« Ne t’ai-je pas dit que ça arrive chaque mois ? Je suis en chaleur. » Bai Qingqing se retourna pour se retrouver face à Parker et lui lança sur un ton solennel : « C’est la vérité. »
Elle ne comptait pas lui avouer qu’elle n’avait pas couché avec Cortis. Il s’agissait d’un secret tribal, et elle n’avait aucun droit de le divulguer à qui que ce soit.
« Tu recommences à raconter des bêtises. » Parker eut un rire léger et pincea le nez de Bai Qingqing. « Tu ne sais pas que dire ça va rendre les mâles encore plus fous ? Tu peux mettre bas plusieurs petits par an. À ce rythme, tu deviendras l’outil de reproduction de la tribu. »
Bai Qingqing resta interloquée et son visage pâlit instantanément.
Oui, pourquoi n’y avait-elle pas pensé ? Compte tenu de l’ardeur des mâles de la tribu à se reproduire, ainsi que de l’avidité du roi des singes, les personnages influents de la Cité des hommes-bêtes allaient très probablement l’enfermer et faire d’elle une simple machine à engrosser.
Alors qu’importait que les femelles puissent rompre leur partenariat ? Qu’importait que les mâles abandonnés ne soient pas autorisés à s’accoupler ? Ces rois trouveraient bien d’autres femelles pour les forcer à aller jusqu’au bout.
La suite logique serait un cycle sans fin de grossesses et d’accouchements…
Plus elle y réfléchissait, plus la terreur la gagnait. Son corps ne put s’empêcher de trembler.
« Ça va, Qingqing ? » Parker demanda nerveusement en voyant le visage de Bai Qingqing devenir livide. « Ton ventre te fait mal encore une fois ? »
La nuque de Bai Qingqing se raidit et elle secoua la tête en frissonnant. Ses yeux se remplirent rapidement de larmes, qui coulaient le long de ses joues à chaque mouvement de sa tête.
« Qingqing. » Parker se redressa immédiatement et l’enlaça. Son expression était empreinte d’une extrême anxiété quand il demanda : « Qu’as-tu ? »
Les yeux embués de larmes, Bai Qingqing ouvrit la bouche et parla enfin. « Parker… je te dis la vérité… Je ne veux pas devenir un outil de reproduction… »
Bai Qingqing ne put s’empêcher d’éclater en sanglots.
Parker resta figé un instant avant de la serrer contre lui plus fort, ses oreilles se dressant.
« Chut~ Tout va bien. On ne peut laisser personne l’apprendre, » murmura Parker d’une voix inhabituellement basse, comme s’il avait mûri de dix ans en un éclair. Il pencha la tête et posa un baiser au sommet du crâne de Bai Qingqing en ajoutant : « Je te protégerai. »
« Mhm. » Bai Qingqing acquiesça, la gorge encore nouée.
Parker continua de la tenir dans ses bras et la consola silencieusement pendant longtemps. Elle finit par s'épuiser sous le poids de ses larmes et s'endormit entre ses bras.
La prédiction de Cortis s’était révélée très juste. Au quatrième jour, celui-ci revint avec une plante.
Bai Qingqing ne daigna même pas la regarder et se jeta sur Cortis dès qu’elle l’aperçut.
« De retour ! »
Cortis se pencha et passa un bras autour d’elle, étonné dans ses yeux aux reflets rougeoyants. « Tu m’as manqué, Xiao Bai ? »
Bai Qingqing voulut lui répondre, mais un sentiment de injustice la submergea à la vue de Cortis, et elle poussa un petit geignement.
L’expression de Cortis changea légèrement. Son regard balaya l’intérieur de la maison et se posa sur Parker, qui sortait justement de la chambre à ce moment-là. Il lui décocha un regard glacial, dégageant une aura meurtrière. « Tu as profité d’elle ? »
Bai Qingqing secoua vite la tête et retint ses larmes en déclarant : « Non. »
Cortis serra Bai Qingqing contre lui tout en s’introduisant dans la maison et lui demanda doucement : « Alors, qui c’était ? »
Parker jeta un coup d’œil à Bai Qingqing et annonça : « Je vais prendre l’air dehors. »
« Mhm. » Bai Qingqing hocha la tête.
Dès que Parker eut quitté la demeure, Bai Qingqing raconta tout à Cortis en détail.
Les sourcils de Cortis se plissèrent alors violemment. « Ça voudrait pas dire que tu vas devoir donner naissance à beaucoup d’enfants ? »
« Mhm. » Bai Qingqing hocha la tête machinalement. Quelques instants passèrent avant qu’elle ne réalise ce que Cortis venait de dire et qu’elle le regarde par-dessus son épaule, confuse. « Hein ? »
Il avait raison sur le fait qu’elle pouvait avoir plusieurs enfants par an, mais… pourquoi le disait-il avec tant de mépris ? Les hommes-bêtes n’adoresnt-ils pas les enfants ?