« Il y a une chose que je dois encore te dire. Kumilony ne s’est pas réveillée pour moi parce qu’elle pensait que j’avais du talent. »
Lu Cang termina sa phrase.
Le déluge de foudres qui l’accompagnait explosa à l’instant même !
Monsil — vaincu.
Voilà donc ce qu’on appelle un mage de deuxième palier censé comprendre la Magie Originelle…
Lu Cang fut sincèrement déçu aux fondements de lui-même.
Par la suite, alors qu’il poursuivait ses mises en correspondance, il ne rencontra toujours aucun adversaire sérieux.
Il remporta sans peine ni effort cinquante victoires d’affilée.
Un cristal éclatant et lumineux tomba du ciel.
【Cristal d’Expansion Magique】
Il permet de repousser la limite supérieure de sa puissance magique.
C’était la récompense pour une série de victoires.
Cinquante parties avaient pris un peu plus de vingt minutes, soit une moyenne de six secondes pour résoudre chaque affrontement. Comment aurait-on pu aller plus vite ?
À l’inverse, la partie la plus longue résidait dans le temps de mise en correspondance, qui augmentait légèrement au fur et à mesure que la série de victoires s’allongeait.
Lu Cang jeta un coup d’œil au classement et constata qu’il avait déjà rejoint le top cinquante.
Le classement fonctionnait sur un système de points.
Plus on enchaînait les victoires, plus on gagnait de points.
En temps normal, gagner un match rapportait un point, et en perdre soustrayait un point.
Au-delà d’une série de cinq victoires, chaque victoire devenait récompensée de deux points.
Au-delà de dix victoires, elle passait à quatre points.
Au-delà de cent victoires, chaque victoire octroyait vingt points.
Par conséquent, avec une série limitée à cinq victoires, un taux de réussite de cinquante pourcent signifiait tourner autour de zéro point.
De plus, des coefficients légers modulaient le gain en fonction de la prestation au combat et de l’écart de scores entre les deux camps.
Son coefficient actuel était de 1,2.
Son propre total s’élevait à cent soixante-dix-huit points.
Le score définitif atteignait deux cent treize virgule six.
Il occupait la quarante-quatrième place parmi toutes les professions de niveau 2, et la troisième chez les mages de niveau 2.
Lu Cang sortit une montre de gousset de son anneau spatial et vérifia l’heure.
Il n’était pas encore tard.
Il faisait donc mieux de continuer à gratter quelques points.
…
Lors des cinquante parties suivantes, il ne rencontra toujours aucun véritable adversaire. Il trouva bien un assassin classé neuvième au tableau, mais celui-ci, hélas, ne parvint même pas à briser le bouclier de Lu Cang.
Il fut littéralement consumé vif par la mer de flammes qui recouvrait l’ensemble de l’arène.
【Série de cent victoires】
Score total : 567.
Première place parmi les mages de niveau 2, troisième au classement général.
Après tout, le joueur en tête avait disputé plus de quatre mille parties et perdu seize fois seulement. Sans même compter les bonus de série, il dépassait déjà les quatre mille points, et ces rares défaites impliquaient aussi qu’il possédait probablement nombre de longues séries.
« Peu importe. »
Lu Cang n’envisageait pas de filer directement vers la première place en une seule journée.
Les combats du jour ne lui avaient apporté que peu d’inspiration… Venaient-ils de sa vitesse à achever ses ennemis ?
Chicheng lui avait pourtant recommandé de multiplier les affrontements ; peut-être trouverait-il en combattant des indices inspirants sur la Magie Originelle. Cela paraissait toutefois un peu tiré par les cheveux.
Ce n’était en réalité que la vue de la plaquette publicitaire de Monsil qui l’avait poussé à chercher une quelconque étincelle créatrice.
Quoi qu’il en fût, il obtenait au moins les récompenses de série.
Récompense série de cent victoires : 《Notes du Mage Originel Antique》
Lu Cang ouvrit les notes et feuilleta quelques pages.
Il découvrit qu’il ne reconnaissait absolument aucun des caractères écrits… Sa réincarnation dans ce monde n’avait apparemment pas effacé la barrière linguistique pour toutes les écritures.
Ayant grimpé si haut, il ressentait également une certaine faim.
Il prévoyait de passer à table avant de faire quoi que ce soit d’autre.
Il sortit de la Porte des Combats.
Sans se presser, il alla à l’accueil déclarer ses parties.
Un peu plus d’une heure auparavant, il venait tout juste de s’inscrire comme nouveau concurrent.
Une heure plus tard, il avait déjà enfilé cent victoires d’affilée et trônait à la troisième place de la Cité Circulaire.
La bouche de la réceptionniste frémissait sans cesse.
« Petit frère. »
« Ton palmarès est un peu trop écrasant, non ? »
…
La Cité Circulaire était vraiment immense, loin devant les petites bourgades comme Rhein où l’on apercevait les limites du regard.
On disait que sa population avoisinait les cinquante millions d’habitants.
Apparemment, même Tching-Kéang, la ville la plus peuplée de Chine, ne débordait guère des trente millions… À cette échelle, il y en avait décidément beaucoup ici.
Une foule dense, pourtant pas du tout enfournée, ce qui prouvait encore mieux l’immensité de cette cité.
Le plat_signature de la Cité Circulaire était la bête parfumée rôtie… Le goût était franchement bon, juste un peu cher, à vingt-cinq pièces de cuivre.
Mais ce n’était pas une portion individuelle ; il le rangea pour voir s’ils accepteraient d’en manger. Sinon, il se ferait un grignotage de nuit.
Quand il regagna son hôtel, la nuit était déjà tombée.
Lu Cang réfléchit un instant et décida de flâner vers la salle de lecture.
