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29-sai Dokushin wa Isekai de Jiyuu ni Ikita......katta.

Chapitre 45

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Chapitre 45

Chapitre 45

Chapitre 45/8056%~21 min de lecture4 034 mots

Il y a environ une semaine, je me suis fait exploiter sans ménagement par Il-san.

Ni la pluie, ni le vent, ni la pluie de flèches d'acier noir des orques, ni le barrage de sorts des monstres n'ont pu m'arrêter.

Lorsqu'une épidémie d'origine monstrueuse éclatait à l'est, j'apportais d'énormes quantités de secours sur place pour exterminer les monstres et soigner les malades et les blessés. Et les vieux du coin me vénéraient, ou me proposaient leurs petites-filles.

Lorsqu'un rapport signalait qu'une horde de monstres avait coupé et détruit la route commerciale à l'ouest, je m'y rendais pour exterminer les bêtes et réparer la route. Et le seigneur local ou les riches marchands m'accueillaient en grande pompe, me proposant leurs filles en mariage.

Lorsqu'une nouvelle urgente annonçait la déroute de l'armée royale au sud, je volais sur place pour exterminer les monstres et soigner les blessés. Et les veuves ayant perdu leur mari, les chevalières et soldates que j'avais sauvées se jetaient sur moi.

Lorsqu'une information faisait état d'un complot de noblesse proche du royaume de Geppels au nord, j'y allais pour faire une démonstration de force couplée à l'extermination des monstres. Accessoirement, le noble pourri meneur du complot disparaissait sans laisser la moindre trace. Et les femmes elfe, naine, lamia et autres esclaves illégales qui servaient de jouets à ce noble pourri tombaient amoureuses de moi.

C'est dans cet état d'esprit que j'ai passé cette semaine.

« Je ne veux pas travailler ! Absolument pas ! Je ne veux plus me faire pressurer par Marl et les autres pour un crime que je n'ai pas commis ! »

« Allez, encore un effort, bats-toi Taishi-kun. Quand tu rentreras, tu pourras f◯ck Marl-chan — »

« C'est moi qui vais me faire f◯ck, bon sang ! »

Et puis, une semaine de plus.

En fait, il a vraiment dit "encore un effort" et m'a fait trimer une semaine de plus ! La famille de ma femme est trop toxique… J'ai envie de me terrer à la campagne.

« Voilà comment c'est passé. C'est pas terrible, hein ? »

« Le monde extérieur fait peur, ça c'est sûr. Mais bon, y'a le karma, alors résigne-toi. »

« Qu'est-ce que j'ai bien pu faire, moi… »

« T'as trois femmes magnifiques et en plus plusieurs autres filles te courent après, non ? C'est la jalousie et l'envie de tous les mecs du monde qui s'abattent sur toi. »

En taillant un morceau de bois avec son couteau, Thorn me répondit sans entrain.

Un après-midi baigné d'une douce lumière. Libéré des deux semaines d'enfer d'une noirceur absolue, j'étais venu au village des hommes-bêtes pour me plaindre à Thorn.

Grâce à une certaine aisance dans la vie, autour de nous des hommes-bêtes discutaient en buvant du thé comme nous. Tables, chaises, tasses, tout était en bois, et le parfum même du bois qui flottait dans l'air apaisait l'esprit.

Bon, tables et chaises étaient quasi des troncs bruts, donc "rustique" allait mieux que "simple".

« Alors, tu viens faire quoi aujourd'hui ? Pas juste pour te plaindre de ta belle-mère, j'espère ? »

« C'est aussi ça. Sinon, câliner Shitan et Sherry, vérifier la barrière, checker les stocks, examiner la situation du village, ce genre de choses. »

« T'es toujours aussi occupé… Profite un peu, tu vas mourir jeune. »

Thorn dit ça en riant jaune et balaya les copeaux sur la table. Le morceau de bois qu'il tenait était devenu une plaquette de la taille d'une paume, gravée de fleurs et d'herbes. Légèrement incurvée, mais à quoi ça sert ?

« T'es doué, ça sert à quoi ? »

« Hm ? Ah, c'est un passe-temps, la sculpture. Sherry m'a harcelé, elle veut une barrette. »

« Hé bien, laisse-moi voir. »

Je pris la sculpture de Thorn et l'observai sous plusieurs angles. Avec mon Œil d'appréciation, ça affichait « Barrette en bois inachevée (qualité supérieure) ». Une fois finie, ça se vendrait normalement. Niveau boutique.

