Le groupe arriva à la patinoire à roulettes, Ye Jinliang les attendait déjà à l'entrée.
Apercevant Gu Ran, il se mit sur la pointe des pieds et agita la main au milieu de la foule.
« Frère Ran, par ici ! »
En le voyant, Gu Ran se hâta de lui répondre, et les deux géants réussirent enfin à se rejoindre.
Arborant un sourire radieux, Ye Jinliang trébucha et se fraya un chemin vers eux.
Mais à la seconde suivante, il remarqua les deux personnes aux côtés de Gu Ran, et le sourire sur son visage se figea instantanément.
Pourquoi y avait-il une personne en plus ?!
Il pouvait comprendre que ce type amène Ye Zhenzhen, mais pourquoi cette petite loli était-elle là aussi ?
Et pourquoi collait-elle à un mec comme Gu Ran ?!
Qu'est-ce qui n'allait pas dans ce monde ?
Qu'avait-il fait pour mériter ça !
Ye Jinliang cligna des yeux. Il perdit complètement l'envie de jouer et eut plutôt envie de rentrer réviser.
Craignant que la situation ne devienne gênante, Gu Ran prit les devants pour les présenter aux filles. « Ye Jinliang, mon ami d'enfance. »
Ayant dit cela, il se tourna vers le garçon potelé. « Là, tu l'as déjà vue. La voisine de table de Ye Zhenzhen, Pei Susu. »
Ye Jinliang hocha la tête et adressa un doux sourire à la petite fille.
Il avait déjà tout calculé dans sa tête. Le patin à roulettes était une activité à deux. Gu Ran et Ye Zhenzhen formeraient un duo, ce qui signifiait que cette délicate petite loli devrait faire équipe avec lui. Il devait absolument assurer le spectacle.
Cependant, cette dernière ne remarqua même pas son sourire.
Pei Susu s'adressa à Gu Ran d'une voix douce et coquette : « Dis donc, Frère Gu Ran dit mon nom si joliment. »
Ye Jinliang : « ... »
Sans savoir que Pei Susu faisait ça uniquement pour agacer Ye Zhenzhen, il crut que la fille devant lui était aussi tombée dans le piège de Gu Ran.
En un instant, son visage se déforma en une grimace de panda qui pleure.
Merde, ces vacances du Nouvel An étaient d'un ennui mortel !
Avant que Gu Ran ne puisse répondre, la coquette Pei Susu fut promptement punie par la fille distante.
De quoi effrayer le jeune garçon qui rentra la tête dans les épaules, n'osant pas souffler mot de peur de se prendre les éclats.
Le groupe entra dans la patinoire. Gu Ran demanda leurs pointures et alla louer les patins.
Ye Jinliang restait raide sur place, l'expression soignée, s'efforçant d'être un « Sigma Male ».
À partir d'aujourd'hui, son monde ne tournerrait plus qu'autour des études ; il ne tomberait plus jamais dans le piège d'une femme !
Pendant ce temps, Pei Susu se disputait en douce avec sa meilleure amie.
« Ye Zhenzhen, tu ferais mieux d'avouer. Pourquoi m'as-tu pincée tout à l'heure ? Tu étais jalouse ? »
En entendant ça, un rouge vif monta instantanément sur le visage de la fille distante. Elle se rajusta machinalement les cheveux derrière l'oreille. « Pfft, n'importe quoi ! Je m'inquiétais juste que mon naïf petit frère se fasse avoir par une mauvaise femme ! »
Ye Zhenzhen se dit en elle-même que son incapacité à contrôler ses émotions tout à l'heure venait entièrement du fait qu'elle avait endossé le rôle de grande sœur qui fait office de mère.
Voir un petit frère décevant se faire séduire par une mauvaise femme, n'importe quel aîné serait en colère.
C'est ça, une aînée !
« Tch, tu te mens encore à toi-même ? »
Pei Susu ne croyait pas un seul signe de ponctuation de ses justifications.
Le visage de cette fille avait praticamente viré au vert de jalousie tout à l'heure, et elle continuait à se mentir !
Si elle n'avait vraiment aucun autre sentiment pour Gu Ran, Pei Susu préférait encore croire aux extraterrestres.
Exaspérée par son ton dédaigneux, Ye Zhenzhen prit deux grandes inspirations, puis, par gêne et rage, tendit instinctivement la jambe pour la frapper.
Mais elle réalisa vite que la personne en face n'était pas Gu Ran. Elle dut retirer son pied et la pinça à nouveau, furieuse.
« B-Bref, je veille sur lui du point de vue d'une belle-sœur, pour l'empêcher de se faire séduire par de mauvaises femmes. Crois-le ou non, c'est ton problème ! »
Pei Susu retroussa les lèvres, sans la moindre réaction à l'appellation de « mauvaise femme ».
