s’arrêta et se retourna pour regarder Mo Yan qui approchait en courant. Il semblait perdu dans ses réflexions.
Mo Yan accourut vers . Le sourcil froncé d’une mine attristée, elle le regarda avec pitié et dit : « , je suis en difficulté. Peux-tu m’aider ? »
sourit et jeta un coup d’œil au jeune maître au loin. Il répondit : « Avec plaisir. Dis-moi comment je peux t’aider. Veux-tu que je fasse partir ce jeune maître ? » accepta de la manière la plus directe qui soit. Après tout, Mo Yan l’avait sauvé, lui et Shen Jian, lors de leur précédente sortie, aussi portait-il envers elle une certaine reconnaissance. En outre, l’aider à résoudre ce problème ne représentait aucune difficulté pour lui.
De surcroît, il comprit d’un seul regard que le jeune maître n’avait pas de bonnes intentions. Il ne souhaitait évidemment pas voir Mo Yan harcelée par celui-ci.
Mo Yan sursauta immédiatement de frayeur en entendant que comptait faire partir le jeune maître. Elle chuchota : « Non, non, n’en fais rien. Tu ne peux pas le faire. C’est tout de même le jeune maître du Sect de l’Épée Atomos. Il détient un rang considérable, tu ne peux pas te permettre de lui manquer de respect. Il n’est pas bon prince juste parce qu’il passe ta colère. Si on le provoquait sans avoir un minimum de protection, il ne pardonnerait jamais. »
« Alors comment veux-tu que je t’aide ? » demanda avec un sourire.
Mo Yan inclina la tête, songeuse, et répondit : « Papa tient à ce que je l’accueille convenablement, alors je ne peux évidemment pas l’abandonner. Mais je ne veux pas être seule avec lui. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi, en ami ? Si tu fais ça, je pense que Yu Fan comprendra et cessera de me coller aux basques. »
« Sœur Yan’er, c’est qui ? Pourquoi ne pas me le présenter ? » À cet instant, le jeune maître s’approcha. Il affichait un large sourire, mais son regard était froid et trahissait une jalousie certaine lorsqu’il croisa celui de .
« Pourquoi n’ai-je jamais entendu parler de lui avant ? Non seulement il est plus beau que moi, mais il dégage aussi une détermination dont je manque. Sacrebleu. Ce genre de prestance captive les filles bien plus facilement. Pourquoi n’ai-je pas cette force ? Pourquoi ? » ruminait intérieurement le jeune maître. Il s’était déjà comparé à en secret et constatait qu’à tous égards, sauf par sa lignée, il faisait figure de moins bien.
Mo Yan fronça les sourcils. Fixant Yu Fan avec impatience, elle rétorqua froidement : « Yu Fan, combien de fois vais-je devoir te le répéter ? Ne m’appelle pas Sœur Yan’er. Seul est en droit de m’appeler ainsi, personne d’autre. »
Yu Fan serra les dents et lança à un regard rempli d’hostilité. Il interpella ce dernier avec arrogance : « C’est donc ? Dis-moi, à quel clan appartiens-tu ? Et pourquoi ma secte n’en a jamais entendu parler ? » En parlant de « ma secte », Yu Fan désignait ouvertement celle de son père dans le but d’intimider .
resta impassible. Il offrit un léger sourire et répondit : « Je ne suis qu’un cultivateur errant sans nom ni lignée, il est normal que le jeune maître n’ait jamais entendu parler de moi. »
Apprendre que n’était qu’un simple cultivateur errant soulagea Yu Fan en son for intérieur. Un tel individu ne méritait naturellement pas qu’on s’y attarde, et il refusait de croire qu’un homme sans origine puisse détourner la fille de la famille Mo sous son nez.
