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Black Summoner

Chapitre 24 : Le nettoyage des ordures

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Chapitre 24

Chapitre 24 : Le nettoyage des ordures

Chapitre 24/24100%~7 min de lecture1 324 mots

Il fait beau aujourd'hui. L'endroit est idéal pour un rendez-vous. C'est Efil qui m'a invité cette fois, mais je reste un homme normalement constitué : à vrai dire, je m'en réjouissais d'avance. Que l'on vienne gâcher un moment pareil, personne n'apprécierait. D'autant qu'il a voulu porter la main sur Efil et les autres. Je ne serai pas tranquille tant que je ne l'aurai pas mis à terre.

« To-toi ! Tu oses ces violences en sachant que je suis le troisième prince de Trisen ?! »

« Oui, je le sais. Et les premiers à user de violence, c'était vous. »

« Es-espèce de salaud, tu es prêt à en assumer les conséquences, j'espère ?! »

« Pff, si tu as le temps de débiter des répliques de troisième ordre, mets-toi plutôt en garde. »

Tabla et son escorte finissent par dégainer l'épée qu'ils portent à la ceinture et se mettent en position de combat. Quel relâchement...

« Tu le regretteras dans l'autre monde ! »

Le garde A et le garde B lèvent leur épée et fondent sur Kelvin. Mais leurs attaques le traversent, et les lames ne fendent que l'air. Les gardes n'ont sans doute rien compris à ce qui venait d'arriver.

'L'escorte d'un prince royal n'est donc que de ce niveau', soupire Kelvin en son for intérieur. Il s'est contenté d'esquiver les lames abattues grâce à la seule agilité que lui donnent ses caractéristiques. Il n'a employé ni magie ni rien d'autre. Ils sont simplement incapables de le suivre des yeux.

« Quoi, il a disparu ?! »

Franchement, ces types sont beaucoup trop lents...

« Hé, vous n'êtes pas censés escorter votre prince ? »

Les gardes se retournent : Kelvin se tient derrière Tabla. Tabla ne peut plus bouger. Kelvin lui presse une dague contre la gorge.

« Vo-vous deux, pas un geste malheureux ! »

« Comme le dit monsieur le prince, mieux vaut ne pas bouger. »

Tabla, qui sent la mort de près pour la première fois de sa vie, paraît affreusement désorienté. 'Et si je le sondais un peu avant de l'écraser ?'

« Alors, monsieur le prince, quelle affaire vous amène à Parz ? »

Kelvin pose la question avec un sourire noir, en tapotant la gorge de sa lame. Les gardes ne peuvent rien faire dans cette situation et se contentent d'observer la scène.

« Cela ne te regarde en rien. Retire ça tout de suite. Si c'est maintenant, je passerai l'éponge. »

« Holà, c'est moi qui pose les questions. »

Je lâche sur les deux gardes une Pression de Vent Lourde (Air Pressure) réglée juste assez fort pour les plaquer au sol. Au fil du temps, c'est devenu le sort que j'emploie le plus souvent. Lancée pour de bon, elle peut broyer jusqu'à un monstre de rang B, mais il n'est pas question de faire ça en pleine ville. Comme prévu, les gardes s'enfoncent dans le sol.

« Qu-qu'est-ce que c'est que ça... »

« Je n'arrive pas... à me lever... »

« Jean, Alba, que vous arrive-t-il ?! »

À les voir si perdus, ils ne connaissent apparemment pas la Pression de Vent Lourde (Air Pressure). Difficile de dire s'ils sont ignorants ou si la magie n'est pas développée à Trisen.

« La prochaine fois, je l'emploierai sur monsieur le prince, alors répondez-moi sans détour, je vous prie. »

« To-toi... ! »

« Au passage, mon aptitude me permet de déceler si l'on ment. Évidemment, dans ce cas-là aussi j'emploierai la chose, alors réponds en connaissance de cause. »

« Gr... merde ! »

L'aptitude à déceler le mensonge est un bluff. Je ne possède rien de tel. Mais Tabla s'est visiblement laissé prendre de bon coeur.

« ... Je suis venu voir Rio, de la guilde des aventuriers. »

Tabla répond en marmonnant.

