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By the Grace of the Gods

Chapitre 46

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Chapitre 46

Chapitre 46

Chapitre 46/13534%~14 min de lecture2 767 mots

Magie de Familier - Jour 4 d'élimination de bêtes magiques

Aujourd'hui encore, après avoir terminé le travail à la mine abandonnée, je me suis rendu directement chez Serge en rentrant en ville.

« Bonsoir, Serge-san. »

« Je vous attendais, -sama. Alors, partons. »

Je montai dans la calèche préparée et nous nous dirigeâmes un peu au sud du centre-ville.

Nous atteignîmes bientôt la Guilde du Commerce, un bâtiment sans fioritures, d'une solidité fonctionnelle, dont la porte d'entrée laissait filtrer une lueur diffuse. À l'intérieur, outre les employés dont on m'avait parlé, quelques autres personnes étaient présentes.

Alors que nous nous dirigions vers le comptoir, la réceptionnista nous guida immédiatement vers une pièce au fond, avec une aisance habituelle. Elle s'inclina poliment devant Serge qui exposa l'affaire avec assurance, puis se retira. À voir cet échange, Serge semblait traité avec une grande déférence.

Il est président d'une grande compagnie marchande, c'est donc normal, non ?

Quelques minutes plus tard, un homme mince et une vieille femme voûtée entrèrent dans la pièce. Ils nous arrêtèrent d'un geste et d'un sourire de la part de la vieille, et l'homme prit la parole.

« Hé, Serge, ça fait un bail ! Comme j'entendais plus parler de toi, je me demandais bien ce que tu pouvais faire. »

Celui qui venait de parler… un faux accent du Kansai ? C'est étrange, ça a un accent nostalgique. J'ai déjà eu un supérieur comme ça, dans le passé…

« Ça fait longtemps, Piolo. »

« Quelle affaire t'amène aujourd'hui ? Toi qui ne viens qu'aux réunions, te voir à la Guilde, c'est rare. Et ce gamin là-bas, c'est la première fois qu'on se rencontre, non ? Moi, c'est Grishiéra, la vieille. Je suis la maître de cette Guilde du Commerce. »

« Je m'appelle . Je viens m'inscrire à la Guilde du Commerce aujourd'hui. Je suis encore jeune et inexpérimenté, mais je vous prie de bien vouloir me guider et me corriger. »

« Oh oh, merci pour ce salut si poli. Serge, ce gamin est un nouveau domestique chez toi ? »

« C'est exact. Je m'appelle Piolo Saionji, enchanté. Parle-moi sans façon. »

« Enchanté. Je m'appelle . »

Saionji ? Ça ne sonne que comme un nom de famille japonais. Et avec ses cheveux noirs, ses yeux noirs et son aura… un descendant d'un ancien Transféré, peut-être ?

« -kun, hein. J'ai bien retenu. Donc, comme l'a dit la vieille Grishi, t'es venu pour quoi ? Serge. »

« Je suis venu pour l'inscription de -sama à la Guilde. Je ne suis qu'un accompagnateur. »

À la déclaration de Serge, les deux regardèrent vers moi. La maître de Guilde s'approcha pour scruter mon visage.

« Hum hum… Attends un peu. »

Disant cela, elle saisit son bâton et, d'une voix tonnante, tapa sur la tête de Serge.

« Espèce d'idiot ! Comment oses-tu faire faire attention à un enfant ! »

« Ça fait mal, arrêtez le bâton, Maître de Guilde… »

« Je connais pas les circonstances, mais ce gamin a l'air sérieux. Se faire respecter par un ossan visiblement plus vieux que lui, il doit être mal à l'aise, non ? »

Pourquoi ce que je pensais secrètement… !? Elle a un don de lecture de pensée !?

« , c'était ton nom. Je sais pas lire dans les pensées. »

Si, vous lisez !

« Même vieille, l'œil affûté par des années de commerce ne s'est pas émoussé. Tu as l'air franc, donc j'ai pu deviner à peu près. »

« C'est donc ça… »

« Cette vieille fait peur, hein ? Elle dit toujours ça, mais au fond je me dis qu'elle lit vraiment dans les pensées, pour de vrai. »

« Plus que peur, je trouve ça impressionnant. Moi qui suis mauvais pour percer les cœurs des gens… »

« C'est juste l'habitude. Avec l'environnement adéquat, on apprend un peu plus chaque année. T'as encore de l'avenir devant toi. …On dirait qu'il t'est arrivé des trucs dans le passé, mais t'as un futur. »

« Merci. Mais… vraiment, vous ne lisez pas dans les pensées ? »

« Impossible. J'ai juste vu que tu faisais des yeux lointains quand t'as parlé du "cœur des gens". »

Pour de vrai !?

