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Apocalypse Survival: Starting with Potato Cultivation!

Chapitre 49 : Un mur vivant

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Chapitre 49

Chapitre 49 : Un mur vivant

Chapitre 49/49100%~15 min de lecture2 837 mots

« Pourquoi est-ce qu'ils ne répondent pas ? »

Les quatre rebelles criaient toujours dehors. La nuit n'était pas encore tout à fait tombée, et on distinguait nettement leurs gestes.

L'un d'eux ramassa une pierre, monta dessus et regarda par-dessus le mur. En découvrant l'agencement de la cour, il sursauta :

« Il y a un second mur à l'intérieur ! Et des pièges au sol ! Ça ne doit pas être facile d'entrer. On ferait mieux d'appeler du monde demain. »

Ces derniers jours, Kuang Qianli et la petite charpentière avaient étudié les pièges, ainsi que les dispositifs de défense et de riposte de la cour. Le sol était couvert d'éclats de bambou et entremêlé de fils de pêche : quiconque y courrait comme l'avait fait le barbu l'autre jour se retrouverait en fâcheuse posture.

Fils de pêche mis à part, Qiao Xuejun leur avait aussi suggéré de tailler des éclats de pierre bien aiguisés et de les planter au fond de la tranchée. Celui qui y tomberait n'en sortirait pas indemne.

Un autre rebelle l'entendit et n'en crut rien. Il ricana :

« Qu'est-ce que tu te dégonfles ? »

Il poussa son camarade, monté sur la pierre pour escalader le mur. Puis il grimpa lui-même sur la pierre, passa par-dessus le mur sans regarder, et n'abaissa les yeux qu'au moment de sauter. Ce qu'il vit en dessous le laissa pétrifié.

Ça... il n'y avait pas le moindre endroit où poser le pied !

Wei Shanzhi regarda à son tour l'installation en contrebas et resta abasourdi :

« On ne nous avait pas dit que c'étaient juste deux gamines ? Pourquoi est-ce que c'est fortifié à ce point ? Ces deux vieux débris cherchent à nous envoyer à la mort ou quoi ? »

À vrai dire, leur propre camp sur la montagne n'était pas aussi bien préparé.

Il commença à douter des deux vieux Qiao.

« On fait quoi ? » demanda quelqu'un.

« On crie encore. Les gamines, c'est ce qu'il y a de plus facile à embobiner », suggéra un autre.

Joignant le geste à la parole, il héla de nouveau la cour :

« Les grands frères sont là pour vous protéger, n'ayez pas peur, sortez vite ! On a capturé vos grands-parents, ils ne vous embêteront plus ! »

Il attendit un moment, mais aucune réponse ne vint de la cour. Il en conçut un certain dépit :

« Bon sang, les petites, elles font encore semblant. »

Un autre, ayant lui aussi vu les défenses, hésita :

« Les deux vieux ne nous ont peut-être pas dit la vérité. Commençons par jauger la situation et par nous renseigner. Si ce qu'ils ont raconté se vérifie, on reviendra demain soir ! De toute façon, la cour est là : le moine peut fuir, pas le temple ! »

Ils craignaient que l'endroit ne soit pas occupé par la petite-fille des deux vieux, comme ceux-ci l'avaient prétendu, mais par toute une famille. Auquel cas, ils ne seraient pas assez de quatre.

Wei Shanzhi approuva :

« Les gens du bourg vont monter chercher de l'eau tout à l'heure. On les interrogera sur cette famille, et s'il n'y a pas de problème, on reviendra. »

« On s'en va pour aujourd'hui. »

Sur le toit du deuxième étage, les quatre regardèrent les rebelles faire demi-tour. Leurs nerfs tendus se relâchèrent un peu : il semblait qu'il n'y aurait pas de bataille rangée aujourd'hui. Kuang Qianli avait déjà baissé son arc.

« Attendez ! »

Alors que les quatre rebelles allaient partir, un appel monta soudain d'une autre direction et les arrêta.

Qiao Xuejun leva les yeux. À l'embranchement, devant la petite cour, Qiao Yaozu accourait en agitant les bras :

« Attendez, arrêtez-vous ! »

Les quatre rebelles s'immobilisèrent comme s'ils avaient été appelés. Kuang Qianli releva son arc.

« Je vous ai entendus dire que vous aviez vu mes grands-parents ? »

Qiao Yaozu s'était planté devant Wei Shanzhi et posait la question à voix basse.

