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Boss lady and the little shopkeeper

Chapitre 4

Boss lady and the little shopkeeperBoss lady and the little shopkeeper
Chapitre 4

Chapitre 4

Chapitre 4/580%~14 min de lecture2 626 mots

était ivre et s’affala sur la banquette de la voiture, se frottant le front d’une main pour apaiser ses étourdissements.

Cette bande de vieux renards s’était mise à boire dès qu’ils s’étaient installés à table. Pourtant habituée à l’alcool depuis de nombreuses années, avait bien failli ne pas tenir le coup.

Même devenue , elle ne pouvait échapper à ce genre d’occasions.

était sans conteste une femme d’affaires accomplie. À ses débuts dans le milieu, bien des hommes plus âgés et des supérieurs hiérarchiques avaient essuyé des revers face à elle. En d’autres termes, elle figurait au sommet de la seconde génération des grandes familles de la ville A. Sans cela, comment son vieux père, malgré toutes ses récriminations, aurait-il pu finir par lui confier l’entreprise ?

Mais il y avait toujours des gens pour lui chercher des ennuis daerrière son dos, la traitant de « garçon manqué » ou remettant discrètement en cause ses décisions commerciales. Ainsi, à chaque banquet où elle se rendait, certains cherchaient toujours un moyen de la mettre mal à l’aise, multipliant les sous-entendus et les paroles à double sens. Face à une femme de carrière, certaines personnes étaient tout simplement incapables de masquer ce qu’elles pensaient réellement.

Une bande d’imbéciles.

Depuis son plus jeune âge, avait un tempérament autoritaire et dominateur. Dans ce genre de situation, il ne lui était pas rare de renverser purement et simplement la table, laissant ses interlocuteurs dans un profond embarras. Pourtant, personne ne pouvait réellement s’en prendre à elle : après tout, elle excellait dans son travail. Avec le temps, rares furent ceux qui osèrent encore la provoquer délibérément. Plus son statut et ses compétences grandissaient, plus elle agissait à sa guise. Même si certains en concevaient du ressentiment, ils n’osaient plus le manifester ouvertement. Malgré cela, les banquets inévitables faisaient toujours partie de ses obligations. Ils réunissaient tous ces vieux messieurs et ces anciens du métier, si bien que certaines situations restaient impossibles à éviter.

Le chauffeur se retourna vers elle avec inquiétude. « Présidente Nie, souhaitez-vous rentrer à la vieille demeure ? Ou bien rentrer chez vous ? »

« Non. »

Hors de question de retourner à la vieille demeure. Cela signifiait subir une nouvelle série de remontrances. Quant à rentrer chez elle… elle n’en avait aucune envie non plus. Il n’y avait rien d’intéressant là-bas.

« Conduisez-moi à la résidence Huaiyang. »

se souvint que lui avait envoyé un message dans l’après-midi pour lui dire de venir récupérer les biscuits qu’elle venait de préparer. Une idée lui traversa l’esprit et elle demanda à son chauffeur de prendre cette direction.

Pendant le banquet, les insinuations incessantes de ces vieux hommes au sujet de son mariage l’avaient profondément agacée.

L’orientation sexuelle de n’avait jamais été un secret dans la ville A. Pourtant, certains venaient toujours lui poser des questions avec un mépris à peine voilé, comme s’ils observaient un animal de foire.

Il y avait aussi ceux qui espéraient conclure une alliance matrimoniale avec elle : davantage de patrimoine, davantage d’appuis, trouver quelqu’un qui leur donnerait un enfant tout en continuant à aller semer leur graine ailleurs… Quel marché rentable !

Personne ne croyait que resterait célibataire toute sa vie. Selon eux, une femme, aussi forte et indépendante soit-elle, aurait forcément besoin d’une famille en vieillissant.

Des imbéciles.

ne put s’empêcher de laisser échapper un ricanement. Dans ces moments-là, elle avait vraiment envie de frapper quelqu’un.

Dans ces moments-là, elle avait besoin de sa .

