Seth laissa tomber son sac de cuir au bord de la petite rivière qui gargouillait à travers la forêt et ferma un instant les yeux. Une fois qu'il avait retrouvé son sang-froid après avoir vu brûler la peinture de ses parents, il avait couru au marché de la ville acheter des vêtements neufs et des outils pour vivre dans les bois, avec les quelques pièces qui lui restaient. Ce collecteur d'impôts infligerait l'amende de quinze cuivres à quiconque oserait l'héberger : mieux valait rester à l'écart pour le moment. En rouvrant les yeux, Seth examina la clairière au bord du cours d'eau pour évaluer ce qui pouvait servir. Dans un soupir, il se mit à rassembler des matériaux et à bâtir son campement. Branches et troncs tombés devinrent la base de son abri, disposés avec soin de manière à détourner la pluie et le vent, puis liés ensemble par la corde solide qu'il avait achetée au marché.
Après avoir ramassé une poignée de feuilles pour s'en faire un oreiller, il repéra une pierre plate que le flot obstiné de la rivière avait polie. Il la souleva avec précaution et la posa dans l'abri qu'il venait de construire : ce serait une planche à découper parfaite. Ensuite, près de l'entrée de l'abri, il creusa une fosse peu profonde, la garnit de pierres et la remplit de feuilles sèches et de brindilles pour plus tard.
Comme le soleil atteignait son zénith, Seth se releva et prit un moment pour contempler son campement, en lançant et rattrapant sans cesse un petit caillou. Il avait fui l'art des bois presque toute sa vie pour s'éveiller en Guerrier et non en Primaliste, si bien que l'ensemble était simple et rudimentaire ; mais désormais, ce serait chez lui.
À l'instant où il rattrapa la pierre, le souvenir du collecteur brûlant la peinture de ses parents lui remonta à l'esprit. Qu'aurait-il pu faire contre cet homme, lui, un Manieur fraîchement éveillé ? Et Primaliste, par-dessus le marché ?
Sa Voie était censée dépendre de lui, refléter ses efforts et son mérite. Méritait-il vraiment ce sort ? Recevoir l'une des pires classes qui soient, juste pour avoir un peu trop chassé ? Se faire voler sa maison parce qu'il avait enduré la douleur de la flamme de la pierre d'éveil bien plus longtemps que les autres ?
Rien de tout cela ne serait arrivé si les Faertis n'avaient pas saigné tout le monde à blanc avec leurs impôts absurdes. Le comportement du collecteur avait changé devant sa maison : quelque chose l'avait effrayé, lui aussi. Comme eux tous. Chacun vivait sous la botte de la maison noble, ses actes dictés par des menaces proférées au bénéfice de quelques-uns.
« Tout ça pour que ces salauds récupèrent leur si précieuse place parmi les Vingt Grandes Maisons », marmonna Seth entre ses dents. « Comme si ça comptait pour quelqu'un d'autre qu'eux. »
Dans un grognement de frustration, Seth pivota, fouetta l'air du bras et lança la pierre qu'il tenait vers un petit bouleau à l'autre bout de la clairière. L'air autour d'elle parut se brouiller tandis qu'elle volait, et elle percuta l'arbre avec un craquement sonore, faisant éclater une partie de l'écorce du tronc et chassant les oiseaux.
Seth resta planté là, les yeux écarquillés.
'C'est moi qui ai fait ça', pensa-t-il, le cœur battant à tout rompre. 'Mais comment ? Ma Force n'a pas changé avec mon éveil. La seule différence, c'est... l'aether.'
Tournant son attention vers l'intérieur, il sonda son Puits ; à sa surprise, il était à moitié vide. Il venait d'employer de l'aether sans même s'en rendre compte. 'Mais je n'y ai même pas pensé ?'
