« Ehhh ? Pourquoi ? »
< L'endroit où je vis n'a pas de nom, et moi, sa propriétaire, je n'en ai pas non plus. >
« Quoi ? Tu n'as pas de nom ? »
< Oui. Peut-être parce que tout ceci n'est que ton rêve. Ce n'est pas étrange. Nous ne nous reverrons plus. >
La tristesse traversa le visage de Seora en un éclair. Elle regretta de ne plus jamais revoir cette beauté.
< Tu regrettes ? Tu ne m'as vue qu'une fois. Ce n'était qu'une coïncidence que nous nous soyons rencontrés, alors il n'y a pas de quoi être triste. >
« Mais si je veux quand même te voir ? Je ne te reverrai jamais ? Il n'y a vraiment aucun moyen de te revoir ? »
Alors que Seora boude en faisant la moue, l'homme la regarde avec un étrange sourire, songeant que la situation est délicate et ne sachant que faire.
< Je n'en suis pas sûr non plus. Je n'ai jamais pensé te voir comme ça. >
L'homme s'approcha lentement.
De près, il était bien plus grand que prévu. Seora dut bien rejeter la tête en arrière, mais elle ne se sentit pas oppressée.
Ses longs doigts effleurèrent doucement ses épaules. À cet instant, une émotion inconnue s'épanouit dans ses yeux vert sombre.
< … Mais il vaudrait peut-être mieux pour nous de ne plus nous revoir. >
« Hein ? »
< Alors, réveille-toi de ce rêve. Il ne faut pas rester ici longtemps. >
L'homme ne laissa que ces mots et repoussa Seora. Seora, les yeux écarquillés, tendit la main mais ne put atteindre l'homme au sourire énigmatique.
Elle aurait dû retomber sur la moquette, mais son corps plongea dans l'eau avec un éclaboussement.
< Au revoir. >
Au-delà de sa vision qui s'éloignait, les lèvres épaisses de l'homme semblèrent prononcer ces mots.
La conscience de Seora sombra rapidement sous la surface de l'eau.
« Ough ! »
Les yeux de Seora s'écarquillèrent.
Bien qu'elle vienne de se réveiller, elle toussa longuement comme si on l'avait à peine sorti de l'eau après une chute.
Pourquoi ? Pourquoi est-il si dur de respirer ? Ai-je rêvé ?
« … Ah. »
Le rêve. Tout lui revint en mémoire avec ce seul mot.
Un manoir rempli de bijoux et d'une beauté éblouissante. La personne qui me regardait avec une expression indéfinissable.
Seora poussa un soupir. C'était une vision de rêve inoubliable.
« Ah, quel dommage. Je voulais en voir un peu plus. Pourquoi m'a-t-il poussée pour me réveiller sous prétexte que j'étais entrée par effraction ? »
Elle était si triste rien qu'à y penser qu'elle en aurait arraché la couverture. Même si ce n'était qu'un rêve, elle trouvait si regrettable de ne peut-être plus jamais revoir cette beauté.
« Oh, ça m'a fait peur ! »
Seora, allongée sur le lit à agiter les bras et les jambes, bondit au déclenchement soudain de l'alarme.
Attendez une minute. Pourquoi l'alarme sonne ? Celle qui sonne le matin…
« C'est un réveil ? Bon, ça veut dire que je me suis réveillée une minute plus tôt… ? »
J'ai fini tard hier, et aujourd'hui je me lève une minute plus tôt ?
Seora fut terrassée par l'injustice qui s'abattit d'un coup après la déception.
« Beauté sans nom et belle comme un dieu, tu ne pouvais pas me réveiller une minute plus tard… »
Alors quoi, ton visage est sculptural ?
Ça ne sert à rien…
Seora versa une larme de chagrin.
Un minerai dur recouvrait tous les flancs. Quelques plantes clairsemées poussaient ça et là, mais même elles ne parvenaient pas à masquer la désolation de cette terre.
Les cinq planètes non identifiées flottant dans le ciel et le minerai aux cinq couleurs sous elles n'étaient plus beaux.
Jarim contempla ce paysage bien trop longtemps.
Vraiment, bien trop longtemps.
« J'en ai marre de tout ça. »
Une voix aiguë s'échappa par la fente de ses lèvres gercées.
Jarim s'enfonça un peu plus dans l'énorme minerai contre lequel elle était adossée. Son corps, qui avait connu un lit moelleux, s'était désormais habitué à cette texture dure.
Alors que ses yeux, emplis de la désolation de cette terre, allaient se fermer.
[ Le système de « Planète—Terre » a rencontré une erreur ! ]
Au message système qui apparut devant elle, Jarim se réveilla.
« Le système de la Terre… ? »
Le message continua.