Lorsque cette dernière sortit de la douche, la sonnette retentit. En regardant par le judas, elle aperçut une grande silhouette familière, appuyée contre sa porte, visiblement ivre.

— Elle avait renvoyé son chauffeur chez lui, puis s’était installée devant la porte de en prenant l’air d’une Dame pitoyable.

ouvrit précipitamment et l’aida à entrer. « Pourquoi êtes-vous venue ? Ah… vous avez beaucoup trop bu. Entrez vite. »

s’appuya faiblement contre son épaule. « Je suis allée à un banquet. J’y ai croisé une bande d’hommes stupides, et j’ai beaucoup bu… Je ne me sens pas bien. »

Bien qu’elle eût déjà dépassé la trentaine, elle savait encore faire la coquette comme une adolescente de dix-sept ou dix-huit ans.

posa une main sur son front avec sollicitude, referma la porte derrière elles et l’aida à s’allonger sur le canapé. « Allongez-vous un moment. Je vais vous préparer une soupe contre la gueule de bois. Soyez sage. »

Les cheveux de étaient si doux qu’ils donnaient envie de les caresser.

la regarda docilement, sa voix traînante d’ivresse, prenant volontairement un air adorable. « Je veux une soupe sucrée. »

fut complètement attendrie par cette moue et eut toutes les peines du monde à garder son calme.

Elle sourit. « D’accord, je sais. »

Après avoir parlé, elle prit son courage à deux mains et passa une nouvelle fois la main dans les cheveux de avant de se lever pour aller préparer la soupe dans la cuisine.

Pendant que celle-ci cuisait, elle humidifia une serviette propre et vint essuyer délicatement le visage de .

Cette dernière demeurait étendue, un peu hébétée, sur le canapé du salon, la regardant entrer et sortir de la cuisine.

Peut-être était-ce la lumière qui enveloppait tout d’une douce chaleur.

, vêtue d’un tablier, préparait une soupe pour elle dans la cuisine. L’air était imprégné de ce parfum doux et rassurant qui n’appartenait qu’à elle. Elle lui parlait d’une voix basse, tandis que ses doigts blancs et délicats glissaient doucement entre ses sourcils, apaisant peu à peu son malaise.

se sentit encore plus enivrée.

C’était si chaleureux… Elle aimait cette sensation plus que tout. Et elle la désirait de tout son cœur. Elle avait envie de l'arracher à tout le reste, sans tenir compte de quoi que ce soit. D'être égoïste.

Et alors ? Même si elle la lui prenait, elle la traiterait deux fois mieux que quiconque. Cela ne compenserait-il pas tout le reste ?

C'est avec ces pensées embrumées que s'endormit.

Lorsqu'elle se réveilla, ce fut dans un parfum délicat.

Une couverture rose ornée de petits lapins… Elle n'était pas dans sa vaste chambre au style européen.

se redressa sur le lit. Sa tête ne portait plus la moindre trace de sa gueule de bois. Elle demeura un instant interdite avant que les souvenirs de la veille ne lui reviennent.

S'être accrochée à quelqu'un, avoir parlé d'une voix aussi mielleuse sans vouloir la lâcher…

Quelle honte.

Mais la couverture de sentait si bon. Elle avait cette odeur caractéristique des couvertures régulièrement mises à sécher au soleil. Alors que serrait bêtement la couverture de contre elle pour en humer le parfum, elle entendit frapper à la porte.

« Vous êtes réveillée ? J'ai préparé le petit-déjeuner. Il y a du congee. »

La voix douce et enjouée de parvint de l'autre côté de la porte.

« Oui, je suis réveillée. J'arrive tout de suite. » se redressa à contrecœur, repensant à cette vie de rêve qu'elle avait imaginée sous l'effet de l'alcool.

Mais une légère douleur se fit sentir dans le bas de son ventre.

Un mauvais pressentiment l'envahit. Elle souleva la couverture. Qu'était donc cette tache sur le drap ?

Euh…

Aussi puissante que fût , elle ne pouvait échapper aux caractéristiques physiologiques d'une femme. Ses règles étaient inévitables.

