Curtis portait sa compagne sur le dos, ses gros sacs en plus, et arpentait les rues et les ruelles avec elle pour relever les annonces de location.
Il était grand, les jambes longues. La ruelle qui aurait demandé à une à deux heures de marche fut avalée par lui en moins d'une demi-heure.
emmena ensuite Curtis dans une cabine téléphonique publique et passa les appels un par un.
« Bonjour, je veux louer un appartement. Il en reste de disponibles ? » était un peu nerveuse, et elle parlait comme si elle récitait un texte.
« Oui, vous voulez visiter maintenant ? » La voix au bout du fil avait l'air rodée.
dit : « Euh... C'est combien par mois ? C'est pas marqué sur l'annonce. »
« Huit cents dollars par mois, meublé complet. »
trancha : « Inutile. Désolée de vous avoir dérangée. Au revoir ! »
Elle raccrocha.
Elle avait cru que le prix plancher de quatre cents yuans chez l'agence était déjà cher. Elle ne s'attendait pas à tomber sur encore plus cher dehors. En regardant son enveloppe rouge qui contenait mille yuans, poussa un soupir.
« On appelle le suivant. » se mit à composer les numéros, le moral en berne.
Curtis posa la main sur sa tête et la caressa doucement. « Si ça marche pas, je peux dormir sous terre. »
Le doigt fin de qui appuyait sur les touches se figea un instant, puis enfonça le dernier chiffre. En attendant que ça sonne, elle dévisagea Curtis : « Tu dis n'importe quoi ? C'est les égouts, là-dessous, c'est pas fait pour y habiter. T'inquiète. Si ça marche pas, on retourne louer celui à quatre cents yuans de l'agence. On paiera juste les deux cents yuans de frais d'agence. »
L'appel fut décroché, et entama illico la négociation.
« Bonjour... C'est combien par mois ? »
« Cinq cents », répondit l'autre.
souffla soulagée. C'était encore acceptable. Bien que cent yuans de plus que celui de l'agence, ils économiseraient les deux cents de frais. Elle convint donc d'un rendez-vous avec le propriétaire.
Bien que cette ville soit assez développée et le coût de la vie élevé, tant de gens y venaient travailler que le marché locatif était bien rodé. Tant qu'on trouvait un immeuble dédié à la location, avec des chambres petites mais neuves, le loyer coûtait moins cher que dans la plupart des petites villes.
Domage que n'ait pas encore intégré le monde du travail et ne connaisse pas ces ficelles. Sinon, elle aurait pu économiser pas mal d'argent.
Très vite, retrouva le propriétaire. À trois, ils se dirigèrent vers un vieux quartier miteux tout proche.
« C'est ici ? » demanda en détaillant le quartier.
Le propriétaire était un homme d'âge moyen, bedonnant et avenant, au teint éclatant. Il sourit : « C'est ici. C'est l'immeuble là-bas. »
hocha la tête, satisfaite. Elle prit la main de Curtis et dit tout bas : « C'est tout près de mon lycée. Ce sera pratique pour venir te voir après les cours. »
« En. » Curtis afficha lui aussi un air satisfait.
L'oncle bedonnant comprit immédiatement leur relation et les regarda d'un air bizarre. Il secoua la tête en pensant : *Les lycéens de nos jours !*
perçut aussi le changement chez l'oncle bedonnant et en fut un peu mécontente. Elle devint bien plus silencieuse sur le chemin.
L'appartement de l'oncle bedonnant était au troisième étage d'un vieux bâtiment. La rampe d'escalier était couverte de poussière. Quand la porte s'ouvrit, l'appartement avait l'air correct. Pas trop vieux, assez propre. Une trentaine, quarantaine de mètres carrés, une chambre, une salle de bain, une cuisine. Petit, mais avec l'essentiel.
« Franchement, pour cinq cents yuans par mois, vous faites une affaire. Ma femme avait acheté ce logement pour accompagner notre fils pendant ses années lycée. Maintenant qu'il est à la fac, on n'en a plus besoin. On n'a pas encore trouvé acheteur, donc on le loue en attendant. On le vendra si on y arrive. »