« Je pense que si tu la finis, ça se vendrait normalement même à la capitale. C'est impressionnant. »

« Vraiment ? »

Visiblement pas mécontent, Thorn se mit à ricaner. Comme c'est un loup bipède, genre loup-garou, quand il ricanne, ses crocs acérés se voient et ça dégage une sacrée pression. Lui ne s'en rend pas compte, mais un gamin en pleurait.

J'accompagnai Thorn à l'entrepôt de réserve, où se trouvaient un ours et un cheval.

Cette massue familière et ce gabarit, c'est Deborah. Malgré les apparences, elle a un côté jeune fille, c'est mignon. Bon, c'est une femme d'un certain âge, ceci dit.

Le cheval, c'était Yamato, je crois. Un homme-cheval qui dégage l'aura d'un type capable. Franchement, j'ai pas beaucoup discuté avec lui, donc je sais pas trop.

« Yo, comment ça va ? »

« Ara, ça fait longtemps. Tu tombes bien. »

« Oh, Taishi-dono. »

Yamato tenait un registre, genre celui qu'on a vu l'autre fois. Probablement celui qui enregistre les réserves.

« Hmm, ça fait presque un mois ? Les provisions commencent à manquer. »

« Ce n'est pas critique pour aujourd'hui ou demain, mais ça devient inquiétant. »

« Compris, je vais m'en occuper vite fait. J'ai passé commande à la guilde commerciale de la capitale. »

« Cela nous arrange. Et il y a aussi des choses que nous voudrions vous remettre. »

Yamato dit ça et me guida à l'intérieur de l'entrepôt.

Les provisions qui remplissaient l'entrepôt avaient pas mal diminué, mais à la place avaient augmenté des viandes séchées et des noix faites au village. Il y avait aussi des plantes séchées et des petites jarres en céramique. Et des trucs qui ressemblaient à des matériaux prélevés sur des monstres.

« Ce sont des herbes médicinales de la forêt, séchées. Dans ces jarres, du miel de Big Hornet. Le reste, ce sont des cuirs, crocs, griffes, os et autres matériaux prélevés sur les monstres. »

« Si vous me les donnez, je les prends, mais je réclame pas de contrepartie, moi ? »

« Nous le savons. Cependant, une relation où nous ne ferions que dépendre de vous unilatéralement serait malsaine. Nous avons entendu vos intentions de la part de Thorn et Deborah. Vous nous offrez sécurité et provisions, et nous, en contrepartie, vous fournissons ce genre de produits. C'est ainsi seulement que notre relation sera saine et équitable, non ? »

Yamato dit ça en soufflant bruyamment par les narines.

C'est vrai, si on se repose entièrement sur moi, c'est pas sain. Pour l'instant, à cause du Grand Débordement, la productivité du village a chuté, donc sans mon aide, ils ne peuvent pas être autonomes. Mais à la base, c'est un village qui vit en autarcie.

Mieux vaut gérer le budget sérieusement et faire tourner le village ensemble, ça me semble plus sain.

« Compris. Vous avez fait l'inventaire des produits que vous me livrez, bien sûr ? »

« Voici. »

Yamato me tendit l'inventaire. Le format reprenait celui de la guilde commerciale que j'avais donné la fois précédente quand j'avais apporté les provisions. Quel cheval compétent.

« Alors je vais récupérer les marchandises à la guilde commerciale et prendre le bordereau. La gestion, je te la confie, ça te va ? »

À ma question, Yamato hocha la tête. Il a l'air motivé. Plus tard, quand je lancerai sérieusement la gestion du territoire, je consulterai Marl et je pourrai lui confier pas mal de boulot.

« Côté village, rien de spécial ? »

« C'est paisible. Les réparations des champs et des maisons sont terminées, et depuis qu'on a un peu de marge, l'ambiance s'est améliorée. Grâce à votre barrière, on n'a plus peur des monstres. Les chasseurs élargissent peu à peu leur zone d'action, donc le gibier, les plantes et les noix qu'ils ramènent augmentent. »

« C'est une bonne tendance. Tout à l'heure j'ai vu la sculpture de Thorn, il a un sacré talent. Ça se vendrait bien en ville. Puisque vous avez de la marge, faire ce genre de trucs vendables, c'est pas bête. S'il vous faut des outils ou des matériaux, je les fournis, discutez-en. »

À ma proposition, Deborah et Yamato acquiescèrent. Je passai au sujet suivant.

