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Farming Life in Another World

Chapitre 773

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Chapitre 773

Chapitre 773

Chapitre 773/88587%~9 min de lecture1 695 mots

Bonjour.

Je m'appelle Johnson, et je tiens une friperie au Cinquième Village.

Mon âge ?

J'ai dépassé la centaine, mais je ne me souviens plus exactement.

Ma mémoire est remplie de clients et de fripes.

Quand je repense à mes vieux clients…… ça fait plus de deux cents ans.

Ah ah ah.

Je suis un démon, alors l'âge m'importe peu.

Bon, tout le monde.

Connaissez-vous la situation vestimentaire des gens ordinaires ?

Les vêtements des gens ordinaires sont, fondamentalement, de la fripe.

Quand la fripe qu'ils portent devient inutilisable, ils en cherchent une autre.

C'est à peu près tout.

Donc, les vêtements neufs, on les porte presque jamais.

Pour les gens ordinaires, un vêtement neuf, c'est une fripe neuve.

Et le nombre de vêtements qu'un gens ordinaire possède, c'est deux ou trois.

Ces deux ou trois pièces ne se portent pas en alternance, on les superpose selon les saisons.

Il y a encore quelques années, c'était pareil partout dans le monde.

Mais ce Cinquième Village est différent.

Les gens ordinaires y possèdent une dizaine de vêtements.

Et au lieu de les superposer, ils portent des vêtements d'été en été, des vêtements d'hiver en hiver.

Ils changent aussi de tenue selon leur humeur.

C'est pourquoi les habitants sont très pimpants, et ma boutique de fripes déborde toujours de monde.

C'est sans doute parce que la sécurité y est excellente.

Les vêtements sont un bien.

Si on pense au risque de se les faire voler, normalement on n'a pas envie d'en accumuler davantage.

Mais s'il n'y a pas de danger, on finit par vouloir en avoir.

Bien sûr, le fait que les habitants aient les poches assez chaudes pour s'acheter de nouveaux vêtements est aussi une raison.

Oui, les gens de ce village ont de l'argent.

Parce qu'il y a du travail à foison si on le cherche, et un environnement où gagner sa vie. En plus, les impôts du village sont très bas.

Au point que les habitants s'inquiètent de savoir si c'est vraiment tenable.

J'ai eu l'occasion de rencontrer le représentant du chef de village, et nous avons discuté à plusieurs reprises. J'ai réussi à lui tirer les vers du nez sur la raison de ces impôts bas.

Cette raison, c'est qu'on « élève » les habitants.

Ce qu'un village ou une ville souhaite, ce sont des habitants qui paient correctement leurs impôts.

Alors, comment faire pour qu'ils paient correctement ?

Qu'ils aient de l'aisance financière, et qu'ils voient un avantage à payer l'impôt…… autrement dit, qu'ils aient envie de continuer à vivre dans ce village ou cette ville.

C'est pour ça qu'il ne faut pas pressurer le patrimoine des habitants par l'impôt.

On baisse les impôts, on offre des divertissements.

Et on assure la sécurité.

Alors les gens affluent.

S'ils affluent, les impôts que le village ou la ville perçoit augmentent, donc la gestion n'a pas de problème.

Le divertissement donne du plaisir aux habitants et, en même temps, ils dépensent de l'argent, ce qui fait tourner l'économie.

Si l'économie tourne, les biens nécessaires se multiplient, et le travail aussi.

La sécurité, c'est évident : plus elle est bonne, mieux c'est.

« Utiliser les impôts collectés, c'est le travail de l'administration.

Les thésauriser, non.

L'argent, ça se fait circuler. »

C'est ce qu'a dit le représentant.

Je trouve ça sensé.

Bon, le secrétaire à côté lui a quand même lancé : « Prévoir pour les urgences en mettant de côté, c'est aussi le travail de l'administration. »

Quoi qu'il en soit.

On peut déduire que la pensée du représentant, c'est d'élever les habitants.

C'est-à-dire, de les enrichir.

Et le chef de village approuve cette pensée.

Non, à en croire les dires, c'est plutôt le représentant qui exécute la pensée du chef de village.

Dans ces conditions, on peut faire son commerce l'esprit tranquille.

Pour les habitants, la fripe est l'un des luxes accessibles.

Ça ne disparaît pas comme la nourriture, et on peut en profiter en le portant.

Ah, dans ma boutique je ne me contente pas de vendre la fripe telle quelle, je l'ajuste à la taille du client, j'y ajoute de la broderie pour lui donner une nouvelle personnalité.

C'est faisable dans chaque foyer, mais en proposant ce service je me différencie des autres friperies.

Le commerce de la fripe, c'est la relation avec le client qui compte.

Un jour, le représentant m'a fait appeler.

Je me demandais de quoi il s'agissait, et il voulait acheter une grande quantité de vêtements et de tissus.

Pas pour me les arracher, il payait le juste prix, ce qui était une aubaine pour la boutique, mais……

« Y a-t-il un problème ? »

Non, si je vends la quantité demandée, mon stock sera épuisé.

« Ah, je n'ai pas l'intention de gêner ton commerce.

Vends ce que tu peux. »

C'est un représentant bienveillant.

Alors vendons ce qu'on peut.

On me demande une certaine qualité, mais à cette quantité le prix grimpe.

Le paiement est-il en plusieurs fois ?

« L'argent, j'en ai.

Je paie d'un coup.

