« Comment se fait-il que vous n'ayez toujours pas retrouvé Son Altesse ?! Que faites-vous ?! Mobilisez plus d'hommes ! Nous devons retrouver le Prince, quand bien faudrait-il retourner les Monts Kovilan ! Contactez immédiatement tous les territoires reliés aux montagnes ! Retrouvez-le, retrouvez Son Altesse le Prince Impérial ! Envoyez des hommes TOUT DE SUITE !!! »
Bien qu'il approchât les 70 ans, on aurait pu croire que cet homme de 1,90 m aux larges épaules, aux yeux gros comme ceux d'une vache et à la grosse tête était un chevalier dans la force de l'âge.
De plus, il maîtrisait l'escrime au niveau Maître et occupait la position de père de l'impératrice, ce qui faisait de lui un homme capable d'exercer un pouvoir non inférieur à celui de l'empereur dans l'Empire Laviter.
À cet instant, le visage du Duc Yanovis était d'un rouge vif.
La cause en était la disparition du Second Prince, Alskane.
Tout contact avec le fils le plus chéri de l'empereur actuel, l'Empereur Hadveria, avait été perdu après son départ du territoire la veille. Alskane avait disparu, laissant entendre qu'il allait éliminer des mages noirs avec les Chevaliers du Ciel Impériaux assurant sa garde et les Chevaliers du Ciel du territoire pendant qu'il se trouvait en tournée dans ses terres.
Quand le Duc Yanovis l'apprit, il eut l'impression que le ciel lui tombait sur la tête et que son cœur s'arrêtait.
S'il arrivait quelque chose au Prince, tout le pouvoir et toute la renommée qu'il avait accumulés jusqu'ici se dissiperaient comme des bulles de savon.
« Envoyez vite un message à la Famille Impériale ! Non, informez aussi la Tour de Magie Gauss ! Appelez tous les Chevaliers du Ciel et soldats que nous pouvons mobiliser ! J'irai personnellement retrouver Son Altesse ! »
Une nuit angoissante, déchirante, s'était écoulée, mais le Prince Alskane ne semblait pas avoir l'intention de revenir. Le duc ne pouvait plus rester les bras croisés, il passa donc personnellement à l'action.
Souffle souffle souffle.
Thud thud thud thud thud.
La centaine de wyvernes du territoire s'élevait dans les airs les unes après les autres, et des chevaliers à cheval galopaient vers les Monts Kovilan.
« S'il y a quelqu'un qui a porté atteinte à Son Altesse le Prince… Je le pourchasserai jusqu'au bout du monde et je lui transpercerai le cœur ! »
Des flammes de rage brûlaient d'un rouge ardent en lui.
Serant les dents, le Duc Yanovis monta sur sa wyverne.
Il fit alors voler vigoureusement sa wyverne dans les Monts Kovilan, priant désespérément pour que le prince soit sain et sauf.
* * *
« C'est la Sainte ! »
« Ohhh ! »
Après le départ du seigneur, Denfors profitait d'un matin paisible comme d'habitude. Protégée par quatre chevaliers de garde ainsi que par Aramis, que l'on appelait sainte à Nerman, apparut parmi les gens.
« Puissiez-vous nous accorder vos bénédictions ! »
Le peuple s'agenouilla en la voyant et baissa la tête.
« Que la paix soit sur vous au nom de Neran-nim… »
Aramis alla vers chaque citoyen et leur accorda une sainte bénédiction. Elle ne passa personne sous silence et leur donna sa bénédiction sincère. Le peuple pleurait en remerciant la Déesse de la Miséricorde, Neran, de tout son cœur.
Swish.
Dans l'ombre sombre projetée par l'un des bâtiments qu'Aramis et les chevaliers longeaient en se dirigeant vers le peuple, certains observaient la sainte et les chevaliers.
Puis, à un moment donné, ces gens disparurent comme des fantômes, leurs mouvements si furtifs que même les chevaliers de garde, les yeux grands ouverts, ne purent les détecter.
Tout comme un chat sauvage observant sa proie….
* * *
« Ah ! »
Une exclamation m'échappa tandis que je contemplais les énormes épaules des Monts Rual, que je revoyais pour la première fois depuis près d'un demi-année.
