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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/16137%~14 min de lecture2 662 mots

« Asseyez-vous. »

À peine l'impératrice Frédérique eut-elle prononcé ces mots que tous les occupants de la salle s'exécutèrent d'un seul mouvement.

Certains semblaient ivres, mais je suppose que la présence de l'impératrice les a brutalement sobres.

Je ne peux qu'admirer en silence la cardinale Boutier, qui affichait un sourire discret dans une telle atmosphère.

« Je suppose qu'il est temps de porter un toast. »

L'impératrice, qui s'était approchée de notre table, murmura d'une voix basse.

De près, même ses boutons de manchette négligemment attachés et les pattes d'oie au coin de ses yeux la rendaient difficile d'accès.

Je saisis délicatement mon verre de jus d'aloe vera.

La cheffe de cabinet Laura Mendy remplit la coupe de l'impératrice avec une bouteille de rosé fraîchement ouverte.

« Pour la prospérité sans fin de l'Empire Riester et pour la paix éternelle de mon fils. »

« Santé ! »

Les acclamations énergiques de près de deux cents personnes résonnèrent dans la salle de banquet.

L'orchestre reprit immédiatement de jouer. La salle redevint instantanément animée.

Les nobles saisirent leurs verres et se mirent à circuler, parlant fort. On aurait dit qu'ils n'avaient jamais faibli plus tôt.

Ça me rappela le lycée quand la cloche du déjeuner sonnait.

'Sa Majesté est habituellement décontractée avec les nobles. Elle pense que ça l'ennuiera moins de faire comme ça.'

Je me souvins de quelque chose que Benjamin m'avait dit un jour.

'C'est ça, être décontractée avec eux ?'

Ils ont l'air d'avoir bien écouté quand le moment l'exigeait, cela dit.

« Je salue le soleil descendu sur terre ! »

« Je t'ai dit de t'asseoir, François. »

« Oui, Votre Majesté. »

Le marquis Duhem bondit et se rasseya tout aussi vite.

L'impératrice prit place à la tête de la table, tenant son verre de la main droite tandis qu'elle nous passait lentement en revue.

L'air semblait étouffant, pourtant ce n'était pas la saison des pluies.

Les gens aux deux tables adjacentes à la nôtre profitaient simplement du festin après nous avoir offerts en sacrifice.

« Bon travail à tous pour avoir passé du temps sur les terres de ce gamin. Mangez bien et amusez-vous avant de partir. »

« Merci pour votre bienveillance impériale, Votre Majesté. »

Les remerciements de la vice-capitaine Élisabeth étaient parfaits.

Christelle et moi nous inclinâmes également.

Le silence revint vite quand tout le monde reprit son repas.

Le prince impérial et sa mère échangèrent quelques mots çà et là. La conversation ne dériva pas vers nous.

Christelle, la vice-capitaine Élisabeth, les frères Duhem et moi avions tacitement convenu de nous remplir l'estomac et de les laisser profiter de leur moment de complicité.

Personne n'essaya de l'éterniser plus que nécessaire.

« J'ai appris qu'un chevalier saint du Vatican est arrivé au duché de Sarnez. »

« ……Oui, Votre Majesté. »

L'impératrice s'adressa soudain à Christelle à cet instant.

Je découpai silencieusement un morceau de cordon bleu tout en écoutant les informations qui parvenaient à mes oreilles.

« Quand votre éducation commencera-t-elle ? »

« Ce lundi prochain, Votre Majesté. »

« C'est rapide. Je suis ravie de l'apprendre. »

Le chevalier saint que la cardinale avait demandé d'envoyer pour l'éducation de Christelle semblait enfin être arrivé à l'Empire.

Ça voulait dire qu'elle n'aurait plus besoin de prendre des cours avec moi !

Je réprimai de justesse le coin de mes lèvres qui voulait se retrousser.

Christelle était une bonne personne au potentiel excellent, mais je ne voulais toujours pas être mêlé à elle.

Je mis le gros morceau de cordon bleu dans ma bouche. Le goût familier yet nouveau enveloppa ma langue.

Mon humeur remonta instantanément.

L'impératrice continua de parler.

« Si cela vous convient, j'espère que mon fils pourra apprendre avec vous. »

« Votre Majesté…… Parlez-vous de Son Altesse Royale ? »

'Jackpot.'