« J'avais cet air-là ? »

« L'air d'un ossan d'âge moyen qui se remémore le bon vieux temps. »

T'as touché juste !

« Bon, t'as l'air surpris, mais tu es venu pour l'inscription à la Guilde, non ? Il se fait tard, alors expédions les formalités. »

Sur ces mots, je remplis le formulaire d'inscription.

« Heu… c'est quoi cette rubrique "métier" ? Le métier, c'est pas "marchand" ? »

« Là, t'écris le commerce que t'as l'intention de faire. Si tu veux vendre des armes, t'écris "marchand d'armes", comme ça. Tu peux en mettre plusieurs. Si t'as besoin d'en ajouter plus tard, c'est possible, donc pas la peine de te presser pour tout écrire maintenant. Y a un tableau des métiers de base au dos, regarde-le et écris. »

« Compris. »

J'ai entendu dire que les aventuriers font parfois du colportage… Bon, pour l'instant je mets ça… et "marchand de ville" pour mon vrai commerce, la boutique que je vise.

… C'est quoi ce métier "barde" ? Je comprends le sens du mot, mais on appelle ça "marchand" ?

Tout en songeant à ça, je finis le formulaire et le remis à la maître de Guilde. Elle le lut et dit :

« Ho, t'étais aventurier ? Fais gaffe à ton corps, si tu meurs, tout s'arrête. Et tu veux une boutique ? »

« En fait, je prépare un commerce un peu particulier. Au début, je comptais le faire comme activité secondaire entre deux missions d'aventurier pour gagner ma vie, mais Serge-san m'a dit de m'inscrire à la Guilde et de le faire en grand. »

« Serge a dit ça ? »

« Ça a l'air marrant, ça. Quel genre de boulot ? »

« Blanchisserie. »

« Blanchisserie ? Tu gagnes de l'argent en lavant le linge ? … Serge, pourquoi tu l'as fait inscrire pour ça ? L'inscription coûte rien, mais pour un truc pareil, inscrit ou pas, c'est pareil, non ? »

« Au début, je pensais pareil. Mais après avoir entendu -sama, je me suis dit : "C'est ça !" Au contraire, s'il n'était pas inscrit, il risque de gagner trop et d'avoir des ennuis. »

« … À ce point ça a l'air rentable ? »

« Si c'est assez pour que la Guilde s'en inquiète, moi aussi j'veux bien entendre l'histoire. »

Serge échangea un regard complice en souriant. Ces deux-là, ça va aller. Je laisse Serge expliquer, en veillant à ne rien dire de maladroit. Au fil de l'explication, ils furent d'abord surpris, puis grognèrent, et finirent par rire.

« Hi hi hi ! Vivre longtemps, ça réserve parfois ce genre de surprises, c'est drôlement amusant ! , t'as des idées drôles, toi. Des slimes, qui plus est des nouvelles espèces, c'est pas mal du tout. Ça porte bonheur, ça. »

« C'est sûr, si ce que tu dis se réalise, ça va faire un paquet de thunes. À ce moment-là, si t'es pas inscrit, la Guilde va faire du bruit. Pas mal pour ton âge, t'as un bon filon. Laisse-moi prier un peu. »

Piolo se mit à prier en ma direction. Qu'est-ce qu'il fait, celui-là ?

« Ne vous préoccupez pas trop de Piolo. Dès qu'il tombe sur quelqu'un qui a flairé un bon filon, ou qui est sur le point de l'attraper, il fait toujours ça. »

« La chance, c'est quelque chose que seuls les dieux peuvent manipuler. Quand on voit un gars qui a l'air d'attirer les bons plans, c'est la nature humaine que de vouloir s'en mettre un peu dans la poche, non ? »

Mouais, je comprends pas mal.

