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Daughter of the Emperor

Chapitre 313

Daughter of the EmperorDaughter of the Emperor
Chapitre 313

Chapitre 313

Chapitre 313/41076%~8 min de lecture1 535 mots

Cerera me tenait serrée contre elle, mon corps tremblant de tous ses membres, au point d'en être pitoyable. L'inquiétude et le choc de Cerera étaient contagieux et me glaçaient d'effroi une fois de plus.

J'étais trop sous le choc pour saisir la réalité de ce qui s'était passé autour de moi, mais maintenant je sentais quelque chose.

Ma joue percevait la peau douce de Cerera, et elle était brûlante. Les tremblements qui secouaient encore mon corps et ceux que je percevais venir du sien ne faisaient plus qu'un, me plongeant dans un indicible sentiment.

« Que faire ? Son corps est glacée. »

Je ne comprenais franchement pas pourquoi Cerera tremblait autant alors que c'était moi qui avais tout vécu.

Si je disais que les souvenirs du couteau blanc gravés dans mon cerveau étaient moins effrayants que la vue de tout ce sang, je mentirais. Si je disais que je n'ai rien trouvé d'horrible là-dedans, je mentirais aussi.

Si j'avais été un vrai bébé qui ne comprend rien à ce qui se passe, ça aurait été mieux, mais ma mort précédente a recouvert cet événement présent et m'a secouée jusqu'au tréfonds, me laissant dans un état lamentable.

Ç'avait été terrifiant.

J'ai réalisé à quel point c'était grave en fixant le bout de mes doigts pâles. Ils étaient blancs, glacés. La température corporelle d'un enfant est normalement plus élevée que celle d'un adulte, donc je transpire souvent beaucoup. C'était la première fois que mon corps devenait aussi froid. Cerera, qui me tenait, s'en est aussi rendue compte.

« Princesse. »

Une voix aimante m'appela. En l'entendant, seulement alors j'ai réalisé que j'étais encore en vie.

Seulement alors j'ai senti le soulagement.

Comme si j'avais enfin lâché un fardeau que je peinais à porter seule, j'ai essayé de ne pas pleurer. Mais à cet instant, mes canaux lacrymaux ont décidé de lâcher prise. Les larmes qui brouillaient ma vue étaient brûlantes. Ma gorge me faisait mal aussi. Les muscles qui souffraient d'eux-mêmes sans que je le sache me criaient leur douleur.

Il est donc possible que l'angoisse mentale laisse des traces sur le corps…

D'une façon ou d'une autre, le visage de Cerera est devenu flou. Quand il le fut au point que je ne pus plus distinguer ses yeux verts, j'ai éclaté en sanglots.

« Waaaaaaaaaaa ! »

C'était si effrayant, vraiment effrayant !

J'avais souhaité qu'on me sauve avec le cœur d'un naufragé s'agrippant à une planche.

J'avais souhaité qu'on me sauve à cet instant, et dans le passé, j'avais aussi souhaité de la même façon.

Je voulais que quelqu'un me sauve. Je ne voulais pas mourir, j'appelais au secours de toutes mes forces.

Pourtant, pas une seule personne n'a essayé de venir m'aider, même s'ils étaient tous là, à écouter mes cris à l'aide et mes supplications d'épargner ma vie.

Les pleurs d'un bébé sont douloureux, le son de mes sanglots me brisait le cœur à moi-même. J'ai pleuré avec cette douleur en tête.

Cerera m'a serrée fort contre elle et m'a communiqué la chaleur de son corps en essayant de m'apaiser. Elle me tapotait le dos en me chuchotant de ne pas pleurer. Puis elle a essuyé mes larmes et m'a déposé de petits baisers sur tout le visage.

Les baisers m'apaisaient, et j'ai poussé un soupir de soulignement.

C'était la preuve que j'étais encore en vie. Que j'avais survécu. Cet air même que je respirais était la preuve que j'étais encore en vie.

J'avais cru que je deviendrais un cadavre froid. La mort que j'avais souhaitée n'était pas de ce genre. C'était si injuste de mourir comme ça parce que j'étais déjà morte ainsi une fois.

Quand j'ai ouvert les yeux, j'étais dans ce corps.

Si je disais que je n'ai pas trouvé ça absurde, je mentirais, et pour couronner le tout, je suis née, de toutes les façons possibles, comme la fille d'un tyran ! Si je regarde en arrière, ce n'était que six mois pleins d'insatisfaction depuis lors.

« Elle pleure à en mourir. »

Un couple d'yeux rouges me regardait de haut. Il est entré après que j'aie pu à peu près voir devant moi, vu que j'avais pleuré toutes les larmes de mon corps.

Mon papa, mon père, Keitel Agrigent.

Le volume de mes pleurs a diminué. Je laissais échapper des hoquets pleins de larmes vu que ma gorge me brûlait d'avoir tant pleuré, mais Cerera essuyait délicatement mes larmes avec un tissu à chaque fois pour qu'il ne reste aucune trace. Je sentais sa délicatesse à ne pas essuyer trop fort.

