Opération commence.
Chiffon et Chocolat se dirigent droit sur le repaire des bandits sans même chercher à se cacher.
Elles sont si peu discrètes que le bandit posté sur la tour de guet reste coi, ne sachant comment alerter ses camarades.
Pendant qu'il hésite, toutes deux arrivent devant la porte.
Chiffon tire son épée et lance :
« Méga Volt ! Et puis… Épée du Tonnerre ! »
Sans sommation, elle déchaîne sa lame magique.
Un avertissement ?
Une proposition de reddition ?
Inutile.
Ce sont des bandits.
Des ennemis des gens honnêtes.
Pas la peine de faire dans la dentelle, pas la peine de faire preuve de miséricorde.
C'est pourquoi…
Chiffon met tout son cœur à l'ouvrage dès le premier instant.
La porte vole en éclats, et la tour de guet s'effondre du même coup.
Les bandits sont projetés en hurlant.
« Oh. Chiffon, tu y vas fort d'entrée. T'as du stress accumulé ou quoi ? »
« Me faire la tête du genre "t'as pas de bon sens", c'est un peu dur à avaler… »
« Qu'est-ce que tu racontes ? Chocolat, c'est la personne qui a le plus de bon sens au monde. »
Devant Chocolat qui l'affirme avec un air suffisant, Chiffon soupire.
Ça fait longtemps qu'elles sont ensemble, mais il y a encore des trucs qu'elle ne pige pas chez Chocolat.
Elle va totalement à son rythme, mais cette personnalité qui a toujours le vent en poupe, c'est quoi le concept ?
Est-ce qu'elles devraient pas en causer sérieusement une fois pour toutes ?
« Quoi, une attaque !? »
« Hé, la porte a sauté… »
« L'ennemi est un sacré numéro ! Appelez tout le monde ! »
De l'intérieur, les bandits déboulent en masse.
« La diversion a marché, on dirait. »
« Alors faut qu'on tienne le coup. Chocolat, ça va ? »
« Ouais, je m'en occupe. »
« Fufu. »
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Rien, c'est rien. Juste… »
Elle est un peu bizarre, mais vachement fiable.
C'est ma camarade précieuse.
Chiffon le murmure en elle-même et engage le combat aux côtés de Chocolat.
***
« Le soutien… pas la peine, hein. »
Faisant le tour par le flanc du repaire, j'observe le combat de Chiffon et Chocolat.
Les deux font un carnage.
Elles déchiquettent les bandits qui se jettent sur elles, les balancent, les déchiquettent, les balancent…
Voir les bandits s'envoler *pouf pouf* procure une sacrée satisfaction.
« N-nous, on va rester ici à observer. Oui, faisons ça. »
« Mū… moi, je veux me battre ! Vaincre le mal ! »
« A-arrête ? C-c'est effrayant… »
« Mūūn ! »
« Aua, pourquoi Sakura-chan elle est aussi belliqueuse ? T'as fini comme Tania-san ? »
Phenia retient désespérément Sakura qui tente d'avancer.
Pas par favoritisme, mais elle, des bandits, ça ne devrait pas être un adversaire.
Pourtant, elle hésite, et c'est largement dû à son caractère.
Bon, être super prudente et faire pitié même aux bandits, c'est bien Phenia.
J'ai pas l'intention de la forcer à changer.
« De ce côté y a pas de souci… mais Axs et Celle, ils s'en sortent ? »
***
« Ça va, mademoiselle ? Aah, quelle horreur. Qu'il existe des gens capables d'infliger un sort pareil à quelqu'un d'aussi charmante que vous… c'est impardonnable. Rassurez-vous. Moi, je vais terrasser l'ennemi certainguhha!? »
Le revers de main de Celle abat Axs qui s'adressait à la femme otage avec un sourire étincelant.
« Arrête tes trucs dégoûtants et dépêche-toi. »
« C'était une blague pour la détendre, non ? Hein, tu serais pas jalouse par hasard guhaa!? »
« Je te frappe, moi ? »
« Tu le fais déjà… snif snif. »
Axs pleurniche, mais il fait le boulot proprement et libère les otages un par un.
Majoritairement des femmes.
Il y a aussi de jeunes hommes et des enfants.
Les deux catégories étaient probablement destinées à être vendues à des marchands d'esclaves.
« Putain, s'en prendre qu'aux femmes et aux gamins… les bandits d'ici sont vraiment pourris. »
« …… »
« Qu'est-ce qui t'arrive, Celle ? »
« Y a un truc qui me chiffonne. »
Les femmes et les enfants se vendent cher aux marchands d'esclaves.
En revanche, les jeunes hommes ne partent pas à haut prix.
Peu de gens en veulent, la demande est inexistante.
Pourquoi les avoir capturés, alors ?
Celle trouve ça bizarre…
Mais elle décide de remettre sa réflexion à plus tard et bascule sa pensée.
Pour l'instant, la sécurité des captifs est la priorité absolue.
De toute façon, on libère en priorité.
« Bon, toi c'est la dernière. T'as plus rien à craindre. »
Axs tend la main à la dernière femme restée dans la cellule.
Et il lui offre un sourire rayonnant.
Entraînée par ce sourire, la femme esquisse elle aussi un sourire…
« Vous êtes charmant. »
« Na… »
L'instant d'après, la conscience d'Axs bascule dans le noir.