À la veille des vacances d'hiver, mon père m'emmena au collège privé Saint-Salaius pour récupérer les objets prêtés.
« Incroyable, Leafa. C'est assez rare, même pour des chercheurs impériaux, de bénéficier de prêts aussi étendus. »
Mon père, ayant entendu parler de mon comportement habituel de la part de Monsieur Lionel et de Monsieur Anais, était encore tout ému et enthousiaste. Occupé par son travail militaire, il avait rarement l'occasion d'assister de visu à mon évaluation à l'école, ce qui était compréhensible. Mais être loué de la sorte me mettait mal à l'aise.
« Tu exagères, Père. Ce n'est pas que je sois incroyable, mais plutôt les principes merveilleux et le credo de cette école. Je vous suis reconnaissante, à toi et à Mère, de m'avoir permis de fréquenter un si bel établissement. » « … Je suis vraiment heureux d'avoir élevé un enfant si merveilleux… »
Touché par mes mots, mon père avait les larmes aux yeux. Tout en me sentant rassurée par sa réaction sincère, j'éprouvai aussi une pointe de culpabilité. Si je n'avais pas été réincarnée sous la garde de mes parents, peut-être auraient-ils pu élever un enfant plus « normal » — cette pensée me fit mal. Je devais redoubler de prudence pour que nul mal ne leur arrive. L'homoncule était la première étape vers cet objectif.
Avec les objets prêtés apportés par la voiture de mon père — tubes à essais, appareils magiques d'inhalation d'oxygène, et un bidon cylindrique rempli de fluide d'Amnios assez grand pour contenir mon corps tout entier — mon atelier devint fort exigu.
Puisque j'avais décidé d'utiliser Arkecius pour le travail, j'avais prévu à l'avance où l'installer sans avoir besoin de l'aide de mon père.
Je reliai l'appareil magique d'inhalation d'oxygène aux tubes à essais pour la culture d'homoncules et le connectai à un petit réservoir d'éther que j'avais préparé comme source d'alimentation. Avec cette installation, un espace adéquat était prêt.
Sans marquer de pause, je commençai à verser le fluide d'Amnios du bidon dans les tubes à essais. Monsieur Lionel avait fourni un tuyau dédié à cet effet, qui remplit les tubes à essais presque entièrement de lui-même.
!
« Bon, alors… »
J'approchai Arkecius du tube à essais rempli de fluide d'Amnios et ouvris le couvercle circulaire sur le dessus. C'est ici que j'allais ajouter la substance contenant l'information génétique, et cette fois, je décidai d'utiliser du sang.
Autrefois, lorsque j'étais Glass, j'utilisais de la chair provenant de parties de moi-même devenues obsolètes. Cependant, ce corps n'était pas mien seul. Bien que ce puisse être quelque peu moins efficace pour créer l'homoncule, je jugeai préférable de minimiser les dommages au corps.
Je tailladai mon poignet avec un couteau et laissai le sang s'écouler dans le tube à essais par une petite ouverture. Tandis que j'observais la couleur du fluide d'Amnios changer à mesure que mon sang s'y mélangeait, je remarquai que le flux de sang de mon poignet s'était arrêté.
« Je vois… »
L'entaille du couteau sur mon poignet avait déjà cicatrisé.
« C'est exactement comme cette fois avec Auro Rabbit. »
Guérir instantanément quel que soit le dommage infligé, c'était tout à fait cette déesse. Je ris avec amertume en réalisant une fois de plus l'anomalie qui se produisait dans mon propre corps.
« Bon, cela devrait rendre le processus un peu plus fluide… »
Marmonnant pour moi-même, je tailladai à nouveau mon poignet et ajoutai plus de sang au fluide d'Amnios. Grâce à la nouvelle coupure qui cicatrisa rapidement elle aussi, j'essuyai prestement les traces de sang et passai à la tâche suivante. C'était commode en ce sens, mais une anomalie restait une anomalie.