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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 109

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Chapitre 109

Chapitre 109

Chapitre 109/19157%~14 min de lecture2 617 mots

Ils ont franchi la frontière hier. Les gardes étaient très stricts à la limite et le vent d'été n'était pas chaud.

Le cortège de carrosses de la Famille Royale de Venetiaan continua de voyager à travers les forêts de l'est de Riester.

Une question vint de l'extérieur de la fenêtre.

« Votre Altesse, devons-nous chercher un endroit pour installer le camp pour la nuit ? »

« Allez-y, Maartje. »

La princesse héritière répondit.

Maartje, sa cocher et bras droit, ordonna immédiatement aux soldats d'inspecter les alentours. (NT : Les personnes importantes, comme la princesse héritière, avaient des gens en qui elles pouvaient avoir confiance comme cocher)

Elise n'avait pas séjourné dans un logement convenable depuis le jour où elle avait quitté le château.

C'était son vœu de ne pas se reposer avant d'arriver au portail.

« La princesse héritière soupçonne-t-elle encore son père ? Comment un simple Prince Consort comme moi, quelqu'un qui ne détient même pas le trône, pourrait-il en vouloir à la vie d'un prince dans une nation étrangère ? »

……

Les derniers mots de son père, le Prince Consort Werner, résonnaient encore dans ses oreilles.

Elle avait l'impression de le revoir cachant son joli visage derrière un éventail, triste, lui parlant à nouveau.

Elise serra les poings.

Le Prince Consort avait été extrêmement triste et avait versé une tonne de larmes quand elle avait utilisé toutes ses relations au Vatican pour être dépêchée à l'Empire.

Ça lui rappela la tentative d'assassinat contre son jeune frère, en mars.

Elise avait failli perdre la tête en apprenant que le prince avait surmonté une crise dangereuse.

Ce qui avait gelé son esprit, c'était l'attitude de son père. Aussi calme que l'eau qui coule.

« Père, Jesse... Apparemment, quelqu'un a tenté d'assassiner Jesse. J'ai reçu l'information que des assassins du Royaume Saint ont tenté un acte aussi atroce. »

Bien que sa voix tremblât, celle du Prince Consort était aussi calme que d'habitude.

« Oh mon Dieu. Le prince n'a vraiment pas de chance. Il a croisé des Chevaliers Saints dans l'Empire. »

« ...Père, je ne t'ai jamais dit que c'étaient des Chevaliers Saints. »

« Ah, c'est ça ? Ton papa vieillit et mon ouïe n'est plus ce qu'elle était. »

Ses yeux couleur chocolat se plissèrent.

« Comment peut-il être comme ça ? »

Elise plongea dans ses pensées en écoutant les sabots frapper le sol.

Comment le père de deux filles pouvait-il haïr et envier l'autre enfant de sa partenaire au point d'envisager de l'assassiner ?

Les quatre saisons s'étaient écoulées vingt-neuf fois, pourtant son père n'avait toujours pas réussi à se débarrasser de son hostilité envers son frère.

En fait, son hostilité semblait aller en grandissant.

– Clac, clac...

« Woooah. »

Il y a eu un moment où Elise avait essayé de comprendre sa motivation.

Elle avait même essayé très fort de le comprendre.

Elle avait l'impression qu'il n'y avait aucun moyen pour elle de gérer sa déception et son horreur pour son père sans le comprendre d'abord.

C'était d'autant plus douloureux qu'elle avait beaucoup aimé son père enfant.

Depuis quand avait-il tant dévié ?

Était-ce depuis sa naissance comme second fils d'une prestigieuse famille ducale, sans cesse comparé à sa sœur aînée, la tante d'Elise ?

Était-ce quand il avait été marié à la famille royale presque comme s'il avait été vendu ?

Était-ce quand il avait été déçu par ce mariage sans amour et avait appris que sa partenaire avait trouvé un amant ?

Était-ce quand son jeune frère était né de cette relation illicite et avait été loué pour ses yeux bénis ?

Cependant, rien ne pouvait le lui faire comprendre.

Elise Venetiaan était quelqu'un qui croyait que des gens rationnels ne recouraient pas au meurtre dans une telle situation.

Elle connaissait aussi quelqu'un qui avait agi positivement malgré une situation similaire.

