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Yaneurabeya no Koushaku Fujin

Chapitre 94

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Chapitre 94

Chapitre 94

Chapitre 94/9599%~5 min de lecture865 mots

« Oh ! Te voilà, Hubert. »

« Ah, Jeb. Ça fait un bail. »

Convoqué par un ami de ses années d'études, Hubert entra dans la pièce en jetant un œil autour de lui.

Il n'avait pas mis les pieds dans ce club de gentlemen depuis belle lurette, mais l'aménagement n'avait pas radicalement changé pour autant.

Pourtant, pour une raison qu'il ne saurait dire, Hubert ressentit un malaise et fronça les sourcils.

« Y a-t-il quelque chose à me dire ? »

« On dirait que tu gagnes pas mal d'argent ces temps-ci ? »

Alors qu'il s'asseyait à la table où se trouvaient ses compagnons, une question sans-gêne lui fut renvoyée.

Les autres amis attendaient sa réponse en ricanant.

« Eh bien… j'apprends pas mal de choses auprès du comte Holloway. Mais bon, la récolte approche, non ? Comment ça se passe chez vous ? »

Il répondit brièvement sur les investissements qu'il commençait tout juste à comprendre, puis changea de sujet.

Cependant, tous firent la tête, visiblement déçus.

« Cette année aussi, c'est pas mal, non ? S'il y a un problème, l'intendant viendra bien le signaler. »

« C'est vrai… »

« Allez, laisse les basses besognes aux gens du commun. Plutôt que ça, si tu as un bon plan pour gagner de l'argent, file-le-nous. »

« C'est ça. C'est pas fair-play de garder le bon bout pour toi. On est potes, non ? »

Hubert hésita sur la réponse à donner.

Autrefois, ses amis lui avaient paru plus mûrs que lui ; à présent, ils lui semblaient enfantins.

Un an plus tôt, à propos de ses amis, Opal avait dit quelque chose comme « ils doivent employer d'excellents intendants », et force était de constater qu'elle avait raison.

Cette dernière année, Hubert avait lu les rapports de bout en bout, avec attention.

Et chaque fois qu'il ne comprenait pas quelque chose, il écrivait à Opal pour lui demander, ou interrogeait le comte pour étudier.

C'est pourquoi il s'attendait à pouvoir parler domaines avec ses amis retrouvés, et il en fut déçu.

Il n'en savait pas encore assez sur l'investissement pour l'expliquer.

« Dernièrement… j'ai l'impression que le marché est saturé. À l'avenir, il faudra investir dans la technique plutôt que dans les biens — »

« Ah, ça, on s'en fiche, Hubert. »

« T'as toujours pas le sens de l'ambiance. Inutile d'expliquer, dis-nous juste quoi acheter. »

« Exact. Laissons la réflexion au comte Holloway. Nous, on achètera ce qu'il achète. Alors dis-le-nous avant tout le monde, hein ? »

« …Si je peux. »

Devant la réponse évasive d'Hubert, troublé, les amis parurent se lasser.

Mais l'un d'eux éclata de rire.

« Quoi, la rumeur était vraie, alors ? »

« La rumeur… ? »

« On savait que t'avais épousé une femme légère pour son fric, mais par contre, on dit que tu marcherais sur des œufs avec le comte Holloway et son fils ! »

« Mais t'es un duc, bordel ! Laisse-les payer, c'est tout ! »

« Et ce soir, c'est bien toi qui invites, hein ? »

En les voyant se mettre à faire du bruit, Hubert les regardait, sidéré.

Autrefois, leur entrain l'avait soutenu, et il avait pris plaisir à leurs conversations infinies.

Quand ils l'appelaient « Votre Grâce », il en éprouvait une fierté certaine.

À présent, il se sentait horriblement mal à l'aise.

Les autres clients du club se mirent aussi à faire du tapage, et avant qu'il ne s'en rende compte, c'était Hubert qui réglait l'addition pour tout le monde.

Heureusement, il avait désormais une aisance financière, donc ce n'était pas un fardeau, mais Hubert ne rêvait que de partir au plus vite.

C'est là qu'il comprit enfin que les réunions et clubs auxquels il assistait en compagnie du comte Holloway étaient bien plus reposants.

Au début, il ne savait où se mettre face à des discussions si complexes, mais sans qu'il s'en aperçoive, il en était venu à les attendre avec impatience.

Ce n'est pas que cet endroit soit mauvais en soi.

Simplement, ce genre de divertissement aurait dû s'arrêter à la fin de ses études.

S'il n'en était pas sorti plus tôt, c'est sans doute parce qu'il voulait détourner les yeux de la réalité.

« Désolé, mais je rentre. »

« Quel rabat-joie. On file ailleurs ! »

« Non, je passe mon tour. Demain, vous avez la séance de la Chambre des seigneurs dès le matin, non ? »

« Hein ? La Chambre, c'est nul. Pourquoi est-ce qu'on devrait se prendre la tête pour des projets de loi inutiles ? »

« C'est ça, c'est ça ! »

Déçu par les propos de ses amis complètement saouls, Hubert parvint tout de même à leur dire au revoir avec un sourire.

Dès qu'il eut franchi la porte, une fatigue immense s'abattit sur lui.

Ce n'est qu'à cet instant qu'il réalisa à quel point il avait été enfantin.

Il comprit aussi dans quels sentiments Opal lui avait repris son domaine.

Et pourtant, Opal continue de lui envoyer régulièrement des rapports.

Hubert regretta amèrement son attitude passée et prit la résolution de changer, de faire des efforts sincères.

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