Le musée d'art Prada, construit au pied du Cinquième Village.
À l'intérieur, un outil magique musical joue une mélodie calme et apaisante.
……
L'un des employés, Rudion, se tient près de l'instrument comme pour le surveiller ; c'est devenu une sorte d'attraction.
Il aime les choses qui font du son.
C'est très bien, mais celui qui reste debout en permanence est-il en train de travailler ?
Enfin, s'il flâne, Prada le remettra à l'ordre.
L'un des coins aménagés dans le musée est consacré à l'exposition de boîtes.
On y trouve des boîtes de toutes les époques et de tous les horizons.
Au début, je me suis dit « des boîtes, vraiment ? », mais face à une telle diversité, c'est un coin qu'on prend plaisir à observer.
Apparemment, c'est une autre employée, Katia, qui en a la charge.
Elle aime les boîtes.
C'est le choix idéal.
Hein ?
La majorité des objets exposés ici appartiendraient en fait à Katia ?
Ah bon.
Ah, mais elle n'utilise pas cet endroit comme entrepôt, j'espère ?
Il y a cet aspect aussi, mais ça fait de l'animation, alors c'est parfait ?
Enfin, c'est vrai.
Quoi qu'il en soit, la présence de personnel doit contribuer au succès du lieu.
Katia discute parfois avec des clients qui souhaitent acheter des boîtes.
Elle ne cherche donc pas à les garder pour elle seule.
…… Les passionnés cherchent des compagnons de passion.
Je vois.
Charne, dans la salle de préparation des expositions, donnait des instructions aux employés.
Elle aimait les choses sur lesquelles des caractères étaient écrits.
Elle ne les lit pas, cependant.
Je trouvais ça un goût bizarre, mais on dirait qu'elle est celle qui travaille le plus.
Cependant, selon Prada, elle aussi aurait ses problèmes.
Il paraît qu'elle exige que les rapports des employés soient rédigés sur un support quelconque avant d'être soumis.
……
Ce n'est pas un abus de pouvoir ?
C'est acceptable ?
Comme les traces écrites restent, elle ferme les yeux ?
Enfin, si ça va pour Prada, je n'ai rien à dire.
Mais bon, le personnel a quand même pas mal augmenté.
Certes, avec trop peu de monde, la gestion des œuvres d'art est difficile, mais……
D'un simple coup d'œil, on en compte une cinquantaine.
Il y a ceux qui sont en congé et ceux qui ne sont pas là, donc on peut estimer le total à plus de cent personnes.
Cent cinquante, peut-être ?
On a bien réussi à les réunir.
Ils ont récupéré des gens qui végétaient dans la noblesse.
……
Ce n'est pas de l'enlèvement, hein ?
Ils ont recruté et démarché normalement, non ?
Tant mieux.
Hein ?
Lors du recrutement, une bande de voleurs a essayé d'y infiltrer un complice ?
Ça va ?
Visiblement, son comportement était tellement suspect qu'ils l'ont attrapé, et après lui avoir fait écouter un peu le piano de Rudion, il a tout avoué.
Il a aussi balancé ses complices, donc la bande a été presque entièrement arrêtée.
Rudion aime bien les sons, mais il est mauvais quand il joue lui-même.
C'est à ce point terrifiant ?
Ça m'intrigue, mais j'ai peur de l'entendre.
Au fait, parmi le personnel, on voit des gens qui ressemblent à des gardiens… sont-ils nécessaires ?
Prada et les autres peuvent tout gérer, non ?
La simple présence visible de gardiens a un effet dissuasif ?
Je vois.
Enfin, oui.
Avec des gardiens sur place, c'est plus difficile de faire des bêtises.
Les gens qui ont de mauvaises intentions feraient demi-tour en voyant l'objet placé à l'entrée.
Hum, en tant que créateur, c'est un sentiment complexe.
J'aimerais qu'ils le regardent plus attentivement.
Bon.
Je suis venu au musée Prada parce que j'ai reçu une demande de sa part.
Le contenu : la construction de dortoirs et d'une cantine pour le personnel accru.
J'ai répondu qu'ils pouvaient faire librement sur le terrain, mais on m'a répondu que le terrain serait affecté à des entrepôts, donc il fallait construire à l'extérieur.
Dans ce cas, je ne peux pas donner mon accord sans voir l'état des lieux.
C'est pour ça que je me suis déplacé.
En attendant, pour ce qui est de la gestion du musée Prada… c'est très déficitaire.
Les frais d'acquisition et d'entretien des œuvres sont élevés, et les salaires du personnel accru pèsent aussi.
Ah, je sais.
Pour l'art, il ne faut pas privilégier le profit.
Divertissement des habitants et protection de la culture.
C'est sous cet angle qu'on assume, et le Cinquième Village verse un budget solide.
Yōko est d'accord avec cette ligne, donc le conseil municipal ne devrait pas le réduire.
D'autant qu'il y a le mérite de l'arrestation de la bande de voleurs.
Bon, la construction des dortoirs et de la cantine pour le nouveau personnel.
Les terrains autour du musée Prada…
Sont encore libres.
Mais Yōko ou le conseil municipal pourraient avoir des projets, alors si on veut construire, il faut réserver vite.
L'estimation des coûts… Prada l'avait déjà préparée.
Il y a même un plan B et un plan C au cas où les terrains alentours ne seraient pas utilisables, c'est impressionnant.
Compris.
J'en parlerai à Yōko de ma côté.
Ça devrait aller, mais si c'est refusé, je te préviens tout de suite.
Cependant, sans dortoirs pour l'instant.
Où le personnel dort-il ?
En surface, ceux qui ont un logement y vont et viennent, et les autres font la navette depuis des auberges.
Et en coulisses ?
Ils dorment à la belle étoile dans les coins de la salle de préparation et les entrepôts ?
……
Je ferai avancer le dossier des dortoirs pour qu'on puisse démarrer au plus vite.
Je sais.
La cantine aussi, on presse.
J'ai vu l'état du musée, il est temps de rentrer.
Ah, avant ça, je dois faire une offrande à l'objet.
Comme j'ai utilisé l'entrée du personnel, je n'ai pas passé devant l'objet et j'ai oublié.
C'est Crim qui me l'a demandé.
Il se plaint qu'on ne lui offre que des trucs amers.
S'il se contentait de se plaindre, ce serait encore bien, mais s'il pète un câble, il déclenche des cataclysmes, donc mieux vaut lui offrir quelque chose de sucré.
Je me dis que les cataclysmes, c'est de la blague, mais je dépose quand même quelques fruits récoltés au Village du Grand Arbre.
J'ai l'impression que l'objet a l'air content.
La prochaine fois, j'apporterai un gâteau de Fairy Fairy.