Après avoir étudié toute la nuit et vérifié que le bouledogue ne présentait aucun effet secondaire, Xu Cheng était perdu dans ses pensées.
Pour l’instant, ce projet de résurrection cellulaire ne pouvait pas être étendu à grande échelle : il ne disposait que de son propre sang pour obtenir cet effet. Il n’avait pas l’intention de se poignarder tous les jours pour vider un seau de sang afin de sauver le monde, quand même ?
Ce serait idiot.
Et il n’était pas non plus ce genre d’homme grand et désintéressé.
Cependant, il estimait qu’il pouvait effectivement approfondir ce projet. Sans parler des revenus qu’il pourrait en tirer, Xu Cheng se demandait si, puisque son sang réparait les cellules, il n’était pas possible d’injecter son sérum comme un vaccin, d’attendre qu’il soit absorbé par l’organisme du sujet pour déclencher une production d’anticorps, puis d’essayer d’y introduire des gènes provenant d’autres animaux.
Ce n’était pas impossible.
Que voulait-il faire, au juste ?
C’était très simple : s’il pouvait devenir le seul à posséder ce type de pouvoirs surhumains, pourquoi ne pourrait-il pas y en avoir un deuxième ?
Xu Cheng savait qu’en solo, il restait vulnérable. S’il souhaitait bâtir une force considérable, il devrait affronter de puissants hommes politiques et des capacités militaires au niveau des nations ! C’était précisément la raison pour laquelle Kush, le roi des mercenaires, n’avait toujours pas réussi à unifier les terres mercenaires.
Car il savait qu’au jour où il tenterait d’unifier la région, ce serait son jour de mort.
Personne ne pouvait résister à la poursuite implacable de l’armée et des forces spéciales de la Nation M.
On peut être puissant, mais pas tout le monde autour de soi. Quand la politique devient sale, on n’a aucune chance de gagner contre eux puisqu’on ne peut pas protéger ses proches.
Aussi, dès lors qu’il entendait bien jouer la carte, Xu Cheng explorait-il les possibilités offertes par la création de maîtres encore plus puissants.
Il voulait voir s’il pouvait servir de catalyseur pour promouvoir et maîtriser ce type de technologie génétique au profit de son entourage.
Il savait qu’il lui fallait creuser cette piste plus profondément, et le point positif, c’est qu’il connaissait désormais le pouvoir de son sérum à renforcer les anticorps humains et à restaurer les cellules. La prochaine étape consisterait donc à déterminer si, une fois ces anticorps développés dans l’organisme, ils pouvaient aider le receveur à absorber des gènes issus d’autres animaux et, en retour, donner naissance à un être humain encore plus fort.
Cela marquerait la deuxième phase de l’expérience de Xu Cheng.
À cet effet, Xu Cheng renvoya son disciple Lin Dong en lui ordonnant de s’éloigner, tandis qu’il restait dans le laboratoire à bosser toute la nuit.
D’abord, il devait mener une étude pour vérifier si l’injection de son sérum à un animal pouvait générer suffisamment d’anticorps pour le maintenir en vie pendant son absorption de gènes venus d’une autre espèce.
Xu Cheng se rendit sur le marché et acheta quelques abeilles. Les abeilles ont un cycle de vie très court, et il avait dû mettre la main à la poche pour s’offrir quelques reines, dont la durée de vie tourne habituellement autour d’une quinzaine de jours.
Il préleva son propre sang et le rangea au réfrigérateur.
Ensuite, il extrayait des gènes de tortues, connues pour leur longévité exceptionnelle. Il voulait voir si son sérum permettait de fusionner ces ADN étrangers harmonieusement sans tuer l’hôte lors du transfert.
Équipé de pincettes à micro-perforation, il tenta sous microscope d’injecter son sérum dans une reine.
Le corps étant trop petit, chaque geste exigeait une précision absolue. Sinon, la reine se retrouvait poignardée à mort, l’aiguille ayant pénétré trop fort ou traversé la bête de part en part. C’est ainsi que Xu Cheng tua une demi-douzaine de reines.
Au final, il réalisa qu’il pouvait activer sa vision perçante, ce qui lui donnait les moyens de visualiser l’intégralité des fibres et des tissus de la reine. Lors de cet essai, il localisa un point d’injection adapté et injecta le sérum avec succès. Immédiatement après, il déposa la reine dans un bocal et y ajouta un peu d’eau pour la maintenir humide.
Peu de temps après, la reine commença à somnoler avant de s’effondrer immobile au fond du bocal. Tout au long de cette manipulation, il remarqua un détail : le délai nécessaire pour développer les anticorps variait selon les espèces animales.
Il fallut à la reine au moins une demi-heure pour absorber le sérum et synthétiser les anticorps. Alors que Xu Cheng s’apprêtait déjà à la croire morte, ses ailes se mirent à battre frénétiquement, heurtant les parois du bocal dans tous les sens, preuve d’une énergie retrouvée.