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Goblin Kingdom

Chapitre 322

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Chapitre 322

Chapitre 322

Chapitre 322/39282%~6 min de lecture1 002 mots

Ceux qui servaient le Roi Gobelin n'y réfléchissaient pas avec autant de gravité. Pour les guerriers gobelins, obéir au roi suffisait. Les stratégies et les objectifs, ils s'en moquaient. Tant que le roi le souhaitait, les gobelins offriraient leur vie et se battraient. C'était leur force, mais en même temps, leur faiblesse.

Les seuls à vraiment penser étaient Pale et quelques elfes.

Même Gi Za Zakuend et les autres n'envisageaient rien d'autre que la manière de vaincre les ennemis du roi. Il est vrai qu'en continuant à les battre, ils finiraient par manquer d'ennemis sur le grand continent, mais de nouveaux adversaires surgiraient aussitôt.

Conquérir, gouverner, régner.

Les seuls à songer à de telles choses étaient le roi et ses proches.

Or ce roi-là vacillait depuis peu.

Pale le servait constamment à ses côtés, elle percevait donc que la raison de la guerre avait changé. Jusqu'ici, l'objectif du roi était d'assurer des terres aux demi-humains et aux gobelins. Mais à présent, ils avaient conquis le sud et vaincu le royaume de Germion, le plus grand ennemi des demi-humains et des gobelins.

Pour le dire de façon extrême, ils possédaient déjà un territoire qui pouvait rivaliser avec celui des humains.

Et s'ils y incluaient la Forêt des Ténèbres, leur domaine couvrait déjà un cinquième du monde. Aucun pays humain n'en détenait autant. Pas davantage n'existait de nation dont l'armée surpassait la leur. Ils avaient donc bien plus qu'assez de terres si le but était simplement d'y vivre.

Pale estimait qu'ils se trouvaient à une croisée des chemins.

« Votre Majesté, envisagez-vous vraiment de conquérir le continent ? »

La bataille sera probablement longue et douloureuse. Qui plus est, ce ne sera pas un combat pour contester un rival, mais une guerre pour disperser les ennemis et s'emparer de territoires par pure cupidité. Oui, une guerre de conquête motivée par la cupidité, comme les humains en mènent.

« Mais bien sûr. C'est inévitable. »

Le roi se tourna vers Pale et la fixa de ses yeux rouge sang.

« Je dois me tenir en première ligne pour mener les nombreuses races à la guerre. »

Les gobelins, eux, ne posaient pas problème. Dès lors qu'ils savaient que le roi le voulait, ils s'élançaient sans hésiter au cœur de la mêlée. Mais les humains, les demi-humains et les elfes étaient différents. Ne préféreraient-ils pas, au lieu de récits de guerre, de malheur et de sombrer, aspirer à une vie paisible ?

De ce fait, les gobelins devront prendre de plus en plus l'initiative au combat. Il restait aussi à voir si le roi parviendrait à donner une raison capable de convaincre demi-humains et humains de continuer à se jeter dans les flammes de la guerre.

« Les humains sont nombreux. Cela vaut aussi pour ceux qui sont sous notre domination. Une tendance qui ne fera que s'accentuer. Avez-vous un argument pour les faire obéir, comprendre et se jeter dans les flammes de la guerre ? »

« Une raison ?… Reprendre ce qu'on m'a volé. Cela ne suffit-il pas ? »

Pale resta impassible, s'inclina et répondit.

« Non. Cela suffit amplement, Votre Majesté. Je suis soulagée d'entendre votre réponse. »

« Pourtant », continua Pale sans fissurer son masque glacial. « On se demande vraiment quel genre de personne a pu charmer Votre Majesté à ce point. »

« … »

Alors que le roi détournait silencieusement le regard, Pale esquissa en pensée un sourire amer, tout en gardant un visage aussi froid que jamais.

« J'enverrai une proclamation à l'armée. Ils doivent marcher vers l'est pour secourir l'être cher du roi. »

« …Vous vous moquez de moi ? »

« Non. Je suis parfaitement sérieuse. »

Un instant, un monstre et une personne se toisent. C'est le roi qui rompit le face-à-face.

« Que voulez-vous ? »

« Du temps. Juste un peu. Je sais que Votre Majesté souhaite attaquer l'est, mais nous ne sommes pas prêts. Que Gi Gi-dono puisse gagner du temps était prévu, mais la perte de Gi Ga-dono ne l'était pas. »

Voyant Pale s'incliner si solennellement, le roi n'eut d'autre choix que de soupirer et d'acquiescer.

Quand on parle de « main de l'ombre », on désigne généralement un tueur ou un assassin. Parmi les clans, ceux qui acceptent ce genre de contrats incluent l'Ombre de la Nouvelle Lune et la Dague de Webrus. Le nombre d'assassins que ces clans comptent peut être cinquante ou cent, mais le chiffre exact est inconnu.

Tenter de le découvrir revient bien sûr à demander à se faire tuer.

Le clan Valkyria usa de ses réseaux pour rassembler ces assassins et les faire passer peu à peu chez les Croyants de Kushain en se faisant passer pour des marchands. Parmi eux se glissaient ceux qui avaient reçu la mission initiale de semer le trouble.

Retrouver la trace de ces gens après les avoir infiltrés n'était pas chose aisée. Comme ils ne savaient pas qui les traquait, ils n'attendraient jamais de renforts, ni ne les guetteraient.

Pourtant, ils mèneraient leur mission à bien. Pourquoi ? À cause de leurs circonstances personnelles.

Venger un ami proche. Payer la dette d'un être cher. Poursuivre l'honneur. Les motifs étaient multiples. Quels qu'ils soient, Far était là pour les regarder partir.

C'étaient des gens qu'elle ne reverrait probablement jamais.

Elle n'avait aucune obligation de les accompagner du regard, mais sa conscience ne lui laissait pas le choix.

Ce n'était pas parce que ces gens ne semaient pas le trouble que les gobelins s'abstiendraient de les attaquer, mais quoi qu'ils fassent pour empêcher une fuite, rien n'était certain en ce monde.

À l'approche de la fin du mois du Mouton, alors que la saison où les extrémités des branches poussent s'en allait, un vent souffla. Il portait encore quelque chaleur, mais déjà s'y devinait l'annonce de l'hiver.

Environ un mois plus tard, à la fin du mois de Moruki, la nouvelle du mouvement des gobelins parvint. Peu après, Far donna l'ordre à ses Valkyria de se mobiliser.

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