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Daughter of the Emperor

Chapitre 90

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Chapitre 90

Chapitre 90

Chapitre 90/22041%~3 min de lecture593 mots

Le jardin avait une tout autre allure maintenant qu'on était en plein hiver. Peut-être parce que les servantes et les domestiques ne sortaient plus ? J'aimais être dehors, mais tout le monde préférait rester à l'intérieur vu le froid. Si je restais près de l'arbre d'hiver, j'avais plutôt chaud.

« Tu avais dit que tu reviendrais dans trois mois… menteur. »

Bon, ce n'était pas une guerre qui allait se finir en trois mois, pour commencer. J'avais entendu dire que Keitel faisait une razzia comme un chien fou là-bas. Du coup, c'était quasi garanti qu'il conquerrait la Praezia cette année ou au début de l'année prochaine.

C'est pour ça que Ferdel avait plus de boulot que jamais ; tous les nobles avaient peur de Keitel vu son comportement. Ils disaient qu'unifier le continent entier n'était pas particulièrement impossible. Le problème, c'est que Keitel n'avait aucune ambition aussi honorable que ça. Je ne semblais pas trouver la moindre once des ambitions de Gengis Khan dans ses yeux. Tout ça, ce n'était pas juste pour unifier le continent.

« Je serai ruinée avant ça. Parce que trop gratter de terres mène à la division. »

Ça s'était vu historiquement à Rome ou en Mongolie. Ça n'avait brillé que le temps de son apogée, et faire en sorte que le territoire tienne tout seul, c'est une autre histoire. De toute façon, si Keitel mourait, la Praezia redeviendrait indépendante. Bien sûr, c'est seulement possible si plus de combattants indépendantistes ont versé leur sang avant ce jour.

« Eh bien, ça échouera. Trop de conquêtes font trop d'emmerdes. »

Rome ou la Mongolie étaient de grands exemples. C'est bien pour un court moment, et c'est plus dur d'unir ses citoyens comme un seul homme. Bon, après la mort de Keitel, la Praezia redeviendrait son propre pays. Évidemment, avant l'indépendance, beaucoup de gens saigneraient pour atteindre cette liberté.

« Je ne sais pas si c'est une chance d'être née ici ou pas. »

J'ai réalisé à quel point les choses étaient géniales dans ma vie d'avant avant de naître ici. La démocratie, le droit de voter pour le président de la nation. Des petites choses mais importantes.

Soudain, ce mot me vint en tête. La liberté dont nous profitions aujourd'hui baignait dans le sang que nos ancêtres avaient versé.

« Ce n'est plus mon pays, mais je pense encore à la Corée comme à "mon pays". Tsk tsk, j'ai encore du chemin à faire. »

Pourtant, si je pensais à ma mère, je pensais à Cerera plus qu'à la mère de ma vie précédente. C'est une étape naturelle, mais c'est un peu doux-amer. Oublier le passé et le laisser partir. Bien sûr, je devais me décider, mais je ne voulais pas encore l'écarter.

« Probablement parce que c'est d'où je viens. »

Mes pensées, mes croyances, mes valeurs, mon pays qui m'a façonnée en ce que j'étais. Parce que c'est le socle sous mes pieds, la racine de toutes mes pensées ; c'était naturel, d'une certaine façon, de ne pas pouvoir lâcher un tel endroit. Je pensais que je le porterais probablement pour le restant de ma vie. Maintenant que les temps étaient différents, que le monde était différent, que les valeurs étaient différentes, comment pourrais-je intégrer ce que je connaissais aux nouvelles choses que j'apprenais ?

« Je pense que garder le souvenir de ma vie d'avant est plus nuisible que bénéfique. »

Quel genre d'enfant de deux ans considère ces trucs ? Bon, bien sûr, même si j'allais avoir trois ans bientôt, c'est toujours la même chose.

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