« Comment cela ? »

« On m'a dit qu'un aventurier de grand talent était apparu récemment, avec Parz pour base. Pour en avoir le coeur net, je me suis déplacé jusqu'ici en personne, moi, un prince. »

« Pour un prince en voyage, la qualité de ton escorte laisse rudement à désirer. Trisen est un État militaire, non ? »

« Hmph ! Trisen est une méritocratie. Ce sont les capables qui occupent les premiers rangs. Ma position à Trisen équivaut à n'en avoir aucune. »

« Et donc tu voulais te mettre un aventurier de valeur sous les ordres pour t'attribuer le mérite ? »

« Oui, parfaitement ! »

Comment dire, sa pensée est bien trop simple... N'est-ce pas justement pour cela que personne ne le prend au sérieux dans son propre pays ?

« Pff. Au passage, cet aventurier, c'est moi. »

Même s'il veut se constituer une suite, la conduite de Tabla étant ce qu'elle est, ceux qui pourraient se rassembler ne se rassembleront pas. Et quand bien même il s'assurerait des talents grâce à la marque que constitue le sang princier, ces gens-là ne vaudraient pas grand-chose.

« Qu-quoi ?! Alors entre à mon service, je t'en prie ! »

« Il n'en est pas question ! »

Tout en lui rétorquant, j'abats sur lui comme sur ses gardes une Pression de Vent Lourde (Air Pressure) à la puissance accrue. Tabla et les siens s'enfoncent dans le sol comme dans un manga comique.

« Essaie donc encore de venir nous chercher. Cette tête-là, je l'écraserai pour de bon. »

J'ignore s'ils sont encore conscients, mais autant planter le clou. Bien, le nettoyage des ordures est terminé.

À l'instant même où Tabla est écrasé et où s'achève ce combat qui n'en était pas un, une acclamation monte de l'assistance.

« Beau travail, mon maître. »

« C'é-c'était super classe ! »

Efil et Anje accourent.

« Voilà une belle interruption. On rachète des gâteaux ? »

Toutes deux hochent la tête, ravies. Malgré les taquineries des gens alentour, nous reprenons notre rendez-vous.

Le soir même, après notre rendez-vous, de retour dans notre chambre à l'auberge.

Efil et moi sommes allongés dans le lit. Il n'y a toujours qu'un seul lit dans la pièce. J'ai fait la demande un nombre incalculable de fois à Claire, mais chaque fois elle trouve un prétexte pour refuser. J'ai fini par renoncer.

Le jour où j'ai racheté Efil au marchand d'esclaves, nous avons décidé de dormir ensemble. Même pour une chambre simple, le lit est assez large. En se serrant, on y tient sans peine. Au début, nous étions l'un comme l'autre passablement tendus, mais on s'habitue à tout : aujourd'hui, nous dormons naturellement blottis l'un contre l'autre.

« Merci pour aujourd'hui. »

Alors que je somnole vaguement, couché, Efil, allongée à côté de moi, m'adresse la parole.

« Qu'est-ce qui te prend, tout à coup ? »

« De m'avoir accompagnée jusqu'à la boutique pour satisfaire mon caprice, et de m'avoir protégée. »

Ah, ce n'était que ça.

« C'est moi qu'Efil aide tous les jours. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir. »

En un mois, Efil a superbement grandi, comme aventurière et comme servante. Mais elle cache au-dehors une part enfantine, conforme à son âge. Quand nous sommes seuls tous les deux, elle se fait souvent câline.

« Quand ce prince a posé les yeux sur moi, je n'ai pas pu bouger pendant un instant. Il me manque encore beaucoup de force... »

Je lui tiens la main et, de l'autre, je lui caresse la tête. Efil aime bien qu'on la caresse, mais quand on lui prend la main, son visage devient tout mou.

« Te dire de ne pas t'en faire ne servira à rien, tu t'en feras quand même. Alors gagnons en force ensemble. J'ai besoin d'Efil. »

« Snif... Oui, je vous accompagnerai toute ma vie... ! »

Ah, j'ai encore fait pleurer Efil. Cela me rappelle le jour où j'ai brisé la malédiction. Pour l'instant, je lui prête ma poitrine jusqu'à ce qu'elle cesse de pleurer.

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C'était le dernier chapitre disponible pour Black Summoner.

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