La bibliothèque de Rhein paraissait nettement plus ancienne.
Certains ouvrages étaient même des éditions du siècle précédent.
Ici, il devait y avoir un peu plus récent.
Se disant cela, il monta à la bibliothèque du trentième étage.
À peine entré, il aperçut une jeune fille assise derrière le bureau, absorbée par un livre.
« … »
Lu Cang resta muet, mais un billet s’était matérialisé entre ses doigts.
« Que fais-tu ici ? »
« Ils recherchaient un érudit de niveau 4 pour tenir le poste de bibliothécaire, alors je suis venue. »
Pali.
La directrice de la bibliothèque de Rhein.
Elle s’était présentée exactement là.
Sachant que ladite personne portait la classe de devin, voire pourrait être un devin de haut niveau, Lu Cang n’envisageait absolument pas cela comme un simple hasard.
Lu Cang fit demi-tour pour partir.
« Iz. »
« Pali est là-bas. Dans la bibliothèque du trentième étage de notre hôtel. »
Il murmura ces mots à l’air ambiant.
Iz lui avait affirmé qu’à partir du moment où son appel entrait dans le champ de sa perception, il finirait par le sentir.
Bang !
Presque aussitôt, Iz se matérialisa à ses côtés.
Je trouve ta présence très rassurante, Iz.
Même si agir ainsi ressemblait un peu à courir après ses parents, face à une classe aussi mystérieuse que celle de devin, Lu Cang ne tenait absolument pas à affronter Pali avec son expertise toute neuve.
Pourtant, dès qu’Iz eut rejoint le sol,
en apercevant la jeune fille lisant devant lui, son visage afficha une expression complexe. « Bidi ? »
« Vous vous connaissez ? »
Pali referma son livre et reporta tranquillement son attention sur Izparut.
Izparut prit une grande respiration, comme pour maîtriser ses émotions.
Il détourna la tête et lança à Lu Cang : « C’est la… l’a-mie dont je t’ai parlé. »
Amie. Prononcé entre les dents serrées.
Lu Cang n’avait que rarement vu pareille émotion sur le visage d’Izparut.
En songeant à la course-poursuite qu’il venait de mener, Iz avait malgré lui l’air quelque peu abattu.
Quand il s’était rendu à son domicile,
il avait trouvé un billet collé sur la porte : « Absente. Si tu m’appelles, rends-toi 1224 rue Pingyue. »
Il s’y était téléporté à la hussarde.
Là-bas, une autre pancarte indiquait : « Si tu continues à me chercher, dirige-toi vers la 52 rue Gubu. »
Héhé…
Tout au long de cet itinéraire, juste quand il envisageait d’abandonner, il avait lu ces mots : « Si tu cesses de me chercher maintenant, tu ne me reverras plus. »
Pour la dernière note, le texte disait : « C’est vraiment la dernière fois. » Aucun indice n’y figurait.
Mais c’est précisément à cet instant qu’il avait entendu l’appel de Lu Cang.
En arrivant auprès de Lu Cang,
il avait découvert que ce type se tenait pile devant lui.
Pali leva la main pour saluer. « Yo, Palu. »
Izparut : « Je peux te faire sauter ? »
Pali : « Pas vraiment. Nous sommes dans une bibliothèque. »
…
Il semblait que les deux personnages se connaissaient intimement.
Iz souffla un grand coup et demanda : « Donc, tu étais déjà à Rhein depuis le départ. »
Pali hochait la tête.
« Tu savais que Meisai viendrait chercher Lu Cang. »
Pali confirma du geste.
« Pourquoi ne m’en as-tu rien dit ? »
Pali : « Un devin n’est qu’un spectateur du destin. »
« Si tu ne viens pas vers moi, je ne viendrai naturellement pas vers toi. »
Les devins ne s’immisçaient jamais activement dans le destin d’autrui.
Iz se sentit démuni ; il ne pouvait réellement pas lui contester cette logique.
C’était bel et bien le principe fondamental régissant leurs agissements.
« Très bien, j’ai besoin d’une divination. »
À condition que quelqu’un prenne l’initiative de solliciter un devin, car dès lors, cela relève de son propre chemin.
Un billet s’envola vers la main d’Iz.
« Aide-moi à deviner les traces de Meisai. »
Ce message avait été laissé pour Lu Cang par Meisai.
« Cinquante millions de pièces d’or », annonça Pali.
Une telle somme vertigineuse stupéfia même Lu Cang.
Cinquante millions ?
Cherches-tu à racheter toute la Cité Circulaire ?
Pourtant, Iz réglait la facture sans broncher.
Il jeta dehors une bourse ; celle-ci était clairement un artefact magique de type spatial.
Pali attrapa la bourse, en mesura le poids d’un geste, puis reprit le billet des mains d’Iz.
Elle jeta dessus deux coups d’œil.
Elle ne sortit ni boule de cristal, ni cartes de tarot, ni triagrammes de carapace de tortue.
Puis elle le lui rendit en déclarant : « Nord-ouest, Vallée de la Lueur du Crépuscule… Suis-le droit, et tu finiras par le croiser à la Mer Secrète, sur la bordure occidentale du continent de Ruelen. »
« Souhaites-tu connaître l’issue de cette confrontation ? » demanda Pali en retour.
Iz esquissa un léger sourire et secoua la tête. « Inutile. »
Pali : « Quel dommage, je rate une occasion de toucher davantage. »
« Il a sûrement déjà compris qu’il était sous surveillance. Si tu le filoutes plus longtemps, ta poursuite s’en trouvera rallongée. »
Iz hocha brièvement la tête, puis se tourna vers Lu Cang : « Chicheng et Kumilony veilleront sur ta sécurité. »