Wei Shanzhi le jaugea et ricana avec mépris :

« Alors c'est toi, le petit-fils de ces deux vieux ? À voir ta face bouffie, tu manges bien, toi. Tes grands-parents sont maigres comme des clous, et ils t'ont nourri à ce point-là. »

Qiao Yaozu parut prendre peur :

« Où sont mes grands-parents ? »

Wei Shanzhi renifla :

« Tu as besoin de le demander ? Ils sont montés à la montagne pour réclamer notre aide, alors forcément, on leur a pris quelques intérêts ! »

En entendant cela, Qiao Yaozu crut comprendre et s'en réjouit :

« Ce sont mes grands-parents qui vous ont fait venir ? Ils vous ont demandé d'aller chercher quelque chose chez ma sœur, c'est ça ? »

Qiao Yaozu ne pouvait raisonner autrement, ignorant ce que ses grands-parents avaient bien pu offrir pour engager ces gens. Puisqu'on pouvait les engager, c'est qu'il n'y avait pas de problème.

Mais en les voyant sur le point de partir, il s'inquiéta :

« Alors pourquoi vous n'agissez pas tout de suite ? Vous partez déjà ? »

Wei Shanzhi trouva cela amusant :

« Tu nous expliques comment faire notre travail ? Les derniers qui nous ont expliqué comment faire notre travail, c'étaient tes grands-parents ! Vraiment le même sang. »

Sur ces mots, Wei Shanzhi regarda Qiao Yaozu et se mit à rire. Les autres rebelles l'imitèrent.

Le visage de Qiao Yaozu vira au rouge, puis au blanc. Il recula brusquement d'un pas et rugit :

« Qu'est-ce que ça veut dire ? Où sont mes grands-parents ? »

Wei Shanzhi et les autres le regardèrent en riant :

« Allez, viens, suis-nous, on t'emmène les voir ! »

Qiao Xuejun sentait déjà que quelque chose clochait. Elle vit Qiao Yaozu s'éloigner à leur suite. Mais au bout de quelques pas seulement, ils s'arrêtèrent de nouveau. Qiao Xuejun entendit soudain un hurlement de douleur.

Il faisait nuit à présent. Elle vit seulement Qiao Yaozu s'effondrer, le sang coulant de son corps.

« Tu veux toujours nous suivre ? »

Wei Shanzhi tenait un couperet ensanglanté ; il cracha sur Qiao Yaozu à terre. Le groupe s'éloigna, l'abandonnant sur place.

Les pupilles de Qiao Xuejun se contractèrent tandis qu'elle regardait.

Les trois autres restèrent muets eux aussi. Après un long silence, la petite charpentière finit par dire :

« Est-ce qu'ils... l'ont tué ? Pourquoi ? »

C'était la première fois qu'ils voyaient des rebelles tuer quelqu'un. Cela avait été net, rapide, et profondément saisissant. Après tout, à leurs yeux, Qiao Yaozu ne les avait pas offensés, et en un clin d'œil ils l'avaient tué.

Pour ces spectateurs, le meurtre semblait sans raison. Ils n'éprouvaient aucune sympathie pour Qiao Yaozu, mais la cruauté inhumaine des rebelles les glaçait tout de même.

Le docteur Wang répondit à la petite charpentière :

« Pourquoi ? Quelle raison faudrait-il ? »

Elle serra les dents, pleine de haine :

« La vie humaine n'a simplement aucune valeur à leurs yeux... Ils s'appuient sur leur passé militaire et sur leurs armes, et ils font ce qu'ils veulent. Voilà ce que c'est, des rebelles. »

Qiao Xuejun : « Ils n'avaient pas l'air d'avoir de fusils. »

Kuang Qianli répondit alors :

« Il y a une hiérarchie chez les rebelles. Les soldats subalternes comme eux ne doivent pas être dotés d'armes à feu. »

Qiao Xuejun poussa un soupir de soulagement. Quoi qu'il arrive, avoir affaire à des gens sans fusil valait mieux qu'à des gens armés.

D'un coup, elle pensa à quelqu'un d'autre qui, lui, en avait un : Zhao Xian, croisé au bourg quand elle était allée acheter du film de paillage. Il portait un fusil en bandoulière. Il n'était pas rebelle : appartenait-il donc à l'Armée de Défense ? C'était à elle qu'il revenait de repousser les rebelles. Mais ceux-ci stationnaient au bourg depuis si longtemps : pourquoi l'Armée de Défense n'était-elle jamais venue les déloger ?

Peu après, les quatre rebelles disparurent dans la nuit.

À mesure que la nuit s'épaississait, des hurlements de monstres se mirent à résonner au loin, comme un accompagnement des ténèbres.

Sur le toit du deuxième étage, les quatre eurent le sentiment d'avoir échappé au danger pour un temps et se détendirent un peu, mais l'angoisse revint bien vite.

