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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 180 : Dans la ville des chasseurs de démons (3)

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Chapitre 180

Chapitre 180 : Dans la ville des chasseurs de démons (3)

Chapitre 180/180100%~11 min de lecture2 117 mots

Ici . À toutes les époques, les erreurs judiciaires ne disparaissent jamais, mais dans un monde où existent des différences de rang, il semble qu'on puisse être mis en cause pour des motifs parfaitement déraisonnables. Au Japon, on peut encore choisir d'attendre en faisant confiance à la justice et aux avocats ; dans un autre monde, rester passif paraît fatal.

***

Deux des gardes s'avancent vers nous en menant leurs chevaux.

« Hé, tu vas nous suivre jusqu'au poste. »

« Tout minable qu'il soit, c'est un noble. Suis-nous sans faire d'histoires. On plaidera au moins pour qu'on t'épargne. »

Allons bon. Un type qui, en pleine ville, a fait pire que tirer au pistolet — il a pratiquement lancé une bombe — et c'est moi qu'on traite en condamné à mort pour lui avoir jeté un fruit à la figure. Si je les suis docilement, je sens que ça va mal tourner.

Je sors de ma poche la plaque d'argent qui me sert de pièce d'identité et je la montre aux gardes.

« C-ce sont donc des nobles ! Depuis quand êtes-vous descendus ici ? »

« Quelques heures. Peu importe : le noble de tout à l'heure, je ne l'ai jamais vu à la capitale ducale. De quelle maison sort-il ? Employer de la magie d'attaque en pleine ville, cela ne ressemble guère à la conduite d'un noble de l'honorable royaume de Shiga. »

Je ne manque pas d'aplomb, dans mon genre. J'ai tout de même soigné mon langage pour paraître hautain. L'honneur mis à part, employer une magie capable de réduire des habitants en cendres en pleine ville, cela pose un problème d'humanité.

Les gardes cherchent leurs mots ; j'enfonce le clou.

« Le baronnet Poton est-il informé de ces agissements ? Selon les cas, il faudra en aviser monseigneur le duc, voire le marquis Loyd. »

Les gardes détournent les yeux.

Ils sont donc de mèche, ou plutôt le baronnet donne réellement son aval.

Si je les pousse ainsi dans leurs retranchements, c'est pour une raison.

Le baronnet en question se dirige vers nous avec quelques gardes du corps. Me faire arrêter avant, ou les neutraliser physiquement, compliquerait tout.

« Hé, gardes ! C'est lui, le coupable qui a levé la main sur le marquis Dazares ! Arrêtez-le, et vite ! »

Le baronnet donne ses ordres d'un ton important, mais c'est un homme grassouillet d'une quarantaine d'années qui sent le petit personnage. Il me suffit de le regarder tranquillement, bras croisés, pour qu'il se trouble et laisse errer son regard.

« Le marquis Dazares ? Il ne me semblait pas qu'un tel noble existât dans notre royaume. Celui qu'on a nommé protecteur de cette ville n'aurait tout de même pas fermé les yeux sur les violences d'un noble étranger, et même prêté son concours ? »

Le baronnet ouvre et ferme la bouche ; je m'approche de lui sans hâte. Comme je n'ai rien en main, ses gardes ne bougent pas.

Je sors de ma sacoche une lettre que je lui présente. Le marquis Loyd me l'a rédigée quand j'ai parlé de faire étape dans cette ville de Pouta.

Le baronnet Poton baisse les yeux sur le document d'un air méfiant, puis se raidit en découvrant le sceau du marquis Loyd dans la cire. Il l'ouvre avec précaution, achève sa lecture, blêmit et s'effondre, évanoui.

Cette lettre ne doit pourtant rien contenir d'extraordinaire : tout au plus une recommandation de me faciliter les choses pendant mon séjour. Sauf qu'elle laisse entendre que le marquis Loyd et moi nous connaissons, et même assez bien. Si ce qui se passe ici parvient aux oreilles du marquis, le baronnet perdra au mieux sa charge de protecteur ; il ne sera évidemment pas exécuté, mais dans le pire des cas on le contraindra à céder son titre à son fils et à se retirer.

Le renard qui emprunte la force du tigre, exactement !

Je n'aurais jamais cru me servir un jour de mes relations de cette façon.