« Pourtant, Sœur Yan’er semble vraiment tenir à . Sinon, pourquoi affirmer qu’il est le seul autorisé à lui adresser ce titre ? Hmph, tu n’es qu’un misérable cultivateur errant et tu oses te dresser contre moi. Je te ferai taire pour de bon dans quelques jours. » Yu Fan ricana mentalement, laissant passer une étincelle d’hostilité dans ses yeux ternis. Cependant, son expression demeura parfaitement inchangée. Son sourire resta le même et il s’adressa à Mo Yan : « Sœur Mo Yan, puisque nous sommes ici, pourquoi ne pas aller découvrir plutôt la mer de fleurs de la famille Mo ? »
Une pointe de dégoût filtra dans le regard de Mo Yan. Elle jeta un coup d’œil à avant de s’obliger à esquisser un sourire : « Viens, . Allons voir la mer de fleurs. C’est l’endroit le plus joli et le plus magnifique de notre famille Mo. On raconte que ma mère y veillait personnellement. » À l’instant où elle évoqua sa mère, le visage de Mo Yan se rembrunit ; une tristesse et une douleur palpables s’y mêlaient.
Mo Yan, et Yu Fan arrivèrent à la mer de fleurs du domaine Mo. Comme son nom l’indiquait, cet espace était un véritable océan composé de multiples variétés de fleurs rares et précieuses. Une odeur envoûtante surgissait dès qu’on s’en approchait. Tous les végétaux qui y étaient plantés étant hors du commun, le mélange de leurs parfums l’était tout autant. Il suffisait d’une unique inspiration pour apaiser les âmes et répandre un bien-être diffus dans tout le corps.
« Regarde, . Voici les Fleurs Esprit-Blanc. Voici les Fleurs Lune-Rouge. Celles-ci sont les Fleurs Soleil-Doré, tandis que celles-là sont les Fleurs Turad. J’ai entendu mon père dire que ma mère avait importé toutes ces variétés au sein du clan et les avait cultivées personnellement ici. » En chemin, Mo Yan présenta avec enthousiasme chacune des plantes qui jonchaient le lieu. Elle souriait largement, mais une trace de mélancolie submergeait son éclat.
Quant au jeune maître, Mo Yan s’obstinait à l’ignorer purement et simplement. Il l’avait initialement priée de l’accompagner à la mer de fleurs, mais celle-ci reportait entièrement son attention sur , consciemment ou non. Elle ne daignait même plus lui lancer un regard.
Au début, il n’avait vu en qu’un simple serviteur de Mo Yan, mais il constatait désormais qu’en réalité, c’était à lui-même de jouer ce rôle.
Le visage de Yu Fan s’assomblissait de plus en plus, tandis que son regard tourné vers se glaçait peu à peu. Il finit par laisser filtrer une profonde intention meurtrière.
Cette intention meurtrière ne pouvait guère échapper à , ce qui lui valut un amer et impuissant soupir. Mo Yan manquait encore d’expérience. Certes, elle avait le don des idées saugrenues, mais elle restait incapable d’envisager chaque scénario sous toutes ses coutures. Même en cherchant un bouc émissaire, elle aurait dû peser le pour et le contre. Par chance, elle l’avait choisi lui. Dans le cas contraire, si elle s’était rabattue sur quelqu’un d’aussi insignifiant que le jeune maître n’avait l’air de le croire, ses agissements les auraient probablement menés droit à la mort.
Yu Fan n’en pouvait plus. Bien qu’enflammé par la colère et l’intention meurtrière vis-à-vis de , il conservait devant Mo Yan la contenance propre à un jeune maître, réfrénant de force son ressentiment. Il annonça : « Sœur Mo Yan, j’ai assez contemplé la mer de fleurs. Pourquoi ne pas en venir aux mains avec nos épées ? Ainsi, nous pourrons juger si le Style Épée Précise de votre famille Mo surpasse le Style Épée Atomos de mon Sect de l’Épée Atomos. J’ai ouï dire que jadis, mon père et le vôtre s’étaient affrontés à maintes reprises avec ces deux techniques, chacun désirant prouver sa supériorité. Malheureusement, ils avaient fini par faire match nul. »