Aller au contenu principal

Farming Life in Another World

Chapitre 851

Farming Life in Another WorldFarming Life in Another World
Chapitre 851

Chapitre 851

Chapitre 851/92592%~7 min de lecture1 215 mots

Je suis percepteur.

Mon travail consiste à collecter les impôts.

Puisque je collecte les impôts, il va de soi que je suis détesté.

Ceux qui s'approchent de moi ne pensent qu'à me glisser des pots-de-vin pour que je ferme les yeux.

J'aurais pu m'entendre avec ce genre de gens, mais je n'ai jamais accepté de pots-de-vin.

J'éprouvais un dégoût profond à l'idée d'en prendre et de tordre les règles.

Certains ont essayé de les donner à ma femme ou à mon fils, mais tous deux partageaient mes convictions et les ont refusés.

J'ai eu la chance d'avoir une bonne famille.

Puis, un jour, tout a basculé.

On m'a accusé d'un crime que je n'avais pas commis, et ma famille comme moi avons été chassés de la ville où nous vivions.

Apparemment, ma refus de me laisser corrompre gênait.

Même mon supérieur, abreuvé de calomnies par mes collègues corrompus, a refusé de m'écouter.

J'ai eu la vie sauve, c'était déjà ça.

Je me le suis dit, et j'ai quitté la ville où j'étais né et où j'avais grandi.

Après plusieurs années d'errance, j'ai abouti au Cinquième Village du Royaume Démon.

Une ville toute neuve… enfin, un village, pour être exact. J'y ai ouvert une petite boutique d'objets en bois.

Heureusement, j'ai les mains habiles et je me débrouille pas mal dans la sculpture sur bois.

Ma femme et mon fils m'ont aidé, si bien que j'ai pu mettre de côté une petite épargne.

Quand la vie est devenue moins serrée, l'esprit s'est détendu.

J'ai pu revoir ma propre existence sous un autre angle.

……

Comment fonctionne l'impôt au Cinquième Village ?

Cette année, je n'ai versé que la capitation volontaire (l'impôt que paie quiconque réside dans une ville ou un village, généralement au même tarif quel que soit l'âge).

Et encore, elle était dérisoire.

Deux grosses pièces de cuivre par tête… ce village peut-il seulement survivre avec ça ?

Dans un endroit normal, la capitation tourne autour de soixante-dix à quatre-vingts grosses pièces de cuivre.

Et en y repensant, aucun percepteur n'est jamais venu frapper à la porte de ma boutique.

Normalement, ils passent une ou deux fois par an pour réclamer l'impôt selon la taille du commerce.

Le village est trop jeune pour avoir mis en place un système de perception ?

Ou bien il manque des percepteurs ?

Je suis redevable envers ce village.

C'est parce que j'y ai posé mes valises que ma famille a pu mettre un terme à ses errances.

L'idée de redevenir percepteur me répugne, mais je me suis dit que mon savoir et mon expérience pourraient servir. Je me suis rendu à la maison des délibérations du Cinquième Village pour leur en parler.

Ça a porté ses fruits : j'ai été embauché comme percepteur du Cinquième Village.

C'était il y a quatre ans, ma deuxième année ici.

Accessoirement, le poste de percepteur est en principe un cumul.

Pour la simple raison qu'en dehors de la période de perception, il n'y a pas de travail.

Donc je continue de tenir ma boutique.

La saison de perception varie selon les lieux.

C'est presque toujours au printemps ou à l'automne.

Au Cinquième Village, c'est l'automne.

Et cet automne est arrivé.

Je disparais de ma boutique.

Oui, je me cache.

C'est la règle de base pour un percepteur du Cinquième Village.

Le déguisement aussi.

Se laisser pousser la barbe ou la raser, c'est la base.

Je teins même mes cheveux.

Les percepteurs les plus motivés commencent à se cacher dès l'été pour modifier leur silhouette.

Pour devenir une tout autre personne.

Moi, je n'ai pas assez de motivation pour changer de corpulence.

