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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 76

Death March kara Hajimaru Isekai KyousoukyokuDeath March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku
Chapitre 76

Chapitre 76

Chapitre 76/10076%~9 min de lecture1 641 mots

Je m'appelle Satou. On dit qu'il est difficile de travailler sous un supérieur incompétent. Cela dit, ce dernier pense parfois l'inverse…

Dans une entreprise, un changement de poste ou une démission suffisent à régler le problème, mais les habitants du fief n'ont pas cette liberté.

***

À peine entré dans la baronnie de Muno, j'ai effectué la « recherche sur toute la carte » habituelle.

Un peu plus loin, au col, se trouve un campement de soldats. Une vingtaine d'hommes, niveaux 3 à 7. Une fois passé ce point, s'étend un terrain plat parsemé de petites montagnes et de forêts, plus vaste que le comté de Kuhanou. Pourtant, la population n'est que de 40 000 âmes au total, soit un tiers de la ville de Seiryu.

La baronnie ne compte qu'une grande ville, le reste n'étant que hameaux de moins de mille habitants. La ville où réside le baron s'appelle Muno, forte d'un peu moins de 20 000 habitants.

Or, un démoniaque s'y trouve. Niveau 30. Il se cache en ville et trame sans doute quelque chose. Pour éviter les ennuis, je compte m'en tenir le plus loin possible.

Mais Arisa n'avait-elle pas dit que les démoniaques qui traversent les mondes sont de niveau cadre ? À ce niveau, difficile de l'imaginer en cadre. Est-ce que les démoniaques peuvent aussi monter en niveau de ce côté-ci ?

Ensuite, j'ai examiné les monstres du fief. Pas de bestioles à un chiffre, en revanche des monstres costauds, niveau 10+, parsèment bois et montagnes. Non loin d'ici rôde une Mante guerrière, niveau 24.

Autre point notable, non loin de Muno, au cœur d'une forêt immense — 30 km sur 20 km —, vit un Géant des forêts. Ils ne sont que dix, mais le plus fort atteint le niveau 39, la moyenne tournant autour de 30.

Autre fait marquant : les bandits pullulent. Je m'y attendais, mais des bandes de 10 à 30 individus sont partout. La plus grosse en compte 200. Leur repaire semble se situer en lisière de la forêt des Géants.

Autant de hors-la-loi, c'est la preuve que la sécurité du fief est désastreuse.

J'aurais préféré contourner cette baronnie, mais cela m'aurait obligé à remonter au nord jusqu'à la capitale, puis à faire un large détour jusqu'au duché d'Oyugock : deux mois de perdus. Et selon les récits de voyage, si la neige nous surprend, nous sommes bloqués jusqu'au printemps.

***

« Bonjour les soldats, vous n'allez pas bien ? »

« Fwaa… Rien de spécial, aujourd'hui le corps est lourd, voilà tout. »

« Ah, vous êtes fatigués ? »

« Oui. Passez. »

Le soldat, avachi mollement devant le poste de garde, nous a laissé passer sans même vérifier la charrette.

Sa tenue est négligée ; un inconnu le prendrait pour un bandit ou une racaille, pourtant son appartenance à l'armée du baron Muno est bel et bien enregistrée.

« Héhé~, l'Espace de langueur est drôlement pratique, hein ? »

« Oui, ça a bien aidé. »

Adossée au siège du cocher sur la charrette en marche, Arisa se vante. Tiens, garder le flacon de potion de récupération d'endurance en bouche tout ce temps, c'est mal élevé.

C'est sa magie qui a plongé les soldats du camp dans la langueur, d'où l'apathie de tout à l'heure. Cela dit, comme c'était l'aube, ils auraient pu être dans cet état même sans sort.

La raison pour laquelle j'ai pris la peine d'utiliser la magie : l'enquête préliminaire montrait que les sanctions du poste étaient « meurtre », « viol », dignes de bandits. J'ai compris qu'ils faisaient ce qui leur plaisait.

Mieux valait les neutraliser à distance avant qu'ils ne nous cherchent noise. L'idéal étant qu'ils ne réalisent même pas avoir été ensorcelés. J'ai donc demandé à Arisa d'activer « Espace de langueur » avec « Pleine Puissance » pour les rendre léthargiques de loin.

S'ils avaient eu un objet de détection magique, ça aurait posé problème, mais se faire emmerder par eux semblait plus risqué ; j'ai choisi l'option la moins dangereuse.

Laisser des malfrats en liberté est discutable, mais une Mante guerrière rôdait près du camp ; leur sort est scellé.

Par précaution, j'ai fait revérifier leurs statuts par Arisa : aucune modification dans les sanctions.

***

Dans l'après-midi de ce jour, en passant près d'un hameau d'environ 300 âmes, un homme assis au bord du chemin nous a héler. À ses côtés, trois filles adolescentes, maigres. Leurs traits étaient passables, mais la fatigue et la résignation effaçaient toute jeunesse de leurs visages.

« Monsieur, vous ne voudriez pas acheter ces filles ? »

« Désolé, je n'ai pas besoin d'esclaves. »

« Une pièce d'argent la pièce, c'est donné. Si vous les emmenez en grande ville, vous les revendrez au triple. »

La voix de l'homme, qui fait son commerce, n'a pas de force.