La sensation était différente cette fois. Avant de franchir ces montagnes, j'étais un misérable Chevalier du Ciel chassé vers Nerman, mais avant que je m'en rende compte, j'étais devenu le seigneur régnant sur l'immense territoire de Nerman.
Beaucoup de choses s'étaient passées en peu de temps.
« Il fait chaud. »
La chaleur brûlante qui ne pouvait pas franchir les Monts Rual était piégée dans l'Empire Bajran. Dès que nous les eûmes franchis, je pus sentir instantanément que cette terre avait été un four pendant un bon moment.
« Quel vol ennuyeux. »
Nous étions partis à l'aube, mais c'était déjà presque le crépuscule. Nous avions fait une courte pause au lac où Derval et moi nous étions reposés auparavant, mais à part cela, nous avions volé sans arrêt.
Battement, battement, battement battement battement.
Même Bebeto, avec son endurance d'acier, était mort de fatigue.
Souuuuush.
La Comtesse Irène, qui nous suivait tranquillement, prit les devants. Puis elle me fit signe de la suivre d'un geste de la main.
« On va se reposer ? »
Contrairement à moi, la Comtesse Irène et les Chevaliers du Ciel de la Garde Impériale étaient les bienvenus partout. Il semblait qu'elle ait l'intention de loger dans l'une des villas nobles.
D'ici en avant, c'était une terre réellement gouvernée par l'Empire Bajran.
Puisque j'étais l'invité estimé de Chevaliers Impériaux transmettant un mandat impérial, quel que soit le noble, il aurait dû me traiter avec le plus grand respect.
« Mais cet endroit… »
L'endroit où nous arrivâmes avait une relation funeste avec moi. Sans le savoir, Irène s'envola dans cette direction.
« Je suis quelqu'un qui suit un mandat impérial, donc ils ne m'embêteront pas, non ? »
Je me décidai calmement.
J'étais désormais un invité important qui possédait un territoire bien plus grand qu'un territoire comme celui-ci.
Je suivis Irène avec mon courage caractéristique.
Si nécessaire, il me suffisait de leur régler leur compte.
Ce monde avancerait comme je le commanderais.
* * *
« ….. »
Tout le monde était raide.
Nous arrivâmes au manoir d'un certain noble juste au moment où l'obscurité commençait à s'installer.
Dès que nous atterrîmes au hangar du manoir, où une lance de chevalier dorée flottait fièrement sur un drapeau, toutes les expressions se figèrent.
Les visages des membres d'équipage, serviteurs, soldats et chevaliers qui avaient commencé à bouger en voyant les Wyvernes Noires devinrent tous furieux après avoir vu Bebeto et moi. Ils nous dévisageaient tous, fixant les rayures dorées de Bebeto.
« B-Bienvenue, Comtesse Irène. »
« Seigneur Coltrian, nous craignons de devoir passer la nuit ici à nouveau. »
« Ce n'est pas du tout un problème. Vous êtes les bienvenues à tout moment. »
Irène sauta de sa wyverne et discutait avec un Chevalier du Ciel du territoire, qui reprit rapidement ses esprits.
Pendant qu'Irène parlait, le prochain maître du territoire, Coltrian, ne manqua pas l'occasion de me dévisager, l'hostilité flamboyant dans ses yeux.
« J'avais raison. »
J'en étais sûr maintenant — c'était le territoire qui abritait ces stupides Chevaliers du Ciel que j'avais battus et dont j'avais volé les armures de wyverne et les lances. Sinon, ils ne regarderaient pas Bebeto et moi avec une hostilité aussi évidente.
« Récupérer trois ensembles d'armures de wyverne et d'airplates ainsi que plusieurs douzaines de lances prendrait plusieurs années de budget territorial. Huhu. »
« Quel territoire est-ce ? » demandai-je calmement à Irène après être descendu de Bebeto.
« C'est le Comté d'Atman. »
« Cela semble être un territoire paisible avec une belle vue. »
Je lâchai quelques louanges en écoutant distraitement les paroles d'Irène.
« Entrons. Mon père a préparé un festin du soir », dit Coltrain.
J'étais définitivement passé par ici auparavant, en route vers Nerman.
Réprimant clairement sa rage, l'un des chevaliers me fit signe d'entrer.
