Dire à un bébé de huit mois d'aller assister à une fête, c'est plutôt drôle, mais comme c'est l'anniversaire de mon propre père, je n'ai pas le choix.
'Si c'est l'anniversaire de Papa, je dois y aller. Ouais. Qui sait ce qui m'arrivera si j'n'y vais pas ?
Même si je ne suis qu'un bébé qui fait ouin-ouin, c'est une réalité inévitable. Argh !'
« Alors on utilisera cette tenue, alors qu'est-ce qu'on fait pour l'accessoire de cheveux ? »
Non seulement c'était une fête pour l'anniversaire de Keitel, mais des émissaires de tout le continent venaient célébrer.
D'après les ragots d'Elaine, tous les pays que Keitel a conquis, y compris ceux qu'il n'a même pas effleurés, viennent. Toutes sortes de gens avec des vêtements et des cultures différents, presque littéralement tous, se réunissaient juste pour faire un discours interminable qui n'est en fait qu'eux qui parlent longuement de rien du tout pour l'occasion.
C'était littéralement deux empires, six royaumes, deux coalitions (Royaumes-Unis) et une république. Ils arrivaient tous ensemble avec des pots-de-vin à offrir en tribut et une femme pour séduire Keitel… Bref, ils apportaient vraiment tout un tas de trucs en venant ici.
On dirait que Papa va être occupé grâce à tous ces gens avec tous leurs objectifs.
Bien sûr, quand je serai grande, je serai occupée aussi. Cependant, pour l'instant, grâce à ma jeunesse, je n'ai qu'à assister à la fête et c'est fini pour moi.
Je n'ai même pas à rester longtemps, ce qui est une bonne nouvelle.
Maintenant que j'y pense, je suis la seule princesse de l'Empire d'Agrigent. C'est un problème dont je me souviens seulement à des moments comme celui-ci, mais je suis la seule fille de Keitel.
Pas seulement ça, mais j'ai cinq noms.
C'est Ariadna Lereg Ilestri Pre Agrigent.
Wow, c'est si long que ça fait peur. Rien que le mémoriser a fait griller mon cerveau.
Tandis que je m'émerveillais de la longueur de mon propre nom, j'ai senti quelqu'un arriver derrière moi. En tournant la tête, Ellen, qui me tenait, s'est retournée aussi.
C'était une servante.
Quand nos regards se sont croisés, elle s'est inclinée poliment.
« Sa Majesté appelle la princesse. »
« A-ta. »
Dès que j'ai vu Keitel, j'étais dans ses bras en un rien de temps.
Je suppose qu'il a fini son travail pour la journée parce qu'il n'y avait pas un seul papier dans son bureau.
Friedel a dû tout emporter.
Je l'ai vu quelques fois mais c'est pas un type normal. Ceci dit, je dis pas qu'il est dingue non plus.
« C'est censé être "papa" ? »
« Oui, Votre Majesté. »
'Tu l'entends pas, ou quoi ? Je t'appelle Papa.
Maintenant que j'y pense, mon accent… C'est triste, alors dis rien.
Chut.'
En sentant ses yeux se poser sur moi, par instinct, j'ai tendu la main pour tirer ses cheveux en riant. Keitel n'était pas assez mesquin pour s'énerver parce que je jouais avec ses cheveux, ce qui est une bonne chose.
'Hé, Papa, je suis pas mignonne, maintenant ? Hein !'
« Elle est plus jolie maintenant. »
C'était comme s'il avait lu dans mes pensées parce qu'il m'a donné une réponse.
Mon visage s'est illuminé alors que j'attirais le cou de Keitel vers moi.
'Vraiment ? Pour de vrai ?'
« Elle était si moche avant. »
'… Ah. J'ai essayé de te regarder avec affection. Beurk !'
« T'es moche aussi. » (Langage bébé : You are ugly)
'T'es moche toi aussi ! J'suis pas la seule moche !'
J'ai baragouiné mais, comme je l'ai dit avant, j'ai dû avoir un trouble de la communication quelconque.
Keitel a juste regardé Cerera avec une expression vide.
« Qu'est-ce qu'elle dit ? »
« Je, je sais pas… »
'Je vous déteste tous les deux.
J'veux être seule. Cassez-vous tous.'
J'ai pu rien faire contre la vague de tristesse qui a déferlé en moi.