« Je passerai dès demain à la demeure du baronnet Poton. D'ici là, j'attends qu'on rende une justice appropriée au dénommé Dazares. »

C'est aux gardes présents que je le dis, à défaut du baronnet, qui a perdu connaissance. Ces gens-là excellent à se protéger eux-mêmes : ils régleront donc le cas de ce noble imbécile. Face à un mage de feu, certes, mais s'il était en pleine forme ce serait une chose ; dans l'état de mort-vivant où il se trouve, le neutraliser doit être facile.

Pour je ne sais quelle raison, des applaudissements éclatent autour de moi : c'est un peu gênant.

Fais ton travail aujourd'hui encore, compétence Visage impassible.

[Titre « Tribun du peuple » obtenu.]

[Titre « Justicier » obtenu.]

***

Après le tumulte, j'ai décidé de passer à la maison de commerce pour glaner des informations.

Malheureusement, la récolte n'a pas été fameuse. Tout au plus des renseignements sur l'ancienne route qui mène jusqu'à la chaîne de montagnes du côté de Boruenan. Elle était encore couramment empruntée il y a deux cents ans, mais elle est tombée en désuétude lorsque des dragons ailés et des bêtes magiques se sont installés dans la chaîne.

Aujourd'hui, passé le village du bout du monde à une dizaine de kilomètres, elle disparaît dans la forêt — ou plutôt, elle est engloutie sous une mer de mauvaises herbes.

Même si c'est exact, il suffira de faucher à la magie du vent ou de niveler à la magie de la terre.

De l'auberge où je rentre avec Pochi et Tama s'échappe une bonne odeur.

« Faim faim ♪ »

« J'ai la daaalle~ ♪ »

Accrochées à mes mains qu'elles balancent vigoureusement, les deux chantent leur chanson du ventre vide. Comme elles en improvisent une nouvelle selon leur humeur du moment, je ne sais même pas combien il en existe de versions.

« Nous voilà. »

« Bon retour~ Ah, tant mieux. Le patron de l'auberge a fait dire que le repas serait prêt d'une minute à l'autre~ »

« Jeune maître, il est possible de nous le faire monter ici, mais comme il y a peu de clients ce soir, on nous a recommandé la salle à manger. »

« Tu as demandé si les non-humains posaient problème ? »

« Et comment, ma poule ! C'est tout bon, il a dit. »

A-. Cette tournure-là, même pour l'ère Shôwa, elle ne fait pas un peu datée ?

Je me ressaisis et je tends à Mia le melon que je lui rapporte.

« Dans ce cas, autant descendre à la salle à manger. »

Les tomates commandées au port avaient déjà été livrées : elles sont dans un panier posé sur la table. À côté, comme demandé, cinq plants avec leur motte de terre. De quoi assurer nos tomates jusqu'à la cité-labyrinthe. Si là-bas on en vend normalement, ce sera inutile, mais je pourrai toujours les faire cultiver à la cité de Muno.

Le plat est une simple pièce rôtie entière.

On détache la viande, on la trempe dans une sauce blanche servie en coupelle, puis on l'enveloppe dans une feuille de salade qui ressemble à de la laitue. Pour Mia, on a dressé à part un pilaf plein de légumes et des légumes à la vapeur.

La sauce blanche a tout l'air d'être de la mayonnaise. Comme je craignais de faire grossir la capitale ducale, je m'étais abstenu d'y répandre la mayonnaise, mais elle existe donc déjà. Je n'en avais pas vu là-bas : ce doit être une spécialité locale.

Seulement, cette mayonnaise…

« Cerf grillé aux légumes, miam. »

« Mayo mayo~ »

« C'est de la mayo nanodesu ! »

« La mayonnaise est délicieuse, mais je pense qu'il vaut mieux goûter la viande nature la première fois. »

« Tiens ? C'est bon, mais cette mayonnaise… »

Lulu, qui vient de porter à sa bouche le cerf grillé nappé de mayonnaise, se tourne vers moi comme pour vérifier. Exactement : la mayonnaise d'ici est terriblement lourde. J'ignore si c'est le type d'huile ou le dosage, mais en manger beaucoup donnerait des brûlures d'estomac.

Tout en chatouillant la joue de Mia, qui boude un peu et engloutit son pilaf en silence, je recommande à tout le monde de ne pas abuser de la mayonnaise.