« Ceci dit, aujourd'hui j'ai été sacrément surpris. De quoi faire mes 8 ans de surprises d'un coup. Mais j'ai compris. Ce commerce, nous, on peut pas le faire. De la façon de penser le commerce mise à part, la blanchisserie sans tes slimes, c'est pas rentable. Mais toi qui les as, tu peux le faire. Fais-en un bon commerce, avec fierté. »

« Moi, tu m'as tapé dans l'œil. À mon âge, on s'étonne plus pour des broutilles… T'as de l'avenir, alors viens montrer ton visage de temps en temps. Je te sortirai le thé et les gâteaux, et je te conseillerai. »

« Merci. Je ferai de mon mieux. »

« Alors, passons au choix du local. Maître de Guilde, je compte sur vous. »

« Putain, t'as la main lourde avec la vieille, Serge. Piolo, l'étagère à gauche de toi, le haut. Le deuxième paquet de documents en partant de la droite, apporte-le. »

« T'engueules parce que j'utilise la vieille, mais toi tu bouges pas ! »

« Causse pas, dépêche-toi de le prendre. »

« Oui oui, j'ai compris… C'est quoi ça ? Y a que des biens avec des défauts, là. Le commerce de a de l'avenir, on pourrait pas lui trouver un endroit un peu mieux ? Si tu veux, j'investis moi aussi. »

« Espèce d'idiot, je l'ai déjà dit à Serge, ce gamin est bizarrement sérieux. Si vous sortez l'argent, il va se retenir, c'est sûr. »

Il m'a bien cerné en si peu de temps. C'est vrai qu'on m'a toujours dit "trop sérieux" ou "honnête à l'excès". Et utiliser l'argent des autres pour avoir une boutique, j'hésite. Les dettes, ce n'est pas quelque chose qu'on contracte à la légère, et si on me demande si je tiens assez à une boutique pour m'endetter, la réponse est non.

L'œil du marchand fait peur… C'est une peur qui n'a rien à voir avec la force.

« Bon, comme l'a dit Piolo, ce paquet regroupe des biens avec des problèmes. Mais du coup, ils sont moins chers. Et, pour faire extrême, toi il te suffit d'un comptoir et d'un entrepôt, non ? »

« Oui. Tout le travail sera fait par les slimes, donc pas besoin de point d'eau non plus. »

« Un blanchisserie qui dit pas avoir besoin d'eau, normalement on dirait "t'as pas de motivation !" … Bon, combien t'as de sous ? »

« 700 pièces d'argent. »

« T'en as pas mal, dis donc ? »

« Il y avait des bandits près de l'endroit où j'habitais avant. Je les ai abattus avec du poison. Il s'est avéré qu'ils étaient des criminels avec une grosse prime sur la tête. »

« Si t'as autant… Maître de Guilde, près de ma boutique y'avait un terrain vague. Ça, ça irait ? »

« Voyons… Y en avait bien un, c'est sûr… »

La maître de Guilde se mit à feuilleter les documents.

« … Ah, le voilà. Un terrain donnant sur le quartier résidentiel. Y avait une grande taverne, une auberge et un entrepôt pour leurs fournitures, donc l'emplacement est bon.

Mais l'auberge a fait un incendie, plus de la moitié a cramé, et les ruines sont encore là. Maintenant, l'herbe pousse n'importe comment, les bâtiments sont plus utilisables. Si on veut l'utiliser, faut démolir l'ancien, remettre le terrain à plat avant de construire. Ça coûte du temps et de l'argent, donc ça reste invendu. Hormis la démolition et l'aménagement du terrain, y a pas de défaut. Qu'est-ce que t'en penses ? »

« -sama, j'ai ouï dire que vous êtes un excellent mage de terre. L'endroit est spacieux, vous pourrez l'aménager comme bon vous semble. Qu'en dites-vous ? »

Le fait de pouvoir faire à ma guise est très attirant.

« Si je peux utiliser la magie de terre, je peux m'en sortir en y mettant du temps, non ? »

« Oui… »

Création de blocs, magie de terre, et le liquide de durcissement des Sticky Slimes… Ouais, ça marche.

« C'est bon. … D'après la carte, c'est près du quartier résidentiel. L'emplacement est vraiment bon. »

Gimul est une ville ovale, ceinte de murs robustes.

En son centre, une grande avenue relie la porte nord à la porte sud en ligne droite. À l'est, le quartier résidentiel ; à l'ouest, la zone industrielle avec les aciéries.

Autour de la porte sud, beaucoup d'auberges. L'auberge où je loge est aussi au sud.