La nuit précédente, canaliser de l'aether jusqu'à son œil avait été bien plus difficile et lui avait pris bien plus de temps. 'C'est peut-être à cause de la colère... ou simplement parce que je n'ai suivi aucun sillon. Il faut que je fasse des tests.'
Seth attrapa vite son grand sac et descendit la clairière pour installer dans la rivière le piège à épinoches qu'il avait acheté plus tôt, ainsi que quelques collets dans les broussailles voisines. Au retour, il ramassa une douzaine de petits cailloux avant de constater que son Puits était de nouveau plein. Dès qu'il atteignit son campement, il les laissa tomber par terre et n'en garda qu'un dans la main.
'Bon, voyons ce que je peux faire', pensa-t-il en examinant les alentours. Son regard s'arrêta alors sur un grand chêne solitaire dressé entre deux buissons, au loin. 'Parfait.'
Seth planta fermement les pieds, écartés à la largeur des épaules, et fléchit le genou. Inspirant à fond, il ramena le coude en arrière et vers le haut, puis fit claquer tout son bras en avant en transférant son poids sur son pied avant. La pierre fila vers l'arbre et le frappa en plein milieu avec un choc aigu.
'Maintenant, avec l'aether.'
Il prit un autre caillou, ferma les deux yeux et se concentra sur sa poitrine. Peu à peu, le bruissement des feuilles se changea en chuchotements lointains, le vent sur sa peau disparut, et l'odeur douce et fleurie s'estompa dans ses narines.
Ignorant les sillons d'Identification, il tira un peu d'aether de son Puits et le poussa dans les muscles de son bras au lieu de son œil. Une brûlure monta dans son épaule et se répandit jusqu'à sa main. À chaque battement de cœur, la douleur s'intensifiait, comme si une véritable flamme léchait et calcinait sa chair.
Seth grimaça mais tint bon. Il devait connaître sa limite. Il devait atteindre le fond de son Puits. Au cas où, un jour, il lui faudrait abattre quelque chose, ou quelqu'un, d'un seul coup.
En un rien de temps, sa respiration se réduisit à des halètements rauques et la sueur se mit à lui couler sur le visage. Il n'avait jamais plongé le bras dans de l'eau bouillante, mais il était certain que cela ferait moins mal que ceci. La douleur était insoutenable. À l'instant où son Puits se vida enfin de son aether, il hurla à s'en arracher les poumons et projeta la pierre sur le même vieil arbre.
« Putain de bordel ! »
Le projectile traversa la clairière en un clin d'œil et percuta le chêne avec une force destructrice. L'écorce éclata, éclats et débris volant dans toutes les directions tandis qu'une détonation assourdissante résonnait dans la forêt.
« Nom de... »
Les jambes de Seth le lâchèrent et il tomba à genoux. La forêt tournoyait follement autour de lui, arbres et buissons se fondant en un brouillard mêlé de vert et de brun. Roulant sur le dos, il ne put s'empêcher de sourire malgré le vertige : il venait de faire une chose dont un non-Manieur devrait être incapable. 'Il faut que je voie cet arbre.'
Seth essaya de se redresser, mais ses bras cédèrent et il retomba à plat. Dans un gémissement, il fixa le ciel flou et les branches qui oscillaient au-dessus de lui. 'Sans doute un effet secondaire du Puits vide', pensa-t-il en calmant sa respiration. 'Bon, voyons combien de temps il met à se remplir.'
« Un... Deux... Trois... »
L'envie de vomir comme la faiblesse écrasante se dissipèrent quand il atteignit soixante, le nombre exact de secondes qu'il fallait pour remplir dix pour cent de son Puits, et un seuil au-dessus duquel il vaudrait sans doute mieux rester à l'avenir. Enfin, du moins pendant les combats.
« Neuf cent vingt », annonça ensuite Seth quand la barre des cinquante pour cent fut franchie.