« Oh ! Bon timing, j'avais faim », traînai-je avec exagération.
« Vous êtes fachés, les gars ? Vous, sales bâtards. »
Ces types avaient essayé de me tuer, une personne innocente, auparavant. Cela ne représentait rien. J'avais même envisagé de revenir un jour, une fois Nerman stabilisé, pour les dépouiller pour de bon.
« Les wyvernes sont aussi solides, c'est parfait. »
Mes yeux se portèrent naturellement vers les wyvernes devant le hangar. Elles avaient toutes l'air de tas d'argent pour moi.
« Entrons vite. J'ai une faim de loup. »
Sir Rothello, qui vivait aussi librement que moi, se frotta le ventre avec un geste très peu noble en prenant la tête.
Ainsi, la Comtesse Irène et les chevaliers avancèrent dans le manoir.
« Vous, les cons, si les regards pouvaient tuer… »
Je les suivis, sentant la soif de sang me piquer le dos.
J'avais le pressentiment qu'il se passerait quelque chose d'amusant ce soir.
* * *
« Beurk… »
Devant moi se trouvait le festin d'une maison noble, dont je n'avais seulement entendu parler.
Le festin préparé pour les Chevaliers du Ciel Impériaux agissant sous mandat impérial ne déçut pas. Un repas complet qui avait pris pas moins de deux heures à préparer trônait devant moi.
Cela me rendit vraiment heureux. Les plats faits de toutes sortes de viandes, fruits de mer et légumes étaient phénoménalement délicieux.
« Il faut que je me trouve un cuisinier officiel. »
Ce n'était pas que la cuisine de la mère de Lucia n'était pas bonne, mais il y avait des limites. On ne vit qu'une fois, et je voulais vivre avec de l'excitation et de la bonne nourriture.
« Regardez un peu ces cons. »
Pendant que je mangeais, je vis le maître du Comté d'Atman, le visage tordu par une grimace. Même le noble le plus rigide et discipliné serait incapable de regarder avec un sourire la personne qui avait pillé ses possessions valant des centaines de milliers d'Or. Non, sans Irène, il aurait probablement voulu appeler ses chevaliers et soldats pour me mettre en pièces.
Je regardai le Comte Atman fronçant les sourcils avec un sourire amical tout en profitant du festin à cœur joie.
Puis je sortis. Moi, ça allait, mais s'ils osaient faire quoi que ce soit à Bebeto, je ne les laisserais pas faire.
« Je ne fuis pas. Tsk tsk. »
Quelqu'un avait été chargé de me filer — dès que je sortis, je pus sentir des regards suivre mon chemin. Les ignorant, je marchai tranquillement vers Bebeto.
« Hooh, ils ont mis du poison là-dedans ou quoi ? »
GUOOO !
Quand j'arrivai au hangar du manoir où Bebeto se reposais, je vis un cochon étendu sur le dos. Cependant, Bebeto ne toucha pas à la viande et se plaignit avec colère en me voyant arriver. Il semblait que les ordures avaient tripoté la nourriture.
« C'est moi que l'empereur a invité, pas Bebeto, hein. » Ces types visaient le fait que tout irait bien tant que j'arriverais sain et sauf auprès de l'empereur, même si Bebeto n'était pas là. « Vous l'avez sous-estimé. Vous pensez que Bebeto tomberait dans un piège aussi mesquin ? »
Bebeto me ressemblait et ne mangeait que les meilleurs aliments naturels et sains. Il avait dû sentir quelque chose et n'avait pas mangé la viande.
« Bebeto, tu n'as pas mangé, hein ? Pas à ton goût ? Alors on va chasser ? Je n'arrive pas à dormir de toute façon », dis-je d'une voix assez forte pour que tout le monde entende.
Guooo !
L'affamé Bebeto acquiesça naturellement à ma suggestion.
« On va du côté des Monts Rual ? J'ai vu pas mal d'animaux en arrivant. » Je leur indiquai même notre direction en sautant sur le dos de Bebeto. « N'allons pas trop loin. Il faut faire attention, car on pourrait être attaqués par des wyvernes sauvages une nuit comme celle-ci. »
Insistant sur la partie « wyvernes sauvages », je donnai à Bebeto une explication inhabituellement amicale.
