Winston traînait un gros poisson de deux à trois mètres de long, laissant derrière lui une traînée humide bien visible tandis qu'il avançait.
La gueule ronde du poisson était grande ouverte, il se débattait de toutes ses forces.
« Bien. » Winston plissa les yeux en jetant un coup d'œil au dos d'Alva. Il semblait qu'il devait confier du travail à ce nouveau membre.
Winston détourna le regard et dit : « Je vais tuer le poisson. Tu pourras le manger dans un moment. »
« J'y vais avec toi. »
Une silhouette grande et une petite se reflétaient à la surface de l'eau pendant que la roue hydraulique tournait paresseusement. Les rides provoquées par la roue faisaient paraître leurs reflets tantôt longs, tantôt courts. C'était une scène harmonieuse.
Winston sortit la lame de pierre qu'il gardait à sa taille et trancha net la tête du poisson. Puis il la nettoya soigneusement, sans se soucier le moins du monde de la taille énorme du poisson.
« Comment allons-nous manger un poisson si gros ? » Bai Qingqing piqua le ventre du poisson. Soudain, une idée lui vint, et elle cria : « Aaah ! C'est vrai ! Faisons des boulettes de poisson ! »
« Mm ? »
Réprimant son excitation, elle dit avec enthousiasme : « Quand on rentrera, je vous l'expliquerai à toi et Parker ensemble. »
Winston répondit. De ses mains rapides, il eut bientôt fini de préparer le poisson.
…
« Des boulettes de poisson ? » Parker, qui allumait un feu sous l'arbre, dévoila un regard perplexe en entendant la suggestion de Bai Qingqing. « Comment on fait ? »
Winston plaqua le poisson nettoyé sur le gros rocher qui leur servait de table à manger.
Bai Qingqing dit pressamment : « C'est très simple. D'abord, vous hachez la chair du poisson, puis vous formez des boules avec la pâte de poisson. C'est tout. »
Parker acquiesça et dit : « D'accord, je vais cuire la tête du poisson à la vapeur d'abord. »
« Mm. »
Pendant que Parker s'occupait de la tête du poisson, Winston commença à le désosser et à l'écailler.
Le gros poisson avait des arêtes épaisses mais peu nombreuses et était facile à manipuler. Après avoir retiré la peau, Winston lava deux rochers et commença à piler le poisson sur la table de pierre.
Bang ! Bang ! Bang !
De forts coups résonnaient tandis que l'homme pilait la chair de poisson avec ses puissants muscles des bras saillants. Chaque coup faisait trembler le cœur involontairement, se demandant quels dégâts une telle force infligerait si elle s'appliquait à une personne.
Même Bai Qingqing eut un peu peur en le regardant. Mais les hommes sérieux au travail sont les plus charmants. Du coup, elle le trouva encore assez beau.
Bai Qingqing fixant Winston tout du long, Parker ne put plus tenir en place. Il souleva le couvercle de la marmite et éventa doucement l'air dans sa direction.
Une vapeur blanche se répandit dans l'air vers Bai Qingqing, lui faisant froncier le nez. « Ça sent si bon ! »
Parker remit vivement le couvercle et ajouta du bois dans le feu avec un air sérieux. « Ah bon ? Tu veux goûter ? »
« D'accord ! »
Sans se douter de son petit manège d'à l'instant, Bai Qingqing se déplaça du côté de Parker.
Maintenant que le couvercle était complètement ôté, un parfum encore plus intense s'échappa. L'arôme de poisson, mêlé à la légère fragrance de l'ail, plus l'ajout de fines nouilles de féculent, rien que l'apparence mettait l'eau à la bouche.
Se rappelant comme elle avait vomi la veille, Bai Qingqing ne prit qu'un minuscule morceau de chair de poisson et le porta prudemment à sa bouche.
Parker la fixa nerveusement. « Comment c'est ? »
Bien que la tête de poisson doive dégager l'odeur de poisson la plus forte, grâce à l'ajout d'une grande quantité d'ail, l'odeur de poisson fut complètement masquée.
Après avoir avalé la chair de poisson, Bai Qingqing ne ressentit aucune nausée. Ce fut seulement alors qu'elle s'écria ravie : « C'est délicieux ! »
Parker se détendit. « C'est super. Tu arrives enfin à manger ce que tu aimes. »
Bai Qingqing finit la grande marmite de tête de poisson, nouilles de féculent comprises. Elle alla ensuite s'allonger sur l'herbe le temps que la nourriture soit digérée, se sentant décontractée et relaxée.
C'était son repas le plus satisfaisant depuis qu'elle avait arrêté d'allaiter.
Les choses avançaient bien du côté de Winston aussi. À la force brute, il pila toute la chair de poisson en une pâte.
Quand il regardait Bai Qingqing, il pilait encore plus fort.