Alors que le groupe quittait le restaurant, un des collègues de Chen Yunsheng remarqua le sac isotherme dans sa main et le taquina : « On dirait que notre patron craint que notre vache à lait ait faim, il a commandé une portion en plus pour toi. »
Chen Yunsheng regarda à nouveau le sac isotherme qu'il tenait.
Quelque chose clochait. C'était bizarre que le patron ait commandé ce plat à emporter pour lui, et les mots qu'il avait prononcés en lui tendant le sac étaient tout aussi déconcertants.
Qu'est-ce qu'il voulait dire par « ce n'est pas pour moi » ? Le patron ne connaît pas mon colocataire. Et même s'il le connaît, il n'a aucune raison de payer son repas.
Chen Yunsheng marcha vers le bord de la route, l'esprit encombré de doutes, quand il fut soudain ébloui par des phares. Il leva la tête instinctivement et vit que l'autre conducteur les avait déjà éteints.
La voiture, en revanche, lui parut extrêmement familière.
Elle ressemble au modèle que Ji Fanyin conduisait dans l'autre monde…
Au moment où cette pensée affleura dans son esprit, Chen Yunsheng écarquilla les yeux. Il se mit à sprinter vers la voiture, insensible aux cris de ses collègues derrière lui. Lorsqu'il atteignit enfin la voiture de sport, la portière s'ouvrit et une femme en descendit.
« Ne cours pas si vite. Tu risques de tomber », dit Ji Fanyin. « T'as bu ? »
« J'ai pas bu. » Chen Yunsheng proclama son innocence. Il brandit le sac isotherme dans sa main et dit : « Je crois que mon patron a acheté ça pour toi, grande sœur. Tu devrais le manger tant que c'est chaud. »
Ji Fanyin jeta un coup d'œil au sac isotherme et dit : « Rentrons. »
Elle a dit qu'on rentrait à la *maison* !
Chen Yunsheng eut peine à réprimer son sourire en entendant ces mots. Il eut l'impression qu'une fleur de joie venait d'éclore dans son cœur. Il hocha vigoureusement la tête et répondit : « Mm ! »
Ji Fanyin lui caressa la tête, amusée.
Chen Yunsheng baissa docilement la tête et la laissa faire. Puis, il perçut soudain un vacarme derrière lui. Pour être exact, le vacarme durait depuis un moment, simplement ses oreilles l'avaient filtré.
Il se retourna et vit ses collègues s'approcher rapidement. Effrayé, il dit nerveusement à Ji Fanyin : « Grande sœur, tu ferais mieux de retourner dans la voiture d'abord. Quelqu'un pourrait te voir. »
Ji Fanyin leva les sourcils.
Avant qu'elle n'ait pu dire un mot, un des collègues était déjà sur place. Haletant, il dit : « Frangin, j'ai pas encore… rendu ton câble de charge… Ah ? J'ai trop bu ? Pourquoi je vois l'Impératrice du cinéma Ji Fanyin devant moi ? Et sa main a l'air d'être sur ta tête… »
Chen Yunsheng : « … »
Il attrapa instinctivement le poignet de Ji Fanyin et écarta sa main de sa tête.
Il savait qu'il aurait dû lâcher le poignet de Ji Fanyin tout de suite pour ne pas lui attirer d'ennuis inutiles, mais ses doigts désobéirent à sa raison et serrèrent sa main encore plus fort.
Il la dévisagea en douce pour jauger sa réaction, et la vit adossée à sa voiture, le fixant. On aurait dit qu'elle attendait sa réponse.
… Qu'est-ce que ça veut dire ?
Chen Yunsheng se lécha les lèvres nerveusement. Il sentit son cœur s'emballer.
Il récupéra d'abord le câble de charge auprès de son collègue avec un sang-froid feint. Faisant de son mieux pour parler sur son ton habituel, il répondit : « Tu t'es pas trompé. »
« Hein ? » La main du collègue resta figée en l'air. Le choc se lisait sur son visage. « Toi… je… ça… Hein ? »
« On doit rentrer maintenant. À lundi. »
Chen Yunsheng prit une grande inspiration avant d'entraîner Ji Fanyin vers le siège conducteur. Il lui'ouvrit la portière, l'aida à s'installer, referma la portière derrière elle, puis alla s'asseoir du côté passager.
Pendant que la voiture quittait le parking, il remarqua ses collègues plantés là, hébétés, en rang, à le regarder partir. Il serra plus fort le sac isotherme dans sa main, pensant qu'il venait de faire quelque chose d'incroyablement audacieux.