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A Wizard’s Secret

Chapitre 2 : Un monde arriéré

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Chapitre 2

Chapitre 2 : Un monde arriéré

Chapitre 2/2100%~7 min de lecture1 318 mots

Les roues ronronnaient tandis que la voiture avançait en cahotant sur le sol de la ville d'Eau-Noire, pavé de pierre bleue irrégulière. C'était très inégal, et le trajet en voiture en devenait un peu désagréable.

Merlin était assis à côté de Macy, et le léger parfum qui venait d'elle le réconfortait. Le trajet était cependant vraiment trop secouant. Après avoir tenté un moment de s'y adapter, Merlin a renoncé et s'est adossé à la banquette, les jambes légèrement fléchies. Cette position lui donnait plus d'aise.

Macy, en revanche, n'était pas du tout satisfaite. Elle a regardé les jambes de Merlin, juste devant ses yeux, et a légèrement froncé les sourcils. « Merlin, tu ne peux pas placer tes jambes correctement ? Tu es un noble, et tu dois te comporter comme tel. »

« Je vais juste m'allonger un peu. J'ai mal dormi la nuit dernière. »

Merlin a répondu avec indifférence, en gardant la position où il se sentait le mieux.

Contre toute attente, Macy n'a pas discuté avec lui. Elle s'est mordu doucement la lèvre, et une pointe d'inquiétude a traversé son visage. Elle a demandé avec prudence : « C'est à cause d'Avril ? »

Merlin n'a pas répondu, alors Macy a continué : « À vrai dire, tu n'as pas besoin de t'inquiéter. Quoi qu'il arrive, Avril t'est officiellement promise, avec pour témoins des décennies d'amitié entre la famille Parman et la famille Wilson. Elle finira par t'épouser. Mais il va tout de même falloir que tu arrêtes de faire l'idiot, et que tu t'emploies davantage à ce qu'Avril t'apprécie mieux. »

Merlin gardait les yeux fermés, mais il ne dormait pas vraiment. Il a retenu de tout son cœur chacun des mots que Macy lui disait.

'Avril est ma fiancée ? Mais d'après ce que je comprends de Macy, il semblerait qu'Avril ne m'apprécie pas beaucoup… Pourquoi est-ce que je ne me rappelle rien de cette affaire ?'

Merlin n'avait récupéré qu'une fraction de sa mémoire, et le reste était perdu à jamais. Pour ne pas se trahir, il lui fallait écouter attentivement ce que chacun disait et analyser l'information à fond.

Ainsi, cette Avril dont Macy venait de parler était forcément un autre renseignement important. Merlin l'a gardé en tête.

Merlin commençait à s'agacer, à force d'être allongé. Il a tiré le rideau et a frissonné sous la brise froide.

« L'hiver vient… » s'est exclamé Merlin. On était déjà en septembre, le dernier mois de la saison d'automne, mais il semblait que le froid était arrivé plus tôt que prévu.

« Tu as raison, l'hiver vient, même si je ne sais pas pourquoi le temps s'est refroidi plus vite cette année. »

Merlin a serré ses vêtements plus fort autour de lui et s'est recroquevillé dans le coin de la voiture.

Il semblait bruiner encore dehors. Il n'y avait pas beaucoup de monde dans la rue, hormis quelques vagabonds agenouillés à terre qui mendiaient auprès des gens bien habillés.

Ces vagabonds s'étaient vêtus de grosses toiles de lin qu'ils avaient probablement récupérées quelque part, et ils avaient l'air aussi maigres que des cordes de chanvre. Leurs yeux étaient remplis de désespoir. Il y avait aussi parmi eux plusieurs enfants très jeunes.

Les autres prenaient un air de dédain en passant, et certains se couvraient même le nez et la bouche pour accélérer le pas. Le regard de Merlin a balayé ces vagabonds sans grand intérêt et s'est porté sur le groupe de chevaliers massés au bord de la rue.

Ces chevaliers avaient tous une armure légère d'argent enveloppant le haut du corps, un bouclier de bois à la main et une épée d'une demi-taille d'homme dans le dos. Ils imposaient un maintien remarquablement autoritaire. La foule dans la rue semblait avoir très peur de ces chevaliers, et certains enfants, en les voyant, montraient une pointe d'envie sur leur visage.