« Cette quantité d'appât devrait les énerver. S'ils leur reste un peu de fierté, en tout cas. »
Chaque fois que des wyvernes sauvages apparaissaient, elles chassaient apparemment du bétail et des fermiers.
Souuuuush.
Bebeto s'éleva dans les airs avec aisance et monta.
« Pourquoi s'amuser quand on peut gagner un sou de plus, huhu. »
Je menai Bebeto très lentement vers les Monts Rual, avançant à pas d'escargot pour que les Chevaliers du Ciel de la Maison Atman puissent nous suivre immédiatement.
* * *
Crac crac craaaac.
Il devait avoir faim, car il expédia deux orcs sortis de la montagne en quelques instants.
« Dégueu ! »
J'avais vu cela plusieurs fois, mais le bruit réel des os broyés et de la chair arrachée était nauséabond. Même si les wyvernes étaient élevées avec une grande partie de leurs tendances violentes atténuées par l'eau bénite, il était difficile de s'habituer à les voir dévorer des monstres comme les prédateurs suprêmes qu'elles étaient.
« Vous êtes lents. Vous arrivez enfin. »
Nous avions volé à notre vitesse la plus lente, mais les Chevaliers du Ciel apparurent après 20 minutes entières. Il semblait qu'ils aient eu du mal à prendre une décision. Après tout, il fallait plus qu'un peu de témérité pour s'en prendre à quelqu'un qui se rendait à la capitale sous mandat impérial.
Cependant, cela devait être intolérable pour des bâtards prétentieux traités comme l'élite de rater une telle occasion.
Et comme je m'y attendais, ils mordirent à l'hameçon et se montrèrent.
« Kuku. Je suis devenu un pro de la pêche. Je peux obtenir mon diplôme. »
Il y avait une raison pour laquelle je volais vers les Monts Rual. C'était un endroit calme où ces bâtards pouvaient s'occuper de moi sans laisser de traces, mais l'inverse était aussi vrai.
« Un, deux, trois… dix wyvernes ! Hooh, presque toutes sont venues. »
Pendant le dîner, j'avais demandé au Comte grimacant exactement combien de wyvernes le territoire possédait.
« Dix sur quinze. Ils y vont à fond. »
« Bebeto, prêt pour un tour ? »
L'instinct de combat de Bebeto était plus affûté que le mien.
GUOOOOOOO !
Poussant un vigoureux mugissement, il s'élança dans le ciel. Il savait qu'il y avait des ennemis à proximité et prit une position de combat.
Il y avait une phrase parmi les proverbes de combat des Chevaliers du Ciel.
Celui qui vole le plus haut est le plus fort.
Souuuuuuush.
Sur les quinze wyvernes du Comté d'Atman, trois étaient revenues au territoire presque handicapées il y a six mois. Et pour empirer les choses, elles étaient revenues en mendiantes ayant perdu toutes leurs armures de mithril et même leurs airplates.
« Vous êtes morts ! »
Le territoire était un comté, mais ils se trouvaient aux confins de l'empire et ne pouvaient pas développer correctement leur territoire à cause de tous les monstres venant des montagnes. Ils avaient patiemment économisé, tissé des liens à la capitale, et avaient finalement pu réunir quinze wyvernes.
Mais au moment où la Maison Atman allait devenir une noblesse de rang moyen, quelqu'un était arrivé et avait brisé tous leurs rêves. Non seulement les Atman avaient échoué à exécuter l'ordre du Duc Ormere, mais leurs armures de wyverne, airplates et Lances Bénies leur avaient aussi été volées par le Chevalier du Ciel novice.
Le Seigneur Coltrian, héritier du Comté d'Atman, grinca des dents en pressant sa wyverne de poursuivre celle qui s'élevait dans le ciel.
Leur ennemi mortel qui avait brisé les rêves de la Maison Atman, Kyre.
Coltrian ne pourrait jamais lui pardonner.
Battement battement battement battement battement.
Les wyvernes du territoire suivirent l'exemple de Coltrain, s'élevant avec de puissants battements d'ailes.
Dans les airs, une bataille pour s'emparer de la position la plus haute se déroulait déjà selon la loi de la victoire pour le combat aérien.
Flash !