Ah, si tu préfères un paiement en nature, ça me va aussi. »

Ah ah ah.

J'ai entendu sa philosophie de faire tourner l'économie, alors en argent……

Hé ?

Attendez.

Calme-toi, moi.

Reste calme.

J'ai déjà rencontré le chef de village.

C'était quand je suis allé voir le représentant.

On s'est croisés par hasard.

Au début, j'ai cru voir un jeune homme peu fiable.

Mais j'ai vite changé d'avis.

Ce qu'il portait était fait de fil de Demon Spider.

Un article ultra-luxueux en usage quotidien : un chef de village qui fait ça ne peut pas être peu fiable.

En plus, c'est l'homme face à qui même ce représentant extraordinaire s'incline.

Ce n'est pas quelqu'un que je peux sous-estimer.

Je me souviens m'être raidi.

Voilà.

Les vêtements du chef de village sont en fil de Demon Spider.

Ils lui allaient parfaitement.

Le fil de Demon Spider ne se récolte évidemment que sur les Demon Spiders.

En reunir est une gageure, vu qu'on les considère comme des catastrophes.

Les vêtements actuels en fil de Demon Spider sont tous des pièces d'autrefois, retouchées.

Celle du chef de village doit en être une.

Forcément, elle a été retouchée.

Ce qui veut dire qu'il y a de grandes chances qu'il existe des chutes !

Je ne peux pas, par pure inconvenance, dire que je veux cet habit, mais est-ce qu'on ne pourrait pas me donner les chutes de cet habit ?

Même des chutes de tissu en fil de Demon Spider, pour moi qui fais de la fripe, c'est un trésor.

Je pourrais dire que ma vie n'a pas de regrets, et m'en vanter auprès de mes fils.

Je veux les chutes de l'habit en fil de Demon Spider que porte le chef de village.

Juste le demander ne devrait pas valoir une engueulade.

Tant pis si on refuse.

Je l'ai dit.

On a refusé.

Bien sûr.

« Il n'y a pas de chutes.

Par contre, du tissu, j'en ai…… »

………………

Hein ?

« Du tissu, ça te va ?

Alors, combien t'en faut-il ? »

Hein ?

« Pour l'instant, de quoi faire un vêtement, ça suffit.

Je vais te le préparer tout de suite. »

Euh……

« Payer du tissu ou de la fripe avec du tissu, c'est une drôle d'histoire, quand même.

Ah ah ah. »

Ma boutique possède maintenant du tissu filé en fil de Demon Spider.

De quoi faire un vêtement.

Probablement, c'est ça.

Un objet précieux qui dépasse de loin le total de toutes les transactions de ma vie.

Et pour le couper, il faut apparemment un couteau magique, qu'on m'a aussi prêté.

…………

Ma boutique vend de la fripe, mais moi aussi je sais faire des vêtements.

Soyons honnête.

Le designer dont on murmure le nom dans le milieu de la mode.

Milton Hay, c'est moi.

Quand j'ai vendu mes propres créations en les faisant passer pour de la fripe, ça a fait du bruit.

Autant dire que j'ai confiance en ma capacité à faire des vêtements.

Mais je n'ose pas encore toucher à ce tissu.

Pas par peur de l'échec.

Je me demande pour qui le faire.

Un vêtement fait dans un tel tissu coûtera une fortune.

Du coup, les clients potentiels sont limités.

La première idée qui m'est venue, c'est le chef de village.

Lui faire porter ce vêtement serait le mieux.

Mais le chef a déjà un habit en fil de Demon Spider.

Suis-je capable de supporter la comparaison ?

Non.

J'ai confiance dans ma couture, mais je n'aime pas qu'on me compare.

Si j'aimais la compétition, Milton Hay serait bien plus célèbre.

Ensuite, j'ai pensé au représentant.

Mais les vêtements du représentant sont magiques.

Créés par sa propre puissance magique.

Comme il les porte avec affection, est-ce qu'il daignera porter les miens ?

Alors, pour moi-même ?

…………

Gâchis !

Non, impossible.

Mes fils et mes filles sont mignons, mais à leur âge ils ont dépassé le stade « mignon » pour devenir de vrais adultes.

Les petits-enfants…… y en a un certain nombre, je ne peux pas n'en choisir qu'un.

Hmm.

Embêtant.

Pour qui le faire, alors.

Pendant que je tergiversais, les jours passaient……

« C'est le représentant ! »

Le représentant portait un vêtement mignon en fil de Demon Spider.

À cet instant, j'ai eu un éclair.

Non, c'est plutôt une nouvelle porte qui s'est ouverte.

Le faire pour le représentant.

C'est décidé.

Oui, les vêtements mignons seront mes rivaux, mais peu m'importe.

Je veux donner forme à mon inspiration et le faire porter au représentant !

Le prix, je m'en fiche !

Je me suis mis à couper le tissu illico……

Attendez.

Reste calme.

Posément.

Il faut d'abord demander au représentant.

Oui, lui demander de me laisser prendre ses mesures.

……

Est-ce que je peux le dire ?

Je l'ai dit !

On a refusé.

Bien sûr.

Du coup……

Il ne me reste qu'à mesurer à l'œil.

Placer des objets de référence autour du représentant, et mesurer par la différence avec eux.

C'est faisable.

Je peux le faire.

Moi.

Attendez-moi, représentant.

Je vais vous préparer un nouvel habit.

Vous allez sûrement l'aimer.

Ah ah ah ah ah.

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