Heureusement, elle jouissait d'une excellente santé. Depuis son enfance, elle entretenait aussi bien son mental que sa condition physique. En cours d'éducation physique, elle faisait partie des meilleures de sa classe. Ses menstruations avaient donc toujours eu très peu d'effet sur elle, au point d'être presque négligeables. Même pendant cette période, elle continuait à boire ou à sortir en boîte si elle en avait envie.

La situation actuelle la laissait donc quelque peu déconcertée.

Elle avait probablement trop bu la veille. Ajouté à un rythme de vie récemment très irrégulier, cela avait non seulement aggravé la douleur, mais aussi considérablement affaibli son corps. À présent, elle n'avait qu'une envie : rester allongée à gémir sous l'effet de la douleur.

demeura à moitié allongée sur le lit, l'air abattu.

Elle se dit que ces employées qui demandaient chaque mois un congé à cause de leurs douleurs menstruelles souffraient réellement et méritaient qu'on accepte leur demande.

Le problème, à présent, était qu'elle avait taché les adorables draps de .

Quelle humiliation.

À peine y pensait-elle que frappa de nouveau à la porte. « Vous êtes prête ? Je peux entrer ? »

se laissa retomber sur le lit et répondit d'une voix faible. « Hum… »

Lorsque entra, elle découvrit allongée sur le lit, le visage pâle, dans un état particulièrement pitoyable. « Vous ne vous sentez pas bien ? »

Elle lui caressa les cheveux avec inquiétude.

Avant même que ait pu répondre, aperçut la situation sur le drap. Incapable de se retenir, elle éclata de rire.

Ainsi, même quelqu'un d'aussi imposant et intimidant que pouvait être terrassé par des douleurs menstruelles…

C'était presque attendrissant. Mais la voir souffrir ainsi lui faisait surtout de la peine.

« Ce sont donc des douleurs menstruelles ? Gardez-vous bien au chaud. Pour l'instant, il va falloir les supporter. Je vais vous trouver des vêtements de rechange, puis je vous préparerai une décoction de gingembre et de cassonade. Ne vous inquiétez pas, la douleur passera bientôt. »

ouvrit son armoire, en sortit une culotte propre, une longue jupe ainsi qu'une serviette hygiénique. Elle accompagna ensuite jusqu'à la salle de bains avant de revenir changer les draps.

, dont on s'était occupée comme d'un enfant pendant tout ce temps : Elle éprouvait sans la moindre honte un immense sentiment de confort. Elle continua donc à faire semblant d'être faible, poussant de petits gémissements pour attirer davantage la compassion de . Comme si cette femme qui arpentait habituellement les couloirs en talons hauts, réduisant les directeurs de département au silence, n'avait jamais existé.

À cet instant, contemplait d'un air absent la culotte de . Cette petite chose aux couleurs pastel ressemblait à un rêve de jeune fille. Le modèle, cependant, était très simple, sans dentelle ni décoration particulière, adorable à l'image de sa propriétaire.

eut soudain l'impression de devenir de plus en plus vulgaire...

Quelle honte.

Chassant rapidement ces pensées de son esprit, elle se changea, lava ses sous-vêtements puis les fit sécher dans la salle de bains.

Décidément, c'était un matin bien particulier.

Une fois cet incident imprévu réglé, elles s'assirent toutes deux dans le salon pour savourer un congee bien chaud accompagné des petits plats préparés par . Le repas était léger et délicieux. L'air embaumait la douce odeur du sucre brun ; la soupe au gingembre et au sucre brun qu'avait préparée fumait encore dans sa casserole.

Quel confort...

De tous les lendemains de cuite qu'avait connus , jamais elle ne s'était sentie aussi bien physiquement et moralement. Si l'on faisait abstraction de l'arrivée impromptue de ses règles, bien entendu.

Être auprès de cette personne était un véritable bonheur.

eut envie de se donner une gifle.

