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Farming Life in Another World

Chapitre 872

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Chapitre 872

Chapitre 872

Chapitre 872/92594%~9 min de lecture1 691 mots

L'hiver à l'académie des nobles de GarGarld est calme.

On entend des explosions magiques au loin, mais c'est calme.

Les bâtiments tremblent sous les vibrations, mais c'est calme.

Le directeur court en hurlant, mais c'est calme.

……

Si c'est calme, alors c'est calme !

Je suis l'un des enseignants de l'académie des nobles de GarGarld, située dans la capitale royale.

On peut dire que je suis un ancien, à présent.

J'enseigne les règles de politesse.

Honnêtement, c'est une matière qui n'attire pas les foules.

Après tout, c'est une académie pour nobles.

La grande majorité des élèves sont des enfants de nobles ou des personnes liées à la noblesse.

C'est pourquoi, avant d'entrer à l'académie, ils ont déjà suffisamment acquis les bases de la politesse.

On se dit : « Qu'est-ce qu'on a encore à apprendre en politesse ? »

C'est compréhensible, je l'admets.

Cependant.

Oui, cependant.

Même s'ils ont suffisamment acquis les bases, ce n'est pas pour autant qu'ils ont atteint la perfection en politesse, n'est-ce pas ?

Il reste encore tant à apprendre.

Il y en a.

C'est ce que je veux dire.

Et je l'ai vraiment dit.

La réaction des élèves qui m'ont écouté a été celle-ci :

« Professeur, vous vous en faites trop pour des détails. »

…………

La politesse, ce n'est pas justement s'occuper de ces détails ?

Ce n'est pas une question de « détails » ou quoi que ce soit.

Bon, bref, peu importe.

Le royaume démoniaque, où le pouvoir détermine qui est au sommet.

En matière de politesse, on est plutôt tolérant.

C'est du laissez-faire.

L'état d'esprit, c'est de faire en sorte de ne pas trop énerver l'autre.

À l'origine, la politesse du royaume démoniaque a été créée par nécessité lors de négociations avec les anciens démons et les dragons, il y a fort longtemps.

Elle est loin d'être parfaite.

Mais c'est précisément pour cela qu'il faut la pousser à l'extrême, selon moi…

Forcer l'enseignement ne fait pas que ça s'ancre.

L'important, c'est l'attitude d'avoir envie d'apprendre.

Oui.

Si cette attitude est là, j'accepte n'importe quel élève.

Tiens, ça doit faire environ quatre-vingts ans…

Il y a eu un élève inoubliable.

Un garçon de la race des ogres qui ne parlait pas la langue commune.

Ses parents s'étaient distingués à la guerre et avaient obtenu le titre de baron, alors on l'avait fourré de force à l'académie, et comme il avait besoin de politesse, il est venu me supplier en pleurant.

En langue ogre.

À ce moment-là, j'ai eu peur.

J'ai cru qu'il allait me tuer.

Les ogres ont de base un visage effrayant.

En plus, les seuls mots de langue commune qu'il pouvait prononcer étaient « crève » et « disparais ».

Il m'a fallu environ six mois rien que pour comprendre ce qu'il voulait dire, mais il a fait preuve d'une patience incroyable.

Moi non plus, je n'ai pas baissé les bras.

Et quand j'ai fini par maîtriser la langue ogre, seulement alors a pu commencer son éducation à la politesse.

En même temps, j'ai commencé à lui enseigner la langue commune.

C'était dur.

Mais il y a eu des résultats.

Il est doué.

En deux mois environ, il a su faire les salutations en langue commune.

Quand il croisait quelqu'un, il disait « bonjour » en langue commune, et quand il se séparait, « au revoir ».

Ah, ce n'est pas le langage noble.

Des mots qui portent autant de sens complexes, c'était trop tôt pour lui.

C'était de la langue commune ordinaire.

J'aurais voulu lui apprendre encore plein de choses, mais la situation militaire de l'époque ne l'a pas permis, et il a été rappelé au front par ses parents.

Ça n'a duré même pas un an, mais j'ai prié pour sa sécurité.

Et, contre toute attente, il s'est distingué.

Au point d'obtenir un surnom.

Son surnom, c'était « l'ogre bonjour ».

Même sur le champ de bataille, il n'avait pas oublié la politesse.

Ça m'a fait plaisir.

Les échanges avec lui continuent encore aujourd'hui.

J'ai été invité à son mariage, et j'ai même participé à celui de sa fille.

La prochaine, ce sera peut-être le mariage de la fille de sa fille.

La langue ogre qu'il m'a apprise me sert énormément.

Hop, pas le temps de se perdre dans les souvenirs.

Alors que je devrais avoir du temps libre en hiver à l'académie, qu'est-ce que je fais ? Je prépare les cours du printemps prochain.

Ne me dites pas qu'il faut préparer des cours pour une salle où personne ne vient.

Le système de l'académie change un peu à partir du printemps.

Jusqu'ici, les élèves choisissaient librement leurs salles, réalisaient les devoirs donnés par chacune et obtenaient ainsi un certificat de graduation.

Réunir trois certificats permettait de graduer.

Ce socle ne change pas, mais il devient désormais obligatoire de suivre les salles « Langue commune générale », « Rédaction en langue commune » et « Politesse ».

Dans les salles obligatoires, il n'y a pas de devoirs, mais la présence donne une chance d'obtenir des points, et à la graduation, il faut en avoir au moins trente au total.

L'académie vise une présence par séance pour un point, et souhaiterait une dizaine de présences par salle.

