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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 143

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Chapitre 143

Chapitre 143

Chapitre 143/20470%~13 min de lecture2 590 mots

Voir son visage suffit à me rassasier.

Le simple fait que les deux protagonistes se trouvent au même endroit me soulage.

C'est pour ça que les gens détestent quand les protagonistes se séparent dans les films et les romans. C'est pour ça que les figurants disent des trucs comme « Je savais que tu viendrais ! » à chaque fois que les personnages principaux débarquent.

Je ricane en direction du prince héritier Cédric, assis de l'autre côté de la table.

Il pose sa tasse de café et regarde la vice-capitaine Élisabeth à côté de lui.

Le marquis a bu ?

Bien sûr que non. Il est juste content que son ami soit là.

Elle avait été choquée par la visite surprise de son amie proche, mais s'était calmée rapidement après avoir parlé un peu avec David.

D'après David, le prince héritier impérial avait fini ses obligations et était descendu ici pour se changer les idées.

Je ressens une fierté inexplicable en sirotant mon thé de tournesol.

Christelle est définitivement une protagoniste charmante qu'on a envie de voir le plus possible. Même Eunseo a acheté tous les goodies Christelle qui sont sortis.

─────

Les musiciens que Chantal a fait venir jouent une magnifique sérénade cette fois-ci.

J'ouvre mon carnet et inspecte les choses que je dois faire pendant que le soleil commence à se coucher dans le salon.

Avoir les personnages principaux au même endroit me motive.

Programme à Sérénité :

Saluer les gens du château du Seigneur

Traiter toutes sortes de documents

Inspection du territoire (Chantal prépare l'emploi du temps)

Test de stabilité des pierres sacrées (Échecs continus)

Participation au festin de la Guilde Marchande Haas

Visiter la Maison de Ventes Haas !

Je n'avais aucune raison d'aller seule à la maison de ventes, mais c'est différent maintenant.

Maintenant qu'un homme est apparu pour secouer Christelle et que le prince héritier s'est pointé à Sérénité, je ne peux plus éviter l'événement de la vente aux enchères.

C'est le plus grand et le plus représentatif événement de la Guilde Marchande Haas, donc la famille ducale y assistera évidemment.

Ça veut dire que je n'ai qu'une seule mission. Trouver un prétexte décent pour emmener le prince héritier là-bas aussi.

Bien.

Krouu.

Kriii.

Rhea et Perry réagissent à mon marmonnage solennel.

Les deux, qui sont arrivées dans la calèche du prince héritier, sont plus arrogantes que d'habitude en réclamant des câlins.

Je pouffe et caresse les deux bêtes divines sur mes genoux.

Demy dort profondément, enroulée autour de l'épaule de la jeune comtesse comme un bout de linge, et Percy est dans les cheveux du prince impérial, gazouillant fort de temps en temps.

Deuxième rencontre avec Joanne de Haas.

Je fixe le nouveau sujet ajouté au bas de la liste.

Christelle rentrera avant le dîner.

J'en suis certaine parce que le duc et sa femme ont envoyé en urgence un messager en ville après avoir vu le prince héritier arriver.

Ça veut dire que je dois rencontrer Joanne avant ça pour reunir des infos sur Emille et la guilde marchande.

Benjamin et Ganaël, assis de chaque côté de moi, remplissent ma tasse et me tendent une pile de biscuits meringués pendant que j'acquiesce.

Je suis pleine d'énergie.

Je vais continuer à faire de mon mieux pour tourner .

─────

Christelle de Sarnez, non, Ham Ga-in, n'avait jamais fait de vente.

Cependant, elle avait travaillé à temps partiel dans un café près de la gare pendant ses quatre ans de fac.

Ce ne serait pas exagéré de dire qu'elle avait vu toutes sortes de gens là-bas.

Elle avait basically vu tout le spectre de l'arc-en-ciel en termes de personnalités.

Elle avait ensuite travaillé sept ou huit ans en entreprise, donc elle était confiante d'avoir à peu près expérimenté tous les types de dingues qui existent.

Pourtant, c'était sa première fois de voir quelqu'un comme ça. D'une certaine façon, c'était une expérience fraîche.