J'ai acheté un miroir hors de prix, je me regarde dedans et je me fais de l'autosuggestion.

Pour incarner quelqu'un d'autre.

Pourquoi aller si loin ?

C'est évident.

Parce que je suis percepteur du Cinquième Village.

Le travail d'un percepteur, c'est de collecter l'impôt correctement.

Jamais de fraude.

Je l'ai juré à la villageoise par intérim.

Alors je prélève le montant exact.

Froidement.

Comme le soleil se lève le matin et se couche le soir, naturellement.

Je prélève le montant décidé.

C'est pourquoi je ne peux **jamais** accepter un impôt supérieur au montant décidé.

Oui, **aussi quand il est plus élevé !**

Dès qu'on sait qu'on a affaire au percepteur du Cinquième Village, certain s'acharnent à vous fourrer de l'argent dans les mains.

Je comprends leur raisonnement.

L'impôt du Cinquième Village est si bas qu'il en devient inquiétant.

Ils veulent que le village dure longtemps et paisiblement.

Pour ça, ils accepteraient de payer le double.

Même le double resterait écrasément moins cher qu'ailleurs.

Mais je ne peux pas le prendre !

De mon côté, je suis percepteur.

Pour dire les choses simplement : un percepteur est un prestataire mandaté pour percevoir l'impôt.

Si je touche plus que le montant fixé, c'est **moi** qui devrai reverser la différence au village !

Vous croyez qu'ils l'accepteraient ?

C'est impossible, c'est pour ça qu'ils viennent me voir.

Moi non plus, je ne sais pas quoi en faire.

Si je ne peux pas le reverser au village, je deviens un percepteur malhonnête qui s'enrichit indûment sur le dos du Cinquième Village.

Donc, je ne peux pas percevoir plus que le dû.

Par conséquent, le percepteur du Cinquième Village disparaît pendant la saison de perception.

Sans laisser de trace.

Enfin, la villageoise par intérim, inquiète de cette surchauffe de la perception, a tranché : la perception n'a lieu que pendant les heures de jour. La nuit, une fois le soleil couché, je suis en sécurité.

Bon, l'aube est le moment le plus risqué, donc il faut que je sois déjà en mouvement avant le lever du jour.

Les portraits-robots du percepteur placardés un peu partout sont devenus une sorte de tradition saisonnière.

Mince, le mien.

C'est mon portrait **actuel**.

Il faut que je le change, vite.

Où est la fuite ?

Ma femme ?

Mon fils ?

Tous deux répétaient depuis longtemps qu'ils voulaient payer leurs impôts.

N, non, ne suspectons pas la famille.

Plus urgent : changer d'apparence.

« Il est là !

C'est le percepteur ! »

Repéré !?

Je me mets à bouger en catastrophe.

Se cacher serait stupide.

Puisqu'on m'a vu.

Mais personne ne me poursuit.

J'aperçois un groupe qui part dans une autre direction.

Ce n'était pas moi qu'on avait repéré.

Ouf.

Et toi, le percepteur qui fuis.

Accroche-toi !

Sors-en vivant !

Une fois attrapé, la vie du percepteur est en danger.

On t'enferme dans une auberge de luxe d'où tu ne peux pas sortir, et du matin au soir on te soumet à une offensive d'hospitalité.

Jusqu'à la fin de la saison de perception, en hiver.

Tu grossis c'est certain.

L'hiver, on bouge moins, alors c'est encore pire.

Il faut alors revenir en état pour l'automne suivant, la prochaine saison de perception.

Si tu n'y arrives pas, c'est une année de plus.

Pfuu.

Je souffle un grand coup et je me remets en condition.

Je suis un percepteur impitoyable.

Je ne toucherai **jamais** un centime de plus que le montant fixé.

Accessoirement.

Mes connaissances et mon expérience d'ancien percepteur ne m'ont servi à **rien**, pas le moindre fragment, dans mon travail au Cinquième Village.

Normal, me direz-vous.

Ce village est trop bizarre.

Mais j'aime ce village bizarre, par-dessus tout.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.