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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 181 : Dans la ville des chasseurs de démons (4)

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Chapitre 181

Chapitre 181 : Dans la ville des chasseurs de démons (4)

Chapitre 181/181100%~13 min de lecture2 561 mots

Ici . Les histoires de vengeance sont nombreuses, mais peut-être à cause du sujet lui-même, rares sont celles qui finissent bien. J'aimerais qu'on se contente de crier « je te le rendrai au décuple ! » pour évacuer la vapeur, sans se laisser dévorer par la rancune.

***

« Je vous dis d'attendre ! Lui aussi c'est un noble ! Ce n'est pas quelqu'un de mauvais !

- Pousse-toi, Kon.

- Il a raison, on touche une pièce d'argent rien que pour participer à l'encerclement de l'auberge.

- Voilà, tu te rends compte de combien de gobelins ça représente ?

- Même un bon à rien comme toi pourrait en gagner. Laisser passer une occasion pareille, c'est être idiot. »

Voilà la conversation qui me parvenait de la taverne où se rassemblent les chasseurs de démons.

Ce noble incendiaire, il compte encore faire des siennes.

J'ai vérifié sur la carte : une vingtaine de chasseurs de démons sont réunis sur un terrain vague près du manoir du seigneur. Comme il y a aussi à peu près autant de jeunes gens du peuple humain, hommes et femmes, on a dû rassembler des candidats hors-la-loi en plus des chasseurs. Comme aucun garde n'est présent, il semble que le baronnet Poton, qui assure la protection de la ville, ne trempe pas dans l'affaire cette fois.

Ils sont quarante-deux, mais aucun ne possède de compétence magique : uniquement des profils de guerriers ou de voleurs. Leurs niveaux vont de 2 à 7, de la piétaille dont mes compagnons viendraient à bout sans moi.

Le noble incendiaire, lui, n'a pas bougé du manoir du baronnet. Comme les prêtres et les alchimistes de cette ville sont de bas niveau, je m'y attendais : ses points de vie ne sont remontés qu'à trois dixièmes de son maximum, et ses fractures doivent être trop graves pour qu'il puisse se déplacer, même s'il le voulait.

Dans la taverne devant moi se trouvent le jeune Kon, le chasseur de démons manchot, les quatre femmes chasseuses qui l'accompagnaient, et environ huit chasseurs du peuple-bête. Les compagnons de cet homme-bête nommé Ordo comptent parmi les plus solides des chasseurs, entre les niveaux 7 et 9. Les autres, de 2 à 7, ne valent pas mieux que ceux du terrain vague.

« Enfin, Ordo, arrêtez de boire et retenez-les !

- Et pourquoi ? Laisse-les y aller.

- Ordo, quand même !

Apparemment, le peuple-bête reste neutre et ne prêtera pas main-forte au jeune Kon.

- Si tu ne dégages pas, tu ne t'en tireras pas avec une taloche.

- Je t'en prie, grande sœur.

- Kena, je ne vous retiens pas, mais.

- Qu'est-ce qui te prend, Ordo ? Donner ton avis sur une autre bande de chasseurs, ça ne te ressemble pas.

- Ce n'est pas un avis, c'est un conseil. Nous, on se range du côté du noble de l'auberge. Il y a le fait qu'il a sauvé la sœur de Boushu, mais surtout, l'assemblée des hommes-bêtes nous a chargés de le protéger. »

Tiens donc. Sans doute un remerciement pour les brûlures que j'ai soignées. J'ignore qui est la sœur de Boushu, mais ce doit être l'une des personnes que j'ai guéries.

Si je n'avais pas entendu cette conversation, je les aurais peut-être pris pour des hommes du noble incendiaire et offerts en pâture à ma magie à distance.

Bon, ça ne sert à rien de continuer à tendre l'oreille.

« C'est sérieux ? Je sais que vous êtes forts, Ordo, mais en face il n'y a pas que vingt et quelques chasseurs. Il y a plus de cinquante gardes de la protection.

- Aucune inquiétude de ce côté-là. Les gardes ne sortiront pas.