Il doit connaître la taxe sur la sortie d'esclaves du fief.

« S'il n'y avait pas la taxe, peut-être. Et puis je ne fais pas de commerce d'esclaves. »

« Ah bon… Alors, juste pour la compagnie ? Deux pièces de cuivre, c'est tout. »

C'est peu cher.

Je n'achète pas, ceci dit.

« Désolé, de ce côté non plus je suis pourvu. »

Je désigne Arisa et Nana, qui ont montré leur visage au mot « compagnie ». Malgré leurs capuches, leur beauté doit transparaître.

L'homme a dû bien voir ; la résignation revient sur son visage.

« C'est vrai… Pardon de vous avoir fait perdre votre temps. »

« J'aimerais vous poser quelques questions. »

« Quoi ? »

« Votre village est dans la misère à cause d'une mauvaise récolte ? »

« Non. Certes, la récolte est un peu moins bonne que d'habitude, mais pas au point de parler de disette. »

Alors, les impôts sont trop lourds ?

Si ce trafic d'êtres humains continue, la main-d'œuvre va disparaître et le village avec.

« Même après avoir payé les lourds impôts, il nous restait juste de quoi passer l'hiver. »

Une dépense imprévue, donc.

« Des bandits ? »

« Ce sont d'anciens paysans, ils ne font pas l'imprudence de viser nos réserves d'hiver. »

Les paysans se défendraient avec la rage du désespoir.

« Alors, un monstre est apparu ? »

« Ça, on pourrait l'accepter. Mais l percepteur a prélevé 30 % de nos réserves d'hiver au prétexte que c'était le « cadeau de noces de la fille du baron ». »

L'homme expire lourdement, une plainte lourde.

Quel baron affreux. Peut-être l'initiative du percepteur seul, ceci dit.

« Vous n'avez pas fait de pétition ? »

« Si on fait ça, le village entier est réduit en serfs. »

« Pas possible. »

« C'est la vérité. Le village de Tonza, je crois ? Il a été réduit en serfs, maintenant personne n'y vit. »

Un instant, j'ai cru qu'il disait le village d'Oyu, mais la carte montre qu'Oyu existe encore, à une vingtaine de kilomètres d'ici.

Tonza, lui, est introuvable. En revanche, « ruines du village de Tonza » figure bien. Ce baron serait-il un tyran en plus d'être un sombre incapable ?

Une petite curiosité m'a pris, j'en ai profité pour demander :

« Vous savez où la fille du baron a été mariée ? »

« D'après ce percepteur, c'est un héros. »

Un héros ?

Je scrute le fief : aucun porteur du titre « Héros ».

Mon silence a dû être mal interprété, car l'homme ajoute, comme pour s'excuser :

« C'est à peine croyable, mais c'est bien ce qu'a dit le percepteur. Demandez au chef du village voisin si vous voulez. »

« Si c'est vraiment un héros, pourquoi ferait-il souffrir les gens du fief ? »

« Hmph. Les grands ne voient en nous, gens du bas, que des outils pour collecter l'impôt. »

Je ne peux pas le contredire.

Pourtant, le « justicier impulsif » dont parlait Arisa, s'il est le promis, il suffirait de lui transmettre l'info pour régler l'affaire. Ce héros avait un drôle de penchant, si je me souviens bien.

« Une dernière chose : quel âge a la demoiselle ? »

« Il y a une fille de 19 ans et une de 24 ans. »

« Je vois. Merci. Voici un petit quelque chose pour votre peine. »

Je glisse quelques pièces d'argent dans sa main et fais repartir la charrette.

***

Arisa sort sur le siège du cocher.

« Dis, tu t'en es rendu compte, hein ? »

« Ah. Un faux, oui. »

Le héros Hayato Masaki dont parlait Arisa a un penchant problématique : il aime les petites filles.

Un tel homme épouser une femme de 19 ou 24 ans, en pleine fleur de l'âge, c'est invraisemblable.

Il a pu changer, mais alors il craquerait pour les belles qui l'entourent.

« Peut-être qu'il a guéri de sa perversion, mais l'Empire de Saga ne commettrait pas l'erreur de le marier à une noble mineure d'un pays faible. »

Toi qui es du même acabit, traiter son goût de « perversion », c'est un comble.

Par précaution, j'ai relancé une recherche fine sur la carte pour voir s'il n'y a pas d'autre héros que Hayato Masaki dans le fief.

Porteurs du titre « Héros » : aucun.

Compétence « Inconnue » : aucun.

Compétence « Auto-examen » : aucun.

Niveau supérieur à 50 : aucun.

Hors nous, personne ne correspond.

Ni réincarné, ni transféré non plus.

Soit un faux héros est sur place, soit le vrai est hors du fief.

Je parie sur l'imposteur. Le démoniaque de Muno me semble en être l'instigateur.

Mais je n'ai pas l'intention de m'en mêler.

C'est froid, mais je ne mettrai pas mes filles en danger pour éliminer un démoniaque ou un faux héros.

Si ma conscience me ronge, je collerai bien un libelle anonyme quelque part.

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