À son grand dépit, plus son Puits était rempli, plus il se remplissait lentement, ce qui rendait le décompte encore plus fastidieux. Il était à peine à la moitié, et pourtant le rythme était déjà tombé au cinquième de ce qu'il avait été.
Incapable de rester immobile plus longtemps, Seth se remit debout et s'approcha du vieux chêne en continuant de compter à mi-voix. Ses yeux s'écarquillèrent en examinant les dégâts sur le tronc. Le point d'impact était un cratère creusé profondément dans l'arbre, les fibres du bois déchirées et noircies sur les bords, comme si quelque chose avait mordu droit dans le cœur. Même avec son couteau, il doutait d'obtenir le même résultat.
Un large sourire éclaira son visage. Certes, ce lancer ne tuerait aucun gros animal comme un loup ou un ours, mais il causerait à coup sûr de sérieuses blessures, peut-être même à une bête arcanique.
Toujours souriant, Seth tira quelques morceaux de viande séchée de sa poche et les dévora. Quelques heures à peine s'étaient écoulées depuis qu'il avait quitté la ville, et pourtant son estomac réclamait déjà à manger. Sans doute un autre effet secondaire d'un usage excessif d'aether.
Son en-cas terminé, il s'adossa à un arbre et laissa son regard errer devant lui tout en continuant de compter à voix haute. Ces dernières minutes, son taux de récupération était tombé à un simple dixième de ce qu'il était au départ, mais enfin, l'attente abrutissante prit fin.
« Quatre mille neuf cent vingt. »
Dans un long soupir, il fouilla son sac et en sortit un morceau de parchemin et une plume. Au bout d'un instant, il comprit qu'il n'avait pas d'encre. Résigné, il s'agenouilla et se mit à griffonner ses conclusions avec de la terre.
Taux de récupération
1 minute - 10 %
15 minutes - 50 %
1 heure et 22 minutes - 100 %
Seth roula le parchemin et le remit dans sa poche. Il serait intéressant de voir plus tard si son taux de récupération ne dépendait que du rapport entre sa Régénération et sa Capacité du Puits, ou si d'autres facteurs jouaient aussi. Pour l'heure, cependant, il était temps de passer au test suivant.
La course.
Sans perdre de temps, Seth se mit à trottiner en faisant des allers-retours entre deux arbres voisins. À mesure qu'il accélérait, ses bottes de chasse glissaient un peu plus à chaque virage, mais il s'en moquait. Aujourd'hui, tout était affaire de limites. 'Qu'importe si je dérape et que je tombe ?'
Dès qu'il atteignit sa vitesse maximale, il tira de l'aether de son Puits et l'infusa dans les muscles de ses jambes, en se concentrant surtout sur ses mollets. L'effet fut presque immédiat. Chaque foulée le propulsait un peu plus loin et, quand il baissa les yeux, le sol se brouillait sous ses pieds. 'De combien est-ce que je cours plus vite ? Dix pour cent ? Vingt pour cent ?'
Avant qu'il ait pu en juger, il releva brusquement la tête : l'arbre n'était plus qu'à quelques pieds.
« Merde ! »
Seth se tordit sur le côté, mais ses bottes s'enfoncèrent dans la terre presque de leur propre chef et le décollèrent du sol. Il fendit l'air avant de s'écraser dans un buisson. La plupart des branches cassèrent sous son poids, mais celles qui tinrent bon lui entrèrent dans le dos et lui firent un mal de chien.
En grimaçant, il se remit debout. 'Il va me falloir de l'entraînement.'
Une vitesse accrue ne serait pas un avantage en combat s'il ne pouvait pas tourner. Se concentrer uniquement sur ses muscles n'était sans doute pas la bonne approche. Pour esquiver et garder l'équilibre, il devrait améliorer ses réflexes et raccourcir son temps de réaction. Et pour cela, il lui faudrait renforcer les minuscules fils qui reliaient son cerveau à ses muscles, ce que les Érudits appelaient des nerfs dans les livres d'anatomie. S'il parvenait à y canaliser de l'aether, cela pourrait faire l'affaire.