Durant les dix années de sa vie d'adulte, elle avait toujours vécu librement et sans contraintes, suscitant l'envie de nombreuses personnes. Pourtant, elle savait qu'à certains moments, lorsqu'elle se retournait sur son propre parcours, un léger sentiment de vide l'envahissait. Mais sa nature franche et détachée lui faisait rapidement balayer ces pensées sans s'y attarder. Malgré tout, cette impression persistait quelque part au fond d'elle.

Pour prendre une image, c'était comme une cigarette une fois consumée : une fois la fumée dissipée, il ne restait que des cendres froides, ternes et sans saveur.

Mais rester auprès de éveillait sa cupidité.

« Pourquoi me regardez-vous comme ça ? » éclata de rire. « Dépêchez-vous de manger. Après le repas, vous devrez bien vous reposer. »

se redressa et afficha son éternel sourire aussi séduisant qu'insolent. « Un spectacle aussi agréable à contempler ne fait qu'ouvrir davantage mon appétit. »

Dans son regard débordant d'affection, on avait l'impression que représentait son univers tout entier. Les longues jambes devant elle étaient fines, blanches, pleines de vitalité plutôt que fragiles. La longue jupe de s'arrêtait juste au niveau des genoux de .

En véritable amatrice de belles choses, ne put s'empêcher de sentir qu'elle était ouvertement courtisée. « Mangez sagement, sinon j'ajouterai encore plus de gingembre dans votre soupe tout à l'heure. » Le visage de s'empourpra, mais cela ne l'empêcha pas de riposter.

« J'ai eu tort, grande bienfaitrice. Je vous en prie, soyez miséricordieuse. » implora son pardon, sans parvenir toutefois à faire disparaître le sourire qui étirait toujours les commissures de ses lèvres.

Toutes deux continuèrent à discuter de mille sujets, et une atmosphère de joie emplissait la pièce.

pensa : ‘ Au diable le reste... Je ne veux qu'elle. ‘

Elle voulait vivre à ses côtés ; s'endormir chaque soir dans ses bras, se réveiller enlacées chaque matin, déposer un baiser sur sa joue avant de se lever pour préparer le petit-déjeuner. Pendant qu'elle ferait griller le pain ou cuirait des œufs, ferait chauffer le lait. Elles prendraient leur petit-déjeuner ensemble avant qu'elle ne la dévore du regard, puis partiraient travailler côte à côte. Elle conduirait à son salon de thé au lait avant de rejoindre sa propre entreprise. À midi, elle irait la retrouver pour déjeuner avec elle. Elle voulait la serrer dans ses bras, l'embrasser, lui tenir la main pendant leurs promenades.

voulait cette personne.

Elle ne devait pas craindre de blesser par ses propres désirs égoïstes. Elle avait confiance en elle, et accepterait sûrement.

Elle s'occuperait de tout. Si vivait avec elle, elle ferait en sorte qu'elle ne manque jamais de rien. Elle serait plus heureuse auprès d'elle qu'auprès de n'importe qui d'autre.

Et si, finalement, ne souhaitait vraiment pas être avec elle... qu'y aurait-il de mal à redevenir simplement amies ?

La raison pour laquelle était devenue une véritable , c'était qu'elle n'avait jamais eu peur de perdre.

Quant à ce qu'elle avait déclaré auparavant, à savoir qu'elle garderait ses distances avec ... , qui avait déjà été contredite de manière éclatante par la réalité, se dit intérieurement avec l'assurance d'un second Wang Jingze : ‘Voilà toute l'essence de l'amour. Personne ne sait à quel moment il arrive.’

(NT : fait référence à Wang Jingze, un jeune Chinois devenu un mème après avoir juré qu'il ne mangerait jamais un plat avant de finir par le dévorer, et désigne donc quelqu'un qui renie avec aplomb ce qu'il avait affirmé auparavant.)

C'était vraiment...

Délicieux.

reprit une grande bouchée de congee.

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Note de l'autreur:

Même ne peut pas échapper à ses règles (:з」∠)

Mouah, bisous~ .

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