Tania a rejoint le groupe……
Le lendemain.
Nous trois, ayant accepté une nouvelle demande, nous sommes déplacés dans la plaine.
Cette fois-ci, il s'agit de l'extermination de slimes.
La récompense est à la commission, elle varie selon le nombre de slimes abattus.
Les slimes sont des monstres de rang F, des petites fries qu'un enfant pourrait vaincre.
C'est pourquoi ils ne sont pas considérés comme une menace et sont souvent laissés à l'abandon……
Mais ils ont trop été laissés à l'abandon, et ont fini par se multiplier en masse, apparemment.
Leur nombre dépasse la centaine.
Ils attaquent les animaux avec une force qui menace l'écosystème de la plaine, s'en prennent au bétail, ravagent les champs.
Parfois, ils s'en prendraient même aux humains.
On ne pouvait plus les ignorer, et c'est ainsi que la demande est parvenue à la guilde.
« Nyaa, des slimes, hein… »
Kanade a laissé échapper une voix peu enthousiaste.
« Quoi, Kanade, tu as peur de simples slimes ? »
« Nyau, c'est pas ça… »
Alors que Tania la taquinait, Kanade a boudeur gonflé les joues.
« Y a pas moyen que la tribu des esprits-chats perde face à des slimes ! S'ils passent entre mes mains, je les fais en miettes ! Mais… les slimes, c'est tout mou, tout collant, j'aime pas ça… nyau, je vais toute me salir. »
« Ah, c'est ça. »
« C'est vrai. Ces trucs, c'est quasiment des masses de mucus. Pour Kanade qui est spécialisée dans le physique, c'est un adversaire désagréable. »
« Nyauu… »
« Mais t'inquiète. Moi, je les fauchere tous d'un coup avec mes boules de feu et mon souffle. »
« Ooh… Tania, tu comptes ! »
« Hmph, tu peux m'en dire plus. »
« Tania c'est génial ! Tania c'est la meilleure ! »
Comme leur rencontre avait été particulière, je m'inquiétais de savoir si elles s'entendraient bien……
Mais visiblement, c'était une inquiétude inutile.
Tania a du mal à être honnête, mais au fond, elle est gentille.
Elle pense bien à Kanade, et comme tout à l'heure, elle essaie de combler ce qu'elle ne peut pas faire.
Ces deux-là pourraient former un bon duo.
« Slime, slime, où es-tu, slime~ ♪ »
« Je les fais tous d'un coup avec mon feu~ ♪ »
Chantant une drôle de chanson, Kanade et Tania cherchent les slimes.
Mais pas l'ombre d'un slime.
Avec une horde de plus de cent bêtes, il n'y a pas de cachette possible.
Cela dit, la plaine hors de la ville est vaste.
Ils doivent être tapis quelque part hors de vue.
« Nyaa, on en voit pas, hein. »
« C'est chiant, je vais tout faucher par ici avec mon souffle ? »
« Même en rigolant, dis pas ce genre de trucs. »
« Eh, mais je suis sérieuse ? »
……Il va falloir que j'apprenne le sens commun à Tania, plus tard.
« Pas la peine de faire n'importe quoi, y a un moyen simple de les trouver. »
« T'as l'air bien sûr de toi. Comment tu vas faire ? »
« Suffit de chercher depuis le ciel. »
Pas comme l'oiseau venimeux de l'autre fois, j'ai attiré un oiseau sauvage ordinaire et fait un contrat temporaire.
« Hé hé, tu vas faire quoi ? Tu vas chercher avec lui ? »
« Mais tu vas lui donner quel ordre ? Genre « trouve les slimes », « amène-nous là-bas », ce genre de truc ? »
« Ça marcherait aussi, mais c'est un peu chiant. Utiliser un animal comme guide, c'est difficile. Parfois, l'animal comprend de travers l'ordre et nous emmène complètement dans la direction opposée. »
« Alors, tu comptes faire comment ? »
« Je fais une « Assimilation ». »
« Hein ? »
Visiblement elle ne pige pas, Tania fait une drôle de tête.
Plutôt que d'expliquer avec des mots, plus vite de lui montrer.
Je concentre ma conscience sur l'oiseau au contrat temporaire… et « m'assimile ».
Le point de vue bascule de « l'humain » à « l'oiseau sauvage ».
Ce qui se reflète dans ma vision, ce sont Kanade et Tania… et moi-même.
« Ah, bizarre ? La présence de Rain a disparu d'un coup… mais mais ? Rain est pourtant là… »
« Dis donc, la réaction de Rain est pas bizarre ? On dirait une poupée… »
« C'est parce que mon âme est dans cet oiseau, maintenant. »
« « Hya !? » »
Les deux se mettent à regarder partout…
Et peu après, leur regard se fixe sur moi… sur l'oiseau.
« Mo, peut-être… »
« Rain est devenu un oiseau… ? »
« Presque. J'ai transféré une partie de mon âme dans cet oiseau, fixé ma conscience… bon, les explications compliquées, j'aime pas. En gros, j'ai déplacé ma conscience dans l'oiseau. Mon corps actuel, c'est cet oiseau. »
« « Heee ??? » »
À deux, un point d'interrogation flotte au-dessus de leur tête.
« C'est l'une des techniques du Beast Tamer, appelée « Assimilation ». »
« J'ai jamais entendu parler d'un truc pareil, nyan !!!! »
« J'ai jamais entendu parler d'un truc pareil non plus !!!! »
Elles l'ont dit à tue-tête, et j'ai failli tomber en arrière.
Maintenant que je suis un oiseau, elles me paraissent grandes et impressionnantes.
« Pas seulement utiliser les animaux, mais transférer sa conscience… hein ? Eeeeeh ? Rain c'est n'importe quoi, nya… réussir un exploit pareil comme si de rien n'était… nyaa, co-comment c'est possible, nya ? »
« Rain, c'est vraiment ouf… Je l'avais un peu reconnu, mais quand même, à ce point… Utiliser une technique inconnue même des espèces les plus fortes, c'est pas rien, tu sais ? Si Kanade la reconnaît, c'est qu'elle vaut le coup… Franchement, c'est dingue. »
« L'Assimilation, c'est pas une technique si dingue que ça ? Y a pas de quoi en faire tout un plat… »
« « C'est POUR ÇA que c'est dingue !!!! » »
Elles me l'ont dit en chœur, à nouveau.
Mouais.
Pour moi, c'est une technique banale, allez savoir.
Bien sûr, un quidam ne peut pas la faire du jour au lendemain……
Mais je pensais que n'importe quel Beast Tamer pouvait la faire.
Peut-être que ma perception est décalée de ce côté-là ?
« Au fait, comment on arrive à se parler ? »
« J'envoie des ondes de pensée. Quand je suis en assimilation avec un animal, je peux pas parler, alors je complète avec ma puissance magique pour envoyer mes pensées, voilà. J'ai pas beaucoup de magie vu que je suis Beast Tamer, mais j'en ai assez pour atteindre les gens proches. »
« Nyaruhodo~ »
« Vraiment, t'es habile. »
« Bon, je vais faire un tour pour repérer les alentours. Pendant ce temps, je compte sur vous pour mon corps. »
« Roger ! »
« Bonne route. »
Salué par les deux, j'ai battu des ailes haut dans le ciel.