« Euh, bon... Ça fait un moment. » « Hahaha, t'as vraiment grandi. T'étais juste un gamin à l'école primaire à l'époque. »
En disant ça, il se mit à lui ébouriffer les cheveux, comme il le faisait des années plus tôt, mettant Kou mal à l'aise.
D'une manière ou d'une autre... il avait exactement l'air dont Kou se souvenait. Son visage avait un aspect plutôt rude, mais aussi un côté étrangement sage et apaisant. Ses cheveux étaient courts sur le devant, mais longs derrière et attachés, d'un rouge intense difficile à croire naturel. De loin, il paraissait mince, mais il n'était pas faible pour autant. Rien que la zone autour de son cou, exposée, montrait un corps entraîné, des muscles qui semblaient forgés dans le fer.
« Kou, c'est qui cet homme ? » « Ah, tu te souviens quand Subaru et moi on allait à ce dojo, il y a des années ? Y a eu une fois où un nouveau nous a entraînés pendant quelques jours. Il était super fort, et même notre instructeur l'a validé, en disant qu'il était plus fort. C'est lui... » « Je m'appelle Hasekura Reiji, ravi de vous rencontrer tous les deux. »
Il grina en se présentant, comme un gamin turbulent qui aurait grandi sans changer. Il tendit aussi sa grande main, que Kou serra.
*Waouh, même sa peau, on dirait qu'elle est super dure.*
Ses cheveux rouges le faisaient passer pour quelqu'un de frivole, mais la réalité ne pouvait pas être plus éloignée de ça. Pas une callosité visible sur ses mains, qui en étaientvirtuellement recouvertes entièrement, sans doute après une vie entière à s'entraîner à l'épée. Sa posture naturelle révélait aussi que sa force du tronc et des jambes surpassait de loin la moyenne. Autant de détails que Kou n'avait pas pu remarquer à l'époque, mais qu'elle percevait maintenant.
« ... Kou ? » « Ah, désolée... J'ai bugué un instant. »
Pour une raison quelconque, son cerveau était parti direct en simulations pour voir comment elle pourrait placer un coup contre lui, devenant progressivement désespérée face à l'absence de solution... Jusqu'à ce que Hijiri la fasse revenir à elle.
« Hasekura... ça veut dire que tu es... ? » « Ah oui, papy m'a dit que tu passais de temps en temps t'occuper du dojo. C'est un truc que j'aurais dû faire moi-même, donc merci beaucoup. »
En disant ça, Reiji s'inclina profondément devant Kou. Comme il l'expliqua, il était parti pour le travail et n'avait pas pu revenir au Japon pendant des années, et s'inquiétait pour le dojo.
« Il nous a dit que son petit-fils avait quitté le dojo avant, c'était toi ? » « ... Ben oui, c'est moi. J'en veux encore d'avoir abandonné comme ça. »
Il avait l'air sincèrement navré, baissant les yeux, la voix plus basse. En même temps, Kou se sentit mal d'avoir pensé du mal du petit-fils qui avait fui au lieu de reprendre le flambeau, tout en se rappelant ce que le vieux avait dit.
« T'inquiète pas, quand on a parlé, il a dit qu'il était fier de son petit-fils qui était parti se battre pour quelque chose de plus important. » « Il a dit ça... Hahaha, il me dit jamais ce genre de trucs en face. »
Il rit gêné, et Kou comprit aussi ce qu'il voulait dire, se rappelant comme son vieux maître pouvait être un peu excentrique par moments. Puis Reiji remarqua que Kou et Hijiri le regardaient avec le même sourire chaleureux, alors il toussota un peu et changea de sujet.
« Vous savez, j'aurais vraiment voulu vous présenter ma femme et ma fille... mais malheureusement, elles logent ailleurs pour la nuit. » « Ah, t'es marié alors ? » « Ouais. Elle est allée voir sa famille... je crois ? En gros, elle retrouve son chez-elle après un moment aussi. »
Il ne semblait pas trop sûr de comment formuler les choses, et Kou ne put qu'imaginer qu'il y avait des raisons compliquées derrière ça, mais décida qu'il valait mieux ne pas creuser.
« ... Quoi qu'il en soit, j'imagine que vous viendrez aussi avec Amari à la maison de vacances ? » « Ah... votre famille y va aussi ? » « On se connaît depuis longtemps, et Kikyo aussi. Vous pourrez rencontrer ma femme et ma fille là-bas, mais je vous préviens, elles sont super belles alors essayez de pas vous évanouir dès que vous les verrez. » « Ahahaha... D'accord, j'ai hâte alors. »
La façon dont il souriait et dont ses joues rougissaient en vantant sa famille montrait à quel point il les aimait.
« Donc... c'est la fille dont tu m'as parlé avant ? À l'époque où je t'ai demandé pourquoi tu voulais devenir plus fort, et t'as répondu qu'il y avait une fille que tu voulais protéger ? » « Hey... Pourquoi tu sors ça ?! » « Hein, moi ? »
Kou essaya désespérément de le faire taire quand il commença soudain à l'exposer comme ça, mais c'était trop tard... Les yeux de Hiriji s'arrondirent, clignant rapidement pour traiter l'info, ses joues rougissant à vitesse grand V. Voir cet épisode de son enfance innocente dévoilé mettait aussi Kou mal à l'aise, qui rougit jusqu'au bout des oreilles en baissant la tête pour cacher son visage.
« Hahaha, désolé désolé. Bon, je crois que j'ai assez squatté votre rencard, je vous laisse. Je reste dans le coin un moment, donc on se recroisera sûrement. »
Voyant que Kou ne relevait pas la tête, et que Hijiri était aussi visiblement gênée sans savoir quoi faire, il rit un peu en se retournant et partit.
Un moment après son départ...
« Hmm... » « Hm ? Y a un souci, Hijiri ? »
Tout d'un coup, Hijiri était devenue pensive, laissant échapper un grognement pensif.
« Dis, Kou. Ça fait des années que vous ne vous étiez pas vus, non ? » « Hein ? Ouais, pourquoi ? »
En tout cas, aussi loin que Kou s'en souvenait, et elle savait qu'elle se rappellerait d'autres rencontres avec quelqu'un d'aussi frappant et à la couleur de cheveux aussi inhabituelle au Japon.
« Il s'est aussi souvenu de toi comme d'un garçon, mais il n'a rien dit du tout sur le fait que t'es une fille maintenant, non plus ? » « ... Ah ! »
C'était vrai. Il s'était comporté tout du long comme s'il parlait à un vieux pote, sans jamais remettre en question pourquoi Kou était une fille maintenant.
« Peut-être que quelqu'un du dojo lui a dit avant ? » « Hmm... peut-être qu'on surréfléchit... »
Même s'elles n'étaient pas pleinement convaincues par cette réponse, elles décidèrent d'arrêter d'y penser et se concentrèrent sur l'achat de ce gâteau.
Note de l'auteur : Et voilà l'ancien protagoniste.