« Ah oui, j'ai obtenu l'accord non seulement du royaume de Calendil, mais aussi de celui de Miskronia. Figurez-vous que j'ai reçu le titre de vicomte de Miskronia. Je suis un noble, maintenant. Classe, non ? »

« Normalement, on rigolerait en disant que c'est du pipeau. »

« C'est Taishi, après tout. »

« Que Taishi-dono ait acquis une autorité solide est une excellente nouvelle. »

Le loup, l'ours et le cheval réagirent chacun à leur façon. Bon, en gros, c'était positif. Les réactions mi-étonnées mi-resignées de Thorn et Deborah m'intriguent un peu. Incompréhensible.

« Vous allez déménager tout de suite ? »

« Pas question. Même moi, je vais pas vous faire émigrer de force dans une forêt primitive infestée de monstres. D'abord, je reçois officiellement le territoire et le titre, je discute avec Alkenia pour choisir le site, je dégage et défriche à la magie, et on s'installe progressivement. Le déménagement complet prendra six mois à un an. »

« Alors nous aussi, on va commencer à sélectionner le personnel pour le déménagement. Pour l'instant, construction de maisons et création de champs ? »

« C'est ça. Il faudra aussi des gardes, alors je parlerai aux chasseurs. »

Deborah acquiesça aux mots de Thorn. Ces trois sont les piliers du village, alors le choix du personnel, je leur laisse faire.

Confier ce qu'on peut à ceux qui savent faire, et se reposer. Je veux pas travailler.

« C'est entendu. Moi, je vais à la capitale chercher les provisions… enfin, d'abord, faire des câlins. »

« J'espère que tu guérirais vite… »

Thorn me regarda avec des yeux de pitié. C'est pas une maladie, je vais bien. C'est une vérité universelle : quand il y a une fille toute moelleuse devant soi, on a envie de la tripoter.

« Ça fait longtemps, t'as l'air en forme aujourd'hui. »

Après m'être gavé de moelleux, je me rendis à la guilde commerciale d'Alfen, la capitale de Calendil.

Aujourd'hui encore, la guilde débordait de marchands, d'aventuriers, de domestiques de nobles clients, de gamins apprentis.

« Parce que j'ai vu le paradis sur terre. »

Je répondis ça à Huey et esquissai un sourire malgré moi.

Aujourd'hui, pas seulement la chienne Shitan, mais la renarde Sherry et la brebis Karen m'ont laissé les tripoter. J'ai failli y passer. C'était le paradis, littéralement.

L'elfe Melkina m'a regardé comme une ordure, et la lapine Paméla avec un regard tiède, mais je m'en fiche. Bon, les longues oreilles et la queue touffue de Paméla, j'aimerais bien les toucher une fois, alors je vais faire un peu attention. Si j'apporte un cadeau, peut-être qu'elle me laissera faire ?

« Je pige pas bien, mais je vais pas m'y attarder. »

« Ouais. Les provisions sont prêtes ? »

« Ah oui. Honnêtement, ça encombre la zone de stockage et ça me gêne, alors débarrassez-vous-en vite. »

Je suivis Huey qui se levait et marcha vers l'entrepôt arrière de la guilde. Pour prévenir le vol, l'entrepôt était sous haute surveillance par des locaux.

Ce sont pas des aventuriers engagés, mais du personnel de sécurité attitré ? Tout le monde porte le même uniforme et une matraque, les mouvements sont vifs, la discipline a l'air haute. Des aventuriers, l'équipement et l'allure seraient disparates, et ils seraient pas si vifs.

« Ah, eux, c'est des militaires en fait. Même que les gardes de la ville. Sauf qu'ils sont affectés spécialement à la guilde commerciale. »

« Gardes, soldats de sécurité… »

C'est encore loin, mais quand je créerai une ville, que le commerce démarrera et que des gens de l'extérieur entreront et sortiront, ce genre de présence deviendra indispensable. faudras aussi faire des lois. Et les gardes et soldats devront connaître les lois pour juger, donc une certaine éducation sera nécessaire. Ugh, y'a du boulot.

« On est arrivés. D'ici à là-bas, c'est les provisions préparées. »

« Waouh. »

Des provisions entassées comme une montagne occupaient une bonne partie de l'entrepôt de la guilde. Y'en a combien, bordel ?

