Le corps de l'énorme serpent qui chassait frénétiquement de la nourriture au fond de la mer fit une pause et il leva les yeux vers le haut, inquiet.
Partout au fond de la mer, des poissons nageaient en bancs. Pour Curtis, c'était de la nourriture sur la table. Ayant jeûné pendant une semaine, son estomac opposait une résistance intense.
Réprimant sa faim, Curtis se tourna néanmoins pour nager vers la surface.
Cette énorme vague faillit chavirer le bateau. Ce frôlement avec le danger fit instantanément basculer hors de sa peur psychologique. Elle eut si peur qu'elle s'aplatit sur le bateau.
« Curtis… » La voix de était rauque. Sa voix douce fut engloutie par le bruit des vagues, si bien qu'elle ne put s'entendre distinctement non plus.
Mince alors, elle regrettait amèrement. Si elle avait su que cela arriverait, elle ne serait pas partie en mer avec Curtis. Un petit bateau comme celui-ci chavirerait vraiment au large !
Elle alternait entre regarder les vagues et le fond de la mer, espérant que Curtis remonte plus vite, mais ne supportant pas pour autant d'interrompre son repas. Elle se sentait très partagée.
Elle regardait vers le fond de la mer lorsqu'une silhouette noire passa rapidement dans l'eau.
eut si peur qu'elle haleta, reculant par réflexe et tombant sur les fesses dans le bateau gonflable.
'Qu'était-ce ?'
'Un requin ? Non, impossible. Cette ombre était trop rapide, et on ne voyait aucune résistance de l'eau. Pourtant, ce n'avait pas l'air non plus de la silhouette de Curtis.'
Elle avala sa salive, puis rassembla son courage pour se pencher à nouveau à l'endroit où elle se trouvait tout à l'heure.
L'eau était toujours de cette nuance de bleu qui s'assombrissait progressivement, sans aucune ombre noire à voir. se sentit surprise et perplexe en s'approchant de l'eau pour regarder en bas.
Soudain, sentit que son corps était également couvert par une ombre. Son corps se raidit instantanément et son cœur battit si vite qu'on aurait dit qu'il allait lui sauter à la gorge.
Au moment même où elle ressentait l'horreur, elle eut aussi une intuition. Mais cette intuition lui apporta une joie intense.
« Cui-cui ~ » Un cri d'aigle retentissant, empli d'émotion, retentit. Il était si proche que les tympans de eurent l'impression d'éclater.
Elle perdit instantanément tous ses moyens et resta sur place, hébétée.
À l'instant suivant, un vent soulevé par d'énormes battements d'ailes arriva. Le corps de se sentit lourd et elle fut plaquée sur le bateau.
« Muir… »
Muir enlassa sa compagne étroitement de ses ailes, son bec lisse mais solide frottant contre le visage de sa compagne. Sa poitrine était remplie de l'immense allégresse de retrouver ce qui était perdu.
« Rouu ~ » Muir répondit d'une voix grave.
se retourna et fit face à Muir, examinant sa tête un moment, puis saisissant sa tête à deux mains, les yeux brillants de larmes agitées.
« C'est vraiment toi ! Tu m'as enfin retrouvée ! »
« Rouu rouu ~ » Muir réprima ses émotions agitées et reprit sa forme humaine, ses bras toujours enroulés autour d'elle.
« Tu m'as tant manqué. » Muir rangea les cheveux emmêlés de , mouillés par les vagues. Il posa sa main sur sa nuque et l'embrassa violemment.
Il l'embrassa frénétiquement mais sans aller trop loin. Il se contenta de mordre çà et là pour assouvir son besoin.
supporta la douleur un moment, mais finit par le repousser.
Ce n'est qu'alors que Muir la lâcha, ses yeux profonds et noirs fixés sur elle. Quelque immense que soit le monde, il semblait que rien ne pouvait entrer dans son regard.
Les lèvres de se fendirent et devinrent même gonflées au bout d'un moment, paraissant pulpeuses et adorables.
Muir se calma progressivement. Il frotta les lèvres de à l'endroit où elles étaient fendues. Ses ongles, pas encore achevés dans sa transformation humaine, étaient d'un noir d'encre mais dégageaient une beauté sauvage.
« Je suis désolé, je n'ai pas pu me retenir et je t'ai fait mal », dit Muir, coupable.
se couvrit la bouche, sa voix bourdonnante : « Ça va, ça ne fait pas si mal. » Cependant, elle gémissait intérieurement. 'C'est mauvais, ça se voit trop. Je n'ose plus rentrer. Que faire ?'
Muir regarda autour de lui, perplexe. La moitié du bateau avait sombré dans l'eau sous son poids, mais il était aussi devenu bien plus stable. Du moins, il n'y avait plus de danger qu'il soit chaviré par le vent léger et les petites vagues.