'Je suis foutue.'
Pendant que je me lamentais toute seule, j'ai ressenti un désir ardent de pouvoir un jour prononcer des mots humains. J'ai soudain entendu un grand éclat de rire venir du côté. Comme je m'en doutais, en me retournant, Dranste était là, gloussant à côté de Keitel.
'Ris pas, connard.'
« Si seulement Keitel comprenait… Ça aurait été un chef-d'œuvre. Comme c'est regrettable. »
'Si t'en penses autant, dis-le-lui donc.'
À ma remarque, Dranste a juste haussé les épaules. Puis les mots qui sont sortis de sa bouche ont été…
« C'est vachement plus drôle s'il sait pas. »
'T'es une pièce, toi…'
La pièce où Keitel m'a emmenée en me tenant était la chambre. Puis il m'a posée dans le berceau.
Ça fait deux mois que je dors à côté de lui.
'T'as dit que c'était juste pour un moment. Un moment, mon cul !'
On dirait que ce type va me faire dormir à côté de lui pour le reste de sa vie.
« Attends un peu. »
On dirait qu'il va se laver parce qu'il m'a posée dans le berceau et a mis un jouet dans ma main.
Puis il a disparu.
'Si c'est pour faire ça, appelle-moi une fois que t'as fini de te laver.'
« C'est parce qu'il trouve ça amusant de te regarder ces temps-ci. Il dit que t'es mystérieuse. »
Y'a quoi de mystérieux ? Si on regarde sous un angle, c'est une forme d'intérêt mais j'ai l'impression que c'est blatantement évident qu'il me porte le même intérêt qu'on accorderait à un jouet, donc sa fascination me met mal à l'aise. S'il arrivait un jour où il m'approcherait comme un être humain, je considérerais alors si je l'accueille ou pas.
'Au fait, Papa te voit toujours pas ?'
« Il entend même pas ma voix. »
'Ouais, ça a vraiment l'air d'être ça.'
On bavardait toutes les deux dans une pièce mais y'avait zéro réponse. Surtout de la part de ce père fantôme. Maintenant que j'y pense, je me souviens de ce capitaine des gardes.
'J'avais oublié mais je me demande s'il a retrouvé les gens qui ont essayé de m'assassiner ?
Il a découvert qui c'était ?'
Je suppose qu'Elaine et Cerera voulaient oublier cet incident parce qu'elles n'avaient pas grand-chose à dire sur le sujet. Même Keitel n'avait rien à dire là-dessus donc y'avait nulle part où je pouvais aller pour satisfaire ma curiosité.
'Ah, je suis curieuse, encore aujourd'hui.'
Pendant que je me demandais, j'ai couvert ma tête avec mes deux mains puis j'ai senti une grande main me tapoter. Sans lever les yeux, je savais que c'était Dranste qui s'était approché d'on ne sait où et me caressait la tête maintenant.
'Tu peux pas juste disparaître de mon champ de vision ?'
« Nope, je t'ai dit que t'étais intéressante et mystérieuse. »
'Qui a parlé ?
Ah, je me demande vraiment d'où je tiens ce sang.'
Maintenant que j'y pense, y'a plein de trucs qui m'intriguent.
Je me suis affalée et j'ai commencé à rouler de tous les côtés, forçant Dranste à me lâcher sans qu'il ait le choix.
'C'est quand que notre papa revient ?
Abei~ ya, reviens.
Ah. Maintenant que j'y pense, c'est le moment le plus confortable pour moi.
Tout chez Papa est bien mais c'est quelqu'un avec qui je me sens pas à l'aise.
J'ai envie de ces jours où je dormais seule.'
« Pourquoi ? T'as peur que Keitel te tue ? »
'Ce serait même plus bizarre si j'avais pas peur, non ?'
J'ai demandé en enfouissant mon visage dans les couvertures de mon berceau.
Dranste m'a juste regardée avec une expression indéchiffrable en tenant son menton.
Ses yeux bleus brillaient aujourd'hui aussi.
'Chi ! Je dois admettre que cette partie de lui est aussi jolie qu'un bijou.'
« T'as pas à t'en faire pour ça. »
'Pourquoi ?'
J'ai demandé en baissant ma couverture.
Dranste me regardait avec une expression vide que je voyais rarement sur lui.