Mais avant de s'y atteler, il y avait encore une chose à essayer.
Seth dégaina son couteau de chasse et sonda son Puits. Soixante pour cent. Cela devrait suffire.
La vitesse aiderait certainement contre les bêtes arcaniques, mais infuser de l'aether dans ses armes serait une révolution : cela pourrait même lui permettre d'en tuer quelques-unes.
Prenant une profonde inspiration, il serra le manche de son couteau et tenta de pousser de l'aether dans la lame, en ignorant tous les sillons d'Identification comme il l'avait fait avec ses muscles. L'énergie circula sans peine de son Puits jusqu'à sa main ; mais une fois là, elle s'obstina à s'accumuler dans sa paume au lieu de passer dans l'arme. Seth serra les dents et la força à sortir de son corps ; seulement, à l'instant où elle franchit sa peau, elle se dissipa dans l'air.
'Pourquoi ça ne marche pas ?' Seth fronça les sourcils en fixant son couteau. 'Il me faut une arme particulière ? Ou alors ça tient à la classe de Primaliste ?'
Chacun savait que les Élémentalistes étaient les meilleurs pour manipuler l'aether hors de leur corps et lancer des sorts destructeurs, mais toutes les autres classes étaient censées en être capables aussi, Primaliste compris. 'S'ils ne peuvent pas, est-ce que ça ne limiterait pas les sorts que je peux apprendre ?'
Seth laissa la question de côté et continua d'essayer. Pourtant, chaque tentative échoua lamentablement ; l'aether allait partout sauf dans le couteau. Une demi-douzaine d'essais plus tard, la forêt se remit à tourner autour de lui.
'Bon sang. Déjà à dix pour cent.'
Contraint de s'arrêter, Seth s'adossa à l'arbre et se laissa glisser au sol. Il se trouvait à présent devant un choix : persévérer, même si la chose était peut-être impossible, ou s'exercer à autre chose et demander conseil plus tard à Marcus ou à Sericar.
En se mordillant la lèvre, Seth pesa le pour et le contre tandis que son Puits se remplissait lentement dans sa poitrine. 'Est-ce que ça a vraiment du sens de gâcher de l'aether quand ma régénération est aussi lente ? Il serait plus sage de me concentrer pour l'instant sur ce que je peux réellement améliorer.'
Un plan prit forme dans son esprit. D'abord, il devrait faire de son mieux pour maintenir son Puits entre dix et trente pour cent, afin d'en maximiser la vitesse de remplissage. Ensuite, il affinerait son contrôle de l'aether à l'intérieur de son corps. Et le meilleur moyen ? Simuler un vrai combat. Porter des coups de couteau, sprinter et esquiver tout en renforçant à la fois ses muscles et ses nerfs.
Après quoi, il pourrait essayer de tirer quelques flèches, mais seulement s'il devenait assez bon. Casser sa corde d'arc en tirant un peu trop fort était bien la dernière chose dont il avait besoin. Sa liste d'achats était déjà assez longue.
Dès que son Puits atteignit trente pour cent, Seth se leva et se mit au travail. Il commença aussitôt à filer entre les buissons et les arbres, virant brusquement toutes les quelques secondes pour esquiver les armes et les sorts d'ennemis imaginaires.
Comme dans un vrai combat, il employa son aether avec discernement, gardant son Puits au-dessus des dix pour cent tout en restant au plus près de ce seuil. Quand ses jambes fatiguèrent, il reporta son attention sur ses bras et frappa de son couteau avec force. Chaque coup visait un point vital, la gorge, la tête, la poitrine, et était renforcé à l'aether.
Peu à peu, Seth se mit à infuser jambes et bras presque simultanément, combinant travail du bas et du haut du corps. L'aether montait et descendait tandis qu'il gardait sa concentration, esquivant et frappant.
