Week-end.
Ji Fanyin avait préalablement ouvert un nouveau compte bancaire lié à sa carte d'identité. Elle avait été débordée toute la semaine, si bien qu'elle n'avait pu s'en occuper que le week-end.
Son ancien compte avait été ouvert par Père Ji et Mère Ji, mais ces deux-là harcelaient son téléphone d'appels depuis la projection du film.
Elle décrochait encore au début, mais comme ils ne faisaient que poser des questions vides de sens — « Comment vas-tu ? » —, elle finit par laisser le téléphone sur la table et vaquer à ses occupations.
La parenté ne figurait pas en tête de ses priorités pour l'instant. Se faire une fortune était bien plus important.
C'était aussi pour cela qu'elle avait ouvert un nouveau compte.
Elle passa à la banque en fin d'après-midi pour boucler les formalités et y virer tout son argent. Ensuite, elle envoya un message à ses deux clients pour les informer du changement de numéro de compte.
Elle n'oublia pas de clôturer l'ancien non plus.
Le directeur de l'agence tenta de la retenir, mais Ji Fanyin tint bon.
Le soleil montrait déjà des signes de déclin lorsqu'elle sortit de la banque. Elle se trouvait par hasard près d'une université, aussi les rues fourmillaient-elles d'étudiants pleins de jeunesse.
Elle ne put s'empêcher de remarquer des affiches placardées un peu partout annonçant la finale d'un tournoi de basket inter-universités prévue aujourd'hui à seize heures.
Elle jeta un œil à sa montre : quinze heures trente.
C'est vraiment trop pour être une coïncidence. On dirait que le monde me fait un clin d'œil.
Bon, de toute façon, je n'ai rien d'important de prévu aujourd'hui.
Après un instant de réflexion, Ji Fanyin ouvrir sa fenêtre de conversation avec Chen Yunsheng et confirma qu'elle était bien à proximité du lieu de la finale.
… Est-ce que j'y vais ?
Ji Fanyin se rendit au supérette le plus proche, acheta des boissons énergisantes, des barres de céréales et des fruits, puis se dirigea vers le gymnase. En chemin, elle se mit à échanger des messages avec Chen Yunsheng.
…
Une foule immense envahissait le terrain de basket.
Jeunesse, sueur, beaux gosses, basket — ces quatre mots collaient parfaitement à l'endroit.
Il restait encore une demi-heure avant le coup d'envoi, mais le public avait déjà pris place. Certains avaient même apporté des banderoles d'encouragement soignées.
Les deux équipes étaient déjà sur le terrain. Certains s'échauffaient, d'autres écoutaient le discours de motivation de leur coach.
… Il y avait aussi un mec cool qui s'était éclipsé vers le banc pour attraper son téléphone.
« Chen Yunsheng ! » hurla le coach. « Regarde l'heure ! Qu'est-ce que tu fous encore sur ton téléphone ?! »
« … Je fais juste un coup d'œil. » Chen Yunsheng saisit son téléphone, qui avait vibré un peu plus tôt, avec une visible impatience. Son visage s'illumina aussitôt. « Coach, je dois m'absenter un instant. »
Le volume de la voix du coach n'était pas une blague. « Maintenant ? Je vais t'arracher la tête ! »
Un des coéquipiers de Chen Yunsheng, qui semblait au courant, lança sur le ton de la taquinerie : « Héhé ! À en juger par ta réaction, cette grande sœur que tu as rencontrée dehors t'a envoyé un message, pas vrai ? »
« Oh ? C'est la légendaire grande sœur que notre beau gosse de la fac a invitée au match mais qui n'a toujours pas donné de réponse potable ? »
« Coach, tu devrais comprendre son point de vue. Laisse-le aller la chercher. Comme dit le proverbe : "Mieux vaut démolir dix temples que de briser un bon mariage" ! »
Le coach jeta un coup d'œil à sa montre avant de grogner, impatient : « Je te donne huit minutes ! »
Sans perdre une seconde, Chen Yunsheng attrappa sa veste et son téléphone avant de décoller comme une flèche.
« Gamin, ralentis un peu ! Comment tu vas jouer après si tu t'épuises maintenant ! »