« Plaque d’immatriculation : xxxx, voiture de police, ils ont capturé mon professeur. »
Les pupilles de Saar se contractèrent et il murmura immédiatement quelque chose aux trois autres patrons.
Le visage des trois autres changea brusquement ; ils échangèrent un regard puis hochèrent la tête en silence.
Saar transmit aussitôt par SMS la position et le numéro de plaque à un contact.
Pendant toute sa détention, ne prononça pas un mot.
L’agent le menaça : « Tu crois qu'en restant muet tu vas échapper à la peine ? Qu'est-ce qui te fait rire ? »
« Je souriais en pensant que cette ville démente qu'est Las Vegas n'a peut-être pas une sécurité aussi impeccable que ça. Dis donc à ton chauffeur de faire gaffe au volant. »
À peine eut-il terminé sa phrase qu’une berline privée surgit du virage et s'écrasa frontalement contre la voiture de police. était assis à droite, tandis que l’agent qui lui parlait se trouvait à gauche, côté directement percuté. Malgré la solidité du véhicule et alors que l’agent portait sa ceinture, l'impact le projeta vers la droite avant de le repousser violemment vers la gauche sous l'effet de la ceinture et de l'inertie, le faisant percuter la vitre et le montant de portière. Il perdît connaissance instantanément, le crâne ruisselant de sang.
Les autres agents présents dans le véhicule sortirent aussitôt et braquèrent leur arme sur le conducteur de la berline.
Ce conducteur leva la main avec une parfaite innocence et cria : « Vous n'avez pas vu mon clignotant ? »
À ce moment précis, un pick-up fonceur s'écrasa sans ménagement contre la deuxième voiture de police qui assurait l'escorte. Les passagers de l'avant tombèrent aussitôt dans le coma.
Les flics descendirent également et tirèrent immédiatement un coup de semonce en l'air avant de pointer leurs armes vers le conducteur en s'approchant du véhicule. L'un des agents tira l'homme par le bras et constata tout de suite que ses pupilles étaient vitreuses.
« Merde, il est drogué ! » L’agent le plaqua contre le véhicule et lui boucla les menottes.
Personne n’avait remarqué qu’un individu s’était faufilé jusqu’aux voitures de police pour y crever les pneus. Les pneumatiques se dégonflèrent instantanément, immobilisant les deux véhicules.
« Merde, surveillez le suspect », ordonna le capitaine à ses collègues. Il s'apprêtait à demander des renforts quand…
…mais il réalisa que son système de communication était bloqué.
« Putain ! »
À ce moment-là, un énorme camion de transport se remit à klaxonner dès qu’il aperçut les voitures stoppées obstruant la chaussée.
« Vous avez pas vu nos pneus crevés ? T'es aveugle ou quoi ? » aboya le capitaine au chauffeur. Connaissant la propension des Mexicains de la région à chercher systématiquement la petite bête, il était monté aux créneaux.
Le chauffeur du gros camion s'en fichait éperdument et continuait de klaxonner, exaspérant davantage le capitaine, qui se mit à insulter le routier : « T'es con ou tu joues les cons ? T'arrive pas à utiliser une autre voie ? »
Le chauffeur faisait visiblement partie du groupe. Il fonça alors droit devant, écrasant la dernière voiture de police contre le bas-côté, dépassa la première et fila, ne laissant derrière lui qu'une épave de voiture de police méconnaissable. Les agents restèrent bouche bée face à ce spectacle.
Deux agents traînèrent hors du véhicule. Un léger sourire effleura ses lèvres. « Vous allez quand même pas m'obliger à retourner au commissariat à pied, j'espère ? »
Le capitaine s'empressa de sortir sur le bas-côté pour appeler un taxi. Cependant, les chauffeurs de la zone connaissaient parfaitement les règles non écrites de la ville. Voir même les voitures de police se faire mettre à jour comme ça les fit immédiatement rebrousser chemin.
« Je vous préviens, n'essayez surtout pas de vous enfuir ou quoique ce soit. Nous avons des raisons de vous arrêter dans le cadre de l'enquête sur cette affaire. » Le capitaine s'approcha et mit en garde , qui affichait une totale désinvolture.
« Je ne sais pas de quoi vous parlez. » Un léger sourire aux lèvres, secoua la tête.
Soudain, une nouvelle voiture vira brutalement et fonça droit sur le capitaine, qui était encore en train de menacer . Pris totalement de court, celui-ci était paralysé par la peur et n'arriva même pas à esquiver. Mais le véhicule se contenta de le frôler, vrilla sur le côté et passa juste à quelques centimètres de lui.
Le capitaine suait à grosses gouttes.
« Regarde où tu marches, ou je t'écrases, connard ! » aboya le chauffeur en levant le doigt avant de disparaître dans la circulation.
Ils avaient vraiment poussé le bouchon trop loin.
« Capitaine, qu'est-ce qu'on fait ? On doit vraiment le ramener au commissariat ? J'ai peur qu'on n'en ressorte pas vivants de cet échange… » Les autres agents avaient déjà compris qu'il y avait clairement un problème.
Pour l'instant, ils s'en tiraient encore parce qu'ils restaient relativement diplomates envers , mais cette série d'événements constituait un avertissement clair : il fallait faire attention à ce qu'ils faisaient. Après tout, le nombre de personnes disparues ou assassinées à Las Vegas chaque année n'avait de compte à personne.