La petite charpentière demanda :

« Patronne, ils ont dit qu'ils reviendraient demain, c'est bien ça ? Et qu'ils amèneraient plus de monde... Qu'est-ce qu'on fait ? »

Kuang Qianli fronçait les sourcils lui aussi :

« À quatre, on arriverait tout juste à les gérer. S'ils viennent plus nombreux, ce sera très difficile pour nous. »

Après tout, ils n'étaient que quatre.

Le docteur Wang :

« Cachons-nous. On reste dans l'abri sans se montrer. Même s'ils franchissent le mur, ils ne nous trouveront peut-être pas. S'ils tombent sur une maison vide, ils repartiront sans doute. »

Ce n'était pas un bon plan... Qiao Xuejun ne laisserait jamais personne entrer dans la maison, sauf absolue nécessité. Si cette petite cour n'avait pas été fortifiée dès le départ et qu'on l'avait déguisée en maison abandonnée, peut-être aurait-on pu les tromper.

Mais avec une cour aussi lourdement défendue, impossible de croire qu'il n'y avait personne à l'intérieur. Ils fouilleraient jusqu'à trois pieds sous terre, à coup sûr.

Or les fonctions défensives de l'abri n'avaient pas encore été améliorées. Ils ne pouvaient laisser personne en découvrir l'entrée, sous peine de n'avoir plus qu'à attendre la mort.

Le regard de Qiao Xuejun se durcit tandis qu'elle fixait l'endroit où Qiao Yaozu était tombé :

« Il y a une autre méthode que nous pouvons essayer. »

Le sol, là-bas, était déjà couvert de sang. Le temps avait passé, et Qiao Yaozu ne s'était toujours pas relevé.

« Quelle méthode ? »

Kuang Qianli regarda Qiao Xuejun.

Qiao Xuejun répondit :

« Ils ont dit qu'ils reviendraient demain soir. La nuit, les malades de la vache folle sortent, eux aussi. »

Le docteur Wang comprit son intention et renchérit :

« Tu veux dire : laisser les malades de la vache folle s'occuper d'eux ? »

Kuang Qianli comprit lui aussi, mais objecta dans le même temps :

« Les malades de la vache folle ne sont pas de très bons combattants. J'ai peur qu'ils ne fassent pas le poids contre ces types. »

« Un ou deux ne feraient pas le poids », acquiesça Qiao Xuejun, le regard toujours tourné vers Qiao Yaozu. « Mais si nous récupérions du sang pour en enduire le mur extérieur, à ton avis, que se passerait-il ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Sous la conduite de Qiao Xuejun, les trois autres recueillirent le sang qui coulait encore de Qiao Yaozu et l'étalèrent sur le mur le plus extérieur de la petite cour.

Qiao Xuejun avait découvert cette nuit-là que les malades de la vache folle étaient extrêmement sensibles à l'odeur du sang. Leur envie de sang pouvait même l'emporter sur leur peur de l'armoise.

Ils travaillèrent vite, un de chaque côté, badigeonnant les murs sur les quatre faces, à l'est, à l'ouest, au nord et au sud. Ils n'épargnèrent même pas le portail.

L'effet ne se fit pas attendre. Avant même qu'ils aient terminé, les hurlements se firent plus fréquents et plus proches.

« Vite, vite », pressa Kuang Qianli. « Accélérez ! Je les entends à cinq cents mètres à peine ! Attention à ne pas vous faire mordre si vous traînez ! »

Alors tout le monde accéléra encore.

Qiao Xuejun se servit d'un chiffon pour enfoncer le sang dans la dernière fissure du mur, y laissant une plaque rouge sombre mêlée de poussière de crépi et de boue.

Le sang frais dégageait une odeur âcre et poissonneuse.

Quand ils étaient passés près de lui tout à l'heure, Qiao Yaozu avait déjà cessé de respirer ; il ne restait que le sang qui jaillissait.

Les rebelles semblaient lui avoir tranché la carotide : la perte de sang était considérable.

« Patronne, vite, vite, ils arrivent ! »

À côté d'elle, la petite charpentière badigeonnait encore la dernière brique. Elle se retourna et regarda en tremblant vers les hurlements des monstres.

Ils étaient très près désormais ; on distinguait leurs silhouettes.

Qiao Xuejun ne s'attarda pas. Elle saisit le poignet de la petite charpentière et se replia droit derrière le portail, en criant aux deux autres :

« C'est bon, docteur Wang, Kuang Shen ! On rentre ! »

Le souffle des monstres semblait juste derrière eux. Le docteur Wang et Kuang Qianli finirent en hâte le dernier coup de chiffon, sans chercher à étaler, et suivirent Qiao Xuejun à l'intérieur.

