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Final Boss Fake-out: The Protagonist Thinks She Killed Me So Now I'm Free!

Chapitre 64 : J'ai souhaité tout recommencer (point de vue de la sainte)

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Chapitre 64

Chapitre 64 : J'ai souhaité tout recommencer (point de vue de la sainte)

Chapitre 64/6894%~9 min de lecture1 609 mots

« — Kwahahahaha ! C'est cela ! Fuyez, misérables humains ! »

Le Roi-Dragon Nidhogg combattait l'armée du roi saint aux côtés de ses anciens vassaux, les serpents d'os.

Combattait, façon de parler : à strictement parler, il faisait office de mur et se contentait de les intimider.

Malgré tout.

« C'est quoi, cette puissance… ! » « On ne nous avait pas parlé de ça ! » « Non ! Je ne veux pas mourir pour rien ! »

L'armée du roi saint se débandait de tous côtés.

On lui avait pourtant présenté cette armée comme ne craignant pas la mort…

« — Vain, vain, vaaain ! Devant une puissance écrasante, tout est vain ! »

Nidhogg rit longuement à gorge déployée…

… puis reprit soudain son calme.

« … D'ailleurs, moi… je suis plutôt fort, en fin de compte, non ? »

Ses maîtres délirants lui avaient fait perdre confiance en lui.

Mais le Roi-Dragon Nidhogg est le dragon des mythes, celui qui a mené le monde à un pas de sa destruction.

Il n'est pas, à l'origine, du genre à végéter en pareil endroit.

« … Grand-Frère, ton ombrelle est de travers. »

Oui… il n'est pas, à l'origine, un dragon fait pour porter le parasol d'une gamine fantôme.

« … Gh, hn… »

Mais il ne peut désobéir.

Ressuscité par le pouvoir de la Reine des Enfers, Nidhogg voit jusqu'à l'usage de sa propre vie tenir dans le creux de la main de celle-ci.

« … Haaaan… »

La Reine des Enfers, l'œil ensommeillé, se frottait les paupières tout en barbouillant de sang une toile avec un pinceau qu'elle faisait flotter par la pensée.

Elle croquait apparemment le paysage du champ de bataille.

Qu'une gamine pareille soit puissante est difficile à croire. Contre cette Reine des Enfers seule, Nidhogg se prendrait presque à penser qu'une rébellion serait possible…

« … Hm ? … Hnnn ?! »

Un spectacle insolite venait d'entrer dans le champ de vision de Nidhogg.

Emplissant le ciel, une quantité effroyable de… cadavres.

Comme suspendus au firmament par des fils invisibles, les corps des soldats ennemis flottaient dans les airs.

« … Q-qu'est-ce que c'est que ça ? »

« … ? »

La Reine des Enfers suivit son regard.

Puis pencha la tête de côté, l'air intriguée.

« … Ça, quoi donc ? »

« Hein… ? Enfin, ils flottent, ces cadavres humains. »

« … Et alors ? »

« Euh, mais… p-pourquoi tous ces cadavres flottent-ils ? »

« … ? Parce que c'est plus commode pour les transporter… et surtout, c'est beau, non ? »

« … Ah, oui. »

« … Hi hi hi… tu es bizarre, Grand-Frère… »

Euh… c'est effrayant.

Sans bouger de sa place, comme un à-côté de son dessin, la Reine des Enfers Noche venait de produire des morts en série, le plus naturellement du monde.

Nidhogg s'était pris à croire qu'il pourrait peut-être venir à bout de cette Reine des Enfers.

Mais à présent… il comprenait.

Cette Reine des Enfers aussi est un être hors de toute compréhension.

Exactement comme cet humain, ce Matty : d'une dimension bien trop différente.

« Cela dit… pourquoi une telle puissance se met-elle au service d'un humain ? »

« … ? Noche est faible, tu sais ? »

La Reine des Enfers désigna un coin du champ de bataille.

Là-bas…

« — Fwahahaha ! Art du marteau niveau 10 — [Impact de Gaïa] ! »

Chaque fois que l'humain aux cheveux d'argent abattait le socle de l'épée sacrée sur le sol, la terre tremblait comme sous la chute d'une météorite, et un cratère immense se creusait.

Le souffle envoyait valser les humains alentour comme des feuilles mortes.

Ailleurs encore…

« — Parais, [Monde de Slime] ! Veuillez couler quelque temps ! »

Une servante, mégaphone en main, créait une vaste piscine de slime au milieu de la plaine.

« … »

… Tiens ? Le relief se modifie-t-il aussi naturellement que cela… ?

En regardant bien, l'elfe qui escortait la sainte — une elfe en tout point semblable à la magicienne qui avait scellé Nidhogg — manipulait elle aussi l'espace comme si de rien n'était.

Ce pouvoir était, sauf erreur, celui du Roi des Esprits.

Et la magie de cette elfe, chétive la dernière fois qu'il l'avait vue, paraissait aujourd'hui supérieure à celle de Nidhogg.

« … Tiens ? Serais-je… assez faible ? »

Il perdait confiance.

L'époque de la suprématie du Roi-Dragon Nidhogg est manifestement révolue.

Elle a tout de même beaucoup trop changé, songea-t-il…

Et alors.

« … Haaa… c'est dommage. »

La Reine des Enfers venait de murmurer, mélancolique.