Pendant que leurs wyvernes s'élevaient plus haut dans le ciel, les Chevaliers du Ciel brandissaient des Lances Bénies, chacun dégageant une soif de sang pour en finir avec une seule salve.
* * *
« Vous êtes drôles, les clowns. »
Tandis que Bebeto et moi montions, je sentis la soif de sang piquante dans mon dos. Nous étions hors de portée effective, mais ils étaient si intensément déterminés à me tuer que leur soif de sang acérée transperçait l'air.
Cependant, ils ne savaient pas que s'ils ne profitaient pas de ce moment pour reculer, ils ouvriraient les portes de l'enfer.
Je tirai les rênes de Bebeto. Bebeto répondit instantanément, tournant la tête et se préparant à plonger.
Je levai silencieusement une Lance Bénie.
Les Atman étaient une maison ennemie qui ne pouvait pas coexister pacifiquement avec moi. J'effaçai proprement le mot « pitié » de ma tête. Tendre ma gorge avec un sourire comme un saint à des gens voulant me tuer ne me convenait pas du tout.
« Goûtez à ça, les bâtards ! »
Ce soir, la lumière de la lune et des étoiles illuminait le ciel d'une lueur bleue. La lunette de mana installée dans les casques d'airplate absorbait environ trois fois plus de lumière pour voir les adversaires la nuit. Par conséquent, les ennemis ne pourraient pas me voir aussi clairement qu'en plein jour, mais au moins aussi bien qu'au crépuscule.
« Vous avez déjà vu un feu d'artifice ? Huhu ! »
SOUUUUUSH.
Après avoir changé de direction, la distance avec les ennemis volant à une vitesse incroyable se réduisit en quelques instants.
Je versai du mana dans la Lance Bénie. Comme un bâton de mana utilisé par les mages, le mana se rassembla et ondula à la pointe de la lance.
« Missile Lumineux ! »
Je criai l'incantation d'un sort de Lumière du 1er Cercle modifié.
Flaaaaash.
Je fermai les yeux, mais je pus sentir l'incroyable flash de lumière à travers mes paupières.
C'était un sort de Lumière lancé par quelqu'un qui avait atteint le 6e Cercle et possédait une quantité de mana du 7e Cercle. Ce n'était pas une minuscule étincelle, mais une explosion de lumière d'un diamètre de près de 10 mètres.
Souuuuuuush.
Le Missile Lumineux d'une échelle que seul je pouvais lancer siffla vers le sol comme la lune s'écrasant sur la terre.
Les Chevaliers du Ciel me gardant à l'œil et préparant leurs lances étaient probablement aveugles comme des chauves-souris en ce moment.
J'ouvris les yeux et regardai le ciel.
« Wahou ! Impressionnant ! »
Le rayon de lumière était si puissant qu'il étendit son influence jusqu'au ciel et fit disparaître la lune et les étoiles. De la magie du 1er Cercle lancée avec une quantité de mana du 7e Cercle, l'effet dépassait l'imagination. Après un court instant, le sort de lumière dut s'éteindre, car le ciel retrouva son état d'origine.
« On commence la récolte maintenant ~ ? »
Il y avait un vieux dicton disant que la meilleure façon de se battre était d'atteindre la victoire sans verser une goutte de sang.
Je regardai en bas.
BAM !
KWAAAAAK !
KUAAAA !
« Uwaaaah ! »
« S-Sauvez-moi !!!! »
« Uhahahahaha ! »
C'était le chaos total.
Ce n'étaient pas seulement les Chevaliers du Ciel qui étaient aveuglés, mais leurs wyvernes aussi — avec une vue meilleure que la plupart, les wyvernes durent être étourdies par la lumière, car elles s'écrasaient les unes contre les autres en plein vol ou spiralèrent hors de contrôle vers le bas.
« Invoque Shuriel ! »
Flash !
Mon bon vieux chien de chasse, Shuriel, ouvrit instantanément une porte depuis le Royaume des Esprits et apparut à mon ordre.
« Vas-y ! »
Souuush.
Dès que je l'ordonnai, Shuriel'ouvrit grand son bec opaque et fonça vers une wyverne.
KWAAAAAAAAAK !
« UWAAAAAHHH ! »
Puis vint le cri pitoyable d'une wyverne et de son Chevalier du Ciel.
