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Beauty and the Beasts

Chapitre 1012 : La forêt se réveille

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Chapitre 1012

Chapitre 1012 : La forêt se réveille

Chapitre 1012/1012100%~5 min de lecture810 mots

Ils avaient déjà deux ans et n'étaient plus aussi fragiles que les hommes-bêtes nouveau-nés restés dans la pièce.

n'était pas de cet avis, mais il répondit tout de même :

« C'est noté. »

Une fois de retour dans leur chambre, avait le visage d'une pâleur effrayante, l'esprit tout occupé par l'image des insectes sortant du corps des petits hommes-bêtes. Comme elle se trouvait la plus proche d'eux, plusieurs de ces bestioles lui avaient presque heurté le visage.

À cette pensée, se frotta aussitôt la figure avec vigueur en poussant un cri strident.

« Je veux me laver le visage ! Je veux me laver le visage ! »

Elle avait beau crier, son corps restait pressé contre celui de , sans oser s'en écarter d'un pouce.

Curtis fit immédiatement demi-tour et sortit, pour revenir très vite avec une bassine d'eau claire. Comme l'air était plein de sauterelles cuirassées, il avait même pris soin de la couvrir d'une feuille pour éviter toute souillure.

À force de se laver le visage d'innombrables fois, avait la peau rougie par les frottements. Incapable de rester spectateur plus longtemps, lui immobilisa fermement les mains, et c'est seulement alors qu'elle mit fin à ses gestes frénétiques.

« Je t'avais dit de ne pas y aller, mais tu n'as rien voulu entendre. »

la serrait contre lui et sentait son corps trembler violemment entre ses bras. Le cœur serré pour elle, il ne put s'empêcher de la réprimander.

La chaleur du corps de donnait à un profond sentiment d'appui. Elle se blottit plus fort contre lui, la terreur encore peinte sur le visage. Elle n'en déclara pas moins d'un ton résolu :

« Quand ils se réveilleront, j'irai quand même les voir. Ils sont tellement à plaindre. Je veux leur redonner du courage. »

Partagé entre la colère et la peine, ne comprenait pas pourquoi elle devait tant se dévouer pour des petits qui n'étaient même pas les siens. Il estimait qu'il suffisait qu'on s'occupe d'eux. Décidément, les femelles avaient un instinct maternel inné.

Curtis aussi fronçait les sourcils, très loin d'être d'accord avec elle.

Il fallut une demi-journée à pour se calmer. Deux autres petits hommes-bêtes moururent l'un après l'autre dans la pièce. Comme on s'en aperçut assez tôt, leurs corps furent traités avant que les insectes ne les dévorent entièrement.

Le lendemain, courut de nouveau rendre visite aux petits hommes-bêtes et leur lut bon nombre d'histoires. Dès le troisième jour, la plupart d'entre eux étaient rétablis et, hormis les trois qui étaient morts le premier jour, tous les autres survécurent à cette épreuve.

Les sauterelles cuirassées métamorphosées furent elles aussi complètement éliminées de cette forêt. Le ciel avait beau s'être dégagé, la puanteur de sang et de pourriture, elle, mit longtemps à se dissiper.

Peut-être parce que le bourdonnement incessant avait duré des jours entiers, le monde était à présent d'un calme anormal, avec des cadavres éparpillés dans toute la nature qui exhalaient leur odeur de putréfaction. Et pourtant, on n'apercevait pas même une mouche.

Tchip, tchip. Un son clair et cristallin retentit soudain dans la forêt. Une tête d'animal poilue sortit d'un trou d'arbre, les yeux limpides et roulant avec vivacité. Voyant qu'il n'y avait aucun mouvement dehors, la bête rampa prudemment au-dehors, renifla par-ci, jeta un œil par-là. Puis elle s'approcha d'un buisson bien vert et croqua une bouchée d'herbe fraîche et tendre. Tout cela était si paisible qu'on aurait cru la forêt sortie d'une simple averse torrentielle.

Son apparition parut faire office de signal, car des animaux pleins de vie surgirent ensuite de partout dans la forêt.

Certains se glissaient hors des arbres, d'autres se frayaient un chemin depuis le sol, d'autres encore, enfermés dans le cocon qu'ils s'étaient filé, en brisaient la paroi d'un mouvement tremblant, suspendus aux branches, en quête de nourriture.

courait et bondissait avec élégance à travers la forêt, effrayant sur son passage les animaux les plus proches, qui prenaient la fuite. Il ne les poursuivait pas et continuait droit devant.

Tous les hommes-bêtes savaient qu'il faut vider l'étang pour en prendre tous les poissons. Ces animaux étaient les graines de la forêt : on n'y touchait donc pas à la légère. Quand viendrait la grande saison des pluies, ils auraient de quoi respirer.

courut très loin pour chasser dans des régions épargnées par la calamité. Il était pourtant parti de bonne heure, et il ne rentra qu'au moment où le soleil allait se coucher.

Pour se prémunir contre la tribu des scorpions, ils avaient perdu l'occasion de constituer leurs réserves aux premiers jours de la marée d'insectes. Et les deux jours qui suivirent, ils n'osèrent pas non plus chasser sans retenue. Résultat : les familles peu nombreuses souffraient d'une pénurie de vivres, celle de comprise.

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