Les jeunes serpents s'enfuirent dans la pièce vide d'à côté et aucun bruit n'en sortit.
« Ils peuvent se souvenir des choses maintenant, n'est-ce pas ? » demanda à nouveau Bai Qingqing.
Curtis répondit : « Bien sûr. »
Bai Qingqing dit avec fermeté : « Il est temps de les laisser vivre séparément de nous. »
Curtis prit la peau de bête que tenait Bai Qingqing et lui couvrit les jambes, puis l'emporta pour l'asseoir dans le nid. Bai Qingqing pouvait sentir le désir de Curtis et s'assit docilement sur ses jambes, n'osant pas bouger.
« Nous, les hommes-bêtes solitaires, ne sommes généralement pas élevés par nos parents. C'est pour cela que nous avons l'héritage transmis pour nous aider à survivre. Ce sont mes enfants, et quand ils entreront dans la phase de maturité, ils éveilleront des souvenirs liés aux compagnons. Nous deux serons les souvenirs les plus nets qu'ils auront. »
L'expression de Bai Qingqing devint immédiatement étrange. Elle regarda le visage de Curtis un moment, puis secoua vigoureusement la tête.
'Ces jeunes serpents ne vont pas développer un complexe d'Œdipe, hein ? S'ils deviennent tous aussi dominateurs et obstinés que Curtis... Elle n'osait vraiment pas imaginer comment les choses tourneraient.'
« J'aimerais les laisser partir quand ils seront un peu plus grands », dit Curtis d'un ton sans émotion, le fond de ses yeux profonds cachant une intention meurtrière faible mais persistante.
Bai Qingqing se tut. Curtis caressa doucement sa tête, sans la presser de répondre, mais en disant : « Ne m'en veux pas. »
Bai Qingqing sut que Curtis était sérieux et elle devint anxieuse, disant : « On peut les laisser partir quand ils auront atteint la maturité, et ensuite garder le contact avec eux seulement après qu'ils auront trouvé leur compagne. »
« Ils ont des sentiments pour toi. En plus des troubles qu'ils subissent à cause de mes souvenirs, ils reviendront certainement te chercher immédiatement. Tu me forces à les tuer », dit Curtis sans pitié.
Le visage de Bai Qingqing pâlit tandis qu'elle regardait vers une petite porte dans la chambre.
Quelques jeunes serpents sortirent la tête et les épiaient du coin de l'œil. Quand ils virent Bai Qingqing les regarder, ils dartèrent leur langue, sifflant en s'éloignant. Il n'y avait pas la vigueur habituelle dans leurs voix.
'Ils ont dû comprendre !' pensa Bai Qingqing.
« Alors il faut qu'on les traite mieux avant de les laisser partir », dit Bai Qingqing en supportant la douleur dans son cœur.
Curtis sourit avec indulgence. « D'accord. »
…
Parker courut jusqu'aux champs et vit de loin un homme-bête tigre musclé se tenant dans leur champ.
« Tu es venu toi aussi. » Winston ne se retourna pas mais put discerner qui c'était à ses pas.
Les plants qui avaient grandi jusqu'à la longueur d'une paume étaient immergés à mi-hauteur par l'eau de pluie, et Winston utilisait une bassine pour écoper l'eau. Une partie de l'eau écopée s'infiltrat encore dans la fosse.
De nombreux hommes-bêtes faisaient de même, le visage rempli de joie. Ils savaient que les plants pousseraient très vite avec une pluie abondante. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'une tempête imminente allait arriver.
Parker laissa échapper un reniflement. De penser qu'il lui avait volé son travail. Il était trop détestable !
En pensant à Bai Qingqing, qui était de retour à la maison et en chaleur, l'humeur de Parker s'améliora immédiatement tandis qu'il discutait tranquillement avec Winston. « Les hommes-bêtes tigres vous ont informé, n'est-ce pas ? »
Winston ne répondit pas et continua à travailler en silence.
Parker sauta aussi dans le champ, écopant l'eau. « Curtis a dit qu'il va y avoir une forte pluie bientôt. Les serpents sont très sensibles à la météo, et il a dit que la pluie va être extrêmement forte. »