Bien sûr, tout ce que ce type dit est à 90 % des blagues mais il ment pas. C'est pour ça que j'étais si déstabilisée.
'Pourquoi ? Pourquoi tu dis que j'ai pas à m'en faire ?'
« Il est large d'esprit quand ça concerne ce qui lui appartient. »
Dranste a ricané en répondant. Puis soudain, ses yeux ont brillé d'un air glacial.
« Mais il est cent fois plus impitoyable avec les autres. »
'Ah… Heu.'
Dranste a hoché la tête comme si c'était naturel et a ri.
'Pourquoi je trouve son sourire si cruel, aujourd'hui ?'
Je suppose que qui se ressemble s'assemble. C'était un cinglé après l'autre.
Tandis que je secouais la tête de gauche à droite, le sourire de Dranste s'est approfondi. Une fois de plus, il a tendu la main vers moi.
« Tant que tu te mets pas en travers de son chemin, il te tuera pas. Tant que tu restes sage, la plupart des trucs seront probablement permis ? »
J'ai frappé sa main et j'ai demandé.
'Et si je l'insulte en face ?'
« Tu seras tuée. »
'Merde, j'vais pas le faire alors. Chi !'
Alors je vais l'insulter autant que je veux pour l'instant. Appelons-le abruti. Plus tard, quand ma prononciation s'améliorera, je ferai semblant de pas bien parler et je le ferai aussi.
Si je survécu à ça, j'arrêterai.
Maintenant que j'y pense sous cet angle, mon trouble de la communication est plutôt pas mal.
'Hein. Ouais. C'est un bon plan.'
Dans ma couverture toute douce, je sentais l'odeur des bébés.
Une odeur de bébé.
'C'est ça, je suis un bébé. Pou~'
En poussant un soupir et en tournant la tête, je pouvais voir Dranste qui riait.
'Maintenant que j'y pense…
Tu fais toujours ça ?'
« Quoi ? »
'Tu te balades d'habitude en invisible ?'
« Ah, parfois. »
Il a répondu si nonchalamment que j'ai été surprise.
'Quoi ? Donc tu te balades d'habitude en invisible ? Donc Papa te voit pas ?'
Alors que mon regard devenait glacial, Dranste a ri et a essayé de s'excuser.
« Puisque Keitel me déteste tellement… »
Maintenant que j'y pense, Dranste s'introduit dans la chambre quand on dort.
'Sérieux, tu…'
À la fin, mon regard est devenu encore plus glacial.
'Oh mon Dieu.
Maman, y'a un pervers ici !'
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Je me suis réveillée.
Ça faisait un bail que j'avais pas aussi bien dormi et c'est déjà le matin.
Dès que j'ai ouvert les yeux, la lumière blanche du soleil m'a transpercé les yeux. Ce n'a été qu'un instant trop éclatant puisqu'une ombre noire couvrait la majeure partie de ma vue.
'C'est quoi ça ?'
Je viens de me réveiller et mon esprit était trop embrumé pour comprendre ce que c'était d'un coup d'œil. C'était dur d'habituer mes yeux à la lumière…
Bientôt, ma patience a été récompensée car mes yeux se sont vite adaptés à la lumière et la silhouette derrière l'ombre mystérieuse s'est vite révélée être mon Papa, Keitel.
'Ah, c'est vrai.
Ce lit, c'est celui de notre Abei. J'avais oublié.'
Un instant, nos regards se sont croisés.
La chaude lumière du soleil venant de la fenêtre illuminait le lit.
Dès que nos yeux se sont croisés, il a légèrement tordu les lèvres. C'était difficile de décrire ça comme un sourire.
« Tu as bien dormi ? »
Une voix grave. Je sais pas si c'est parce que c'est le matin mais elle semblait encore plus grave que d'habitude. Si je dis que j'ai l'impression de pouvoir fondre, c'est sûrement parce que la voix de ce type est trop bien.
Hah. Je me suis rappelé les mots que quelqu'un a dits : on peut tomber enceinte rien qu'avec la voix.
À cet instant, j'ai immédiatement souri. Ça avait l'air un peu bête vu que je venais de me lever mais c'était la meilleure expression que je pouvais faire pour l'accueillir.
À cet instant, il a touché ma joue.
« A-da. » (Papa)
J'aurais dû m'habituer à ça mais la personne, c'est Keitel donc j'arrive juste pas.
