Chapitre 59 : The Emperor's Daughter Chapitre . 59
« Keitel . »
Ferdel appela à nouveau mon père d'une voix grave. Pourquoi ? Essayait-il de lui demander encore s'il pouvait me tenir ?
« Pourquoi n'y vas-tu pas ? »
Cependant, cette fois ma prophétie était fausse. Quoi, c'était parce que ce n'était pas un pressentiment funeste ? Pour une raison quelconque, je me sentis abandonnée par mon intuition, mais ça allait. C'est bon. Vraiment !
Ferdel parla d'une voix grave avec une expression aussi sévère que son ton. Une nouvelle mine que je le voyais faire pour la première fois.
« Sûrement, tu dois être stressé à présent. La guerre a besoin de toi, alors pourquoi… »
Ah, c'était à cause de la guerre au sud ? La date approchait déjà de la fin du mois, mais on aurait dit que Ferdel essayait encore de persuader Keitel. Étrangement, Keitel était bien plus passif dans les escarmouches liées à la guerre cette fois. J'avais entendu que Keitel avait été le premier à passer à l'acte avec son épée.
Pourquoi faisait-il ça ? Ah, je ne savais plus.
Je mordis juste les cheveux de mon père sans raison, juste envie. Nom nom. D'abord, je pensais que la guerre allait éclater, mais à mesure qu'elle devenait sérieuse, je pris aussi la menace au sérieux. Quand j'y repensai, mon père semblait aller de mal en pis ces jours-ci. Était-ce le stress dont parlait Ferdel ?
Il ne répondit pas pendant un bon moment, alors je pensai qu'il ignorait Ferdel à nouveau. Cependant, après un long moment, la réponse vint de façon inattendue.
« Je serai furieux si elle ne se souvient pas de moi quand je reviendrai de la guerre. »
« Hein ? »
Hein ? Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Ah, mais pourquoi me regardait-il ?
Les yeux de Ferdel étaient aussi dirigés vers moi. Pour une raison quelconque, il répondit gêné.
« Euh, genre, vraiment furieux ? Là, ça ne va pas… »
« Pour l'instant. »
Keitel coupa la parole à Ferdel et lui tendit les dossiers qu'il avait lus.
« Dis-moi la situation. »
Ferdel grimaça. Il fouilla dans les papiers qu'il tenait et soupira.
« Nous tenons encore nos positions. Si cela continue, nous finirons par être ceux qui souffriront. Les choses se compliqueront si nous ne vainquons pas la dynastie Jultos de Praezia dans l'année. »
Un an. C'est très court. C'était trop court comparé aux guerres d'où je venais. Cependant, s'il dit que c'est une guerre d'un an alors…
Je supposai qu'ils étaient aussi confiants pour gagner cette guerre. Soudain, je me rappelai que la guerre éclatait mieux quand un côté était plus faible que l'autre, pas quand la puissance de chacun était similaire et prévalente. C'est un peu bizarre. Hmm.
« Je pense que tu devras y aller éventuellement. »
« Combien de temps un enfant de son âge peut-il se souvenir de quelqu'un ? »
Je claquais la langue dans une humeur subtile. Ferdel me regarda à nouveau après avoir entendu Keitel. Pourquoi ne cessait-il de me fixer !? Avait-il emprunté de l'argent chez moi ? Je ne dis rien parce que ses yeux étaient si graves, mais j'en avais aussi marre d'être remarquée.
« Je ne sais pas pour ça. »
Keitel fronça les sourcils.
« Alors qu'est-ce que tu sais ? »
« Mon charme irrésistible ? »
Il était dingue ?
Dès que je fus prise d'une rage folle, Keitel lui lança son stylo. Ferdel se saisit le front de douleur.
Oui ! Bien fait pour sa gueule !
« Hey, ça a vraiment fait mal ! »
« Un stylo ne devrait pas faire si mal. »
« Non, je suis sérieux ! Surtout quand tu me balances des trucs ! Ça fait super mal ! Tu es sûr de ne pas avoir une intention meurtrière derrière ça ?! »
Ouais, il y avait une intention meurtrière derrière ça. Ignorant Ferdel qui faisait tout ce raffut, Keitel tourna la tête et regarda la servante.