« Nous sommes arrivés au campement pour la nuit, Votre Altesse. »

Elise sortit de ses pensées. Le cortège était parvenu au centre du chemin forestier à un moment donné.

Maartje frappa à la portière du carrosse et l'ouvrit dès que sa maîtresse lui en donna la permission.

La princesse héritière, avec ses cheveux blonds brillants comme le soleil, apparut par la portière.

Les soldats de Venetiaan baissèrent immédiatement la tête.

Les chevaliers de l'Empire venus l'escorter étaient saisis par sa noble prestance à chaque fois.

« L'aura qu'elle dégage est incroyable. »

« C'est pas surprenant puisqu'elle est une Chevalière Saint de niveau Cardinal. »

Les chevaliers chuchotaient.

Ils se mirent ensuite à parler du Prince Impérial Cédric Riester.

Elise ne prêta pas grande attention aux bavardages sur la cérémonie de confirmation de succession du Prince Héritier Impérial et profita de la brise avec Maartje à ses côtés.

Les serviteurs et domestiques royaux qui l'accompagnaient installèrent rapidement la tente et préparèrent le camp.

« D'ailleurs, j'ai entendu dire que le prince Jesse soutenait les deux éminentes personnes avec son éther. »

« Y a-t-il quelqu'un dans la Capitale Impériale qui ne le sait pas ? J'étais son escorte lors de la Grande Éradication des Bêtes Démoniaques. Il était si généreux et gentil avec ses subordonnés. C'est pas bizarre qu'il ait attiré l'attention de Son Altesse ou de la Maison de Sarnez. »

« Si même toi tu le dis, ça doit être vrai. J'ai entendu les rumeurs assez souvent moi aussi. »

Le menton de la princesse héritière se raidit de fierté.

L'inquiétude qu'elle ressentait depuis deux mois environ semblait germer.

Son jeune frère, qui avait toujours été moqué et ridiculisé par les subordonnés de son père au pays, avait révélé son éther sur la terre de l'Impératrice et était traité correctement.

C'était comme s'il était fait pour l'Empire et pas pour le Royaume Saint.

« Peut-être qu'il fera une Alliance Céleste puisqu'il est devenu Archevêque... »

« Hé, baisse la voix. »

Elise tourna vivement la tête vers eux.

Les chevaliers regardèrent silencieusement devant eux comme s'ils n'avaient rien dit.

Elle eut l'impression que son sang se glaçait.

« Il est devenu Archevêque ? »

« Qu'est-ce que vous voudriez pour votre repas, Votre Altesse ? Ils disent qu'ils ont du cerf et du sanglier qu'ils ont attrapés ce matin. »

Maartje remonta ses manches en demandant.

Ses muscles étaient fermes malgré sa cinquantaine avancée. Elle avait assez d'énergie pour préparer tous les animaux pour le dîner toute seule.

Elise regarda le visage bonhomme de Maartje et se concentra.

Elle avait dû mal entendre. Sir Johann Geens, l'homme qu'elle avait envoyé, était auprès de son jeune frère.

De sérieuses épreuves ou une illumination significative étaient nécessaires pour accéder au rang d'Archevêque.

Il n'y avait aucune chance qu'une chose aussi grave se soit produite.

« Jesse va bien. Je pourrai vérifier par moi-même bientôt. »

« Il vaudrait mieux écouter les suggestions de ceux qui sont venus avec nous. Je vais bien avec n'importe quoi. »

Elise répondit bientôt d'une voix basse. Le soleil avait commencé à se coucher sur la forêt.

*

– Crrrriiiic...

Une vieille porte noire s'ouvrit. La Cardinale Aurélie Boutier entra dans la pièce sombre.

Bien que ce fût un endroit du Palais Impérial, le contenu de la pièce était loin d'être beau.

Natalie et les autres servantes étaient toutes plantées au bout du couloir.

Personne d'autre que Frédérique, Alexandre et elle n'était entrée dans cet endroit auparavant.

Elle décida de ne pas se rappeler qu'il y avait eu une autre personne.

Parce que cette personne, tout comme les autres, ne voulait pas se souvenir des événements de cette époque.

« Tu te reposes bien. »

Aurélie se pencha et chuchota.

Johann Geens gisait silencieusement au milieu de la pièce qui n'avait ni meubles, ni décorations, ni même source de lumière.