« Vingt fois la livraison d'avant. Vous préparez une guerre ou quoi ? »

« Pas du tout. Tu penses que j'ai besoin d'autant de provisions pour faire la guerre ? »

« C'est vrai aussi. Du coup, c'est encore plus incompréhensible. »

Tandis qu'Huey penchait la tête, je rangeais les provisions les unes après les autres dans mon Stockage. Les provisions reçues l'autre fois — la quantité pour cinquante soldats réguliers pendant un mois, regroupée dans un conteneur — il y en a vingt. Soit mille hommes.

« C'est de l'investissement pour l'avenir. Entre nous, j'ai tissé des liens avec un petit village sans vraie route commerciale dans le royaume de Miskronia. J'ai obtenu l'accord du seigneur pour en faire ma terre concédée. »

« Hé, alors c'est de l'entraînement pour l'avenir. Vu que ta femme est la première princesse, tu vas finir par gérer un territoire, non ? »

« À peu près. Donc si tu me lèches les bottes maintenant, ça te profitera plus tard. »

« Mettre ça en balance avec une vie tranquille, bof. »

C'est là qu'il faut rampamment faire le flagorneur, bon sang. Ne fais pas cette tête sérieuse. Aie de l'ambition et de grandes aspirations, marchand ! Bon, peu importe, j'ai un emploi du temps chargé, expédions les affaires.

« Ah, et rachetez-moi ça aussi. Le village a pas mal d'herbes médicinales et de matériaux de monstres. Et préparez-moi un catalogue des produits échangeables ? Le choix est libre, mais centrez-vous sur des trucs qui feraient plaisir dans un village paumé sans divertissement. Je commanderai la prochaine fois. »

« Compris, je prépare… Hé, c'est de bonnes herbes. Y'en a beaucoup, ça aide. Les herbes, la demande dépasse l'offre, y'en a pénurie. »

« C'est bon, donne-moi le détail plus tard. Je passe à la guilde des aventuriers et chez mon armurier habituel, je compte sur toi. »

Je dis ça à Huey qui expertisait les herbes et matériaux, et je quittai la guilde commerciale. Direction la guilde des aventuriers, en face.

« Bienvenue à la guilde des aventur… hic »

Comme d'habitude, la réceptionniste pousse un cri étouffé en me voyant. Juste parce que j'ai tordu un aventurier qui m'emmerdait et écrasé une masse en acier.

« Yo. La demande que j'ai déposée, le rapport est remonté ? »

« Hé !? Ah, celui, heu, hyah !? Wattawatta ! »

Elle panique à mort, fait tomber une pile de papiers, faillit renverser l'encrier. Ça va, cette gosse ?

Elle finit par trouver les papiers visés, les prend et me les tend. Voyons ?

« Les habitants du village de Viet vivent actuellement dans des immeubles collectifs construits dans la nouvelle ville. Bison est resté au village avec quelques vieillards, son sort est inconnu ensuite. »

Je sors de mon Stockage l'arbalète brisée tachée de sang, deux pièces d'argent et un flacon de miel de Big Hornet, et les pose sur le comptoir.

« Une autre demande. Je veux que vous livriez cette arbalète brisée et ce miel aux gens du village de Viet. J'irais bien moi-même, mais je suis trop occupé. »

En voyant l'arbalète brisée et le miel de Big Hornet, les villageois comprendront sûrement. Est-ce qu'ils retourneront un jour au village… Ah, tiens, Thorn et les autres ont fait un truc qui ressemblait à du pillage.

Bon, c'était des trucs laissés sur place, ça ira. Les effets personnels de Bison et le miel de Big Hornet, ils pardonneront.

« Ha, hai, shōrimashita. A, soshite senjitsu mochi konde itadaita mamono desu ga, akumazoku de aru koto ga hanmei shimashita »

« Akumazoku ? »

Les soixante-douze piliers de Salomon ou ce genre de truc ? Je m'y connais pas trop, mais ça doit être ça.