« Presse de Vent ! Presse de Vent ! Presse de Vent ! »
J'abattais les wyvernes aveuglées avec de la magie offensive de vent du 5e Cercle affaiblie en succession rapide.
Wooosh ! Baaaam ! Bam ! Bam !
Incapables d'esquiver, les wyvernes furent forcées d'atterrir, battant des ailes follement sous la pression de vent de ma magie.
« Presse de Vent ! Presse de Vent ! »
Plutôt que d'appeler ça un jeu de tag avec des chevaliers aveugles, c'était plus comme prendre des bonbons à un bébé et descendre un gobelet rafraîchissant de gatorade d'une traite.
« Uwaaaaaaah ! »
Toujours incapables de récupérer leur vue, les chevaliers hurlaient, agrippant leurs rênes pour la vie alors qu'ils s'écrasaient avec leurs wyvernes.
N'avait-on pas dit que plus on tombait de haut, plus ça faisait mal ?
CRAAASH !
Les wyvernes et les chevaliers s'écrasèrent au sol avec un énorme nuage de poussière. Un coup de poing de vent reçu en titubant n'était pas quelque chose dont les wyvernes pouvaient se remettre avec quelques battements. Elles gisaient effondrées au sol, frissonnant comme de petits moineaux.
« Vous, les bâtards, vous avez droit à un bon long repos grâce à moi. Kukuku. »
Ils avaient pu éviter la mort grâce à leur résistance en battant des ailes, mais les wyvernes avaient certainement des côtes disloquées ou brisées et d'autres os cassés. Même soignées avec de l'eau bénite coûteuse, elles devraient probablement rester allongées comme des cadavres pendant au moins un mois.
« Je plains votre sort, mais c'est vous qui avez commencé. »
Les wyvernes avaient atterri à divers endroits dans les prairies menant aux Monts Rual. Je dirigeai Bebeto pour atterrir à côté d'un couple.
« Euuughh… »
Kwak, kwaaak.
La wyverne blessée et le Chevalier du Ciel haletaient faiblement.
Je sautai sur la wyverne, déclipsai l'anneau de sécurité du chevalier et le trainai au sol.
Clic, clic.
Puis je lui retirai son airplate.
« Soin ! »
« Je prends ça en échange de ta vie. »
Je ne voulais pas aller jusqu'au meurtre juste pour obtenir des trucs gratos, alors je lançai Soin sur le chevalier.
« Sommeil ! »
Ensuite, je fus même assez sympa pour lancer Sommeil sur le chevalier, qui grimçait de douleur. Après un bon repos profond, il se sentirait « revigoré », comme s'il venait de survivre à une grande bataille.
« Je crois que je suis trop gentil. »
Qui d'autre accorderait une telle bonté à un ennemi ? J'étais un putain de saint.
« Bebeto,
Guoooo !
Je donnai un ordre à Bebeto, qui me fixait bêtement — sa vapeur de combat devait s'être évaporée.
« Ou attends une seconde, Shuriel ! Tu peux venir ici et soulever ce type ? »
Puisque j'allais être un bandit maudit, autant devenir un bandit puissant dont le nom résonnerait dans tout le pays. Je dépouillai consciencieusement la wyverne au sol de son armure de mithril.
« Comme prévu, le travail physique est fatiguant. Je sue déjà. »
Une fois l'armure de la wyverne retirée, mon front perla de fraîches gouttes de sueur.
Derval et les autres chevaliers de Nerman l'ignoraient probablement.
Que leur seigneur travaillait jour et nuit pour Nerman.
* * *
« C-CE DIABLE !!!!!! »
Le Seigneur Coltrian, prochain maître du Comté d'Atman, grinca des dents face au spectacle qui l'accueillit quand il recouvra ses esprits du choc.
Comment quelqu'un portant une peau humaine pouvait-il être aussi effronté ?
Ils s'étaient éloignés les uns des autres en prévision d'une attaque magique, mais une attaque de Lumière que Coltrian n'avait jamais entendue ni vue les transforma tous en idiots en un instant.
Même un mage de cercle supérieur ne pouvait pas lancer de magie offensive en dehors de la portée d'attaque de 2 km de la Lance Bénie.
Cependant, ce bâtard était assurément un démon prêtant allégeance au diable lui-même.