Ses longs cheveux blancs contrastaient avec le sol noir d'encre, créant une atmosphère irréelle.

L'outil de contention d'éther sur son cou était complètement noir aussi.

L'expression de l'homme était paisible, complètement à l'opposé de son environnement.

Il semblait faire un beau rêve, tout comme elle l'avait dit au prince Jesse.

« Cet enfant a l'air de vouloir t'aider. Je veux que ça se passe bien, mais... »

Elle finit simplement sa phrase par un sourire.

En tant que Partenaire Religieuse de l'Impératrice, Aurélie plaçait toujours les paroles de Frédérique en priorité absolue et agissait en conséquence.

C'est pour cela que laisser ce Chevalier Saint séjourner ici sans douleur était le mieux qu'elle pouvait faire pour être prévenante envers le petit prince.

Si ce n'avait pas été elle, mais l'Impératrice qui avait sorti son épée et agi ce jour-là, Johann aurait probablement déjà disparu sans laisser de trace.

« Qu'est-ce qui va se passer lors de ce "festin" demain ? »

« Que le Dieu Tout-Puissant veille dessus. »

« Quoi qu'il puisse arriver demain. »

La Cardinale marmonna doucement avant de se détourner de l'homme.

Elle devait quitter cet endroit avant que la maîtresse du palais ne termine son emploi du temps quotidien et ne revienne.

Inutile de lui faire savoir qu'elle était passée par la pièce noire d'encre et de gâcher son humeur.

Seul le bruissement des vêtements de la Cardinale emplissait l'air.

– Grincement, clic

La porte fut verrouillée. Johann fut à nouveau laissé seul dans ses rêves.

*

Où aurait-elle appris une chose pareille ?

Ça faisait déjà trois jours que la jeune Eva m'avait traité de rusé.

Il y avait eu beaucoup de discussions depuis, mais Christelle et le Prince Impérial Cédric avaient fini par signer un contrat pour faire semblant d'être amoureux.

Ils avaient réussi à obtenir un festin avec Sa Majesté en utilisant ça comme justification.

Le fait qu'ils soient amants contractuels faisait battre mon cœur à tout rompre.

« C'est comme ça que se sentent les lecteurs de Romfan ? »

Bref, le festin problématique, c'est aujourd'hui. Plus précisément, l'opération commencera dans exactement 20 minutes.

« La chemise est de la longueur parfaite pour vous. C'est un soulagement, Votre Altesse ! »

Ganaël était content.

Le jeune garçon semblait bien plus excité que moi, qui allait infiltrer le Palais Romero.

Les vêtements que je portais en ce moment appartenaient au serviteur nommé Pierre, et Ganaël les avait subtilisés dans la buanderie du Palais Juliette.

J'avais emprunté la paire de chaussures de rechange de Benjamin dans la précipitation. Elles étaient un peu petites mais ne gênaient pas ma marche ni ma course.

Benjamin expliquait en nouant un ruban autour de mon cou.

« Votre Altesse, vous vous déguisez en un serviteur nommé Geoffrey. »

« Geoffrey devait avoir sa journée de congé aujourd'hui mais l'histoire, c'est qu'il a été rappelé en urgence parce qu'ils manquaient de personnel aujourd'hui. »

Je répondis. Il hocha la tête et continua.

« Oui, Votre Altesse. Vous pouvez entrer par la porte arrière du Palais Romero à 20h15. Descendez le couloir de gauche dès que vous entrez et vous verrez David-nim dans la dernière pièce du couloir. »

« Et ensuite je recevrai une carte approximative du palais de David. Il me suffira de pousser le chariot à desserts jusqu'à la salle à manger où se tient le festin. Vous avez dit que je devrais pouvoir tenir l'horaire si j'entre à 20h30. »

Je commentai avec détermination. Benjamin me regarda avec un air inquiet.

« Oui, Votre Altesse. J'aurais voulu vous escorter personnellement, mais... »

« C'est bon. J'ai choisi de faire ça et vous deux, vous avez déjà fait assez. En plus, tu ne peux pas quitter le Palais Juliette, Benjamin. »

Je parlais plus gaiement que d'habitude mais son visage restait grave.

Il devait s'inquiéter que je suis nul en orientation.