« Cette sauce blanche n'est pas au goût des nobles ? »

« Pas du tout, elle est excellente. C'est vous qui l'avez préparée ? »

Le patron de l'auberge, qui nous observait, a engagé la conversation. Mais avant qu'il réponde à ma question, un intrus fait irruption. Le garçon manchot de tout à l'heure entre dans l'auberge en agitant son bras gauche.

« Hmm, ça sent bon. Monseigneur, merci pour tout à l'heure. Voilà les deux pièces de cuivre que vous m'aviez prêtées. Vous m'avez vraiment sauvé. »

Je récupère les deux pièces qu'il me tend. Toucher sa récompense n'a pas dû aller sans mal : il a la lèvre fendue et un bleu sur la joue droite.

« Chef, j'ai de l'argent maintenant, sers-moi le même plat que ce noble. »

« Ne demande pas l'impossible, je n'ai plus les ingrédients. »

« Rooh… »

« De toute façon, même avec les ingrédients, tu ne pourrais pas payer. Contente-toi de la spécialité de la maison, le poisson grillé sauce blanche. »

« D'accord, va pour ça. »

Ce poisson grillé à la mayo coûte deux pièces de cuivre. Il peut vraiment se permettre de les dépenser comme ça ?

« Si tu dépenses tout, tu ne pourras plus entrer en ville, non ? »

« On verra bien le moment venu. On ne sait jamais quand on va mourir, alors tant qu'on peut manger, autant manger bon. »

Philosophie ou absence totale de prévoyance ?

Voir mes trois filles-bêtes hocher vigoureusement la tête m'inquiète un peu.

« Ah oui, la sauce blanche. C'est un chasseur de démons manchot, arrivé en ville il y a environ trois mois, qui me l'a apprise. Manchot comme lui, mais contrairement à ce gamin de Kon, un type qui ne laisse rien passer. Il m'a soutiré une belle somme pour la recette, mais je compte bien la rentabiliser. »

« Hé, ne me mettez pas dans le même sac que ce type au sale regard. »

« Vous a-t-il donné son nom ? »

« Ah, il se présentait comme John Smith. »

John Smith, rien que ça.

J'ai demandé son signalement, mais le patron ne se rappelle que l'absence du bras gauche, les cheveux noirs et un visage aux traits peu marqués. Sans certitude, j'ai le sentiment qu'il s'agit du troisième invoqué par le pays de Menea.

« D'ailleurs, il a disparu de la ville du jour au lendemain. »

« C'est un chasseur de démons, il s'est sûrement fait tuer par un monstre. »

« Lui, il n'a pas l'air du genre à mourir facilement. »

Le garçon mange son plat de poisson avec une habileté remarquable, d'un seul bras.

Comme il lorgne de temps en temps le cerf rôti d'un air envieux avant de se jeter sur son poisson, je lui ai glissé une petite assiette de viande. Ce n'est pas grand-chose.

Nana, qui a fini de manger avant les autres et surveillait l'entrée, se lève d'un bond.

Le front discrètement masqué, elle a activé le renforcement corporel et gagné la porte de l'auberge d'un mouvement que l'œil ne suit pas. Elle revient réjouie, un enfant du peuple-rat sous chaque bras. Les deux petits se débattent désespérément, mais ils ne font manifestement pas le poids contre une Nana renforcée.

« Maître, j'ai mis en sécurité des spécimens juvéniles. Permission de les nourrir. »

Enfin, « nourrir »…

À part les trois filles-bêtes, tout le monde a fini, et il reste largement de cerf : cela ne pose pas de problème. Une fois mon autorisation donnée, Nana distribue joyeusement des roulés de cerf aux deux petits rats. D'abord surpris, ils se mettent à engloutir dès qu'ils comprennent qu'ils ont le droit de manger. Pochi, alarmée, s'étouffe avec sa bouchée, Liza sermonne les petits sur la nécessité de savourer, et entre tout cela le dîner s'achève dans une joyeuse animation.

Trois mercenaires gardent l'annexe de l'auberge. Ils ne dépassent pas le niveau 5 et ne possèdent aucune compétence de détection : autant dire qu'ils n'inspirent aucune confiance. Ces mercenaires-là servent surtout à dissuader les voleurs en se montrant, alors peut-être que cela suffit.

Auberge ou pas, nous avons décidé de monter la garde en trois tours, comme au bivouac.

C'est sans doute excès de prudence, mais rien ne dit que les hommes de main de ce noble imbécile ne viendront pas nous attaquer.

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