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Final Boss Fake-out: The Protagonist Thinks She Killed Me So Now I'm Free!

Chapitre 48 : J'ai attaqué le royaume saint

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Chapitre 48

Chapitre 48 : J'ai attaqué le royaume saint

Chapitre 48/6871%~8 min de lecture1 462 mots

« — La porte a été forcée ! » « On nous attaque ! » « Aux armes ! Aux armes ! »

Le Grand Château sacré du royaume saint de Solistia.

Le siège suprême du culte de la Déesse, dédié à Maül, la déesse qui enfanta le monde, était en cet instant… en pleine confusion.

Dans la grande salle bordée de colonnes, des soldats-prêtres armés de hallebardes et de masses s'attroupaient dans la précipitation.

Et celui qu'encerclaient ces soldats-prêtres, c'était moi, évidemment.

Debout sur les débris de la porte de service défoncée par le Gresharoche (※ le fiacre tracté par Greshalaboras), l'épée sacrée sur l'épaule, je lâchai un grand rire insolent.

« — À genoux. Vous êtes devant le héros. »

Pour commencer, la magie de gravité [Gravité] les colla vite fait à plat ventre sur le sol.

En cas de souci, [Gravité]. Toujours à portée de main, [Gravité].

« Gh, grrr… ! » « Quelle puissance maléfique ! » « Face à des brigands comme eux… ! »

« Des brigands… ? Kukuku… ne voyez-vous pas cette épée sacrée ? »

« L-l'épée sacrée ? » « Impossible ! » « On dirait plutôt un marteau ! »

« Oh. Voilà des gens bien peu perspicaces. Tant pis. Mademoiselle Pri, mademoiselle Miko, châtiez-les. »

« Roger ! »

« … Bon, il se trouve qu'ils sont déjà châtiés jusqu'au dernier. »

Alors qu'on s'amusait bien.

« — Mais qu'est-ce que vous faites ?! »

Lafrieze finit par s'extraire du fiacre en rampant.

Son premier voyage aérien lui avait donné le tournis ; elle s'en remettait enfin.

« Ce que je fais… tu ne vois pas ? De l'activité héroïque. »

« Allez vous excuser à plat ventre devant tous les héros de l'histoire ! Et je vous rappelle que nous n'avons pas encore la reconnaissance officielle de Sa Majesté le roi saint ! »

« Hm, c'est vrai. »

Je me sentais parfaitement héros, mais sans la reconnaissance officielle, pas d'activité libre.

À la base, si nous étions venus au Grand Château sacré, c'était pour rencontrer le roi saint.

Sauf qu'après avoir enfoncé la porte avec le fiacre, on s'est fait accueillir par des “On nous attaque !”, “Un type avec une arme gigantesque s'est introduit ici !”, “Quelle tête de scélérat !”, “Aux armes ! Aux armes !”, et on nous a attaqués. Alors j'ai riposté.

« Et d'abord, pourquoi enfoncer un château avec un fiacre ?! »

« Kukuku… je conduisais sans regarder la route. »

« Mais qu'est-ce que vous faites ?! Et si vous n'êtes pas hostile, il suffisait de l'expliquer aux prêtres ! Pourquoi enchaîner aussi naturellement sur un combat ?! »

« Je me suis amusé, c'est parti tout seul. »

« Aaaah, ça suffiiit ! »

Lafrieze se gratta énergiquement la tête.

« Mikoris, dites-lui quelque chose, vous aussi ! »

« Hein ? Bah… c'est comme d'habitude. »

« C'est comme d'habitude. »

« Vous y êtes habituées ?! »

« Kukuku… regardez donc. J'ai tagué “Le héros est passé par là !” sur une colonne du château. »

« Aaaah ?! En une seconde d'inattention ?! »

Lafrieze s'agitait, les yeux embués.

Lafrieze était pourtant censée être un personnage si posé qu'on la donnait pour la figure de la pureté dans “ResiNoah”.

« … Tu accumules du stress, ou quoi ? »

« Oui ! Grâce à vous, mon stress est en pleine inflation ! »

Je vois. Le métier de sainte est apparemment très stressant.

« Aaah… j'ai l'impression d'essayer de faire un héros de la personne qu'il faudrait le moins au monde faire héros… le prestige des héros va en… »

« Ouais, bon… courage, hein. »

Sans qu'on sache pourquoi, Mikorin lui tapota l'épaule d'un air compatissant.

« Bien… quoi qu'il en soit, il faut d'abord voir le roi saint et obtenir la reconnaissance officielle. »

« Hnn, avec la situation actuelle, reste à savoir si on l'obtiendra… déjà que l'épée sacrée avec son socle nous met dans une zone grise. »

« Bah, ça va aller. Il suffit d'appeler le Roi des Esprits, et c'est réglé. »

« Appeler le Roi des Esprits ? »

« Mikorin, fais-nous le numéro. »

« Pff… »

Sans le moindre enthousiasme, Mikorin tendit la main devant elle.