« Où est sa nourrice ? »
« Je vais l'appeler tout de suite. »
La servante amena Cerera tout de suite. Je savais qu'elle attendait dans la pièce d'à côté, mais c'était assez rapide. C'est bizarre de la voir entrer avec un air grave, pensant qu'il m'était arrivé quelque chose. Maman, j'allais bien.
« J'ai entendu que vous m'appeliez. »
Quand elle entra, Keitel lui posa tout de suite la même question qu'à Ferdel.
« Pendant combien de temps un enfant peut-il se souvenir de quelqu'un ? »
« Oui ? Oh, même l'enfant le plus brillant ne se souviendrait que jusqu'à un mois au maximum… »
Réponse négative. Elle bredouilla ses mots en disant que je pourrais l'oublier avant même qu'il n'ait fini le chemin. Keitel raidit son visage à la réponse de Cerera.
Bah, on dirait qu'il ne pouvait pas partir à la guerre après tout, haha. À ce moment-là, Ferdel poussa un rugissement silencieux. Il donna un indice à Cerera. Une requête muette de faire quelque chose. Cependant, son regard désespéré était si grave qu'il fonctionna aisément sur Cerera.
« Je veux dire, je pense qu'un enfant peut se souvenir jusqu'à trois mois au maximum… je crois. »
Cerera, pourquoi as-tu ajouté « je crois » ? C'était ton dernier brin de conscience qui se battait en toi ? Ferdel demanda à Keitel avec un air excité dans la voix.
« C'est donc comme ça. Tu y vas ? »
« Tais-toi. »
D'une voix basse, Keitel le rabroua. Ah, quel type pathétique.
Ferdel était une bête aussi bavarde que pathétique. Ferdel, qui restait obstiné, ouvrait la bouche comme une carpe, mais même cela fut vite condamné.
« Je réfléchis. Tu me déranges. »
« … »
Ferdel se tut.
Tsk tsk, je le savais. J'aurais bien voulu aller lui taper sur l'épaule, mais j'étais dans ses bras comme tu peux le voir, alors… Ouais. Papa ne m'a pas lâchée au milieu de tout ça. Il me traite comme si j'étais sa poupée.
« Hey, »
Une voix très calme appela Keitel au milieu de l'ambiance morose. Quand Ferdel recommença à parler, même s'il avait reçu l'ordre de se taire, mon papa le fixa, agacé. Cependant, Ferdel répondit d'une voix très contrariée.
« J'ai encore des choses à rapporter. »
Silence. Cerera se tenait là maladroitement, observant la scène. Bah, c'est impoli de partir même si on ne lui a pas dit de partir. Pourquoi faisions-nous ça ici alors qu'on n'est pas coupables ?
« Fais-le. »
Dès que sa permission fut donnée, Ferdel demanda à Cerera de partir. Elle s'inclina et quitta la pièce silencieusement. Immédiatement, Ferdel reprit son rapport.
« J'ai découvert un incident étrange à Langres. Comme tu le sais, Langres est une alliance de tribus qui se sont rassemblées pour leur survie dans le désert. Mais elles sont liées par le sang, donc leur union entre les tribus est plus serrée que dans les autres pays alliés. Récemment, une tribu a massacré ou racketté d'autres tribus. »
J'en avais marre !
Une tresse en forme d'étoile était trop compliquée pour moi, alors je tressai juste les cheveux de mon père normalement. Oh, c'est joli. C'est si joli que je me demande qui l'a fait. Je trouvais que c'était plus joli parce que c'étaient les cheveux de Keitel.
Quand j'eus fini de tresser ses cheveux, j'applaudis dans mon coin. Keitel me lança un regard bizarre après avoir fait ça. Puis il détruisit l'œuvre d'art que j'avais faite avec ses cheveux… Hey !
« Et alors ? »
Il était beau, mais je détestais ça. Hey, j'avais fait mon chef-d'œuvre avec cette petite main, et comment ose-t-il tout détruire d'un coup !
Merde, j'en avais marre. Je n'avais plus ni rêve ni espoir !
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