Il lança un sort de Lumière d'une force brute absolue sur Coltrian et les chevaliers qui l'avaient suivi haut dans le ciel. Une explosion de lumière aussi brillante que dix soleils explosants les aveugla tous, y compris les wyvernes. Les wyvernes volaient étourdies, incapables de retrouver leur équilibre, quand une terrifiante pression de vent s'abattit sur elles. Les wyvernes essayèrent de résister, mais le sort n'était pas quelque chose que des wyvernes étourdies et aveugles pouvaient surmonter.
« Eurgh… »
L'impact de l'atterrissage était atroce à se remémorer. Coltrian se rappelait encore clairement le bruit et la sensation des pattes de sa wyverne se brisant et de l'armure de wyverne se pliant alors que les côtes se fracassaient. Grâce au sacrifice de sa wyverne, Coltrian évita une blessure fatale, mais il aurait mieux valu qu'il s'évanouisse. Au moins, il n'aurait pas à regarder le rejeton du diable dépouiller cruellement les chevaliers et wyvernes inconscients de leurs airplates et armures de wyverne. Après s'être rapidement occupé de huit couples wyverne-Chevalier du Ciel, le rejeton du diable s'approchait de lui.
« Je vais te tuer ! »
Quelques-unes de ses côtes lui faisaient mal et l'une de ses jambes ne bougeait pas comme il voulait, mais il pouvait bouger librement ses deux bras et utiliser du mana.
Tenant une seule Lance Bénie, Coltrian attendit que le bâtard se rapproche.
Une Lance Bénie entièrement chargée de mana lancée au corps-à-corps possédait une force destructrice incomparable à celle d'une lance ordinaire chargée de mana.
Et le bâtard s'approcha.
« Un peu plus près ! Plus près ! »
Fermant les yeux, Coltrian poussa ses sens au maximum.
« Hé ho ~ Bebeto ~ »
Mais alors, le bâtard cessa de s'approcher et appela soudain sa wyverne.
Battement battement.
Coltrian entendit la wyverne de Kyre voler au-dessus.
« Retourne-le ! Merde, je suis tellement occupé que j'en pourrais pleurer, mais ce type est couché sur ses ailes ! »
« ….. !! »
Coltrian fut surpris par les mots soudains du bâtard et’ouvrit grand les yeux.
Crac.
À cet instant, il sentit l'énorme force de griffes d'acier soulever la wyverne de Coltrian.
« Uwaaah ! »
Pris au dépourvu par le scénario inattendu, Coltrian cria, sentant son corps être secoué sens dessus dessous l'instant d'après.
Et puis, il vit le visage du diable.
« ….. »
Le bâtard savait.
Comme Coltrian n'avait pas encore déclipsé l'anneau de sécurité, il attrapa instinctivement les rênes et vit alors et là.
Sur les lèvres du diable flottait un sourire sale et froid.
* * *
Thud !
« Connard, tu crois que tu regardes qui de haut. »
Peu importe à quel point j'étais occupé, je ne raterais pas la soif de sang venant vers moi.
« Il ne devrait pas être mort, non ? »
Bebeto retourna la wyverne et le Chevalier du Ciel attaché sens dessus dessous avant de les « légèrement » rejeter vers le bas. Je ne voyais plus le type — il était sous le corps énorme de la wyverne.
« Bah, s'il meurt, c'est juste sa chance. »
C'était une corvée, alors je finis la collecte avec ça.
Le champ de bataille était proprement nettoyé, et les sons réguliers de la respiration des Chevaliers du Ciel et des gémissements des wyvernes pouvaient être entendus en surround.
« Devrait être l'heure de rentrer. »
C'était comme cette pub en Corée qui disait « Ceux qui travaillent dur doivent se reposer à cœur joie. » Je sentais la fatigue s'installer.
« Je devrais enterrer tout ça et revenir le chercher au retour. »
Les armures de wyverne, airplates et Lances Bénies dépouillées et traînant par-là constituaient une fortune incroyable que même un duc d'empire aurait du mal à se procurer en un an.
Seulement
« Unngh ! »
Je m'étirai longuement.
Il était tard dans la nuit.
La lune et les étoiles chuchotaient.
Elles me disaient que j'avais bien travaillé aujourd'hui aussi….
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