[ Avertissement ! Une erreur a causé un problème avec la porte dimensionnelle ! ]
[ Avertissement ! Veuillez corriger les erreurs ! ]
[ Avertissement ! Veuillez corriger les erreurs ! ]
[ Avertissement ! Veuillez corriger les erreurs ! ]
[ L'erreur n'a pas été corrigée. Les dimensions se déforment ! ]
[ La porte dimensionnelle reliant « Planète-Terre » et « Hang–Ba ██-R » s'ouvre de force ! ]
[ La création de la porte est terminée. ]
« … Ah. »
À cet instant, Jarim le sentit. Une étrange vague de mana lui parvint depuis quelque part dans cet espace immense.
Ce n'est pas une illusion. Impossible de me tromper. En effet, une porte menant ailleurs qu'ici vient de s'ouvrir.
« Enfin. »
Son visage, qui avait l'air d'un vieil arbre géant, s'anima lentement.
Ah, le moment qu'elle attendait depuis si longtemps était enfin arrivé.
L'étrange appel téléphonique à l'association arriva juste après le déjeuner, au moment où la somnolence était la plus forte.
Do Junyoung, qui garda son sang-froid malgré ce timing affreux, fronça les sourcils à l'appel de l'employé dépêché sur place.
« Vous dites que le niveau du donjon ne peut pas être mesuré ? »
— Oui ! Même le mesureur de mana dysfonctionne. La porte est d'un bleu uni… C'est anormal. Je pense que vous devez venir sur place.
« J'arrive tout de suite. »
Do Junyoung, qui rapporta immédiatement l'affaire à la présidente de l'association Song Hanna, décida de demander l'aide de chaque guilde.
Avant tout, la situation pouvait être dangereuse puisque le niveau n'était pas mesuré, un chasseur de classe S devait s'en charger, surtout quelqu'un dont le quartier général était assez proche pour être déployé sur-le-champ.
Do Junyoung appela donc Han Suwon de Bleu Clair, Jung Hoyoung de l'Esprit Gardien, et, surtout, la soigneuse Yoo Soo-eun.
« La classe L n'est-elle pas censée gérer ce genre de chose ? »
Yoo Soo-eun, qui avait accouru immédiatement conformément à l'accord avec l'association, se plaignit dès son arrivée. Han Suwon acquiesça aussi, mais Do Junyoung secoua la tête.
« Le chasseur Kang Sejun est parti s'occuper de la porte qui vient d'apparaître à Daegwallyeong. »
« Aïe, quelle chance. »
Quatre chasseurs de classe S se tenaient devant la porte. Normalement, ils auraient dû sentir le mana du donjon filtrer à travers.
« Je ne sens rien. »
« Ce n'est pas normal du tout. Mesurez à nouveau. »
Sur un signe de menton de Jung Hoyoung, un fonctionnaire de l'association se précipita et présenta le mesureur de mana à la porte. À cet instant, un message surprenant apparut devant leurs yeux.
【 Guer■ ! Le ra■ du ■ngeon n'est pas stable ! »
Tous fixèrent la liste de caractères brisés.
« C'est bizarre. »
En douze ans depuis le cataclysme, d'innombrables donjons étaient apparus et disparus à maintes reprises, mais tous étaient certains de n'avoir jamais vu pareille chose. Do Junyoung non plus, qui lisait le rapport hebdomadaire de l'Organisation Mondiale de Gestion des Donjons (OMGD).
Cela dit, il y avait de fortes chances que ce qui se produisait ici ne soit pas normal.
Les quatre vérifièrent leur équipement, prêts à combattre à tout moment.
« Je le répète. Notre but est d'examiner la situation à l'intérieur et de réorganiser l'équipe de raid par la suite. Évitez le combat autant que possible, sauf situation particulière. »
Do Junyoung, qui venait de clarifier qu'il s'agissait d'une exploration et non d'une attaque, entra dans le donjon avec les trois autres. Le nom du donjon apparut devant leurs yeux.
[ Les ■kened sont entrés dans le donjon de niveau ■ « Tombeau de ■■ ». ]
À peu près au même moment.
[ Administrateur : (。゚´Д`゚。)/(._. ) ]
Seora, qui somnolait paisiblement un après-midi sans travail pour la première fois depuis longtemps, fut saisie par le message soudain de l'administrateur.
Un émoticône qui console en pleurant. C'était si funeste que Seora en eut la chair de poule dès qu'elle le vit.
' Qu'est-ce que c'est ? '
Seora fixa le message de l'administrateur, les yeux tremblants.
' Depuis quand l'administrateur ne m'a-t-il pas consolée ? '
Pour quelqu'un qui avait fait exploser la tête d'une bête de classe S d'un seul tir et s'était même vu affubler du surnom repoussant de Headbang à cause de ça…
C'était le jour où j'ai rencontré ce type qui a fait cinq boucles temporelles !