« Je savais que tu ferais quelque chose de grand depuis que tu t'es rapproché de Son Altesse Royale et de la jeune lady Sarnez, mais... Je ne pensais pas que vous trois seriez si audacieux, Votre Altesse. Vous avez pensé à tromper Sa Majesté. »

« Ah, c'est ça qui l'inquiète. Je suppose que n'importe qui trouverait que c'est le problème le plus grave. »

Je souriais maladroitement.

« J'ai un peu peur aussi. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je suis presque certain qu'elle va être furieuse. »

Mon cœur battait la chamade et je regrettais un peu ma décision.

« Est-ce que j'en ai trop fait ? Est-ce que je n'aurais pas dû dire que je veux rencontrer l'Impératrice ? »

Je pensais à Sir Geens, son fils, et aux autres chaque fois que cette pensée me traversait l'esprit.

La raison de ce que je faisais et les gens qui me soutenaient tous à leur manière.

« Si Sa Majesté porte la main à l'épée à sa taille... saute par la fenêtre quoi qu'il arrive, Votre Altesse. Ce sera plus sûr même si vous sautez du troisième étage. »

« C'est si grave que ça ? »

« Il faut y aller maintenant, Votre Altesse. »

Ganaël mit sa montre de poche dans ma main.

Il était déjà passé 20h.

Je n'avais pas beaucoup de temps si je comptais la traversée du jardin.

« Merci pour la montre. Je m'assurerai de la rendre. »

« Oui s'il vous plaît, c'est mon cadeau de fiançailles ! »

« Waouh, j'ai une raison de revenir sain et sauf. »

Je ricanai en serrant chacun des pandas roux dans mes bras.

La froussarde, Rhea, dut sentir mes émotions car elle me serra très fort.

Je lui frottai doucement le nez pour la calmer avant de caresser plusieurs fois le petit dos de Percy.

J'oubliai pas de leur dire d'être sages.

Je sortis ensuite le cache-œil que Christelle m'avait prêté.

Je pensais que c'était pour un cosplay de Tom Cruise, mais apparemment c'était un outil magique qui permet à l'utilisateur de se transformer en une personne désignée.

C'était un article de fête, donc à usage unique et de courte durée, mais il n'y avait rien de plus utile pour l'instant.

Il contenait un cheveu de Geoffrey que David m'avait obtenu, donc je devrais lui ressembler si je dis l'incantation correctement.

Je couvris solennellement un œil avec le cache-œil et dis l'incantation que Christelle avait réglée...

Bon, je la marmonnai face au mur.

« Je... je n'ai pas besoin de nazis dans mon Allemagne. »

« Elle peut pas lâcher l'affaire jusqu'au bout, alors pourquoi elle l'a appelé Verona ?! »

– Ooooooong !

Du mana rouge jaillit du cache-œil.

Les yeux de Ganaël et Benjamin s'écarquillèrent tandis qu'ils se tenaient un peu à l'écart de moi.

*

« Vous deux. »

Tressaillement. Christelle faillit laisser tomber sa fourchette.

Elle avait baissé sa garde parce que l'Impératrice et la Cardinale étaient silencieusement concentrées sur leur repas en face d'elle.

L'attention de Christelle était fixée sur l'heure.

Elle espérait que le prince Jesse entrerait ne serait-ce qu'une minute plus tôt pour mettre fin à cette situation infernale.

Peu importe que ça puisse mener à un enfer encore plus effrayant après.

Elle serait en paix s'il était là.

« Oui, Votre Majesté. »

Cédric regarda sa mère et répondit. Les yeux couleur cerise qu'il posait sur elle étaient pleins de joie.

« Vous vous rencontrez sérieusement ? »

L'Impératrice demanda.

Le bâtard de Prince Impérial avait l'air de ne pas dire oui même s'il était mort, alors Christelle répondit oui madame, d'une voix si basse qu'on l'entendait à peine.

Elle entendit un reniflement de l'autre côté de la table.

« Je suis curieuse vu comme c'était soudain. »

Sa voix rauque avait une nuance subtile de moquerie. La Cardinale mordit légèrement sa lèvre.

« Dites-moi. Qu'est-ce que vous aimez chez l'autre ? »

Ils pâlirent tous les deux.

Ils étaient tous les deux perdus parce qu'ils devaient inventer quelque chose qui n'existait pas du tout.

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