'Cette sensation est plutôt…'
Je dois dire, Keitel est plus sexy le matin que la nuit ou à l'aube.
C'est ça, à l'exception de quand il se lève à l'aube parfois trempé de sueur, il est à son plus sexy quand il vient de se réveiller le matin, tout en désordre.
Hah… Penser qu'une fille prend son pied à mater l'apparence sensuelle de son propre papa, c'est un problème. Un gros problème.
Mais ce qui était sérieusement bizarre, même si on n'a pas dormi ensemble ou fait quoi que ce soit de provocant, quand le matin arrive et qu'il se réveille juste…
« … »
Keitel devient si sexy dans cet état qu'il devient un danger pour lui-même.
'Abei-yah, vois pas des filles le matin. C'est pas bon pour toi.
Je pense que c'est un peu dangereux pour les mecs aussi.
Ah, je suis sérieuse ! Mais, sérieusement ! Pourquoi ! Vraiment, pourquoi t'es si sensuel ! T'es un papa avec un gamin !
Ça a l'air injuste. C'est ça. C'est injuste.'
Non seulement sa beauté était hors de ce monde, mais chaque matin ou à l'aube, sans exception de temps ou de lieu, il attire et captive les gens. C'est un gros problème.
'Si seulement il partageait sa beauté avec les autres mecs, comme le monde serait beau et généreux.
T'es pas d'accord ?
Puisqu'il la garde toute pour lui, comment le monde peut-il être généreux ? Merde !
Hah ! J'ai pitié que tu sois mon papa. Au moins si tu partages ta beauté avec les autres mecs, j'arrêterai de me plaindre. Ça te va ? Bien ?'
« A-da. » (Papa)
'Bien ? Qu'est-ce que je raconte ? Je devrais juste être reconnaissante de pouvoir voir Keitel juste réveillé le matin.
J'ai l'impression que mes yeux se purifient et bien sûr mon cœur aussi.
Ah, je pourrai pas me marier.
Tous les jours, à regarder ce visage… Comment je peux m'adapter à quelqu'un d'autre dont le visage n'atteint pas ce niveau ?'
*Snif. Snif.*
'Ce salaud de papa bloque le mariage de sa propre fille avec sa gueule.'
« Pa-tuh. » (Papa)
Keitel m'a soulevée.
Je dois faire à peu près 7 kilos mais il m'a soulevée comme si j'étais un oiseau. J'ai l'habitude d'être enlacée par mon papa après m'être réveillée le matin mais je peux pas m'habituer à sa beauté…
'Ah. Qu'est-ce que je suis censée faire de ce type resplendissant ?
Comment ça ressemble à un papa avec un gamin ? Le monde est sérieusement injuste !'
« Tu grandis vraiment vite. »
'… Huit mois ont passé.
Est-ce que cette croissance est rapide après huit mois ?'
Un instant, j'ai eu l'impression d'être un cochon de test qu'on a piqué avec une sorte de piqûre de croissance et qui a fait une poussée de croissance anormale.
'Cochon. Groin, groin.
Ah, c'est pas un problème, pour une raison quelconque, Keitel est toujours sur le fil le matin.'
Si je ris, il rit aussi mais comparé au jour ou à la nuit, il était calme. C'était toujours à moi de briser le silence.
'Tu commandes sérieusement un gamin à faire toutes sortes de trucs.
Hah~ Je finis sérieusement par faire toutes sortes de trucs pour survivre.'
« A-da ! »
« Oui. »
« A-da ! »
« Ah. »
'Envoie-moi chez Cerera maintenant. C'est pas assez à ce stade ?
T'es toujours pas satisfait de mon divertissement ?'
Je ris radieusement maintenant mais mes muscles faciaux sont raides et sur le point de s'effondrer d'épuisement.
'Si mon visage vieillit et se ride dans ma jeunesse, c'est à cause de toi. D'accord ?'
Comme s'il comprenait mon cœur ardent, Keitel a incliné la tête sur le côté.
« Pourquoi elle m'appelle tout le temps ? »
« A-da… »
'…..Laisse-moi partir. Père, tes manières sont un peu…..'
En Corée, on dit que si t'es un fantôme, tu sais les choses cachées.
Donc y'a un dicton pour être comme un fantôme.