Oh mon dieu, commencer à étudier le commerce à neuf ans, c'est impressionnant.

Je n'avais pas le choix parce que ma sœur a refusé d'être l'héritière à ce moment-là. D'une certaine façon, ma sœur est la plus impressionnante. Elle a choisi sa propre voie à peine dix ans.

Emille de Haas sourit en répondant.

La plupart des gens resteraient bouche bée devant son beau visage, mais Christelle n'y réagit pas.

À son avis, le sourire du prince Jesse a bien plus d'impact, et en ne regardant que la beauté, le prince héritier bat le chef de la guilde marchande à plate couture.

Elle ne voulait pas admettre cette dernière partie, mais c'était la vérité.

Voir ces deux hommes si souvent rendait les beaux gosses ordinaires banals à ses yeux.

En plus, même si Emille était jeune et avait le verbe facile, il semblait de plus en plus évident qu'il lui manquait quelque chose en grandissant.

Ça a dû être dur de te faire des amis. Tu as dû être très occupée.

Christelle commente chaleureusement pendant qu'ils marchent sur le sentier du jardin arrière de la guilde marchande.

Cet endroit est joli aussi, mais elle préférait de loin être avec ses amis proches dans le jardin du palais Juliette.

Maintenant qu'elle y pense, elle n'est pas encore allée à la serre du palais impérial avec le prince Jesse.

Les livres étaient mes amis. Ils m'ont appris tant de choses sur le monde.

Ça voulait dire qu'il n'avait pas d'amis. Les coins des yeux de Christelle se plissent.

Tu as lu beaucoup de romans aussi ? Je suis complètement accro ces temps-ci.

Oui, madame, les romans ont joué un grand rôle pour développer mon imagination. Grâce à eux, j'ai rêvé du monde au-delà de l'océan et j'ai développé une curiosité pour le commerce.

Hé, n'en fais pas trop. Pourquoi tu fais le mec de vingt ans à son premier entretien d'embauche ?

Elle ne peut que râler intérieurement.

Emille a effectivement la vingtaine, et un jeune vingt-trois ans qui plus est, mais Christelle est agacée par lui.

C'est parce qu'il était si occupé à étudier plus jeune qu'il n'a appris les relations qu'à travers les livres, qu'il a fini comme ça ?

Son cerveau est doué pour vendre des trucs mais pas pour toucher le cœur des gens ?

N'importe quoi. Tous les gens studieux ne grandissent pas pour accuser les autres à tort.

Surtout en le faisant dans le dos de la personne comme un renard bas de gamme.

Elle n'avait aucune idée du nombre de romans romantiques qu'il avait lus en grandissant, mais Christelle n'avait aucune raison de suivre tout ce qu'Emille disait.

Elle n'en avait pas envie non plus. Elle n'était pas le prince Jesse.

Mais je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de romans qui parlent de l'histoire des roturiers. La plupart sont des romances entre nobles ou de la politique. Le « tu » dont tu parlais tout à l'heure, c'est aussi une histoire d'aventure sur une famille riche.

C'est pour ça qu'elle le sonde avec un ton doux.

Parce qu'elle se souvenait de ce que la vice-capitaine Élisabeth lui avait dit avant qu'elle ne quitte le château du Seigneur de Sérénité.

Je ne sais pas si c'est exact, mais d'après notre interrogatoire de Joanne de Haas, le chef de la Guilde Marchande Haas a pour but d'augmenter son statut. Je me disais que vous devriez le savoir.

D'après ce que Christelle savait, un roturier dans l'Empire avait basically deux moyens d'augmenter son statut.

Le premier était de faire une réalisation révolutionnaire dans n'importe quelle spécialité pour recevoir un titre.

Peut-être que c'était facile en temps de guerre, mais c'était extrêmement rare qu'un truc comme ça arrive en période de paix comme maintenant.

Il n'y avait aucune garantie d'obtenir un titre et il y avait aussi une chance qu'un noble malhonnête vole le mérite de l'exploit d'un roturier.

Il ne restait qu'un seul moyen pour y arriver.

Le mariage avec un noble.