Je levai la tête et vis la vice-capitaine Élisabeth s'efforcer de faire aller et venir son philtrum.

Ça a dû être assez drôle pour elle.

Je baissai rapidement les yeux, de peur d'éclater de rire à mon tour.

La main de Christelle s'immobilisa en l'air, tenant un palmier.

« Oui. Nul dans l'Empire n'ignore que le prince impérial a utilisé les capacités d'un chevalier saint. La famille impériale demandera l'envoi d'un autre chevalier saint, mais ne serait-il pas bon d'apprendre ensemble en attendant ? »

« Maman. »

« Je sais que tu n'es pas intéressé par une nomination de chevalier saint. Cependant, ne crois pas pouvoir éviter les leçons pour apprendre à utiliser tes pouvoirs correctement. »

L'impératrice réprimanda sévèrement le prince impérial.

Je mordis mes lèvres pour ne pas sourire ouvertement.

Non seulement Christelle arrêterait de prendre des cours avec moi, mais elle ferait des cours de groupe avec le prince impérial.

'Est-ce que je rêve ?'

« ……Ce serait mon plus grand honneur d'apprendre ensemble avec Son Altesse Royale. »

Elle répondit le plus calmement possible.

Enfin, cette dernière partie sonnait presque comme du charabia.

Bien que formulé comme une demande, les mots de l'impératrice étaient pratiquement un ordre.

Christelle brisa le palmier en forme de cœur en deux de ses mains.

« …… »

Quant au prince impérial, il avait l'air prêt à égorger le porc devant lui avec son couteau.

Je les observais tous les deux de l'autre côté de la table avec un état d'esprit neuf.

Ils étaient tous les deux extrêmement impolis devant une adulte, mais c'était si bon de les voir assis côte à côte comme ça.

On aurait dit que l'auteur essayait enfin de les relier activement l'un à l'autre.

Le timing semblait bon, puisqu'ils avaient construit leur relation à travers le bal du printemps et la grande éradication des bêtes démoniaques.

Le temps que j'ai passé à souffrir entre les protagonistes défila devant mes yeux.

« Ne vous battez plus et concentrez-vous. Maintenant que tout le monde sait que vous êtes tous les deux des chevaliers saints, à peu près tous les prêtres nobles de l'Empire demanderont à conclure une alliance céleste avec vous. La maison de Sarnez n'est pas une branche collatérale de la famille impériale, mais il n'y a pas beaucoup de figures religieuses qui ignoreront le pouvoir que votre famille détient. »

L'impératrice avala son vin en disant cela.

La cardinale lui dit de boire lentement, mais elle fit semblant de ne pas entendre et demanda une nouvelle coupe avant de se lever.

« Je suppose qu'il est temps de tabasser les autres tables aussi. »

Elle n'oublia pas de laisser un commentaire aussi magnifique derrière elle.

────

23 heures. Le marquis François Duhem mourut.

« Marquis Duhem, vous ne pouvez pas dormir ici. Il faut rentrer. Où logez-vous ? »

Je secouai son épaule.

Le marquis, la tête sur la table, était complètement cuit par les attaques de bombes alcoolisées de Christelle.

L'alcool distillé que l'impératrice avait fait circuler plus tôt n'était guère plus que de la vodka, mais il l'avait avalé cul sec parce que Christelle l'avait mélangé avec du jus de pamplemousse……

« Dois-je appeler votre serviteur ? »

« Pouuuu…… »

J'ai failli dire « Uber » par réflexe. (NT : la Corée a ce service de chauffeurs qui ramènent votre voiture, mais ça n'existe pas ailleurs, donc Uber.) Je regardai autour de moi.

Christelle était à la table de gauche avec ses parents.

La vice-capitaine Élisabeth était aussi là, s'occupant de sa mère ivre, tandis que le capitaine Hervé Duhem dormait dans la même position que le marquis.

À part leurs cheveux et leur teint, ils ne semblaient pas du tout se ressembler, mais les voir comme ça les faisait définitivement passer pour frère et sœur.

'Je devrais choper n'importe quel serviteur qui passe pour s'occuper d'eux et filer……'

« Je vous suis reconnaissante d'avoir aidé mon fils. »

Je tressaillis et me retournai.

L'impératrice Frédérique, qui avait regagné la table centrale à un moment donné, me regardait.

