« Winston ? » Bai Qingqing agita les baguettes devant lui, et il se réveilla en sursaut, attrapant vivement les baguettes.
« On s'en sert comme ça. » Elle s'approcha de lui et lui montra comment manipuler les baguettes.
Parker fut saisi de jalousie et se glissa entre eux deux, repoussant Bai Qingqing sur le côté. « Dépêche-toi de manger le poisson. Je lui apprendrai à s'en servir. »
Bai Qingqing réalisa brusquement que l'ambiance était bizarre. Parker était son compagnon, et il semblait un peu trop intime qu'elle ait agi si familièrement avec un autre mâle devant son propre compagnon. Cependant, Winston était sa bête gardienne et l'avait tant aidée sans rien demander en retour…
Aaah ! Son esprit était en tel désordre !
« D'accord », dit Bai Qingqing d'une voix douce, baissant la tête et se mettant à manger.
Parker enseigna à Winston à la va-vite, puis se mit à dévorer sa propre nourriture. Winston ne posa pas plus de questions. Il se rappela la façon dont Bai Qingqing tenait les baguettes et piquait maladroitement le poisson dans le bol.
Parker perça le ventre d'un poisson, découvrant qu'il contenait des œufs. Il en ressortit le bloc entier et le déposa dans le bol de Bai Qingqing. « Pour toi. »
Bai Qingqing sentit une chaleur au creux de la poitrine. Elle sourit et dit : « Merci. »
La queue de Parker, par terre, se mit à battre follement. Cela souleva de la poussière. Il l'arrêta donc prestement.
Les baguettes de Winston tombèrent par hasard sur un morceau d'œufs de poisson, et il l'extirpa sans réfléchir. Comme il ne maîtrisait pas les baguettes, les œufs se dispersèrent tous. Avec beaucoup de mal, il parvint à en saisir un morceau un peu plus gros. Il leva la main, mais comprit qu'il n'avait pas le droit de faire un tel geste, et ses baguettes restèrent suspendues en l'air. Il fourra alors les œufs dans sa bouche.
Parker trouva d'autres œufs dans son poisson et les remit une fois de plus dans le bol de Bai Qingqing.
Bai Qingqing dit : « N'm'en donne plus. J'arrive même pas à finir le poisson qu'il y a dans mon bol. »
« Donne-moi le poisson, alors. » En disant cela, Parker lui retira un poisson qu'elle n'avait pas fini. Il en prit un second. Bai Qingqing couvrit vivement son bol.
« Je les ai mangés. C'est pas propre pour toi. »
Parker affirma : « C'est propre. »
Bai Qingqing se sentit démunie. Elle couvrit son bol et sortit du riz. « Le poisson, c'est bon aussi. J'aime bien ça, moi. »
Ce n'est qu'alors que Parker renonça. Toutefois, chaque fois qu'il dénichait des œufs, il les retirait et les donnait à Bai Qingqing sur-le-champ. Ce fut seulement quand elle fut rassasiée qu'il finit ses restes sans les dédaigner.
Finalement, la marmite de poisson fut vidée, Parker et Winston se l'étant disputée, sans laisser une seule goutte de soupe.
Bai Qingqing s'habitua progressivement au froid rigoureux de ce monde. Même si le temps était considéré comme clair aujourd'hui, elle se surprit à ne pas tenir en place. Elle s'emmitoufla solidement et commença à faire un bonhomme de neige devant la porte.
La neige qu'on n'avait pas foulée était toute propre, d'un blanc pur. Bai Qingqing ôta ses gants en peau de bête, ramassa une pelletée de neige et la roula en boule.
Parker et Winston étaient en train de reboucher les trous autour de l'abri à oiseaux. Ce piège avait déjà été repéré, il serait inutile de le remettre en état. Bai Qingqing leur dit de bâtir un cercle de rondins autour de l'endroit, spécialement pour parquer les oiseaux à ailes courtes. La terre qu'on avait déblayée auparavant était empilée sous le toit et pourrait servir à caler les rondins.
Voyant que Bai Qingqing jouait avec la neige, Parker interrompit son travail et marcha vers elle. Il lui ceignit la taille de ses bras et l'enlaça par derrière.
« Pourquoi es-tu sortie ? Ne tombe pas malade à cause du froid. »
Bai Qingqing essaya de dégager les mains de Parker, en vain. Elle le traîna donc avec elle en se penchant pour ramasser encore de la neige. « Je tomberai pas malade. J'ai pas froid. »
Mais Parker était trop lourd, et quoi qu'elle fît, ses mains n'atteignaient pas le sol. Avec Parker sur son dos, elle avait l'impression d'être une vache qui laboure.
« Hé ! J'ai vraiment pas froid ! » Bai Qingqing renonça et pendit aux bras de Parker.
Parker regarda les mains de Bai Qingqing et vit qu'elles étaient rouges de froid. Le cœur serré, il les saisit, enveloppant ses petites mains glacées dans ses grandes paumes.