Merlin a froncé les sourcils. Il n'avait aucune idée de qui étaient ces chevaliers, mais malgré tout, il n'osait pas interroger Macy à leur sujet.

Macy avait remarqué ces chevaliers elle aussi, depuis l'intérieur de la voiture. Elle semblait pourtant fort peu impressionnée et a dit froidement : « Encore eux, les chevaliers des Troupes de Défense de la Ville. Agréables à l'œil mais inutiles. À en juger par leur nombre, une autre bourgade a peut-être été visitée par des brigands. Il y a de plus en plus de troubles ces derniers temps. Beaucoup de brigands apparaissent dans les petites villes qui entourent Eau-Noire. »

Merlin est resté silencieux tout en enregistrant ce renseignement dans son esprit. Il venait d'arriver dans ce monde, et sa mémoire n'était faite que de morceaux dans un ordre chaotique. Il n'était pas en position de parler davantage.

Merlin a observé la situation en silence encore un moment. Ces chevaliers n'étaient qu'une centaine environ, mais ils étaient tous bien équipés et chacun avait un maintien imposant. Ils n'étaient assurément pas aussi inutiles que Macy le prétendait.

Ces chevaliers s'apprêtaient à quitter la ville, et ils ont bientôt disparu du champ de vision de Merlin. Un bref instant plus tard, Merlin, qui s'était mis à trembler à cause du vent froid, a enfin laissé retomber le rideau et est revenu à la chaleur de la voiture.

Quelque temps après, la voiture s'est peu à peu arrêtée. Moss, le cocher, a annoncé doucement : « Jeune maître Merlin, jeune demoiselle Macy, nous sommes arrivés à l'église. »

« Bien, descendons. Nous voilà à l'église ! »

Macy, qui paraissait pleine d'énergie, a sauté de la voiture aussitôt. Merlin, qui a suivi derrière, s'est étiré et a fait rouler sa nuque raide. Il a levé la tête à la vue de l'église devant ses yeux.

Cette église couvrait une surface extrêmement vaste, presque aussi grande que quatre ou cinq terrains de football. Il y avait là des croyants ordinaires ainsi que des aristocrates en costume d'aristocrate. Tous venaient à l'église pour les prières du matin.

Le royaume de la Lumière avait officiellement établi la foi au Dieu de la Lumière. La puissance de l'Église était énorme. Presque chaque ville avait son église dédiée au Dieu de la Lumière. Les gens qui s'y rendaient pour les prières du matin étaient innombrables.

Merlin a suivi la foule jusqu'à la grande salle de l'église, lui aussi. Sur les murs blancs de l'intérieur, il y avait plusieurs immenses fresques. Ces peintures colorées et vivantes étaient manifestement des fresques religieuses à la gloire du Dieu de la Lumière.

Merlin a remarqué que, sur la fresque placée au milieu à droite, se tenait une haute divinité aux traits indistincts, entourée d'une douce lumière sacrée. La lumière blanche enveloppait de nombreux croyants, vieillards, enfants, hommes, femmes, nobles, gens du commun et même criminels. Les visages de ces gens étaient baignés d'un sourire sincère et paisible sous la Lumière Sacrée.

Cette fresque religieuse s'appelait Dieu aime le monde. Le titre était écrit dans la langue sacrée de la Lumière. D'après les souvenirs dont Merlin avait hérité, les écritures inscrites sur les fresques lui étaient plutôt familières.

Outre cette fresque intitulée Dieu aime le monde, il y en avait d'autres, comme Dieu chasse les Ténèbres, Dieu apporte la Lumière, Dieu châtie le Démon, Dieu fait descendre les miracles, Dieu bénit les croyants, et ainsi de suite. Les fresques exprimaient des histoires différentes, mais le sens qu'elles cherchaient à transmettre était le même. Toutes célébraient les hauts faits glorieux du Dieu de la Lumière.

Les croyants fervents baissaient la tête et croisaient les mains devant leur poitrine en priant sous la conduite du prêtre. En une minute à peine, les sons des prières ont rempli la vaste église.

Merlin a repensé à ces vagabonds, plus tôt dans la rue, puis il a parcouru du regard cette salle pleine de gens qui priaient avec piété. Il a enfin compris que ce monde était bel et bien un monde très arriéré !

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