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Campfire Cooking in Another World

Chapitre 3 : Évasion de la capitale en voiture de poste

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Chapitre 3

Chapitre 3 : Évasion de la capitale en voiture de poste

Chapitre 3/560%~7 min de lecture1 227 mots

Après le petit-déjeuner, je quitte l'auberge.

Puis je vais au relais des voitures de poste vérifier le tarif et l'heure de départ.

Le tarif est d'une pièce d'or, et il faut environ quatre jours pour rejoindre la ville frontalière.

Comme il reste du temps avant le départ, j'en profite pour me procurer quatre jours de vivres et une arme, en cas de coup dur.

Employer le Supermarché en ligne devant tout le monde est évidemment une mauvaise idée, et si la Boîte à objets est une compétence rare, je risque de faire du bruit : mieux vaut m'en abstenir.

J'ai acheté une outre d'eau, de la viande séchée, du pain noir et un couteau un peu grand.

Me voilà prêt.

Il ne me reste plus qu'à monter dans la voiture de poste et à quitter cette capitale.

Outre moi, il y a dans la voiture un marchand ambulant d'un certain âge, une famille de quatre — un jeune couple et leurs deux enfants — et une femme d'environ trente-cinq ans.

S'y ajoutent quatre aventuriers, chargés d'escorter la voiture.

Une fois la voiture partie, j'ai un peu discuté avec le marchand ambulant assis à côté de moi.

« Qu'allez-vous vendre à Kîrus ? »

Je commence par une question anodine.

« Ah, j'ai mis la main sur du savon par une certaine filière. Je compte le faire acheter par une maison de commerce que je connais à Kîrus. »

Oh, du savon. Ça existe aussi dans ce monde.

Et en creusant un peu, il apparaît que le savon existe, oui, mais que c'est une affaire de nobles.

Revendu à un noble, un savon vaut dans les trois pièces d'argent.

Comme j'amenais mine de rien la Boîte à objets sur le tapis, j'ai appris que les nobles et les grandes maisons de commerce emploient des gens qui possèdent cette compétence.

Il y aurait environ une personne sur mille à posséder la Boîte à objets, mais sa taille dépendrait de l'énergie magique : sans une boîte d'une taille honorable, on ne se fait pas embaucher par un noble ou une grande maison.

« Même la plus petite contient trois fois ce que porte ma hotte, à ce qu'on dit. De mon point de vue, il y a de quoi envier quiconque possède seulement cette compétence. »

Le marchand ambulant a dit ça en riant.

Je vois : il existe donc bel et bien des gens qui l'ont.

Si je me présente comme quelqu'un qui a la Boîte à objets mais avec peu de capacité, je pourrai peut-être m'en servir sans problème.

« Pour un marchand, la compétence Évaluation, ce serait la réussite assurée. »

J'ai obtenu ce que je voulais sur la Boîte à objets ; j'amène l'Évaluation dans la conversation, l'air de rien.

« Aah, ça, tout marchand en rêve. Seulement voilà, les seuls à posséder l'Évaluation, ce sont les héros invoqués d'un autre monde, ceux des contes. Je maintiens que l'Évaluation devrait revenir aux marchands plutôt qu'aux héros. L'Évaluation, le rêve de qui fait commerce. À défaut de la compétence, il aurait fallu que les objets magiques d'évaluation se répandent davantage. Mais ceux-là ne sortent qu'occasionnellement des ruines antiques, alors les prix vous font sortir les yeux de la tête ; à part un État ou une guilde, personne ne peut en posséder. »

Ah, tant mieux. L'Évaluation est donc une compétence réservée aux héros invoqués.

Et il existe aussi des objets magiques d'évaluation.

Mais leur prix est astronomique et ils ne semblent pas à la portée d'un particulier.

Comme ils ne sortent qu'occasionnellement de ruines antiques, autrement dit d'endroits comparables à des donjons difficiles, ils doivent être peu nombreux.

J'ai bien fait de poser la question.

Je sais maintenant que le risque qu'on m'évalue est quasi nul.

De fil en aiguille, j'ai fini par comprendre que le marchand ambulant cherchait lui aussi à gagner le pays voisin.

À voix basse, il m'a confié que cela restait entre nous.

« Ce pays sent de plus en plus le roussi. Avec une famille, on ne peut pas faire autrement, mais par chance je suis seul, alors j'ai décidé de sortir tôt. On raconte que la frontière pourrait bientôt être fermée. »

La frontière fermée ? Ce pays est vraiment mal parti.

J'ai bien fait de couper court et de bouger.

Sur la route de Kîrus, des gobelins et des loups-monstres se sont montrés — forcément, dans un monde de fantasy à épées et à magie, il y a des monstres —, mais les aventuriers de l'escorte s'en sont défaits sans jamais paraître en difficulté, et la voiture de poste a poursuivi sa route sans encombre.

***

Arrivé à Kîrus, je me suis rendu au relais des voitures pour le pays voisin, celui que le marchand ambulant m'avait indiqué.

« C'est une blague… »

Au relais était accrochée une pancarte : « Service des voitures de poste suspendu ».

Suspendu, ça veut dire quoi ?

Le marchand ambulant disait que la frontière pourrait bientôt être fermée : c'est ça ?

Mais si on en était à fermer la frontière, la ville ne serait pas aussi calme, si ?

Bref, aux renseignements.

Joignant le repas au reste, je suis entré dans une gargote où se rassemblent quantité d'aventuriers, qui doivent circuler d'un pays à l'autre.

Je me suis assis au comptoir et j'ai abordé les deux aventuriers installés juste à côté.

« Une minute, ça vous dit ? »

« Ouais, qu'est-ce que tu veux ? »

« À vrai dire, je viens tout juste d'arriver en ville, alors j'aimerais qu'on m'explique deux ou trois choses… »

J'ai aussitôt appelé un serveur pour leur offrir une bière.

Là-dessus, les aventuriers m'ont dit « Tu as tout compris » et m'ont raconté un tas de choses, de fort belle humeur.

« Je vois. La suspension des voitures de poste sert donc à empêcher la population de sortir du pays. »

« Ouais. Si la population baisse, il y a moins de soldats et moins d'impôts. Pour l'instant on en reste là, mais un de ces jours ce sera la fermeture de la frontière. Ce pays est déjà en conflit avec les démons, et voilà qu'il veut aussi déclarer la guerre au royaume de Marbère. »

« C'est ça, la guerre n'est plus qu'une question de temps. »

L'alcool aidant, les deux aventuriers se sont montrés très bavards.

Le pays des démons borde ce royaume au nord, et le royaume de Marbère le borde à l'ouest.

Moi, c'est vers le sud-est que je veux aller, au royaume de Fénen.

« Nous aussi, on compte fausser compagnie à ce pays au plus vite. »

« Chasser du monstre nous convient mieux que de faire la guerre. Toi aussi, tu ferais bien de sortir d'ici rapidement. »

J'aimerais autant que possible quitter ce pays au plus vite, mais si des monstres surgissent en route, moi qui suis à peine plus fort qu'un homme ordinaire, je ne peux rien faire.

Voilà qui m'ennuie, me disais-je, quand une idée m'est venue en regardant les aventuriers.

Il me suffirait de passer commande à la guilde des aventuriers.

Ça coûtera de l'argent, mais ce n'est pas le moment de lésiner.

Sortir de ce pays avant la fermeture de la frontière : voilà la priorité.

J'ai décidé de déposer à la guilde des aventuriers une demande d'escorte jusqu'au pays voisin.

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