C'est vrai. C'est quelque chose qui m'a toujours déçue. Je suis contente qu'on soit d'accord.

Emille répond d'une voix triste.

Aïe, c'est ça.

Christelle claque discrètement de la langue.

C'est exact. Ce n'est pas normal qu'un roturier extraordinaire soit rejeté pour ses capacités ou pas considéré pour une tâche importante à cause de son statut.

Elle lance une remarque facile avant d'observer l'expression d'Emille.

Elle n'oublie pas non plus d'écarquiller les yeux et d'incliner légèrement la tête sur le côté pour avoir l'air aussi mignonne et inoffensive que possible.

Emille la regarde avec ses yeux couleur citron qui tremblent, comme s'il entendait quelque chose d'incroyable.

Elle voit la réaction de quelqu'un qui vient de voir sa chance.

Est-ce que vous croyez vraiment ça, Dame Christelle ? Non... Est-ce que je peux appeler une personne estimée comme vous par son prénom ?

Bien sûr. Je suis contente parce que votre voix est si merveilleuse.

Christelle commente timidement. Le prince Jesse avait raison.

La voix du prince héritier était bien meilleure que celle de ce genre de bâtard.

Ce mec avait tendance à l'excès en tout, y compris son physique.

Je vous en prie. N'hésitez pas à m'appeler par mon prénom aussi.

Je le ferai, Emille.

Le chef de la guilde marchande sourit radieusement alors que Christelle accepte facilement.

Christelle lui rend son sourire et termine ses calculs.

Elle était certaine que ce bâtard était avide de statut et choisissait la voie du mariage parce que c'était facile.

La façon dont il draguait avec elle montrait clairement que la Maison Ducale de Sarnez était sa cible.

C'est bien d'avoir de grands rêves mais pas des rêves impossibles. Quel bullshit.

Oh mon dieu !

Ah, peu importe !

Christelle fait exprès de trébucher sur une pierre.

Elle a besoin de confirmer les choses d'abord.

Dame Christelle !

Emille la retient vite par la taille. Elles se retrouvent instantanément dans une pose romantique !

M, mademoiselle ! Mon dieu.

Les domestiques de la Maison Ducale, qui les suivaient à une dizaine de pas, se cachent les yeux et se retournent.

Christelle pose une main sur la poitrine d'Emille et relève lentement la tête.

La façon dont ses joues claires rougissent confirmait qu'il la regardait de cette manière-là.

Christelle fait la petite fille faible et se cache la bouche.

Peu importe à quel point un mec comme toi fait le renard...

Merci beaucoup. Le marquis-nim ne m'a jamais aidée comme ça.

Ça n'a pas de sens. Comment ne pas tendre la main vers quelqu'un d'aussi belle que toi ?

Crétin, tu crois vraiment qu'un Chevalier Saint tomberait comme ça ?

Il y a eu, cependant, un moment où elle a rattrapé le Prince quand il allait tomber.

Ce monsieur... il tend la main pour une autre raison.

Christelle chuchote à Emille d'une voix pitoyable.

Elle parlait de comment il s'était fait frapper par le Prince. Le visage d'Emille se raidit vite.

Comme je m'y attendais. Les terribles rumeurs étaient vraies. J'ai entendu que le marquis vous tient, Dame Christelle, dans une main et Son Altesse Royale dans l'autre et joue avec vous deux.

C'est vrai.

Quel connard balance des conneries pareilles ?

Christelle pense sérieusement aux visages de ces bâtards d'évêques qu'elle a vus pendant la Réunion Annuelle de Prière.

Elle était basically certaine que c'étaient ces bâtards qui avaient craché sur le Prince pendant la réunion.

S'ils peuvent pas le dire en face, qu'ils la ferment.

Mon dieu. Dame Christelle, je vraiment...

Emille s'apprêtait juste à essuyer la joue de Christelle avec sa grande paume.

Elle avait réussi à faire monter des larmes en retenant deux bâillements.

C'est à ce moment-là.

Jeune mademoiselle ! Le Duc demande votre retour immédiat, oh !

Elle entend la voix d'un domestique de la Maison du Duc au loin.