« — Parais, Roi des Esprits. »

À cet ordre.

L'espace tout proche se tordit et un trou s'ouvrit.

Il en sortit le Roi des Esprits, précédé de son halo lumineux.

… à quatre pattes, pour une raison inconnue.

« C'est ça… le Roi… des Esprits… ? »

« Cesse donc de me donner du “monsieur”. J'aimerais que tu m'appelles sèchement par mon nom, avec un claquement de langue bien glacial. »

« … »

Lafrieze le regarda comme on regarde une ordure, et le Roi des Esprits rougit d'un coup.

« … Euh, non, enfin… la dignité du Roi des Esprits est portée disparue. Et ce tableau n'est pas montrable à des enfants. »

« Ça va aller. Il brille énormément. »

« D'abord, c'est vraiment le Roi des Esprits… ? Celui, illustre, qui figure dans les mythes… »

« — Tout à fait. C'est bien moi, le Roi des Esprits. »

« Tu vois, l'intéressé le dit lui-même. »

« … Une auto-déclaration faite à quatre pattes, ça ne suffit pas vraiment. »

La crédibilité du Roi des Esprits était nulle.

Ça n'allait pas beaucoup servir.

« Euh, Roi des Esprits… vous pouvez rentrer, maintenant. »

« … »

Le Roi des Esprits s'en alla sans un mot, toujours à quatre pattes.

Un silence gêné, indéfinissable, flotta un moment.

« Bah, on trouvera une solution. J'ai une connaissance douée pour le lavage de cerveau… »

« Un héros ne doit pas entretenir de relations louches ! »

« Au pire, j'écrase ce pays et je deviens roi saint moi-même. »

« Ne déclarez pas la révolution avec autant de désinvolture ! »

« Elle est exigeante. »

Quoi qu'il en soit, rien ne commencera sans rencontrer le roi saint.

On soutira à un prêtre qui se trouvait là l'endroit où il était, et on se dirigea vers la place devant le Grand Château sacré, où il était censé se tenir.

***

En arrivant sur la place devant le Grand Château sacré, la première chose qu'on vit fut la foule.

Sur cette place où l'on aurait dit que tous les habitants de la cité sainte tenaient, un seul point concentrait une masse de citoyens particulièrement dense.

Dans la direction que les citoyens contemplaient, extasiés, se dressait une estrade de bois.

Sur l'estrade : un vieillard vêtu d'une somptueuse tenue épiscopale.

— Le roi saint Nefîro IV.

Dans le jeu, il soutenait l'armée révolutionnaire sans réserve et passait pour “le roi de la justice”.

Il devait jouir de la même réputation dans ce monde.

Chaque fois que le roi saint arborait son sourire louche, la foule l'acclamait.

Au centre de la place se dressait une statue de ce roi saint, et partout, sur les bâtiments alentour, pendaient des étoffes ornées de son portrait.

« Il a une sacrée popularité, ce roi saint. »

« … Les rois des autres pays sont tous comme ça ? »

« Non… je crois que Sa Majesté est un cas particulier. »

Le visage de Lafrieze s'assombrit.

« Sa Majesté a un talent anormal pour manipuler le peuple… »

« Forcément, sa compétence unique, c'est [Manipulation des Rumeurs]. »

« Quoi, vraiment ?! »

« Au passage, si on découvre que tu es au courant pour [Manipulation des Rumeurs], tu seras éliminée. Fais attention. »

« Alors pourquoi me l'avoir dit ?! »

« Pour t'embêter. »

« Aaaargh ! Je vous déteste ! »

Lafrieze s'emporta ; je l'ignorai.

Quoi qu'il en soit, l'habileté du roi saint à manipuler les masses, je l'avais éprouvée depuis longtemps.

Nous nous étions affrontés bien des fois, sous forme de guerres.

C'est lui qui a répandu dans le monde entier la mauvaise réputation de .

Et comme la circulation de ces rumeurs était bien trop anormale, j'avais chargé l'espion des Sept Rois Démons d'enquêter : c'est ainsi qu'on a découvert que le roi saint Nefîro IV possédait la compétence [Manipulation des Rumeurs].

Grâce à cette compétence, le roi saint peut à volonté rehausser sa propre réputation ou salir celle de ses ennemis.

Si la parole vient du roi saint, le peuple y croit sans même en douter.

Si le roi saint l'ordonne, le peuple part au front avec joie.

D'où son statut de roi de la justice aimé du peuple, à l'exact opposé de .

… Mais nous, nous savons.

Que c'est précisément ce roi saint qui est la cause première du futur de la ruine.

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