« Hai, shōkan jutsushi no shōkan ni ōjite yobidasare, shieki sareru to iwareru kyōryoku na mamono desu. Mahō o tsukau shu mo ōku, chikara mo tsuyoku, shikomo kōkatsu de aru to iwarete imasu. Shōkan jutsushi ga yobidasu hoka ni wa daihanran no toki ni doko ka kara waki dete kuru to ka. Mare ni kodai iseki no shinbu de mikareru koto mo aru yō desu ne »

« Tout ce qu'elle dit, c'est "on dit que", "il paraît que", des infos incertaines. »

« Hic, su, sumimasen ! Sumimasen ! »

« Non, je suis pas fâché, arrête de trembler. En gros, y'a peu d'invocateurs et les témoignages sont ultra rares, c'est ça ? »

À mes mots, la réceptionniste hocha la tête en pleurant.

Arrêtez ça, sérieusement. Vu de l'extérieur, on dirait que je lui fais une réclamation et que je la fais pleurer, c'est pas cool.

« Ah, bon, d'accord. D'accord, alors pleure pas. Les matériaux que j'ai déposés, ils sont devenus quoi ? »

« Hic, a, ano, mōshiaugenai no desu ga, kichō na sanpuru to shite girudo de kaitori sasete itadakitaku… »

« Mouais, soit. Combien ? »

« Sa, san-tai bun de kinka nijuu-mai de wa ikaga deshō ka »

Hein ? La peau ultra-résistante du Dragonide, plus deux autres bestioles, pour seulement vingt pièces d'or ? Certes, c'est plus petit qu'un Troll, mais cette solidité n'avait rien à voir, ça ferait d'excellents matériaux.

Un Troll seul vaut trente pièces d'or, alors Dragonide plus deux bestioles noires louches pour vingt, c'est pas possible.

« Pas question. Appelle ton supérieur ! J'aimerais dire ça, mais j'ai pas le temps. C'est bon, apporte l'oseille, vite. »

« Ha, haīīīīī ! »

La réceptionniste partit en courant vers le fond de la guilde en pleurant. Je sens des regards réprobatifs, mais je m'en fiche.

Certes, je suis riche maintenant. Mais ça ne veut pas dire que je peux m'asseoir sur la rigueur financière. C'est le prélude à l'effondrement du sens de l'argent.

Même si c'est tard, je dois bien saisir mes actifs… Je sais qu'il y a 16 209 pièces d'or dans mon Stockage.

Soit, en yens japonais, environ 1,62 milliard. Comme fortune personnelle, c'est énorme, mais comme fonds de gestion de territoire, ça fait quoi ?

Je demanderai à Huey ou Jack plus tard.

Pour la gestion des fonds, mieux vaut engager un expert. Un marchand compétent, un fonctionnaire des finances… Au début, la gestion consistera surtout en négoce, achat de matériaux et provisions nécessaires, donc un marchand qui connaît les cours serait le plus adapté.

J'ajouterai ça aux questions pour Huey.

Je récupère les vingt pièces d'or auprès de la réceptionniste, blanche comme un linge et tremblante comme un chihuahua, et file chez l'armurerie de Perron.

« Y a quelqu'un ? Perron-san, t'es l… ? »

« D, dame, Perron ! Cet argent, c'est mon fonds secret pour fêter notre anniversaire de mariage en grande pompe ! »

« Urusaī ! Cet argent, c'est moi qui l'ai gagné ! Toi, tu as réussi à faire de l'argent mythique, et moi pas, c'est pas juste ! Moi aussi, je vais faire de l'argent mythique ! Arrête de m'empêcher ! »

En entrant chez Perron Armurerie, voilà la scène qui saute aux yeux. Perron-san tient un sac en cuir plein de fric, et Ritz-san, demi en larmes, s'accroche à elle.

Qu'est-ce que c'est que ça, quelle situation ?

« Dame ! Tu vas encore rater le mithral et l'orichalque et les gâcher ! »

« Mou chotto ! Mou chotto de dekiru ki ga suru n da yo ! Atashitachi dōwa no higan o yoko kara kappasarareta mama ja irarenai n da ! Sono tame nara kekkon kinenbi nante nandatte ii n da yo ! »

Jusqu'ici, je pige à peu près. Perron-san a été stimulée par l'argent mythique que je lui ai donné, elle s'est mise en tête de le reproduire, elle enchaîne les échecs et est au bord de la ruine.

Aller jusque-là, c'est digne d'une naine, mais l'anniversaire de mariage, c'est important, quand même.