Mais on peut aussi obtenir les points en allant trente fois dans une seule salle.

C'est une faille qu'on laisse exister.

Parce qu'il y a des cas où, quoi qu'on fasse, c'est impossible.

Du coup, il se peut que personne ne vienne au cours de « Politesse », mais il se peut aussi qu'il y en ait beaucoup.

Donc la préparation est nécessaire.

Le changement de système vient aussi de l'évolution du royaume démoniaque.

Jusqu'ici, c'était un royaume qui privilégiait le militaire, mais depuis une dizaine d'années, c'est calme.

Je le pensais, et soudain, ils ont déclaré la victoire à la guerre.

Et maintenant, ils vont se concentrer sur la politique intérieure.

Donc, les nobles de demain doivent savoir converser correctement, lire et écrire, et avoir la politesse minimale. C'est l'ambition… pardon, l'espoir du royaume démoniaque.

Apparemment, les fonctionnaires de la capitale ont mis une forte pression sur le roi démon.

Dans ce cadre, on a demandé des changements à l'académie.

L'académie ne cède pas à ce genre de pression extérieure, mais elle a dû réfléchir elle aussi à l'avenir du royaume démoniaque.

Ce changement de système n'est pas une mauvaise chose.

C'est une bonne chose.

Mais du coup, c'est moi qui me tape le travail en hiver.

Je trouve pas normal que la charge retombe sur quelques-uns.

Pfuu.

Au moment où je souffle, on frappe à la porte de ma chambre.

« Professeur, c'est l'heure du dîner~ »

Hop, déjà cette heure ?

Je croyais qu'on était encore en plein midi.

En hiver, l'académie se vide, donc la cantine est souvent fermée.

Aujourd'hui aussi, elle l'est.

Du coup, il faut se débrouiller pour manger, mais depuis quelques années, des volontaires se rassemblent presque chaque jour pour cuisiner.

C'estありがたい.

Ah, bien sûr, ce n'est pas gratuit.

Pour manger, il faut payer sa part, apporter des ingrédients, ou travailler.

Moi, j'ai travaillé.

J'ai fait des tables et des chaises.

Si la cantine est ouverte, on peut l'emprunter, mais quand elle est fermée, c'est compliqué.

Même comme ça, je me débrouille en menuiserie.

Les élèves me disent même d'ouvrir une salle de menuiserie au lieu de politesse.

Bon, enseigner la menuiserie dans une académie de nobles, ce n'est pas approprié, donc c'est impossible.

Quoi qu'il en soit, j'ai fait une cinquantaine de jeux de tables et chaises il y a peu, donc j'ai le droit de manger gratuitement jusqu'au printemps.

Sans hésiter, je vais aller manger.

Oui.

Dehors, il fait froid.

Près du lieu de repas, il y a plusieurs feux de camp, donc c'est chaud, mais le vent est glacial.

Est-ce que je devrais essayer de construire un petit abri pour manger ?

Ce ne serait plus de la menuiserie, mais de la construction…

Ce n'est pas impossible.

« Professeur.

Le menu d'aujourd'hui, c'est curry, pâtes et sandwichs, trois types. »

L'élève qui me guide me montre trois stands de distribution.

Chacun a sa file.

Le curry classique.

Aujourd'hui, il est un peu sucré.

Les pâtes ont une sauce avec de gros morceaux de viande qui roulent dedans.

Ça a l'air bon.

Et le plat avec une garniture entre deux tranches de pain, le sandwich.

Apparemment, il y a un groupe qui voudrait l'appeler « burger ».

Moi, le nom m'est égal.

La garniture qui m'intéresse, c'est…

De la friture… du katsu !

Après l'avoir frit, on l'a trempé dans une sauce noire et épaisse !

Bien, aujourd'hui ce sera sandwich.

Un, non, deux, je vais en prendre.

L'élève qui m'a guidé a aussi pris des sandwichs.

Il en a pris trois.

Héhéhé.

Tu te feras gronder si tu n'en finis pas.

Puisqu'on était ensemble, on s'installe autour d'un des feux de camp et on mange ensemble.

Le sujet de conversation…

Au fait, c'était quoi, l'explosion tout à l'heure ?

« Tout à l'heure ?

Ah~ c'était quand Kihatroi a taquiné Auges.

Un grand trou s'est fait dans l'enceinte.

Le directeur les a engueulés, et comme punition, ils sont partis chasser dans la forêt.

Le repas de demain sera copieux. »

Je vois.

C'était le bruit de l'attaque d'Auges, qui est un dragon hybride.

……

Les dragons hybrides, à la base, c'est une espèce si rare qu'on en voit voler au loin une fois tous les cent ans.

Bon, maintenant, c'est plus surprenant.

Au défilé du printemps, il y avait alignés des dragons divins, qui sont encore plus rares que les hybrides.

Il y avait aussi plein d'anciens démons, qui sont censés avoir disparu.

Un dragon hybride, ça ne surprend plus.

Une fois le repas fini, j'arrête le travail pour aujourd'hui.

Oui.

Réfléchir à quel genre d'abri construire a l'air amusant.

Pour les matériaux… quelques élèves font de l'intermédiation.

Si je leur demande, ça ira.

Reste la main-d'œuvre…

Je suis prof d'une salle impopulaire, mais si j'appelle, quelques-uns viendront bien.

Oui, vu que ce n'est pas un cours mais de la menuiserie… de la construction.

Peut-être qu'il y en aura beaucoup qui viendront.

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