Christelle s'éloigne vite d'Emille comme si elle était prise en flagrant délit de moment embarrassant.

Le messager, escorté par un membre du personnel de la guilde marchande pour la trouver, devient tout rouge en baissant la tête.

Il dit ensuite ce qu'il a à dire extrêmement vite, presque comme si les mots étaient de l'eau qui dévale une cascade.

M, mademoiselle Christelle Son Altesse Royale est arrivée au château du Seigneur. Vos parents demandent votre retour pour l'accueillir.

Merd.

Christelle arrive à peine à garder la première partie de ce juron silencieuse.

Elle avait affaire à une belette qui fait le renard et un vrai renard de feu débarquait.

Elle fronce les sourcils et regarde Emille. Il pense probablement qu'elle a l'air extrêmement triste.

J'ai mal aux pieds et il a l'air que je dois partir maintenant. Mon père déteste que je sois en retard.

Attendez un instant, Dame Christelle !

Emille l'attrape par le poignet.

Regarde ce connard.

Elle laisse ses longs cheveux flotter alors qu'elle se tourne dramatiquement vers lui.

Quand pourrons-nous nous revoir ? Dites-moi qu'on pourra se revoir.

Je n'en suis pas très sûre. J'ai bien l'invitation à la vente aux enchères que vous avez envoyée, mais mes parents n'aiment pas enchérir sur des trucs dont ils ne sont pas sûrs. Ils viendront probablement pas. Bien qu'ils aient semblé vouloir quelque chose...

Christelle laisse sa phrase en suspens comme si elle était désolée.

Je peux rien vous promettre. Au revoir.

Elle fait battre ses cils en s'éloignant.

Emille lâche faiblement son bras.

Une fois tournée, il y a une étincelle dans les yeux de Christelle alors qu'elle essuie son poignet sur ses vêtements.

Le filet est bien lancé. Il ne reste plus qu'à ce qu'il se fasse prendre.

C'était maintenant l'heure de retourner vers le Prince lapin et ses amis.

─────

C'est bon de se reposer dans une chambre ? Vous n'êtes pas fatigué, Votre Altesse ?

Je lève les yeux vers le prince héritier qui marche à côté de moi et demande.

Ce serait normal qu'il se repose après avoir fait un si long chemin, donc je comprends pas pourquoi il veut venir avec moi à la prison souterraine.

Son sourcil tressaute une fois en me regardant en bas et il ne dit rien.

Il n'a pas pris « bouger ensemble » au pied de la lettre, si ?

On dirait qu'il veut juste voir l'intérieur du château. Les pendaisons de crémaillère sont amusantes après tout.

Claaaaang !

Je tressaute encore. C'est parce que la vice-capitaine Élisabeth a donné un coup de pied dans les barreaux de la cellule de Joanne.

Le trio de pandas roux choqués grogne dans mes bras.

Je leur tape dans le dos au nom de la jeune comtesse et m'excuse.

Lève-toi. Joanne de Haas. Son Altesse Royale et le marquis veulent te parler.

Ah, dites-moi ces trucs à l'avance... Je suis fatiguée d'avoir veillé toute la nuit à faire de l'art.

Joanne retire le tissu qui lui couvre les yeux et râle.

On dirait qu'elle utilisait l'écharpe sur sa tête comme masque de sommeil.

J'incline la tête et me tiens devant elle après avoir entendu des mots inattendus.

Faire de l'art ?

Gasp !

« Wah

Ganaël et moi laissons tomber la mâchoire en même temps.

Il y a un grand portrait dessiné sur un côté de sa cellule.

Le visage du jeune garçon qu'elle a dessiné à la craie blanche est si délicat qu'il a l'air vivant.

Je regarde alternativement le mur et Ganaël. Ils se ressemblent trait pour trait.

Elle est extrêmement talentueuse. Les joues de Ganaël rougissent de choc et de gêne.

Ah, heu. Pourquoi

Clang !

La vice-capitaine Élisabeth sort immédiatement sa rapière.

Ses yeux gris ont l'air glacés. J'avale ma salive.

Le marquis dépasse tout ce que j'imaginais.

Le prince héritier commente calmement.

N'en rajoute pas sur le feu !

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