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Farming Life in Another World

Chapitre 772

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Chapitre 772

Chapitre 772

Chapitre 772/88587%~8 min de lecture1 538 mots

Midi.

Je me rendis au cinquième village, en direction du sanctuaire.

C'était pour discuter de sa gestion.

« Vous êtes devenus bien proches, tout de même. »

Nize, qui m'avait rejoint au cinquième village, me lança cette remarque.

Probablement à cause de Kitsu-san qui, dès notre arrivée au sanctuaire, avait repris sa forme de renarde pour courir se blottir dans mes bras.

C'est vrai qu'on s'était bien entendus.

« Je vous envie. »

Ah bon ?

Si Nize aussi prenait sa forme de serpent…

Non, pardon.

Caresser un serpent, ce n'est pas une bonne idée.

« Fufu.

C'est exact. »

Le serpent est un animal à sang froid.

La température humaine a une mauvaise influence.

S'il arrive qu'un serpent s'enroule autour d'une main, être touché, lui, n'est pas recommandé.

« Non, ce n'est pas pour cette raison… »

Ah ?

Au passage, les lamias — torso humain, queue de serpent — n'ont aucun problème à être touchées.

Elles seraient à sang chaud, peut-être ?

Enfin, ça doit marcher d'une manière ou d'une autre.

Ce monde regorge de mystères.

Hop, j'avais dû caresser un peu trop mollement.

Kitsu-san appuyait son dos contre ma paume.

Là, là.

Après un court moment, Kon-san, le Progéniteur et Yoko arrivèrent, alors nous reprîmes la réunion.

Kitsu-san quitta mes bras avec regret, reprit sa forme humaine et endossa le rôle de modératrice.

Mais avant cela, information supplémentaire du Progéniteur concernant la loterie.

« J'ai vérifié : par le passé, quelqu'un a déjà imaginé le système dont parlait le chef de village.

Mais cela a tourné au désastre, comme prévu, donc c'est devenu interdit.

L'information a été scellée. »

Je vois.

Le Progéniteur et les siens avaient donc raison de le considérer comme dangereux.

« En plus, j'ai réfléchi à des contre-mesures pour ici, au cas où, mais elles existaient déjà.

Limite du nombre de billets, limite du prix de vente, restriction sur l'objet de la collecte, règles d'usage du nom d'un dieu… c'est détaillé à l'extrême.

On devine la peine qu'ils se sont donnés. »

En disant cela, le Progéniteur sortit une stèle de pierre gravée en grands caractères « Top Secret ».

Elle daterait de deux mille ans.

Sous le mot « Top Secret », les règles concernant la loterie étaient gravées dans le détail.

Devant tant de minutie, on devine effectivement la peine qu'ils se sont donnés.

« Pour l'instant, je pense qu'on peut prendre ça comme référence.

On ne vendra pas de billets de loterie, ceci dit.

Mais si un acte similaire apparaissait, on pourrait sévir sur la base de cette stèle, alors signalez-le-moi. »

Le Progéniteur confia cette mission à Yoko.

Yoko acquiesça, « Compris. »

Je me demandais si cette stèle servirait vraiment de base légale, mais en bas y étaient alignés plein de noms — ce sont eux, la vraie base, sans doute ?

……

Au fait, on peut garder cette stèle ici ?

« C'est une information scellée, donc ça va être difficile. »

Devant cette réponse du Progéniteur, Yoko proposa :

« Mais retenir tous ces petits caractères, c'est fastidieux.

Je prendrai une copie. »

Une copie ?

Je me demandais si j'allais devoir graver une stèle similaire, mais non.

C'est une stèle, le texte est gravé.

Autrement dit, si on y passe de l'encre et qu'on y presse du papier, on obtient une empreinte.

Astucieux.

« À l'origine, on presse ce genre de chose sur de la boue, on cuit la boue pour la durcir et on obtient une copie…

Mais ça demande du savoir-faire pour réussir l'empreinte, et c'est long.

S'il y a du papier, le papier est plus simple et plus rapide. »

C'est pour cet usage qu'on fait des stèles, alors.

Les gens d'autrefois étaient malins.

Hé ?

Attendez.

Les caractères sont à l'envers…

Comme un tampon.

Pour faire une empreinte, les caractères gravés doivent être en miroir.

Ça ne marche pas, alors ?

Je tournai les yeux vers Yoko, qui parut surprise.

« Chef de village, tu lisais cette stèle normalement ?

Dès le début, les caractères sont gravés à l'envers, en prévision de la copie, non ? »

Hein ?

C'est vrai ?

Mainstant qu'elle le dit, les caractères sur la stèle sont bien en miroir inversé.

Je n'avais pas remarqué.

Du coup, la méthode à l'encre fonctionne sans problème.

Bon, tant mieux.

Une fois l'affaire de la loterie close, la vraie réunion sur la gestion du sanctuaire commença.

Le premier gros point : quelle relation entretenir avec l'Église Corin.