' Aaah ! Lizaliza-nim. Q-Qu'est-ce qui se passe encore cette fois ?! '
[ Administrateur : (✖﹏✖) ]
' Ça n'a rien à voir avec toi ? '
[ Administrateur : __φ(. . ;) ]
' Arrête de parler en émoticônes bizarres. Tu l'as fait ou pas ? Dis-le ! '
[ L'administrateur du système proteste qu'il n'y est pour rien. ]
[ Probablement. ]
« … »
Comme c'est glacial. Un pressentiment funeste me transperce comme une dague et se fiche dans mon cœur.
Qu'est-ce qui s'est encore passé cette fois ? J'espère que ce n'est pas encore un problème de retourneur. Seora voulait le croire. Bien que ce fût la seule fois où l'administrateur l'avait consolée, elle voulait croire que cette fois serait différente.
[ Administrateur : (¬_¬);; ]
Mais Elizabeth-nim trahit cette croyance. Le visage de Seora devint bleu.
' Exorcisme ! Il faut que je le fasse ! '
Exorcisme ? Seora pensa que si elle pouvait résoudre cette malchance, elle était prête à danser sur les lames elle-même. S'il vous plaît, je vous en supplie, j'espère que Jung Hoyoung trouvera bientôt un bon chamane.
[ Ndt : Le texte mentionnait en fait l'objet, Jakdu, signifiant coupe-paille, qui désigne l'appareil chamanique sur lequel un chamane effectue la danse des lames pour démontrer ses pouvoirs spirituels. Seora dit donc qu'au lieu de laisser le chamane le faire, elle est prête à le faire elle-même tant qu'elle peut se débarrasser de cette « malchance ». ]
[ Les ■kened sont entrés dans le donjon de niveau ■ « Tombeau de ■■ ». ]
Lorsque le message système brisé s'afficha, les visages des quatre personnes entrées dans le donjon se durcirent.
« C'est bien qu'on n'y aille pas à l'aveuglette, mais c'est quand même pas rassurant. »
Tous acquiescèrent au murmure de Han Suwon.
« Y a-t-il un donjon avec le mot "tombeau" qui soit sûr ? »
« Non, il n'y en a pas. »
Le nom du donjon reflétait ses caractéristiques. Par exemple, le donjon de niveau 2 « Berceau du Serpent Harpon » était le lieu de naissance du monstre boss, d'où le nom de « berceau ».
Alors, qu'en est-il d'un donjon appelé « tombeau » ? Même s'il n'indique pas son niveau.
« Il faut qu'on fasse attention, pour que cet endroit ne devienne pas notre tombeau. »
Le donjon était rempli de débris de pierre et ressemblait à une ancienne zone de minerai. Mais rien n'était intact.
Certains étaient visiblement taillés, d'autres détruits par des forces externes, d'autres encore portaient des traces de quelque chose qui s'y était collé.
« Une chose est sûre. C'est un tombeau de minerais. »
Jung Hoyoung, douée pour l'exploration, suivit les traces sur les fragments de minerai. Son air n'était pas bon.
« Les marques de coupe ne sont pas assez nettes pour supposer qu'elles ont été faites à l'épée, mais il n'y a pas de trace d'arme contondante. Ces traces uniques subsistent sur la plupart des minerais. »
« La plupart. Si c'est le cas, il y a de fortes chances qu'une seule personne ait créé ce spectacle. »
« Une seule personne a fait tout ça ? Aïe, quelle poisse. »
Yoo Soo-eun marmonna, pensant qu'ils étaient venus pour rien. À ce moment, Han Suwon, qui avait une large capacité de détection, porta son doigt à son index et chuchota doucement.
« Chut. J'entends des pas. »
Les quatre se baissèrent immédiatement et posèrent la main sur leurs armes.
Contrairement à eux, l'ennemi courait avec une élan terrifiant, comme s'il n'avait aucune intention de cacher sa présence, au point qu'ils purent tous l'identifier à l'œil nu.
Les quatre écarquillèrent les yeux.
« Qui a traversé la porte en cachette avant qu'on n'entre ? »
« Personne. La porte est complètement fermée sur mes ordres. »
« Alors comment expliques-tu cette personne qui court vers nous ? Tu dis que ce pourrait être un monstre humanoïde ?! »
Yoo Soo-eun désigna l'adversaire.
C'était une femme à la peau pâle, à la haute stature, aux cheveux rouges flottants et aux yeux dorés fixés droit sur eux.
L'ennemi qui courait n'avait pas la forme d'un monstre qu'ils avaient vu jusqu'ici, mais celle d'un être humain normal.