Bientôt, il s'aperçut que certains chemins portaient l'énergie mystique jusqu'à ses muscles et ses nerfs plus efficacement que d'autres, et il s'efforça donc de les emprunter. S'en tenir à ces routes le ralentissait et l'épuisait passablement, mais avec assez de temps, il espérait que ce flux répété creuserait des sillons comme ceux d'Identification, et peut-être même créerait un sort.
Au bout de plusieurs heures, les mains de Seth retombèrent enfin sur ses genoux tandis qu'il cherchait son souffle, les mollets en feu à force de virages brusques. Le sang suintait sur ses bras et se mêlait à la croûte séchée : les blessures du lièvre s'étaient rouvertes à force de moulinets.
Ses vêtements, trempés de sueur, lui collaient comme une seconde peau, mais son contrôle de l'aether s'était grandement amélioré ; il pouvait désormais canaliser l'énergie simultanément dans différentes parties de son corps, en ajustant la quantité selon les besoins. La seule déception, c'est que malgré ses efforts pour la guider encore et encore par les mêmes chemins, aucun sillon ne semblait s'être formé.
Il savait que ce ne serait pas si facile, que forger un sort demande du temps et de la patience, mais tout de même. Il avait espéré au moins un petit quelque chose, un indice de progrès, pour se prouver qu'il était sur la bonne voie.
Au loin, la lueur rouge du soleil couvrait à peine la moitié du ciel derrière les feuilles : la nuit n'allait pas tarder.
'Je ferais mieux d'aller voir si les pièges ont pris quelque chose', pensa Seth en rengainant son couteau de chasse.
La nourriture séchée qu'il avait achetée au marché était destinée aux urgences, pas à sa première nuit. Après tout, qui savait quand il retournerait à Sunatown ? Si le collecteur d'impôts ou un noble le voyait parler à quelqu'un, ils pourraient inventer un prétexte pour infliger une amende à cette personne et lui soutirer encore quelques pièces.
Là-dessus, il rejeta ses cheveux en arrière et se dirigea vers les pièges qu'il avait posés plus tôt. En longeant la rivière, il se mit à lancer Identification. Suivre les sillons du sort pour façonner l'aether et le canaliser jusqu'à son œil lui prit environ une minute, ce qui était bien plus rapide que la veille au soir.
[Seth]
[Classe : Primaliste]
[Rang : 4 (Cuivre inférieur)]
[Sous-classe : aucune]
[Force : 8]
[Puissance Arcanique : 3]
[Résistance : 6]
[Capacité du Puits : 5]
[Agilité : 7]
[Régénération : 8]
[Sorts : Identification, Cuivre à Commun (Raffiné)]
« Pas un seul attribut », murmura Seth, et les mots sortirent comme un soupir étouffé.
Il posa la main contre le chêne à côté de lui et sentit la texture rugueuse de l'écorce. D'après les Marchands Ambulants, un Manieur devait gagner une demi-douzaine d'attributs le jour de son éveil. Cette première vague d'aether était censée être une expérience unique et nourrissante.
Mais de toute évidence, cette règle ne s'appliquait pas aux Primalistes. Il savait que la nature de cette classe, à haut risque et à haute récompense, ne lui offrirait pas de puissance pour de simples moulinets d'arme à l'abri des bois. Pourtant, devant ces chiffres immobiles, il ne put s'empêcher d'éprouver un pincement de déception.
'J'imagine que c'était à prévoir', pensa Seth avec un faible sourire. 'Pour de vrais progrès, il me faudra au moins un peu de danger.'
Cela ne voulait pas dire s'y jeter tête baissée sans préparation, pour autant. Chercher à chasser une bête arcanique sans le moindre contrôle réel de son aether serait suicidaire. Le Lièvre des Tempêtes était une belle preuve qu'il ne pouvait pas les sous-estimer, pas s'il voulait rester en vie.