Contrairement au jardin de l'Arbre d'hiver, la beauté de mon jardin résidait dans sa compacité et sa simplicité. Bien sûr, c'était un peu effrayant de constater que ma définition du « petit et compact » correspondait à l'échelle de la famille royale, mais mon jardin personnel n'était rien comparé à celui de l'Arbre d'hiver. Enfin, il restait assez grand pour que de jeunes enfants puissent y jouer.
D'ailleurs, l'atmosphère de cet endroit changeait 조금씩 au fil des saisons, si bien qu'on y trouvait plus d'attraits qu'au jardin de l'Arbre d'hiver. Pour moi, qui avais été une fille de ville, cela ressemblait vraiment au paradis. Tiens, l'hiver allait bientôt arriver. Le vent soufflant depuis le pavillon était assez frais.
Agrigent était le seul pays du continent central à posséder quatre saisons distinctes : printemps, été, automne et hiver. J'avais entendu dire que c'était grâce à l'esprit de l'hiver. Par exemple, dans les pays voisins comme Langres, c'était l'été toute l'année, tandis qu'Ancief profitait d'un printemps perpétuel ; quant à Parten-Kihern, ses saisons étaient le printemps, l'été et l'automne. Ainsi, quand ils regardaient la neige d'Agrigent, cela les intriguait même s'ils venaient du même continent central. Bref, il y avait plein de choses passionnantes ici.
« Princesse ! »
Je lisais un livre intitulé <Terminé en un temps record ! Saison du Continent central !>, quand Elaine a déboulé dans le pavillon. J'ai penché la tête pour comprendre tout ce remue-ménage. Qu'est-ce qui se passait ? Elaine avait l'air d'un chien qui doit faire ses besoins, vu sa tête.
« Princesse, il s'est passé quelque chose de terrible ! »
« Hein ? Qu'est-ce qu'il y a ?! »
Même Cerera était curieuse. Assisi avait l'air nerveux lui aussi. Ça avait l'air grave.
« Sa Majesté... Sa Majesté ! »
« Sa Majesté, quoi ? »
'Arrête de bégayer. Tu me rends encore plus nerveuse.'
« Sa Majesté a trouvé ta sculpture cassée ! »
Une alarme massive a retenti dans ma tête.
Euh... Ai-je bien entendu ? J'ai cligné des yeux, mais Elaine était toujours là. J'ai tourné la tête vers Cerera, puis vers Assisi. Oh, non !
« Quoi !? Comment ? »
« Je... je ne sais pas. »
« Je veux dire, comment a-t-il découvert ? »
« Il a dû dire quelque chose aux servantes. L'Empereur a toujours l'air en colère, alors elles ont fini par tout lui dire... »
Leur vie était-elle la seule en jeu ? Et la mienne ? Et mon droit de vivre ?
Ma vision a commencé à se troubler. Je ne voyais plus la lumière, et je ne trouvais pas les mots à dire. J'étais foutue.
Je savais qu'il le découvrirait un jour ou l'autre, mais c'était trop tôt.
« Où est-il maintenant ? »
Quand j'ai regardé Elaine, elle a secoué la tête comme pour dire : « Je ne sais pas. » Je me suis alors tournée vers Assisi.
« Il est probablement en réunion. »
« Je le verrai au dîner alors ? »
Le problème, c'était que le soleil s'était déjà couché et que nous allions dîner bientôt... le jardin après le coucher du soleil était beau, mais je n'arrivais pas à m'émerveiller de sa beauté.
Ah, je ne voyais rien d'autre à faire. J'aurais voulu que tout le monde disparaisse. Je voulais être seule...
« Mais ce n'est pas comme si c'était toi qui l'avais cassée, Princesse... »
Quelle niaise, cette Elaine. Elle croyait vraiment que Keitel s'en souciait ?