« Dommage ? Qu'est-ce qui est dommage ? »

« … Hein ? Eh bien… »

Elle le dit comme une évidence.

« … À ce bal, personne ne mourra. »

« U-un bal ? Enfin, il en est déjà mort assez pour que moi-même j'en sois écœuré… »

« … ? Mais Papa l'a dit, donc ce sera ainsi. »

Impossible… il n'y comprend rien.

C'est ce que Nidhogg se disait, la tête penchée, quand.

Une rumeur parcourut soudain le champ de bataille.

Non pas des cris de rage ou de terreur : des voix perplexes.

Tous avaient cessé de se battre et levaient les yeux vers le ciel.

« … ? »

Nidhogg leva les yeux à son tour, et resta sans voix.

Des traits de lumière, par dizaines, filaient dans le ciel.

Comme une pluie de météores dorés.

Mais Nidhogg comprit aussitôt.

Que chacun de ces météores était chargé d'une magie colossale…

***

La sainte Lafrieze avait peur de l'avenir.

Parce que les futurs que ses prédictions lui montraient étaient toujours les pires.

Et pourtant, elle croyait qu'à force de choisir la bonne option, l'avenir finirait par devenir bon.

Sans force ni courage, elle ne pouvait pas devenir une héroïne.

Elle ne serait pas non plus comme la première sainte, douce et juste.

Mais à sa manière, Lafrieze n'avait jamais cessé de se battre pour changer l'avenir.

Tout cela… pour n'avoir jamais à contempler un spectacle pareil.

« … Ah… c'est ça, l'arme Arc-Divin… »

La pluie de météores dorés qui courait dans le ciel.

On aurait dit un miracle divin, et malgré elle, elle la trouva belle.

Mais Lafrieze sait.

Que chacun de ces météores est une gigantesque flèche d'argent fabriquée par des humains.

Que ce sont des bombes capables de raser de vastes étendues.

Que ce sont des armes du futur nées du pouvoir d'une petite fille qui voulait devenir douce…

… Est-ce une ironie ?

Parce qu'elle efface les vies au sol en un instant et sans douleur.

Cette arme de destruction massive fut nommée…

… la Flèche Douce.

« Ah… aah… »

Les larmes lui brouillèrent la vue.

Dans ce champ blanchi et flou, la nuée de météores scintillait de mille traits.

Exactement, trait pour trait, le paysage qu'elle avait vu en prédiction.

« … C'était donc ce paysage. »

Lafrieze connaît la suite.

Les météores vont s'embraser dans le ciel, et le sol sera balayé par les flammes.

Et ce qui restera après… ne sera que la ruine.

« C'est bien l'arme Arc-Divin, ça… » « Pourquoi vers nous… ? » « Il compte nous liquider avec eux… ? »

L'armée du roi saint s'agitait à son tour.

Elle non plus n'avait apparemment pas été prévenue.

… C'était un piège.

Sans s'en apercevoir, Lafrieze et les autres avaient été attirés jusqu'ici.

Les landes où s'était installé le champ de bataille avaient précisément servi aux essais des armes Arc-Divin. Le terrain idéal pour un tir.

Le roi saint comptait, en se servant de sa propre armée comme appât, les supprimer tous ensemble.

« … [Manipulation de l'Espace] ! »

« Mmmmh ! »

La princesse Mikoris contint les météores dans une barrière improvisée, et la servante émit un rayon par la bouche pour les faire disparaître un à un.

« … Prodigieux. »

Une puissance qui n'a rien d'humain.

Ces deux-là comptent sans doute parmi les plus fortes du monde.

Le nombre de météores fondait à vue d'œil.

Mais… ce n'était pas assez.

Même des personnes de ce calibre ne peuvent effacer tous les météores qui courent dans le ciel.

« Hnn… j'ai bal à la gorge… »

« Non ! On n'y arrivera pas ! Matty ! »

La princesse Mikoris avait crié comme on hurle.

L'avenir, décidément… n'avait pas pu être changé.

Ce qui attend désormais, ce n'est que la ruine.

… Est-ce un châtiment ?

Pour l'humaine assez orgueilleuse pour avoir voulu changer l'avenir.

Si seulement elle pouvait réinitialiser ce futur de ruine et revenir dans le passé…

Elle ne peut s'empêcher de le souhaiter.

Même sans garantie que la fois suivante se passe mieux.

Même si c'est là un vœu coupable, une offense à Dieu.

« … Je veux tout recommencer. »

… Elle adressa ce vœu aux météores.

Mais comme pour railler jusqu'au vœu de cette jeune fille.

… la pluie d'étoiles tombait.

Et ce paysage de fin du monde était très beau…

Tous avaient cessé de combattre et contemplaient le ciel en silence.

« … C'est fini. »

Quelqu'un venait de murmurer.

Puis cette personne ajouta :

« — C'est ce que tu crois, n'est-ce pas ? »

et laissa échapper un rire tout à fait déplacé.

« … Hein ? »

Sa vue était trop brouillée pour distinguer le visage.

Et pourtant, elle sut.

Elle sut qui se tenait devant elle.

C'était le jeune homme à l'épée sacrée montée sur son socle…

… le faux héros, qui porte sur lui la preuve qu'il n'a pas su devenir un héros.

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