Merci, maman. Comme d'habitude, ma mère est la meilleure ! Si maman n'était pas là, à qui pourrais-je m'accrocher ?

Ce n'est qu'après avoir vidé mon sac que j'ai enfin pu arrêter de pleurer.

« Combien un bébé peut-il se souvenir ? »

Pour une raison quelconque, les mouvements de la main de Keitel étaient doux.

C'est vrai, est-ce qu'il avait pitié de moi aussi ? Merci pour ta compassion.

Je n'ai pas détesté la main froide qui touchait mon front.

Je me sentais juste un peu mal à l'aise. Enfin, je sais ce que cette main a fait tout à l'heure sous mes yeux. Il a mis fin à une vie sans une once de pitié avec cette main.

Sans une once d'hésitation.

C'était parce qu'il en allait de la vie de cet homme ou de la mienne ? Je n'ai pas eu l'impression que Keitel ait fait quelque chose de mal.

Peu m'importe si ça fait de moi une mauvaise personne.

J'étais juste tellement reconnaissante qu'il soit arrivé au bon moment, comme s'il répondait à mes appels muets au secours. Même s'il est un salaud de fou, il reste vraiment mon père.

Bon, je l'acceptais comme mon papa ! Puisqu'il m'a sauvé la vie, je l'acceptais coollement comme tel. Je levais les yeux vers lui tandis que sa main descendait de mes cheveux à ma joue. Il essuyait les larmes au coin de mes yeux.

Même moi, je pouvais voir une larme claire au bout de son doigt.

Mes cils humides me gênaient. Je ne savais pas pourquoi je me sentais si lésée.

Pourquoi me sentais-je si insatisfaite ? Je ne m'en souvenais même plus maintenant. Je me souvenais seulement du fait que je m'étais sentie ainsi, et…

Ah, je n'avais plus d'énergie. Est-ce que j'avais trop pleuré ?

À cet instant, Keitel a pris le doigt avec ma larme et l'a porté près de sa bouche. J'ai vu sa langue rouge lécher le bout de son doigt.

Ensuite, il m'a adressé un petit sourire.

« C'est salé. »

Est-ce qu'il pensait honnêtement que ça pouvait être autre chose ?

Il doit toujours ajouter des mots inutiles et se faire maudire pour son trouble.

Honnêtement… je lui passe ça cette fois vu qu'il m'a sauvé la vie.

« Ça dépend de chaque bébé, mais j'ai entendu dire que les bébés oublient généralement les souvenirs de leur petite enfance en grandissant. Cependant, l'influence de ces souvenirs peut rester dans leur subconscient… »

Keitel est resté silencieux après avoir entendu la réponse de Cerera.

Il n'a rien dit et m'a juste fixé d'un air particulier.

Je l'ai aussi fixé droit dans les yeux et j'ai retenu mon souffle en silence.

Je crois avoir compris. Je crois savoir pourquoi il y a toujours de l'hostilité et de l'inimitié dans ses yeux.

C'était l'aboutissement du genre de vie qu'il avait mené jusqu'à présent.

Ce n'avait été qu'un court instant, mais je me souvenais de quel genre d'yeux il avait eus quand il a sorti son épée et l'a abaissée sans une once d'hésitation.

C'était…

Comment le décrire ? Le regard dans ses yeux était incompréhensible.

En tout cas, ses yeux ne ressemblaient en rien à ceux qu'il a maintenant.

« L'influence… »

L'influence ? Et quoi encore ?

J'avais attendu, le souffle coupé, d'entendre la fin de cette phrase, mais c'était la fin.

Ça n'allait nulle part.

Argh, ce salaud.

S'il doit être comme ça, alors il ne devrait pas commencer des phrases qui me font anticiper quelque chose. Mon cœur a battu la chamade pour rien ! Je me suis emballée pour rien et j'ai gaspillé de l'énergie inutile.

J'ai boudé et fait la moue.

Alors que j'essayais de lever mon doigt, exactement à ce moment-là, la Garde royale est entrée dans la pièce.

Wow, c'est un chevalier !

C'est ma première fois que je vois la Garde royale. Évidemment, c'était aussi ma première fois que je voyais le capitaine de la Garde royale.

Ce doit être ce chevalier qui marche en tête, au centre des chevaliers en armure d'argent.

Ah, c'est un vieux. Ce vieux doit être le chef des chevaliers royaux. L'aura qui se dégage de son corps est sur un tout autre niveau que les autres chevaliers.

Bien. Voyons voir, ma note pour lui serait…

« Votre Majesté. »

Le capitaine faisait de son mieux pour maintenir une expression neutre, mais il avait l'air de pouvoir tomber raide mort n'importe quand. Il s'est mis à genou et a fait de son mieux pour montrer les manières de cour qui siéent à un chevalier en attendant que Keitel parle.

Je levais les yeux vers Keitel.

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