De la porte nord part la route vers la mine (l'ancienne mine), donc hormis les mineurs, peu de gens l'empruntaient. Depuis l'abandon de la mine, même les mineurs ne l'utilisent plus, m'a-t-on dit.

De la porte est part aussi une route vers la mine, mais celle-ci n'est pas abandonnée. Pour que les mineurs puissent se rendre facilement à leur travail, le quartier résidentiel a été aménagé à l'est.

Et le terrain qu'on me propose est presque exactement à l'est du centre-ville, juste entre le quartier résidentiel et la grande avenue. D'ici, le quartier résidentiel et la Guilde des Aventuriers sont proches, la zone industrielle à l'ouest est un peu plus loin mais la route est claire. L'emplacement est quasi parfait.

Quand j'exposai mon raisonnement, la maître de Guilde approuva.

« C'est ça. Avant, c'était une taverne populaire. Les citadins et les aventuriers y venaient en foule après le travail. Même maintenant, si tu ouvres une boutique ici, elle sera bien visible. Mais il faut un capital conséquent. »

« Je vois… Alors, je prends celui-là. »

Honnêtement, je m'y connais pas en terrain. Mais je ne trouve pas l'emplacement mauvais. Proche du quartier résidentiel et de la Guilde des Aventuriers, c'est un bon point. Pouvoir faire ma boutique comme je veux, c'est attirant. C'est Serge qui me l'a présenté, et la maître de Guilde comme Piolo ont l'air bien. Je peux leur faire confiance.

« Tu es sûr ? »

« Oui. L'emplacement n'a rien à redire, et l'aménagement du terrain, la démolition et la reconstruction, je peux m'en sortir avec la magie et mes slimes familiers. Surtout, pouvoir créer ma boutique librement, ça me plaît. »

« Je l'ai déjà dit, mais c'est cher : 580 pièces d'argent. Et comme le terrain est grand, la taxe foncière est de 10 pièces d'argent, le droit de commerce et la cotisation annuelle 60 pièces d'argent. Total 650. Même comme ça, tu veux ? »

« Pas de problème. J'ai de la marge pour les frais de vie. »

« Certes, avec 50 pièces d'argent qui restent, tu peux vivre comme un noble pendant un an… Bon, je te vends ce terrain à .

Au fait, j'avais oublié : le droit de commerce ne s'applique qu'à l'inscription, donc cette fois seulement. La taxe foncière est doublée seulement à l'achat du terrain. À partir de l'an prochain, ce sera 5 pièces d'argent de taxe foncière par an plus l'impôt sur le revenu. Ne te trompe pas. »

« Compris. Merci beaucoup. »

On m'expliqua encore quelques choses, mais posséder une boutique dans ce monde n'est pas si compliqué. Il suffit d'acheter un terrain ou un bien via la Guilde et d'y faire son commerce. La comptabilité consiste à noter les recettes et les dépenses, et chaque année on paie à la Guilde l'impôt proportionnel au bénéfice plus la taxe foncière. Tant qu'on peut le faire, l'âge et le sexe importent peu, m'a-t-on dit.

On sent bien que la seule question, c'est : "Est-ce que ça rapporte ? Est-ce que tu peux payer ?"

D'ailleurs, la taxe foncière doublée cette fois, c'est comme le dépôt de garantie et le clé-money sur Terre. Le droit de commerce varie selon l'échelle : une étalage, c'est 5 pièces de cuivre, mais pour une boutique sur un terrain comme le mien, c'est 2 pièces d'argent.

Quant à la cotisation annuelle, elle a un côté donation à la Guilde. La vraie cotisation est modique, mais il n'y a pas de plafond. Payer plus montre sa solidité financière, ce qui améliore l'évaluation de la Guilde et apporte des avantages. Très marchand.

Ainsi s'achevèrent les formalités. Je remerciai les trois personnes et quittai la Guilde.

Serge devait participer à une assemblée qui se tiendrait bientôt à la Guilde du Commerce, et il semblait avoir des choses à régler avec la maître de Guilde et Piolo, alors nous nous séparâmes là-bas.

Après le travail à la Guilde, ce sera les jours de construction… Un bâtiment qui n'est pas une grotte, ça fait depuis mes jobs d'étudiant dans ma vie précédente. L'ancien travail était dur, mais voir le résultat prendre forme sous ses yeux, c'était aussi plaisant.

Je commence à avoir hâte.

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