De toute façon, la seule chose qui restait dure chez cette fille, c'était sa bouche obstinée. À quoi bon argumenter avec elle ?
Tournant la tête vers le Sigma Male qui montait la garde à côté d'elles, ses yeux pétillèrent et elle s'approcha en chuchotant d'un ton mièvre : « Frère Ye, tu en penses quoi, de la façon dont Ye Zhenzhen traite Gu Ran ? »
Voyant la petite loli prendre l'initiative de lui parler sur un ton aussi mièvre, le Sigma Male rompit instantanément son personnage.
Son visage rougit, il se gratta la tête, ne sachant comment répondre sur l'instant.
Entendant ses mots, Ye Zhenzhen lança aussi un regard fulgurant par-dessus son épaule.
« Dis-moi, tu trouves que Ye Zhenzhen est bien avec Gu Ran ? »
Incapable de résister à l'offensive coquette de la dragueuse expérimentée, le visage de Ye Jinliang prit une teinte encore plus rouge tandis qu'il bredouillait : « Euh... bien, c'est bien... »
Pei Susu appuya son avantage, décidant qu'aujourd'hui était le jour où elle arracherait le masque hypocrite de sa meilleure amie pour la confronter à la réalité.
On dit que les spectateurs voient le plus clair. Elle voulait que quelqu'un d'autre dise exactement à quoi elle ressemblait aux yeux des autres.
« Alors dis-moi, c'est le genre de "bien" qu'une grande sœur a pour un petit frère, ou le genre de "bien" qu'une petite amie a pour un petit ami ? »
Ye Jinliang : « ??? »
C'était quelque chose qu'il pouvait entendre gratos ?!
Il se tourna instinctivement vers la fille distante. Effrayé par le regard glacial dans ses yeux, Ye Jinliang se tut instantanément.
Mais au final, il ne put résister à la voix trop douce et au ton trop délicat de la vétérane de la drague.
De toute sa vie, il n'avait jamais rencontré une telle situation ; il ne pouvait vraiment pas y résister.
Juste au moment où il était dans le flou et s'apprêtait à répondre, Ye Zhenzhen toussota à point nommé, le faisant refermer la bouche illico.
La créature connue sous le nom de grande sœur possède naturellement une aura oppressante sur les petits frères.
Elle était la grande sœur de Gu Ran, et lui était le frère de Gu Ran. En calculant comme ça, on pouvait comprendre qu'elle était aussi sa grande sœur.
Au moment où il entendit Ye Zhenzhen tousser, pour une raison inconnue, son cœur se serra instinctivement. Il serra les lèvres, refusant de dire un mot de plus.
Voyant ça, Pei Susu se tourna immédiatement et lança un regard noir à la fille distante.
« Ye Zhenzhen, tu te sens coupable, avoue ! »
« Qui se sent coupable ? »
Ye Zhenzhen arborait une expression indifférente. Sans Gu Ran là, elle semblait être redevenue cette fille éthérée et détachée du monde qu'elle était d'ordinaire.
Mentant effrontément sans même rougir, elle fit grincer des dents Pei Susu de rage.
Pour une raison quelconque, elle semblait avoir attrapé l'habitude de Gu Ran ; chaque fois qu'elle voyait cette fille faire la fière comme une fée, elle voulait la tirer dans le monde des mortels.
« Si tu n'es pas coupable, pourquoi as-tu toussé ? »
« J'avais la gorge sèche et je voulais de l'eau, c'est un crime ? »
La fille distante releva un sourcil et parla calmement, sa bouche aussi obstinée que jamais.
« Tu es juste coupable, tu as peur qu'on sache que tes intentions ne sont pas pures ! »
« C-C'est des conneries ! »
Se faire jeter cette eau sale à la figure fit que Ye Zhenzhen ne put s'empêcher de jurer.
« Tu es vulgaire ! »
Pei Susu détendit les sourcils, ravie d'avoir fait jurer la fée.
Si Gu Ran était là, il l'aurait sûrement entraînée dans une alliance dédiée à trouver de nouvelles façons de faire sortir la fille distante de ses gonds, dans le but de la faire craquer.
Ye Zhenzhen se rajusta les cheveux et répondit sans perdre le dessus : « C'est toi la vulgaire. Il faut parler le langage de la personne en face ! »
Pei Susu : « ??? »
Attaque personnelle maintenant, c'est ça !
Quand Gu Ran revint avec quatre paires de patins, il eut inexplicablement l'impression que l'ambiance était redevenue bizarre.
Il se tourna vers le silencieux Ye Jinliang, puis jeta un œil aux deux filles, un peu perplexe.
« Il... s'est passé un truc tout à l'heure ? »
Personne ne répondit. Il regarda Ye Zhenzhen, qui croisa les bras, releva un sourcil et dit : « Puisque t'as déjà une autre sœur, t'as qu'à aller lui demander. »