- Et qui t'a dit ça ? Ta mère ? Allez, va te rasseoir ! »

Je m'invite dans la conversation entre le grand gaillard borgne du peuple-lapin et la meneuse des femmes. Sans même se retourner, Kena me lance sa réplique comme on crache. Elle doit me prendre pour un chasseur de démons.

« Le baronnet Poton, je l'ai neutralisé en jouant de mes relations dans la capitale ducale. À moins d'être un adepte de sa propre ruine ou un imbécile fini, il n'enverra pas ses hommes. »

Alertées par le regard d'Ordo, Kena et les siennes se retournent au milieu de ma phrase. En me voyant l'épée au côté, une des compagnes de Kena se lève et pose la main sur la garde de son arme.

Je fais un signe de la main au jeune Kon, que Kena maintient au sol sous son pied, et je décline mon identité.

« Bonsoir. Je suis le chevalier Pendragon. »

Tout en me présentant, je parcours tranquillement la salle du regard pour vérifier la cohérence avec ce que la recherche sur la carte m'a donné.

« Je n'avais pas l'intention d'écouter aux portes, mais j'ai entendu. Vous êtes bien... dame Kena ? Si possible, j'aimerais que vous et les vôtres restiez ici ce soir à faire ripaille.

- Ripaille ? Vous n'êtes pas venu nous recruter ?

- Non. Je suis venu recueillir les informations les plus récentes sur la région, du village du bout du monde jusqu'à la chaîne de montagnes.

- Ha. Si vous avez tout entendu, vous avez compris dans quel pétrin vous êtes ? Vous feriez mieux de vider votre chambre et de filer. Demandez à Ordo, là, il vous ouvrira bien une porte. »

Tiens, voilà qui est inattendu. Je ne m'attendais pas à un conseil. Ces gens ne se sont laissé appâter que par la pièce d'argent : ils ne sont pas si mauvais. Dans ce cas, autant leur faire jouer un rôle pour couper complètement la retraite du noble incendiaire.

« J'aurais une proposition à vous faire. Vous permettez ? »

***

L'attaque contre l'auberge eut lieu bien après le milieu de la nuit.

Pochi et Tama s'en aperçurent les premières ; je leur demandai de réveiller tout le monde et j'interrompis le bricolage qui me servait à passer le temps.

Comme ils s'étaient assoupis en armure, tous furent en position de combat immédiatement. Nous faisions semblant de dormir, donc pas de lumière. Depuis la fenêtre du troisième étage, j'aperçus un groupe suspect qui remontait la rue en trois colonnes. Kena et les siennes avaient bien réussi à s'y infiltrer : elles sont à l'arrière de l'un des groupes.

Je leur ai demandé de capturer les vassaux du noble incendiaire, ou du moins de les empêcher de fuir.

Ils sont en flagrant délit d'attaque nocturne contre un noble du royaume de Shiga. Dommage que l'intéressé ne soit pas venu en personne, mais quelles que soient ses relations, il n'échappera pas à une expulsion du pays.

« Des arcs, trois ~ ?

- Il y en a encore un à l'ombre de ce toit, ça fait quatre, nanodesu. »

Pochi et Tama, en surveillance, avaient repéré les archers. Deux d'entre eux ayant des meurtres à leur dossier, je leur transperce l'épaule d'un carreau d'arbalète. Les quatre autres, je les assomme avec une « balle d'étourdissement guidée ». Comme personne ne se trouvait auprès des archers, ils croiront à une embuscade.

J'ai également neutralisé de la même manière les quelques gaillards agiles, sans doute des voleurs, qui approchaient par les toits. Le plus pénible a été de régler le moment pour qu'ils ne se blessent pas en tombant.

« Allons-y. »

Je laisse au dernier étage le groupe des magiciennes, Mia et , ainsi que Lulu à qui j'ai confié un fusil magique, et je descends avec les combattantes de première ligne.

Quand j'arrive au rez-de-chaussée, les gardes de l'auberge semblent enfin avoir remarqué quelque chose : ils tambourinent aux portes pour annoncer l'urgence.