Elle tenait toujours un verre de vin, mais ne semblait pas du tout ivre.

Le prince impérial n'avait pas bougé depuis le début et était toujours assis, buvant de l'eau.

« Il a dit que vous avez joué un grand rôle pour qu'il obtienne l'épée de sagesse de l'étoile flamboyante. »

« Je suis honoré, Votre Majesté. »

Je m'inclinai vers elle. 'Est-ce la reconnaissance dont elle parlait ?'

Je fus soulagé que ce ne soit pas une grande cérémonie avec moi planté devant tout le monde.

« Je suis reconnaissante aussi, mon petit prince. Mon filleul a trouvé au moins un peu de paix grâce à toi. »

« Ce n'était pas grand-chose, Votre Éminence. »

La cardinale, qui était assise là comme un tableau, commenta à son tour.

La paix dont elle parlait, c'était le fait que les symptômes d'épuisement d'éther du prince impérial allaient un peu mieux.

Je pensais que le fort éther de l'épée de sagesse aurait dû lui être très bénéfique.

'Ça veut dire que Sadie…… Il ne redeviendra pas petit comme ça ?'

« Savez-vous comment Cédric a retiré l'épée de sagesse ? »

« Je ne l'ai pas vu, mais je crois qu'il a canalisé son éther d'attribut feu, qui correspond à l'attribut de l'objet divin, Votre Majesté. »

« Je vois. »

L'impératrice avait l'air de pouffer en sirotant son vin. J'avais envie de rentrer.

« Et combien savez-vous sur mon fils ? »

« Excusez-moi ? »

Je levai la tête pour voir…

« Frédérique. »

« Je dois entendre sa réponse. »

L'impératrice resta ferme malgré la dissuasion de la cardinale. Je n'avais même pas besoin de réfléchir au sens de tout ça.

Elle était simplement curieuse de savoir combien moi, le prince d'un royaume ennemi, je savais sur les secrets internes de la famille impériale.

Mes instincts de survie et mon intuition me donnèrent ma réponse. Je devais dire seulement ce qu'elle voulait.

« Je ne sais rien, Votre Majesté. »

« ……Quoi ? »

La réponse vint non pas de l'impératrice mais du prince impérial. Je pus le voir froncer légèrement les sourcils.

« Je ne sais rien d'autre que le fait que Son Altesse Royale utilise l'éther d'attribut feu. »

« Haaaa. »

L'impératrice soupira. Je maintenais mon calme.

Seul un idiot aurait balancé à la personne qui contrôle sa vie ou sa mort les secrets de son enfant précieux.

Le royaume saint m'avait déjà chassé, alors rien n'arriverait même si elle me tuait.

C'est pourquoi je devais faire l'ignorant si c'était ce que l'impératrice voulait.

En plus…… j'avais de toute façon prévu de feindre l'ignorance parce que j'étais mort de honte.

Un court moment de silence balaya la table.

« Tu as encore du chemin à faire, Cédric. »

L'impératica serra une fois l'épaule de son fils avant de la relâcher. La cardinale soupira discrètement.

'Le sujet de conversation a changé d'un coup ?'

« Gagner la confiance n'est pas facile. Travaille plus dur pour ça. »

La femme d'âge mûr commenta sur un ton malicieux.

Je jetai un coup d'œil sur le côté pour voir les yeux orange du prince impérial me dévisager comme s'il voulait me rôtir sur place.

Ça me fit encore plus peur parce que je savais qu'il en était capable maintenant. 'Quel est le problème maintenant ?'

« Nous vous devons une dette de gratitude, alors je vous donne l'opportunité de demander ce que vous souhaitez. J'ai entendu dire que c'est votre anniversaire bientôt. »

L'impératrice reprit en me parlant.

On aurait dit que tout le monde sauf moi connaissait mon anniversaire.

« Merci beaucoup, Votre Majesté. »

« Vous pouvez aller vous reposer maintenant. Il est tard. »

'Super.' Je dus faire un effort pour empêcher mes joues de se fendre de joie.

Je pensais ne pouvoir partir qu'après avoir passé toute la nuit ici, alors c'était une sacrée chance de pouvoir partir avant minuit.

La cardinale avait un sourire amer en me voyant si contente.

On aurait dit qu'elle voulait partir avec moi mais ne le pouvait pas.