Boum !

Ils claquèrent le grand portail de fer. À l'instant même où il se fermait, ils entendirent quelque chose le heurter de l'extérieur.

Heureusement, le grand portail de fer avait été renforcé. Il était doublé d'une couche de planches à l'intérieur comme à l'extérieur, et ses deux faces étaient couvertes de tôles prises à un rideau métallique. Bref, le grand portail de fer de la cour était très épais et très solide, comme une plaque d'acier inviolable, et procurait un vrai sentiment de sécurité.

Une fois le portail verrouillé, les choses du dehors ne parvinrent plus à l'ébranler. Elles ne pouvaient pas entrer : elles ne pouvaient que rester dehors.

« Attention à ne pas marcher sur les pièges », rappela Kuang Qianli à tout le monde.

Les monstres, dehors, entendirent la voix de Kuang Qianli et se mirent aussitôt à hurler de plus belle :

« Aouuuh ! Ouh ! »

Comme s'ils lui répondaient.

« Bon sang », fit Kuang Qianli, le cuir chevelu hérissé. « Demain, dans la journée, on renforce le mur extérieur. J'ai vraiment peur qu'ils finissent par le défoncer. »

Bien sûr, ce n'était qu'une peur de l'esprit. Ces malades de la vache folle, avec leur chair et leur sang, ne pouvaient pas défoncer un mur.

Qiao Xuejun estima pourtant elle aussi :

« On peut le renforcer. »

Pour ce qui était des rebelles, ceux qui stationnaient sur la montagne n'avaient que des armes rudimentaires. Si leurs défenses étaient assez fortes et assez solides, il serait plus difficile aux rebelles de percer, même acharnés.

Les hurlements derrière le mur ne cessaient pas et donnaient la chair de poule à tout le monde. Ces sons, qui n'étaient manifestement pas humains et qu'aucune personne normale n'aurait pu produire, avaient le pouvoir d'exciter la peur au maximum.

Le groupe ne s'attarda pas près du portail. Qiao Xuejun monta sur le toit du deuxième étage. De là, en regardant au-delà de la petite cour, elle distinguait sans peine les malades de la vache folle plantés derrière le mur, à hurler contre lui.

Certains malades de la vache folle tiraient même la langue pour lécher le sang sur le mur.

À vue d'œil, il y en avait sept ou huit.

Et à en juger par les bruits, de plus en plus de malades de la vache folle étaient attirés.

Certains tentaient même d'escalader le mur, mais leurs membres totalement désaccordés ne leur permettaient pas d'achever le geste. Ils échouaient encore et encore. Certains tombaient à terre et ne parvenaient plus à se relever.

Qiao Xuejun observa un quart d'heure depuis le deuxième étage. À ce moment-là, près de vingt malades de la vache folle s'étaient rassemblés derrière le mur... Qiao Xuejun en fut saisie :

« Il y en a tellement... »

Le docteur Wang :

« Ce n'est pas étonnant. Notre bourg compte plus de trente mille habitants. Le taux d'infection de la vache folle, d'après la radio de ce matin, atteignait 15 %. À ce compte-là, notre bourg compte plus de quatre mille malades de la vache folle. Ce n'est pas beaucoup. »

Bien sûr, leur village était l'un des plus petits du bourg. Mais les malades de la vache folle erraient partout. Avec une attraction délibérée, en voir arriver vingt n'avait rien d'extraordinaire.

Devant ce spectacle, Kuang Qianli comprit l'intention de Qiao Xuejun. Un ou deux malades de la vache folle n'étaient pas à craindre, mais trente ? Quarante ? Cent ?

Ils étaient sortis couper du bois ces derniers jours et se faisaient une idée de la situation. Les rebelles stationnés à la source, sur la montagne, étaient moins de cent, sans doute une quarantaine ou une cinquantaine.

Même si tous les quarante ou cinquante sortaient la nuit, ils devraient payer le prix fort pour venir à bout d'une telle foule de malades de la vache folle. Et si l'on profitait ensuite de ce qu'ils se battaient contre eux pour les attaquer par surprise, ne gagnerait-on pas sans lever le petit doigt ?

Qiao Xuejun observa encore un moment, s'assura que les malades de la vache folle continuaient d'affluer et qu'ils ne pouvaient pas franchir le mur, puis cessa de s'inquiéter :

« On en reste là pour l'instant. Allons nous reposer. On se lèvera tôt demain pour renforcer le mur. »

Traduit par Éclipse Scans — soutenez leur travail en les suivant.

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