Ils ont paru surpris de nous voir sortir en armement complet, mais je les ai envoyés sans discussion assurer la défense du bâtiment principal.

Une fois l'auberge encerclée, un vassal du noble incendiaire s'avança et entama un discours, ou plutôt une sentence de mort. Ce vassal aussi semble être de la petite noblesse.

Un discours, à ce moment-là ? Alors pourquoi s'être approchés tous feux éteints ?

« Parvenu misérable, complice du Tigre Blanc maudit ! »

Ces types sont des idiots patentés, ou quoi ?

« Ton crime est d'avoir prêté main-forte à d'immondes hommes-bêtes ! »

Le racisme, ce n'est pas bien.

« Ton crime est d'avoir blessé notre grand maître, monseigneur Dazares ! »

On dirait les slogans d'une manifestation.

Donner le nom, ça ne se fait pas, me dis-je, mais peut-être qu'il ne voit pas le mal dans tout ça.

« Ton crime est... »

Faut-il vraiment que j'écoute jusqu'au bout ?

En résumé, le marquis Dazares aurait donné asile à la princesse Tigre Blanc et à sa suite, poursuivies par le peuple-belette ; puis un beau jour, celles-ci auraient massacré la famille du marquis, volé l'or et les trésors, incendié les maisons des habitants et massacré la population. Par-dessus le marché, l'ancien roi, en visite au manoir ce jour-là, aurait été tué avec les autres.

On pourrait comprendre la rancune, mais c'est trop invraisemblable. Tuer son protecteur n'apporte que des inconvénients, et il y a encore moins de raisons de mettre le feu ou de massacrer la population.

Il est bien plus simple de supposer qu'un pouvoir gêné par une alliance entre le roi actuel, ou entre le peuple-tigre et le peuple humain, a fait porter le crime à la princesse.

Bon, quelles que soient les circonstances, ça ne change rien à la décision de les écarter : le détail m'importe peu.

J'ouvre la porte qui mène de la cour intérieure à la rue et je me présente devant eux.

« Satisfait, maintenant ? Ton discours traîne tellement en longueur que les hors-la-loi qui t'entourent commencent à s'impatienter.

- Misérable, tu oses te moquer ! Je vais te faire regretter d'avoir passé le mur. Allez ! Tuez-les tous ! »

L'homme, qui prenait tant de plaisir à pérorer, devint écarlate de rage et lança son ordre en bafouillant. Autour de lui, les hors-la-loi brandirent leurs armes en réponse. Impressionnant.

Kena et les siennes se tiennent à l'arrière du groupe, près des deux autres vassaux du noble incendiaire. Ces deux-là ont un rang plus élevé que l'orateur.

« Bande de DT, je déclare que je suis votre adversaire. »

Nana lance sa provocation aux hors-la-loi qui chargent.

Comme ça, personne ne va comprendre. Malgré tout, quelques-uns se sont jetés sur elle : l'effet a peut-être fonctionné.

Les petites épées magiques de Pochi et Tama, « Coquille » activée, fauchent les hors-la-loi comme dans un manga comique.

Nana, qui a activé son renforcement corporel, repousse plusieurs adversaires à la fois avec son bouclier et met en déroute un chasseur de démons armé d'une grande hache avec son épée, « Coquille » activée elle aussi : elle est très fiable.

Puis, laissant derrière elle une traînée de lumière rouge, la lance de Liza transperce l'épaule du vassal orateur.

Pardon ?

Une traînée rouge ?

Liza, tout de même ?

À voir son air légèrement gêné, elle a simplement mis un peu trop d'ardeur. Elle n'est tout de même pas allée jusqu'à la lame magique, et le vassal n'est pas mort.

À quelque chose malheur est bon : l'effet d'exemple a joué, et les hors-la-loi flanchent.

« H-hé, regarde ça, c'est une lance magique !

- Et les trois autres, là, elles ont des épées magiques !

- Attends, on ne nous avait pas prévenus. Sans être chevalier, comment veux-tu se battre contre des gens pareils ? »

La plupart des hors-la-loi tournèrent les talons et prirent la fuite.