Comme Yoke, Nize et Kon-san jugeaient qu'il n'y avait pas de problème avec la doctrine de l'Église Corin, il fut décidé de passer sous sa protection.

La doctrine de l'Église Corin, c'est un peu comme un règlement pour la propagation de la religion.

Tant qu'une religion n'est pas trop bizarre, l'Église Corin l'accepte, et on peut l'accepter.

Le sujet suivant : ce que je voulais faire au sanctuaire.

Le problème économique était réglé en récupérant une partie des impôts, mais une source de revenus propre ne ferait pas de mal.

On m'avait passablement mis en garde à cause de l'histoire de la loterie, mais je m'efforçai d'exposer mes idées.

D'abord, les omikuji — tirage au sort sacré.

On tire un billet contenant « Grande Chance », « Chance », « Malchance »… et cela indique la chance du moment.

Ce n'est pas un oracle solennel : une « Grande Chance » fait plaisir, une « Malchance » peut servir d'avertissement.

Même si on tire « Malchance », ce n'est que la chance à l'instant du tirage ; on peut dire qu'ensuite, ça ne peut qu'aller en s'améliorant, non ?

C'est ce que j'expliquai, mais le Progéniteur resta pensif.

« Je pense qu'il y a une demande.

Mais le problème, c'est de savoir quel dieu rend le jugement. »

Jugement… c'est un bien grand mot.

Yoko réfléchissait aussi.

« Si on l'appliquait aux criminels : « Malchance » = peine de mort, « Grande Chance » = grâce… ça poserait problème… non ? »

Nize, elle…

« Ce qui m'inquiète, c'est qu'un mauvais résultat puisse pousser à ressentir de la rancœur envers le dieu… »

Elle s'inquiète de ça.

Mmh, ça ne passe pas.

Les dieux sont trop proches.

Dans ce cas, les omamori — amulettes de protection — c'est mort aussi.

J'avais pensé à « Bonne santé », « Réussite aux examens »…

Je le pensais, mais le Progéniteur valida.

« Les omamori, presque tous les sanctuaires en distribuent. »

Ah bon.

Alors pas de problème ?

Yoko m'arrêta, pressée.

« Attention.

Il est interdit d'affirmer explicitement les bienfaits d'une omamori. »

Je penchai la tête.

Une omamori dont on n'explique pas les bienfaits, ça a un sens ?

Nize me répondit.

« En portant une omamori, on peut sentir le dieu près de soi.

C'est suffisant. »

C'est comme ça, hein.

« De toute façon, les pouvoirs des dieux sont connus.

Le dieu serpent, c'est la chance en argent.

Le dieu renard, c'est l'accouchement facile.

Ce que le croyant cherche est libre.

Mais l'attitude « je crois parce qu'il y a des bienfaits » n'est pas appréciée.

C'est parce qu'on a cru que les bienfaits arrivent. »

Je vois.

Effectivement, c'est logique.

Donc, distribuer des omamori, pas de souci.

Dans ce cas, je veux absolument qu'on en fabrique…

Mais pour fabriquer des omamori, y a-t-il des rituels spécialisés selon chaque dieu ?

Le Progéniteur fit un visage un peu gêné.

« Il y a des rituels spécialisés, mais personne ne peut prouver qu'ils sont les bons.

Pour ma part, je pense que si on les fabrique en priant, le dieu qui répond à cette prière y réside. »

Hum.

En gros, on peut les faire librement.

« Je pense quand même qu'un minimum de mise en scène est préférable. »

Mise en scène ? On peut dire ça sans problème ?

« La mise en scène n'est que mise en scène.

Mais une mise en scène qui contredit le dieu visé n'est pas bien.  »

Une omamori du dieu du feu purifiée à l'eau, par exemple.

Effectivement, on douterait de son effet.

Ce sanctuaire vénérera des dieux-animaux, donc une mise en scène liée à l'animal concerné ira bien.

En cas de doute, je peux demander à Yoko ou Nize, donc pas de risque d'erreur.

Le vrai problème, c'est si les omamori de ces animaux seront demandés…

Le dieu serpent : chance en argent. Le dieu renard : accouchement facile.

Si on le sait, on les veut ; si on ne le sait pas, on ne les demandera pas.

Ne pas pouvoir affirmer les bienfaits, c'est rude.

« Non, Chef de village.

Inutile de compliquer autant.

Quand tu donnes l'omamori, tu expliques ça et tu fais juste promettre de ne pas en réclamer les bienfaits.

Expliquer le dieu, ce n'est pas interdit. »

Vraiment ?

« Les gens qui ne visent que les bienfaits, c'est embêtant…

Mais un dieu qui ne reçoit pas de foi, c'est embêtant aussi. »

C'est comme ça ?

« C'est comme ça. »

Bon, alors on fait des omamori et on les distribue… pas « on vend », on « distribue ».

Pour la mise en scène, on fera ce qu'on peut sans se forcer.

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