elle le regarda, surprise.
« Richard… ? »
« Je dois dissiper le malentendu de ma femme. »
« C'est un peu injuste de laisser les choses en l'état, » ajouta Richard, et se dirigea droit vers le lit.
(e/n : Dans la dernière partie, elle pensait qu'il pourrait avoir faim après leurs ébats de la veille mais il croit qu'elle a voulu dire qu'il est du genre « un round et c'est fini » parce qu'il a une mauvaise endurance, donc maintenant il va lui prouver qu'elle a tort lol)