On pourrait laisser filer ceux qui n'ont pas de crimes graves à leur actif, mais la « brume irritante » de Mia les a fait tousser, et Tama les a neutralisés à coups de fronde dès qu'ils se sont arrêtés.

Les deux vassaux restants, que Kena et les siennes avaient retenus, ont été assommés d'un coup d'épée féerique encore au fourreau, puis ligotés. Kon, étendu par terre, ne semble pas gravement blessé.

Quant aux hors-la-loi postés de l'autre côté de l'auberge, ils ont été capturés par les hommes-bêtes d'Ordo, soutenus par et Lulu.

***

« S-sieur Pendragon ! Que signifie ce tapage à une heure pareille ? »

Nous nous sommes rendus au manoir du baronnet Poton en amenant les hors-la-loi attachés en file et les vassaux ligotés du noble incendiaire. Voilà la première phrase du baronnet en nous voyant. Il semble bien qu'il ne soit pour rien dans l'affaire de cette nuit. Mais suivons le conseil d' : faisons comme s'il était du complot, pour le pousser à ne penser qu'à sauver sa peau.

« On dirait que vous voulez faire croire que cela ne vous concerne pas. Les sbires de ce Dazares ont attaqué l'auberge où je loge avec tout ce monde. »

Décidément, je n'arrive pas à me faire à ce langage de noble.

« N-non, je n'y suis pour rien. Je n'ai aucun rapport avec cela. »

Bien. Il ne reste plus qu'à faire capturer le noble incendiaire et organiser son transfert vers la capitale ducale : mission accomplie.

Sauf que les choses prennent un tour que je n'avais pas prévu.

« Tu as osé porter la main sur mes fidèles vassaux, suppôt des tigres ! Puisque c'est ainsi, je te réglerai ton compte de ma propre main ! »

Dazares arriva d'un pas titubant, appuyé sur une canne. Sa veste n'étant que jetée sur ses épaules, on voyait les bandages qui lui couvraient presque tout le torse. L'imbécile s'étant mis à réciter un sort de projectile de feu, je l'interromps en lui envoyant en pleine tête une noix préparée à l'avance.

Les gardes, qui ne réagirent qu'au moment où Dazares tombait à genoux, le maîtrisèrent.

« Baronnet Poton. Dazares vient de lancer un projectile de feu sur moi avec une intention meurtrière manifeste. Et sur vous, qui vous tenez à mes côtés, par la même occasion. Rendez votre jugement en tant que protecteur de la ville.

- M-mes pouvoirs ne me permettent pas de prononcer une peine de mort contre un noble. Il faut d'abord le remettre à monseigneur le duc, qui le fera conduire à la capitale royale, et c'est à Sa Majesté qu'il reviendra de trancher. »

Tiens, on ne peut donc pas en finir dans la capitale ducale.

S'il monte jusqu'à la capitale royale, il risque de croiser le jeune Tigre Blanc et les siens : j'aurais préféré qu'on l'emprisonne dans la capitale ducale. Enfin, tant pis.

« Vous avez entendu. Gardes ! Emparez-vous sans tarder de ce criminel. La bague qu'il porte à la main droite est un catalyseur magique. N'oubliez pas de la lui retirer. »

En vérité, on peut lancer des sorts sans catalyseur, mais la puissance et la précision en pâtissent nettement.

Par ailleurs, le manoir du baronnet dispose aussi d'outils prévus pour les criminels magiciens : Dazares fut entravé par ce qu'on appelle des « chaînes de scellement magique ». Elles n'empêchent pas tout, paraît-il, mais dès qu'on tente une incantation, la puissance magique nécessaire au sort s'échappe par les chaînes.

Dazares, qui se débattait encore malgré les chaînes, fut emmené au cachot.

Voilà une affaire réglée, je crois.

Pour le sort du baronnet Poton, on peut s'en remettre au marquis Loyd, dans la capitale ducale.

Bon, rentrons à l'auberge dormir un peu.

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