J'appelai un serviteur qui passait pour qu'il s'occupe des frères et sœurs Duhem, dis respectueusement au revoir aux trois personnes restées à la table et partis.

Ma seule pensée concernait mon cadeau d'anniversaire.

Ce n'était pas vraiment mon anniversaire, mais je devais saisir cette opportunité puisqu'il est rare qu'un otage diplomatique ait la chance d'obtenir quelque chose.

Des nobles se tenant la main tourbillonnaient dans la salle en dansant.

La calculatrice dans ma tête tourbillonnait aussi.

*

Dans la partie est du continent de la lune montante… Le royaume saint de Venetiaan.

Un homme tapotait nerveusement le bout d'un éventail pliant.

Des bruits de tapotement sans fin résonnaient dans la vaste pièce du palais.

Les serviteurs rassemblés à proximité observaient l'homme avec circonspection, sans savoir quoi faire.

Ils avaient l'air tendus parce qu'ils ne savaient pas quand une chaise ou un vase pourrait voler.

Leur beau maître était parfois comme un ange, mais plus souvent comme un diable.

La nouvelle urgente venue de la frontière aujourd'hui suffisait à le transformer en ce dernier.

« Pourquoi est-il encore en vie ? »

Il ne s'adressait pas aux serviteurs.

De vicieuses rides sillonnèrent le visage de l'homme dont le visage était lisse malgré ses plus de cinquante ans.

L'homme ouvrit et referma l'éventail encore et encore.

C'était un éventail de couleur violette qui allait avec ses cheveux violet pâle délavé.

« Non seulement le prince impérial a obtenu un objet divin, mais la fille d'un duc est devenue chevalier saint. Et entre eux deux, ce bâtard sale…… »

« A, Altesse Royale. Nous devons être mal informés sur la grande performance du prince Jesse… »

« Taisez-vous ! »

– Baaaaang !

– Clang !

L'homme finit par renverser la table à thé.

Le serviteur qui avait parlé rentra les épaules de peur.

Du thé chaud gicla sur le papier peint, le sol et les vêtements des serviteurs, mais personne n'osa bouger.

Le prince consort du royaume saint, Werner, rejeta quelques mèches de cheveux en arrière et se calma.

« Il n'est pas mort à l'époque et m'a mis en rage. Est-il en train de bâtir son influence à l'ouest ? »

« Comment oserait-il avoir de telles pensées, Altesse Royale ? L'impératrice de l'Empire n'est pas une pusillanime. Je suis certaine qu'elle ne restera pas les bras croisés à laisser le prince devenir populaire. »

Le prince consort lança au serviteur un regard vicieux.

'Oups.' Il n'aurait pas dû utiliser le mot « populaire ».

« Toi, bâtard…… ! »

– Slam !

« Père royal ! »

Une petite silhouette ouvrit la porte sans frapper et entra à cet instant.

Le prince consort parut un instant décontenancé.

Les serviteurs profitèrent de cette ouverture pour commencer à nettoyer le sol en vitesse.

Les serviteurs qui accompagnaient cet invité non invité avaient le visage pâle.

Entrer comme ça dans la chambre du prince consort entraînait d'habitude une sévère punition.

« Princesse. »

« As-tu entendu la nouvelle, Père royal ? On dit que mon frère a chevauché un griffon gros comme une montagne ! Il a ensuite réveillé le prince impérial et la jeune dame avec des baisers…… »

« Ce ne sont que des mensonges. »

Le prince consort coupa net sa jeune fille.

La deuxième princesse Cornelisse, sept ans, ne savait pas encore contrôler son excitation.

L'enfant aux joues rosées secoua sa petite tête de gauche à droite.

L'homme souleva sa fille. Les morceaux de verre au sol craquèrent sous ses chaussures.

Il soutint la princesse de son bras et se dirigea vers la fenêtre avec un air paisible, comme si de rien n'était.

Les cheveux ivoire de l'enfant étincelaient au soleil.

« Mon grand frère a dit qu'il reviendrait si je dormais cent nuits. Mais je ne savais pas qu'il aurait des aventures là-bas aussi ! »

« Des aventures… »

Le prince consort ricana. Ses yeux couleur chocolat devinrent aussi sombres que la nuit.

« Les aventures sont toujours dangereuses, ma petite princesse. Il faut y parier sa vie. »

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