« Arrête de dire des conneries ! Ah !? Bon, t'as bien fait de venir ! Arrête Perron ! »

« Kita ne !? Butsu wa dekiteryo ! Saa, daikin o yowasure ! Sore to shin'gin no seizōhō o… iya, kore wa atashi ga doku ryoku de tasshitsu shinakya. Demo, sei ni hara wa kaerarenai… kū ! Nandemo suru kara oshiete ! Oshiete kureru nara niru nari yaku nari suki ni sureba ii ! »

À les mots de Perron-san, ma part d'ombre lève la tête. Un sourire se dessine naturellement sur mes lèvres. Ritz-san doit être horrifié par mon rictus narquois.

« Hé ? T'as dit "n'importe quoi", tout à l'heure ? »

« Aa ! Sonna ni kakimazetara dame … »

Je passe outre la protestation douloureuse de Perron-san et accélère encore.

La pièce est saturée de chaleur, Perron-san transpire à grosses gouttes. Moi, j'ai encore de la marge. Le niveau est différent, le niveau.

« Ça cassera pas pour ça. Allez, je balance. »

« E ? A, atsui ! A, aa… su, sugoi yo kore ! »

Perron-san pousse un cri d'extase. Des larmes aux coins des yeux, le visage écarlate d'excitation. Mais je compte pas m'arrêter là. Pour ce genre de truc, faut répéter jusqu'à ce que le corps mémorise, autant de fois qu'il faut.

« Encore, on continue. Jusqu'à ce qu'on soit satisfaits tous les deux, autant de fois qu'il faut. »

« So, sonna, manzoku suru made nante… soretara kyō wa nerarenai ja nai ka. Sore ni watashi no daiji na basho ga kowarechimau yo »

« Si ça casse, j'assume. Allez, c'est parti. »

« Mo, mō kai ? Anna ni dashita bakkari na no ni… anta, soko nashi da ne. Suteki da yo, Ritz wa sugu dashikitte hetachimau no ni »

« Me comparer à un homme normal, c'est l'erreur. Je suis le Héros. Autant de fois qu'il faut, je te satisferai. Jusqu'à ce que ça casse. »

Et je m'enfonçai dans l'endroit précieux de Perron-san —

« Uoraaaaa !? Vous deux, vous faites quoi làaaaa !?  »

Pourquoi Ritz-san débarque-t-il en pleurant avec un couteau de cuisine ? Qu'est-ce que c'est que ce bordel.

« « E ? On raffine l'argent mythique, mais ? » »

Ce que je mélangeais, c'était du mithral et de l'orichalque en fusion dans le four de raffinage. Ce qui inquiétait Perron-san, c'était que mon travail n'abîme pas le four. Pour un forgeron, le four qui chauffe et fond le métal, c'est un endroit vital.

J'ai fait une démo, mais pour produire de l'argent mythique, un réglage thermique ultra-fin est indispensable, impossible à maîtriser en une fois. Faut répéter encore et encore.

Bien sûr, ça veut dire faire tourner le four maintes fois, mais ce four bouffe pas mal de puissance magique. À la puissance nécessaire pour fondre l'orichalque, un humain normal peut au mieux l'allumer une ou deux fois par jour. Moi, ma magie est sans fond, donc j'y vais autant de fois qu'il faut.

« Qu'est-ce qui t'arrive ? Le déjeuner est prêt ? »

« U, uu, chikushōōōō ! »

Ritz-san s'enfuit en pleurant. Je le regarde partir et marmonne.

« J'ai pas envie de fourrer mon nez dans la vie de couple… mais ça va vraiment ? »

« Ahahaha, ce mec a l'air costaud mais il vient faire le gamin, c'est mignon. Allez, on continue sérieusement. »

« Trop haut niveau… Bon, tant que tu veux. »

Moi aussi, je me suis bien marré. Belle-sœur légale en apparence gamine,姐御肌, femme mariée et en plus超ドS, trop d'attributs entassés. Ritz-san aussi, mais ce couple, c'est trop profond.

« N'oublie pas la contrepartie pour la méthode de l'argent mythique. »

« Wakatteru yo. Anta no toko nara omoshiroi sozai ni wa koto kakisō kara ne. Ma, Ritz wa settoku suru yo. Jukkuri to ne. »

Perron-san dit ça en se léchant les lèvres avec sa langue, un sourire lourd de sens. C'est ça, le charme d'une femme mariée… Même si elle a l'air d'une gamine, mon cœur a raté un battement.

Ainsi, je réussis à recruter une excellente forgeronne d'armures pour mon futur territoire.

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