« Cet enfant… devait avoir quatre ou cinq ans. Comme c'est à peu près à cette époque qu'elle est retournée à Andurs, elle a dû rentrer dès qu'elle a su qu'elle était enceinte. Sans compter que c'était pile au moment où leurs émissaires sont venus discuter de la guerre. Le timing ne pouvait pas être pire. »
'Je ne sais pas ce qui tracasse Ferdel, mais je n'ai ressenti que de la pitié pour cette mère et cet enfant.'
'Cet enfant, il a l'air tellement mignon. Je suis sûre qu'il ressemble à sa mère.'
'Bien sûr, il doit lui ressembler. Il doit être comme sa mère. Non ?'
'S'il ressemble à mon père… alors il est foutu. Y a plein de choses auxquelles il peut ressembler, mais pas à Keitel. S'il lui ressemble, alors… euh, ben, c'est le rejeton du tyran. Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est flippant.'
« Ce n'est pas la première fois qu'un truc pareil arrive. Pourquoi tu surréagis ? »
« Hé, c'était avant ! Tu sais très bien qu'on les a tous regroupés et tués… »
Ferdel s'est énervé face à la réponse désinvolte de Keitel, puis s'est brusquement retourné vers moi. Hein ? Pourquoi ? J'ai incliné la tête face à son regard soudain, et Ferdel a souri. 'Tu aimes ma réaction, hein.'
« Tu l'as fait. Bref. »
'Souriant face à mon regard, Ferdel élude. Pourquoi tu te tais, tu me mets mal à l'aise.'
'J'ai froncé les sourcils en tenant ma tasse et en buvant mon jus de fruits. Tu regardes ma tête ? En plus, les yeux de Papa sur Ferdel semblent s'être faits plus perçants, d'une façon ou d'une autre.'
'Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai fait une bêtise ?'
'En claquant de la langue, j'ai involontairement compris pourquoi ils faisaient ça.
'Oh, ben, c'est bizarre de dire que mon père a tué des gosses devant moi. Bon, je le savais déjà. Faut pas faire une tête aussi meurtrière. Je savais déjà ce qui était arrivé aux juniors de Keitel. Mais eux ne savent pas si je le sais.
'Bref, pour une raison quelconque, j'ai soudain pitié de moi, mais passons.'
« Princesse, prenez-en un de ceux-là. »
« Oui, merci. »
'Quand j'ai tendu ma tasse vide, Assisi me tend le bonbon direct.
'Oh, il est rose !'
'C'était goût fraise. Oh, la fraise, c'est le meilleur goût.'
'Je suis heureuse en mangeant mon bonbon à la fraise et Assisi me sourit. Ferdel, qui le regardait sérieusement, a lâché un mot.'
« Assisi, j'envie ta décontraction. »
Assisi a incliné la tête, ne comprenant pas, mais au soupir de Ferdel, on s'est tous les deux tus.
'Allez, reprends-toi !'